Zibeline n°41 mai 2011
Zibeline n°41 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mai 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : chantiers... construire face à la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 POLITIQUE CULTURELLE CHANTIERS Construire face à la mer Les chantiers culturels sont en passe de changer le visage de Marseille, et lui font enfin admirer ses horizons maritimes. Le MuCEM (voir p8) mais aussi le théâtre de la Joliette, la fondation Regards de Provence, vont s’inscrire entre le Silo, les Docks et le Fort Saint Jean. Deux autres projets à l’ambition architecturale surprenante vont également voir le jour en 2012 : le FRAC, sublime bâtiment fait de circulation et de transparences, conçu par Kengo Kuma (voir Zib’32), sur la Place de Dunkerque, exposera en plein cœur de Marseille un fonds considérable par sa quantité (900 œuvres) et sa pertinence (400 artistes contemporains), mais donnera également à Pascal Neveux, son directeur, l’espace nécessaire (5400 m²) à des actions de médiation, de consultation, de recherche, et à des résidences d’artistes. Un investissement de 22 millions, pris en charge conjointement par la Région PACA et l’État, et largement ouvert sur la ville, avec une terrasse, un café restaurant, un centre de documentation pour accueillir le public, mais aussi un plateau expérimental et un project room dédiés à la création. Le CeReM est en revanche un investissement de la seule Région : 70 millions pour un bâtiment exceptionnel, que Michel Vauzelle lors de la visite de chantier du 15 avril dénomma souvent « monument ». Car le bâtiment a vocation à être avant tout un signal : Stefano Boeri a imaginé un ouvrage vraiment exceptionnel avec un porte-à-faux de 40 m de longueur, surplombant à 19 m de hauteur l’esplanade, la darse et la mer. Immergée, une agora souterraine de 1550 m², comprenant un auditorium et un vaste espace modulable. Promenoir, restaurant, atrium, espaces d’expositions et de réunions, le CeReM se veut « ouvert largement au public », est conçu comme un pont lancé vers le sud, entre ciel, terre et mer. Quant à ses futures missions, elles sont plus floues : il est question d’accueillir des concerts, des réunions, de ménager des espaces de recherche, et de concevoir des expositions sociétales, puisque les arts seront au FRAC. Et lorsqu’on lui demande quelles seront les spécificités du CeReM face au MuCEM son voisin, Michel Vauzelle répond en politique : « Le MuCEM est un établissement qui expose le passé de la Méditerranée. Nous voulons parler du présent, et de l’avenir. Construire ici une vision politique de notre espace commun. Nos vocations sont clairement complémentaires : réfléchir sur le passé et l’état des choses est indispensable. Se projeter dans l’avenir, comme le fait ce monument tendu au-dessus de la mer, est vital pour les Méditerranéens que nous sommes. Les coopérations interrégionales, décentralisées, que nous avons établies depuis des années avec nos voisins ont besoin d’un espace politique, une sorte de centre de soft power qui nous sortirait de l’échec de l’Union Pour la Méditerranée. » Un lieu de concertation et de débat, en somme, attentif à l’innovation, et au développement social, économique, culturel et scientifique. Une exposition à la Maison de la Région, sur la Canebière, expose ces projets architecturaux et leurs CeReM photo de l'architecte Stefano Boeri enjeux, et le chantier du CeReM se visite… sur réservations ! AGNÈS FRESCHEL Exposition CeReM/FRAC Maison de la Région, Marseille Visite du chantier du CeReM Les mardis de 14h à 15h30 Les jeudis de 10h à 11h30 04 91 57 57 50 Alors que La Friche attend, d’ici quelques jours, la nomination de son nouveau directeur qui remplacera Philippe Foulquié parti à la retraite -la commission s’est réunie mais n’a pas encore fait son choix parmi les 5 candidats-, la mise en chantier va commencer. 