Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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36 DANSE BNM GTP C’est dans l’adversité… Il ne leur manquait plus que ça ! Un incendie semblet-il volontaire a dévasté un entrepôt de Saint Menet, détruisant au passage plusieurs décors des dernières créations du Gymnase/Jeu de Paume, et tous ceux du Ballet National de Marseille. Oui, tous, sauf celui qui était au Ballet en répétition (création de Michèle Noiret) et celui qui rentrait de Houston (Métamorphoses). Des œuvres d’architectes de grand renom, Zaha Hadid, Diller et Scofidio, Ai Weiwei (dont on est toujours sans nouvelle depuis son arrestation en Chine), Jean Nouvel et Dominique Perrault, proprement inestimables, sont parties en fumée… Et le ballet a dû changer ses programmes en toute urgence. Le décor de Moving Target sera reconstruit -les vidéos, les costumes et les archives ont été épargnés- mais pas le mur monumental de Titanic. May Day, May Day, May Day Agnès Mellon Pourtant ces modifications de programme n’ont pas empêché le triomphe public d’un ballet en grande forme. Au Pavillon Noir d’abord, puis à l’Opéra où ils ont repris l’ironique ballet de Lucinda Childs dans une perfection technique et un esprit mutin formidables. La création de Michèle Noiret, Hôtel Folia, emmenait le ballet dans des contrées antinomiques de la pièce américaine : alors que Childs fait danser les corps jusqu’à saturation et sans décor, Noiret les place dans un univers de miroirs et de murs qui restreint leurs mouvements et cloisonne l’espace mental, qu’elle sature encore de projections qui répondent, suivent ou décalent ce que les corps réels vivent sur scène. Seule la musique baroque leur donne par instants l’allant nécessaire pour sortir de la course sporadique, ne plus heurter les murs et danser. Un univers sombre, peuplé d’apparitions, de Japon et de terreur… À la Criée, à la place de Moving Target, un programme très contrasté encore. Yasuki Endo, assistant de Frédéric Flamand, séjournait au Japon lors du tremblement de terre. Mais sa pièce Mayday Mayday Mayday, contrairement à Hôtel Folia, ne semble contenir aucune terreur. Juste une formidable urence, un appétit de vivre qui retrouve une force tribale percussive. La danse emprunte à la capoeira et aux arts martiaux, au hip hop aussi, tout en ayant une construction dramatique et spatiale tout à fait contemporaine, et reposant sur les incroyables qualités physiques de danseurs qui savent tout faire, et haut, et ample, et précis… Pour le Trouble de Narcisse Frédéric Flamand a dû se passer, dans l’adversité, de certains éléments de décor roulants, et dédoubler les corps uniquement dans des projections. La pièce y gagne sans doute en fluidité. Réflexion sur l’amour de soi, sur la contamination du réel par le virtuel, sur la surabondance d’images et les clichés dont elles perturbent et modèlent les corps vivants, la pièce se conclut pas un tableau, nouveau, d’une sidérante beauté. Où un jeune corps tourne en rond pour tenter vainement de rejoindre le monde des images où il ne peut se fondre… Est-ce ainsi, séparé brutalement de lui-même et de son passé, que le BNM construira son plus bel avenir ? AGNÈS FRESCHEL 0 À venir Carte Blanche aux danseurs Festival des arts éphémères Le 19 mai Parc Maison Blanche www.marseile9-10.fr Pour deux absents Un fauteuil vide à l’avant scène, désespérément. Superbes jeux de lumière, belle occupation du plateau, une bande son impeccable portée par la voix inimitable d’Alain Bashung sur les mots de Gainsbourg et les orchestrations de Denis Clavaizolle… Du noir, celui des films, des polars, les thèmes de la chanson réaliste, avec la femme fatale et volage, l’amour trahi, la jalousie, le meurtre passionnel… Une troupe de magnifiques danseurs, celle du Centre Chorégraphique National de Grenoble… L’histoire de la shampouineuse Marilou s’orchestre en douze tableaux au cours desquels les quatorze danseurs évoquent les personnages, dans un univers trouble où l’identité est instable, un jeu de miroir où les scènes se démultiplient, se nourrissant les unes 0 des autres. Les ensembles sont bien sûr parfaitement réglés, l’interprétation énergique. Mais le propos de Jean- Guy Delahaye Claude Gallotta s’étire, s’alourdit, comme si le récit dansé collait les pieds au sol : le recours aux stéréotypes parcourt sciemment l’œuvre chanté, et la danse y adhère sans chercher à les transcender. On aurait pu attendre une distanciation, un brin d’humour, de folie, une échappée aux redondances. Le titre, L’homme à tête de chou, paraissait le promettre… Le succès du spectacle tient sans doute beaucoup à la qualité des exécutants, mais aussi à la force du souvenir, au regret de ces absents dont le trou dans l’eau ne se referme jamais chantait Brassens… MARYVONNE COLOMBANI L’homme à tête de chou, chorégraphie de Jean-Claude Gallotta a été donné au GTP les 5,6 et 7 mai
