Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 THÉÂTRE LENCHE MINOTERIE Passion et solitude Dans sa loge une comédienne se prépare à jouer Phèdre, répétant quelques tirades. Mais les mots s’emmêlent et surgissent des chansons de Dalida. Et voilà que les vers de Racine s’y substituent et que les images se superposent. Peu à peu les deux destins se mélangent au point qu’une communauté de destin apparaît. L’histoire de deux reines, délaissées, consumées de passion et de désirs, celle de Trézène, épouse de Thésée, et celle du Music-hall, idole des années 60 et 70. Tout au long du spectacle les similitudes tragiques de ces deux amantes abandonnées nous surprend. Vivant dans la peur et la nuit, toutes deux cherchent et redoutent la lumière. Anne Lévy, toute en retenue, ne cherche jamais à imiter la chanteuse et donne une interprétation à la fois fidèle et Confessions d’amours personnelle. Parfois, seules ses mains parlent, se tordent, alors que le corps reste immobile et le regard lointain. Ivan Romeuf a assuré l’écriture à partir de souvenirs et d’éclats de textes, et sa mise en scène ne craint pas d’aller jusqu’au bout, au suicide. Dernier moment où la comédienne revêt le costume et la perruque de Phèdre avant d’entrer en scène, dernière évocation du destin tragique de la chanteuse, de son mal-être et sa souffrance. Des moments d’émotion si l’on accepte d’entrer dans ce jeu étrange. CHRIS BOURGUE Une si longue nuit, création de la Cie L’Égrégore, s’est donné du 12 au 30 avril au Théâtre de Lenche Ils ont débuté sur la scène du Lenche, et sont amis depuis trente ans. Elle écrit et il chante. Écrit aussi, ses chansons. Ensemble Claudine Galéa et Lionel Dameï ont commis un joli spectacle, intime, personnel, qui parle Agnès Mellon Est-ce lui ou sa démesure ? Quel projet étrange que celui d’Olivier Maltinti ! Campant JR, celui de Dallas, dans l’intention affichée d’« exorciser les battages médiatiques des politiciens et transformer les capitalistes en futurs doux agneaux », il en endosse pourtant l’identité, présentant le spectacle à la fois comme la descente aux enfers d’un « pur capitaliste » et comme une sorte d’autoportrait dont il serait l’unique personnage, l’unique acteur parlant (les autres passent, servent et se taisent), l’auteur, le metteur en scène et le compositeur : JR, me myself and I affiche de surcroît des intentions un brin prétentieuses (« Mon théâtre n’a pas peur de la radicalité et d’un engagement politique citoyen » …). Autant de maladresses intentionnelles qui ne seraient rien si le spectacle était à la hauteur des prétentions. Mais celui-ci consiste en une succession de monologues paranoïaques et complaisants dont on ne sait ce qu’ils dénoncent, décrivent ou défendent à travers ce personnage macho, dominateur, raciste, impérieux et faible comme un enfant. Mais reflet de de l’auteur Catherine Rocchi de leurs amours, qui ne sont pas communes. Lui chante sa passion pour ce jeune homme frisé qui vient de l’autre côté de la mer, et y retournera, le laissant contempler l’horizon maritime comme une étendue douloureuse. Elle, plus visiblement distancée, fait dire à une comédienne blonde une confession ancienne, celle d’une grand-mère à sa petite-fille : Mani fut comme sa Philippine une jeune fille de 16 ans amoureuse d’une femme, une prof qui l’accueillit dans ses bras, plus la rendit à sa jeunesse. Suivi de près par un violoncelle électrique qui diffuse quelques effets sonores, Lionel Damei impose en contrepoint sa voix naturellement chaude qu’il pousse dans l’aigu comme Barbara. Les deux histoires, chanson et récits, se mêlent, se coupent, l’un joue dans la scène de l’autre, Me, myself and I Guillaume Amen - Ateliers Sparrow et puis ils s’assoient ensemble au bord de scène comme au bord de l’eau. Parlent un peu, hors de ces histoires, de leur amitié réelle, de leur passé dans la ville. Entremêlant encore visiblement la fiction et le vrai, le roman (Un amour prodigue, ed. Thierry Magnier) et les éclats d’histoire en chansons. Dans une réalité unifiée de théâtre. A.F. À noter Ce qui allait arriver tout de suite, c’est que j’allais l’embrasser Jusqu’au 21 mai Théâtre de Lenche 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info visiblement tout autant que souvenir et reconstruction du fictionnel roi du pétrole ! Quel est donc le sens du spectacle ? De plus, si les passages chantés ne manquent pas d’intérêt (mais ce rock se révoltet-il vraiment ?), si le décor fait d’objets récupérés structure intelligemment l’espace (mais ressemble peu à un intérieur Texan), et si l’écriture ne manque pas de souffle par endroits (mais de savoir faire dramatique !), Olivier Maltinti est loin d’être un comédien hors pair. Le rocker tremble, trébuche dans l’espace et sur les mots, décroche souvent de son rôle… Lorsqu’il reprend sa guitare (Olivier Maltinti a pour nom de scène musical Olivier Night), droit sur ses jambes, il trouve une assurance dont il semblait manquer à chaque pas. Ce qui, pour incarner JR, n’est pas l’idéal. AGNÈS FRESCHEL JR, me, myself and I a été créé à la Minoterie du 5 au 7 mai