18 mois de travail de fond, non pour édifier un bâtiment neuf et spectaculaire, mais pour construire enfin un pôle réellement habitable dans des conditions acceptables de vie pour les associations et compagnies qui y travaillent, et le public qui y passe. Avec des équipements dignes de ce nom, mais qui revendiquent leur identité et récupèrent l’existant. Ce que l’architecte Patrick Bouchain explique ainsi : « Ce que la Friche a montré […] c’est que des gens qui n’étaient pas impliqués dans la fabrication de la ville, des artistes, des intellectuels, des habitants, proposaient de nouveaux modes de fabrication de l’urbain. C’est une reconquête politique, qui a ainsi évité la démolition du site, et permis son acquisition par la puissance publique. Le vide s’est rempli, les acteurs se sont emparés des lieux et on produit des lieux libres, c’est ce qu’il faut retrouver, ce qu’il faudra conserver. » Pendant ces 18 mois, la friche reste ouverte, et commence par faire la fête (voir p 14) ! A.F. Vertus récupérativesPanorama ARM - Architecture
POLÉMIQUES POLITIQUE CULTURELLE 11 Du fait du Prince… Au jeu des chaises musicales Frédéric Mitterrand a tenté d’user du fait du Prince. Le Ministre voulait imposer Macha Makeïeff à la tête de l’Opéra de Marseille, alors qu’il y avait déjà un directeur en place. Makeïeff préférait La Criée… et finit par l’obtenir grâce à un coup de pouce Elyséen, ce qui laissa la prétendante quasi-adoubée Catherine Marnas dans une situation pitoyable ! La Municipalité a rappelé ses prérogatives : le Ministre avait simplement oublié que l’État subventionne peu l’Opéra de Marseille* quand le contribuable local le finance à hauteur de 16 millions d’ € par an. De fait, Jean-Claude Gaudin, ayant confirmé la confiance qu’il plaçait en l’actuelle direction de Maurice Xiberras, rappela que l’État n’avait pas grand-chose à dire quant à la nomination du Directeur de l’Opéra à Marseille. Est-ce cela qui a provoqué le fiel de Frédéric Mitterrand instillé sur France Inter ? À propos de l’Opéra municipal, il a lancé : « c’est un opéra tout à fait honorable, mais dont on pourrait peut-être renouveler la programmation et le fonctionnement ». Consternation ! Dans les couloirs du théâtre, de l’ouvreuse au choriste, du guichet à la fosse d’orchestre et dans les cintres même des machinistes, on se répète en boucle, sans y croire, ce mot qui résonne comme un glas : « honorable ! ». Au delà de la Place Reyer, le public le plus enthousiaste de France se sent humilié. Car chaque Marseillais flaire aisément, dans ce qualificatif, le mépris séculaire que la Capitale élitaire porte au Midi populaire ! Quelle méconnaissance flagrante le jugement ministériel dénote-t-il du travail accompli par Maurice Xiberras ! Dans la lignée de Renée Auphan, le Directeur artistique travaille à rendre à l’Opéra phocéen les ors qu’il mérite ! Homme du crû, Maurice Xiberras connaît les voix, son métier. Il œuvre dans la discrétion. Au final, il offre des programmes et des distributions de premier plan… en remplissant la plus grande jauge de la région jusqu’aux balcons ! Une grande maison populaire Où entend-on Roberto Alagna, Juan Diego Flórez, Patrizia Ciofi, Marie-Ange Todorovitch, Nathalie Manfrino, Béatrice Uria-Monzon, Olga Borodina, Maurice Xiberras Christian Dresse Vladimir Galouzine… ? Sur les plus grandes scènes du monde… et à Marseille ! Que dire aussi des productions ? Pourquoi « renouveler la programmation » de saisons suscitant la ferveur populaire, comme la dernière et ses formidables Andrea Chenier, Samson et Dalila, Cavalleria Rusticana/I Pagliacci, La Belle Hélène, Wozzeck ou Don Giovanni faisant salle comble… ? En attendant la prise de rôle d’Alagna dans Le Cid ! Où découvre-t-on des chefs-d’œuvre