3BISF MOD COLLECTION LAMBERT DANSE 37 33 fois Ti amo Christian Ublcrée un objet scénique hybride à partir du texte de Fabrice Melquiot, La Semeuse, qu’il adapte avec une bonne dose d’humour et un L a -0 - - _., vrai sens de la légèreté. Une combinaison judicieuse de théâtre et de danse comme un écho aux dimensions expressives présentes dans la nouvelle Pu dure sera la chute Salive de l’art ci M. Barret ci À la Minoterie, MOD présentait dans la même soirée deux pièces difficiles, parfois hermétiques, au risque de provoquer l’ennui du public. D’abord Pu, adaptation par Laurent Pichaud selon un protocole dûment établi de 3 mois minimum du solo Room de l’Américaine Deborah Hay. Son énergie ainsi canalisée et sa pratique quotidienne ont abouti à un « lâcher-prise visé » et à « une bande son impossible, superposée, aléatoire pour rendre ce travaillé-là malaisé à faire et peut-être à regarder ». D’où le malaise du public formant cercle autour de lui qui assiste, entre hébétude et détestation, à cette fausse désinvolture formelle qui résulte pourtant d’un travail acharné. Chantonnant, le mouvement entravé par ses vêtements noués, Laurent Pichaud malmène son corps, feint d’hasardeux déplacements, déambule et ébauche, claudique, traverse l’arène à toute vitesse. Sacrée performance ! Changement de plateau pour Ici, objet cinéplastique de Barbara Sarreau et 3 e étape de son projet Tchakèla mené depuis 2009 entre Bamako et Marseille. Proposition complexe, comme à la marge, qui convoque la danse (dans ce qu’elle a d’illusoire tant Barbara Sarreau est « absente »), le cinéma (matière visuelle qui intègre le mouvement de la chorégraphe et des corps africains) et la musique comme une respiration (performances sonores de Jean-François Pauvros). Durant une heure le public retient son souffle, s’accroche à la virtualité des images, se réveille sous les assauts de guitare tandis que la danse, en filigrane, se dilue et s’étire dans la pénombre. Ici prend possession du A peine sortie de la polémique Serrano (voir p11), la Collection Lambert a remis une « couche de fluide » en invitant Les Gens d’Uterpan et leur performance X-Event 2.7 d’après le protocole Salives. Dans la poursuite du travail chorégraphique d’Annie Vigier et Franck Apertet, cette performance Delphine Michelangeli par l’alternance formelle de deux typographies… que l’on déchiffre en temps réel sur un écran de fond de scène. La fable est simple : c’est une histoire de l’amour au XXI e siècle. Elle et Lui se sont séparés. À travers Elle nous voyageons et recomposons le puzzle de leur amour ; à travers les poèmes qu’il lui avait écrits nous comprenons le sens de la perte de l’autre. C’est une pièce sur le désir et le mal à se faire mal : « non je ne couche pas je sème » dit-Elle ! À son tour Christian Ublpeut se laisser aller à semer les mots de Melquiot au gré de sa fantaisie (grotesque assumé de la parodie de Ti amo exagérément seventies), de son goût de la dérision (caricature du machisme sous les traits de Pablo en combinaison moulante rouge et déhanchements temps et du silence dans une espèce de cérémonial dont on peut se sentir totalement exclu. M.G.-G. dansée entend faire état du partage d’interrogation entre la danse et les arts plastiques, en suivant un protocole gestuel précis. Cinq (jeunes et beaux) danseurs en sous-vêtements évoluent lentement dans l’espace du musée pendant deux heures, au milieu des spectateurs/visiteurs dubitatifs, en produisant en continu un filet de salive qui s’écoule sur une partie du corps d’un partenaire. Assez hypnotique, la performance lasse quelque peu pourtant… peut-être parce que le cogito est ainsi fait que parfois l’on se pose des questions qui ne devraient pas être. Si on éprouve au préalable la stimulante impression d’être au milieu d’un cabinet de curiosités (l’espace muséal sert parfaitement la représentation) en observant ces cinq corps alanguis, radeau lascifs) et de son écoute du langage des corps qui jamais n’illustre le mot. À Elle, parfaitement incarnée par la comédienne Céline Romand, l’expression théâtrale ; à Lui, auquel Christian Ublprête tous les visages, la danse. La chanson et la création vidéo venant s’y mêler aussi, le spectacle réserve de jolis moments de grâce et d’équilibre fragile malgré quelques longueurs : la nouvelle devient scénario et Christian Ublen offre une vision en cinémascope. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI La Semeuse a été créée les 15 et 16 avril au 3bisf à Aix ci Ici, film de B. Sarreau, J. Lachaise, A.-S. Popon Barbara Sarreau Pu et Ici ont été donnés à La Minoterie les 14 et 15 avril sur proposition de Marseille Objectif Danse de la méduse mouvant, sculptures vivantes étrangement lentes, on finit aussi par s’imaginer assister à la procession d’étranges escargots baveux. Les performers jouent le jeu façon tragédie, totalement impliqués, attentifs les uns aux autres, hermétiquement enfermés dans leur bulle, sans regard au public, buvant parfois une petite rasade d’eau. On les comprend. Une véritable performance, originale certes, et après ? DELPHINE MICHELANGELI X-Event 2.7 d’après le protocole Salives s’est joué à la Collection Lambert, Avignon, le 3 mai



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