Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 THÉÂTRE MERLAN JEU DE PAUME 3BISF Plus drôle sera la chute Avec L’Art du rire le Belge Jos Houben clôturait idéalement le cycle du Théâtre du Merlan Courage Rions, et débutait le festival Tendance clown, organisé par le Daki Ling : intersection parfaite pour ce spectacle conférence, un seul-en-scène irrésistible qui parle du comique autrement. Jos Houben démontre subtilement comment le corps fait rire… en actes ! Le plus surprenant est que chaque fois il nous dit ce qu’il va faire, comment et pourquoi nous allons rire… et que chaque fois nous rions. De ses chutes, de ses mines, de ses surprises qui n’en sont pas, des accumulations de maladresses attendues. De tout, en fait, même du fromage, qu’il mime ! Si si, le gouda, le chèvre, le camembert, qui coule… et on le voit ! Ses théories du rire ne sont pas philosophiques, mais réfutent de fait aussi bien la « mécanique plaquée Le plaisir du jeu o C’est un Shakespeare étrange, inspiré de Plaute, une comédie enlevée et courte qui repose sur la mécanique du rire, ressemble peu au reste de l’œuvre de son auteur, sinon à quelques scènes de comédie du Songe ou de la Tempête. Une pièce peu souvent montée pour ces raisons, mais aussi parce que les quiproquos reposent sur la ressemblance entre deux couples de jumeaux… Dan Jemmet a tranché brillamment en faisant jouer chaque couple par un seul comédien, ce qui oblige à des astuces et un rythme insensé, mais ajoute au plaisir de la virtuosité. Car les comédiens, qui ne font pas dans la dentelle et cabotinent à souhait, sont épatants, pétillants jusque dans leurs aveuglements grotesques, légers jusque dans leurs clins d’œil au public. D’un geste, d’un ton, d’un accessoire ils changent d’identité à vue, comme un clown révèle incidemment au public ce qu’il cache à son partenaire… Car le seul enjeu du spectacle est de communiquer le plaisir du jeu, et tout est léger dans cette comédie sans ambiguïté, que Dan Jemmet déplace pertinemment dans un décor connoté années 80, coloré et kitsch, pour un jeu de miroir qui ne s’attache jamais à dévoiler le trouble de l’identité, mais juste la jubilation invraisemblable des quiproquos entassés… A.F. La comédie des erreurs s’est jouée au Jeu de Paume, Aix, du 14 au 16 avril Annika Johansson tz « Oh ! Une onde ! » … Christian Mazzuchini dans les belles lumières de Jean Pierre Chupin réussit une performance enlevée, variant les rythmes, abordant les textes de Christophe Tarkos avec une émouvante empathie, trouvant dans cette langue poétique d’inattendues correspondances avec son monde de hâbleur. Car acteur et spectateurs sont plongés en complicité dans les jeux débridés du langage auxquels les textes les convient… Au bonheur des mots, qui « se collent, mais à quoi ? », de la danse des Bororos du Niger, de la langue Romani Cib, langue Rom Tzigane… Musique ! Langage du cœur où flotte l’esprit d’Artaud, l’être partagé, peinture blanche divisant le visage, désespoir de Cioran, hommage à Tarkovski, exploration des limites, des frontières ténues entre le réel et l’imaginaire, « poésie faciale », « pâtemot » qui tente de parler avec tous les mots à la fois… On a envie d’envoyer tout ceci en bouquet, sans distinction, tant les mots se dessinent, explosent, se catapultent, découvrent de noveaux sens, se substituent, « tambour mou » ou « tombola » ?, et la théorie des esembles poussée jusqu’à l’absurde, (l’ensemble des gens qui ont vu mon sexe… en fait plus compliqué que ce que vous pourriez imaginer !!!) … Que dire lorsque l’on tombe nez à nez avec un parpaing ? Clowneries délicieuses, poésie du quotidien incantatoire… « Ma langue est Mario del Curto sur du vivant » de Bergson que le « rire de décharge » de Freud… Partant de l’idée loufoque que la station debout est à la fois notre condition et notre idéal, difficile à tenir mais représentant notre dignité, Jos Houben s’amuse à se mettre des bâtons dans les pattes, à se faire tomber, démontrant du même coup que l’on ne rit pas de la surprise puisqu’il nous prévient, ni de la douleur puisqu’il n’en éprouve pas, ni de son ridicule puisqu’il fait semblant… mais de ces démarches qui nous caractérisent, de ce regard que l’on jette alentour après être tombé, de ces miroirs qu’il nous tend. Une petite heure jubilatoire, qui affirme que le théâtre est aussi (d’abord ?) une histoire de corps. A.F. L’art du rire a été joué le 30 mars au Merlan L’art de la « pâte-mot » Christian Mazzuchini X-D.R poétique et musicale » … Quête existentielle derrière la simplicité des mots, « je suis mon seul alter ego » … « Nous sommes magiques » … C’est magique… MARYVONNE COLOMBANI La tentation d’exister a été créé par la Compagnie Pile Poil au terme d’une résidence de création au 3bisf les 13 et 14 mai À venir du 26 au 28 mai Théâtre des Bernardines (Marseille) dans le cadre des Informelles (voir p 32)