MINOTERIE FNCTA CRIÉE THÉÂTRE 25 Buvez les mots, claquez la langue o C’est en ces termes que le public était convié le 21 avril dans la salle du bar de La Minoterie, « à l’heure où le gosier a soif de vin et de mots », pour un apérolecture proposé par les élèves comédiens d’Actor’s Actuels Le Festival de Théâtre amateur des Bouches-du-Rhône continue. Le dernier spectacle de la compagnie Tiramis de Gardanne est une création collective pleine d’allant et de fantaisie, sur des thèmes courants de la Commedia dell’Arte : avarice du père, filles à marier, Arlequin pas toujours malin. L’action se passe à Venise, au bord du Canal, sur une petite place où tout le monde se retrouve. On retient l’originalité des dialogues qui mélangent une actualité et des préoccupations contemporaines à la tradition, ainsi qu’une certaine trivialité bien dans l’esprit de ce divertissement populaire. L’ensemble est bien monté, bien joué. Dans un autre style mais tout aussi remarquable la Troupe du songe d’Aubagne a joué des textes recueillis par un instituteur de la banlieue de Naples en 1987. Là aussi l’actualité des propos du vécu de ces enfants est surprenante : pauvreté, drogue, mafia. Beau travail de mise en scène de Cécile Russo et Nicolas Suzanne pour Familles, je vous… Né dans une chambre d’hôtel de Broadway, mort dans une chambre d’hôtel de Boston, marin dépressif, alcoolique et tuberculeux, Prix Nobel de littérature aux deux fils suicidés, Eugène O’Neill Elisabeth Carecchio relier tous ces « morceaux ». On se doit de féliciter et soutenir l’équipe organisatrice qui milite depuis plus de 20 ans pour le développement du théâtre amateur et voit pourtant sa subvention amputée…. CHRIS BOURGUE o Plus belle Venise, mes Guy Vasallucci, s’est joué au Gymnase le 19 avril et participera à la sélection régionale les 4 et 5 juin à Gap pour le concours du Masque d’Or. J’espérons que je m’en sortira s’est joué au Collège Izzo le 6 mai. puise son théâtre aux sources les plus pures du malheur sans concession. Écrit au début des années quarante et destiné à n’être joué que 25 ans après la disparition de l’auteur, ce Long voyage du jour à la nuit déverse à flots continus (3h40) la logorrhée tragique et empoisonnée par le whisky d’un quatuor familial qui, dans une belle unité de temps (voir le titre) et de lieu (une chambre d’hôtel comme asile à revenants), se brûle les ailes à la lucidité implacable et à la vérité assénée à soi et aux autres non sans amour ; mère morphinomane, père acteur d’un seul rôle, aîné alcolojeté, cadet tuberculo-sensible, incarnés dans cette mise en scène de Célie Pauthe par des acteurs d’excellence qui maîtrisent tous la pointe d’incandescence indispensable pour dégager le dialogue d’un réalisme psychologique un peu... daté ; Valérie Dréville, pour ne citer qu’elle, joue de plusieurs voix, de l’éclat à la brisure, effleure son bras ou relève ses cheveux d’une Sud, sous la direction du poète performeur Pierre Guéry et dans une mise en scène de Stéphanie Lemonnier. Ce n’était pas une mince affaire que de concocter cette lecture-action de Zig-Bang du poète, et compositeur, Georges Aperghis. Un stage plutôt court, une seule journée dans les lieux, un texte ambitieux qui décale la langue et remodèle les mots dans une sorte de langage babélien, pas facile ! La jeune troupe a pourtant tenu le pari avec brio. Après avoir installé les gens à des tables, leur avoir servi amuse-gueules et boissons, les jeunes gens -en tenues blanches et noires de serveurs et les pieds nus- ont donné la pleine mesure de leur talent et de leur énergie en leur offrant de larges extraits de ce petit bijou de poésie sonore que constitue Zig-Bang. Intelligemment mis en espace, habité par de jeunes acteurs prometteurs, le texte a claqué de toute sa charge musicale et parodique. Une réjouissante lecture. FRED ROBERT J'esperons que je m'en sortira - Troupe du Songe X-D.R o Le texte de Georges Aperghis est disponible chez POL, 16 euros À venir : Lectures mises en voix par Annie Perrot, Auditorium de la Caisse d’Épargne, 23 mai (19h) Répétitions publiques avec Frédéric Ortiz au Théâtre du Lacydon, 27 mai (19h) Le parfum du silence par la Cie Samouraille de La Destrousse Théâtre du Lacydon, 28 mai Conférence de Bernadette Rey Flaud : De Molière à Mouchkine, le Lenche, 3 juin La vie rêvée de nous-création des Nez Nets et Cie, Lenche, 4 juin www.fncta.fr/festivals main qui en dit long sur les espoirs inassouvis et sur l’instant qui contient tous les autres, sans renoncement et sans esquive ; si le rythme est étouffant de tâtonnements et de reprises dans la première partie, l’envol de l’acte poignant, terrifiant, laisse place à une possible transfiguration du sang et des larmes : « l’espace d’une seconde, les choses ont un sens... puis la main laisse retomber le voile et on se retrouve dans le brouillard à se demander : pourquoi suis-je né homme… étranger sur terre ? ». Au fait, se passe-t-il autre chose ? MARIEJ-JO DHÔ Long voyage du jour à la nuit d’Eugène O’Neill (traduction de Françoise Morvan) dans la mise en scène de Célie Pauthe a été donné au théâtre de la Criée du 5 au 12 mai



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