oubliés du XX e siècle, comme L’Aiglon d’Ibert/Honegger, L’Héritière et Colombe de Damase, Maria Golovin et The Saint of Bleecker Street de Menotti, sans parler de l’exhumation annoncée de La Chartreuse de Parme d’Henri Sauguet, opus n’ayant plus été entendu depuis sa création en 1939 et dont la partition même était perdue… ? L’Orchestre municipal vient d’ailleurs de se doter d’un 1er Chef invité, Fabrizio Maria Carminati, afin de magnifier la douzaine de concerts symphoniques qu’il donne chaque saison, auxquels se joignent d’éminents solistes. Bref, si l’Opéra de Marseille ne répond pas tout à fait aux missions d’un Opéra National, il s’en approche notablement… sans en avoir les financements ! Le Ministre aurait gagné, avant d’ouvrir un procès sur la qualité d’un Opéra où il n’a jamais mis les pieds, à consulter son public, assidu et averti, ou les journalistes de métier ! JACQUES FRESCHEL (*) L’Etat donne à l’Opéra de Marseille 425 000 €, à Lyon 5 694 000 €, à Avignon 1 494 000 € (opéra et orchestre), à Rouen 1 100 000 €... (Source ROF - Réunion des Opéras de France). La polémique des fluides Retour au calme et à la contemplation à la Collection Lambert. Après la rétrospective des 10 ans du musée privé, Je crois aux Miracles, médiatisée suite à « l’affaire Piss Christ », la Collection s’attache au Temps retrouvé, une expo photo autour de Proust regroupant un travail inédit de Cy Twombly, friends and others (dès le 12 juin). En attendant, la polémique du Piss Christ laisse des traces dans la Cité des Papes ! L’œuvre d’Andres Serrano, qui utilise les fluides corporels depuis les années sida, qualifiée « d’offense à la foi chrétienne » par des groupements catholiques choqués par l’utilisation blasphématoire de la figure christique, interroge sur la montée de cet extrémisme religieux qui n’hésite pas à prier dans la rue… et à détruire des œuvres. Seul point positif de l’affaire ? La municipalité affirme son « soutien sans faille » au musée. « Marie Josée Roig s’est conduite en vraie républicaine » selon Éric Mezil. Le directeur n’a pas cédé aux invectives des groupes religieux et a montré en l’état l’acte de vandalisme commis sur deux photographies de l’artiste, Piss Christ et Church : « cette affaire est un prétexte pour des groupes catholiques extrémistes, qui font de ces œuvres un symbole de lutte politique. Une histoire terrible qui perpétue les cinq siècles de violence entre la chrétienté et les artistes. » Si le symbole utilisé par l’artiste américain, un crucifix plongé dans l’urine (le titre est beaucoup plus parlant que le résultat), a déchainé les passions, le plus étonnant reste le décalage entre le début de l’expo en décembre et la contestation fin avril. Dès lors, tout s’est emballé très vite. Manifestations, menaces de morts (jusqu’à 10 000 messages « racistes et virulents » par jour relayant la pétition de l’institut Civitas), coups de fil anonymes, puis la fameuse attaque au marteau ont plongé la cité papale dans des affres finalement récurrentes : après la Pisseuse de Picasso, la Fontaine de Duchamp, le Pipi du matin de Gauguin, la Femme urinant de Rembrandt ou les Oxidation Paintings de Warhol, le photographe utilise un sujet courant... « Serrano se revendique chrétien. Piss Christ est une crucifixion dans la droite lignée de Caravage, il utilise les humeurs du corps mais pas pour provoquer. Ici, il sublime le christ en utilisant un objet iconique en plastique, hyper banal aux États-Unis. Il le plonge dans ce bain d’urine et de sang comme un révélateur photographique. » Le corps humain du Christ continuerait-il de déranger certains chrétiens ? DELPHINE MICHELANGELI L’exposition Je crois aux Miracles a eu lieu à la collection Lambert du 12 décembre au 8 mai Delphine Michelangeli



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