JEU DE PAUME AUBAGNE OLLIOULES THÉÂTRE 27 Le goût éblouissant du paradoxe seconde, la mise en scène (Jean-Pierre Rumeau) sobre et prenante joue sur la taille des fauteuils, la couleur pourpre, la présence massive du clavecin, les lumières remarquablement orchestrées d’Eric Blévin. Le texte est mis en relief avec intelligence et justesse : diction claire, sans emphase, variation de rythmes, humour… Nicolas Vaude campe un neveu de Rameau d’une humanité extrême, dans ses pirouettes, ses retours, sa fragilité, son attachement entêté à une liberté débridée, tandis que Gabriel Le Doze se coule avec une extraordinaire justesse dans le rôle du philosophe, qui tente de définir l’humain dans la « pantomime universelle ». Quelle clarté, quel bonheur, quelle intelligence ! M.C. Quelle délicate gageure que celle de porter sur scène un texte philosophique ! Et quelle réussite que celle du Neveu de Rameau de Diderot ! Le fameux dialogue entre Lui et Moi, Lui, le neveu de Rameau, Moi, le philosophe, s’anime, vif, léger, spirituel, enlevé. Nous nous trouvons au Café de la Régence, non loin du Palais Royal, on y pousse du bois, et le flux animé de la conversation fait écho au jeu subtil des échecs. La partition ici se joue à trois, le philosophe qui chérit « s’entretenir avec lui-même » et cultive une adroite maïeutique pour déceler et comprendre les « mécanismes humains », le Cosimo Mirco Magliocca neveu de Rameau, fantasque, provocateur, paradoxal, cynique, enfin Rameau au clavecin en contre-point, avec des airs de Pergolèse, de Balbastre de Corette, de Duni de Mozart, de Rousseau, de lui-même et du contemporain Olivier Baumont, superbe sur scène et à l’instrument. On ne s’ennuie pas une Le neveu de Rameau a été joué du 10 au 14 mai au Jeu de Paume, Aix o Vivre ou mourir un jour Les textes du poète palestinien Mahmoud Darwich trouvent dans la voix et le jeu de MohamedRouabhi une caisse de résonance bouleversante. Jusque dans ses vibrations souterraines. Pas besoin de décorum pour faire entendre la puissance ravageuse du Discours de l’Indien rouge et d’Une mémoire pour l’oubli. Une chaise, un vieux tourne-disque, un costume trois pièces blanc cassé avec un Bolo tie autour du cou, nous voilà transportés sur les terres d’un chef Indien vaincu par les blancs ; un petit lit, une chaise en guise de table de nuit, un ventilateur fébrile qui subit les affres des coupures d’électricité, la bougie à portée de mains, nous mesurons l’impact des tirs d’obus sur Beyrouth. Assis face au public dans une Beatrice Logeais proximité calculée, MohamedRouabhi module sa voix éraillée, gutturale, énonce les mots avec application, laisse échapper entre les silences du texte des grognements, des raclements de gorge, ébauche le langage des signes. Sa présence est d’une extrême puissance, en tension permanente, comme les paroles de l’Indien qui disent la douleur et la rage d’être « l’étranger » : « Ne dégainez pas vos armes, nous pourrions encore échanger quelques chants » … Autre peuple, autres douleurs : 1982, Beyrouth, pilonnée par l’armée israélienne. Il est 3 heures, « l’aube que porte le feu » se lève : un homme rêve de boire son café en paix, véritable obsession et rempart contre la violence, dehors. Sa seule façon d’être au monde, de se sentir encore vivant. Le désarroi, l’angoisse, l’incertitude, la terreur de la mort tour à tour glissent sur le visage de MohamedRouabhi, froissent son corps. Il erre, transpire, s’approche de la fenêtre, sa voix est au bord du cri. Et glace le sang. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Darwich, deux textes a été joué les 11 et 13 mai à La Distillerie à Aubagne À venir Du 17 au 19 mai Châteauvallon, Ollioules 04 94 22 02 02 www.chateauvallon.com 1.46. Ili LA MARELLE. ; c- i 95 34 72 rÏ.4L 1:1 11 -1'EM MM ET JUIN Bcaurie 2. : mtigène 1\11e.o1a..'I : 1-r.rid27Li : 41ub. euud119.Tob Le'lyre do CoLibri3 : -.111-1 (kr.r.2e,



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