Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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76 SCIENCES ET PHILOSOPHIE L’ÉNERGIE Énergies nouvelles Concernés historiquement par les problèmes posés par l’exploitation des énergies fossiles, les irréductibles Gardannais ont mis en place une politique énergétique visant, à terme, « à produire pour nos propre besoins domestiques et collectifs une énergie renouvelable avec zéro effet de serre. » C’est Roger Meï le maire communiste de la commune qui s’exprime ainsi. Gardanne en a fini avec le charbon, s’inquiète de son sol troué comme du gruyère, de l’alumine et des boues rouges qui l’ont fait vivre, mais dont elle ne veut pas qu’ils la détruisent. Car étrangement, dans cette ville qui a vécu de l’exploitation du charbon, de la centrale thermique et de la fabrication d’aluminium, des solutions s’élaborent ! Ainsi les 23 ha inconstructibles et inexploitables des deux terrils seront-elles couvertes de panneaux photovoltaïques, le biogaz récupéré sur le site d’enfouissement des déchets (40 000 tonnes par an de déchets agricoles et industriels) sera transformé en électricité ce qui permet également de ne plus rejeter de méthane dans l’atmosphère, une éolienne serra installée, un chauffage au bois pour les collectivités, et un projet d’utilisation de la chaleur des eaux d’ennoyage de la mine (à 25°) Les terrils de Collevieille Thierry Rostang qui seront récupérées pour être envoyées dans un vaste réseau de chauffage… Utopie ? Autant d’équipements qui ont un coût, lourd, et un rendement nettement moins évident que les énergies polluantes ou dangereuses… Produire de l’énergie par ces moyens nécessite également, et principalement, de changer les modèles de consommation. Le Plan d’Action Global sur l’Energie mis en place par la municipalité depuis 2010 dans les bâtiments publics porte ses fruits immédiats : diminution de 8% de l’éclairage public, 9% d’économie de chauffage… en tout 1.4M € euros ont été économisés en 2010 sur les fluides, par de simples changements de comportements et aménagements visant à diminuer le gaspillage énergétique. En 2011, l’objectif est d’impliquer activement les établissements scolaires, et les citoyens. Afin que chacun change ses comportements un référent est nommé dans chaque établissement scolaire, grâce au dispositif AGIR de la Région (voir Zib 39). Enfin le Forum des énergies nouvelles et renouvelables, qui a eu lieu du 8 au 10 avril, a permis de familiariser concrètement les enfants, les jeunes et les adultes avec cette idée que certains gestes quotidiens sont consommateurs d’énergie : divers débats, autour des alternatives à l’énergie fossile, mais aussi de la maîtrise publique de l’énergie, ont eu lieu dans la Halle, ainsi que divers ateliers ludiques et concrets (les petits débrouillards) pour apprendre à économiser, mais aussi pour appréhender le concept si insaisissable d’énergie… Par ailleurs, des visites des sites producteurs d’énergie (inauguration de l’usine de production électrique Verdesis-Semag à partir du biogaz, visite de la chaudière bois de Fontvenelle) permettaient de comprendre comment on la produit… et ce que cela implique en termes de consommation de ressources de combustibles (bois, gaz, transformation en électricité). Autant d’initiatives pédagogiques, concrètes, et d’investissements dont on ne peut que se féliciter. Mais qui ne posent à aucun moment le problème crucial de la consommation industrielle d’énergie, la plus vorace. Ni de notre civilisation du jetable, du consommable, de la casse programmée des produits manufacturés, ni des dépenses énergétiques de l’industrie de l’armement et de l’agriculture productiviste que le capitalisme impose de fait dans nos vies. Pour changer efficacement le mode de consommation d’énergie du citoyen, il ne suffira pas de les éduquer en les culpabilisant sur leurs comportements : il faudra proposer des alternatives, et pour cela en finir avec le productivisme. Et quid de l’incontournable « nécessité de la croissance » ? AGNES FRESCHEL Au Progr Aérons-nous le corps et l’esprit. En ce Pâques beau, planchons sur l’onde fun des sciences Argent content Le Musée des Mines d’Argent de l’Argentière-la-Bessée nous propose le 14 mai dans le cadre de la Nuit Européenne des Musées, la visite nocturne des mines d’argent du Fournel, sur réservation obligatoire. RDV au Musée des Mines d’Argent, départ 19h30. La visite inclut la galerie des peintures de Jacques Pâris, peintes au printemps 2010 dans le cadre d’une résidence d’artiste et l’exposition Les Guetteurs de Claude Goulois en collaboration avec le Museum Départemental de Gap. Musée des Mines d’Argent 04 92 23 02 94 La belle à Gap L’association Gap Sciences Animation 05 (GSA 05) créée en 1990 sous le nom de Sciences Animation 05 s’est donné comme objectifs statutaires la diffusion et la vulgarisation de la culture scientifique et technique en direction de tous les publics du département des Hautes-Alpes. Reconnue par le Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle Provence Méditerranée (CCSTI), GSA 05 est coordinatrice départementale de la Fête de la Science depuis sa création en 1991. Elle nous propose, entre autres, des sorties à caractère scientifique : le 6 mai une rando-entomologie Sphinx, bombyx et noctuelles, insectes hauts en couleur au cœur de la nuit par Sylvain Allombert de Terra Biodiversita, le 8 mai une rando-botanique Les plantes racontent le sol par Lionel Bunge, de Promonature et le 14 mai une rando-géologie Du charbon dans le Briançonnais par Raymond Les-
SCIENCES ET PHILOSOPHIE 77 Philosophie du nucléaire amme tournelle de la Société Géologique et Minière du Briançonnais. Gap Sciences Animation 05 04 92 53 92 70 www.gsa05.com/sortie.htm Au printemps le chercheur dore La 5 e édition du Printemps des chercheurs de la région PACA se déroule du 12 au 29 avril à Marseille, essentiellement à Maison de la Région et aux Bibliothèques Saint-André et le Merlan. Il consiste en une série de rencontres et de discussions entre les chercheurs et le public. Ces échanges ont pour but de faire partager les découvertes faites récemment dans les laboratoires (démonstrations), de répondre aux nombreuses interrogations sur des questions scientifiques du moment sous forme de débats, de discuter autour de films de sciences (ciné-sciences) et de proposer aux plus jeunes des ateliers expérimentaux pendant les vacances scolaires. Les sujets abordés cette année graviteront autour de la biologie humaine (procréation médicalement assistée, réaction immunitaire, division et vieillissement des cellules) ou animale (santé des abeilles), la physique (physique des fluides et des mouvements), les mathématiques (histoire des tablettes sumériennes), mais aussi l’archéologie (fouilles en Arménie), et à l’occasion de l’année mondiale de la chimie un accent particulier est mis sur cette discipline (les feux d’artifice, les plastiques, les parfums). www.printempsdeschercheurs.fr Y.B. X-D.R ff 17'Hiroshima est partout : c‘est le titre d’un livre de Gunther Anders, philosophe allemand qui fit le lien entre la philosophie morale et la problématique du suicide programmé de l’humanité Entre aliénation et libération, la technologie obsède la pensée depuis un siècle : est-elle destinée à libérer l’homme de la condamnation biblique (C’est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain) où à l’enchaîner à l’illusion plus maléfique de maîtriser la nature et sa vie ? Mais dès Hiroshima un pas a été franchi ; ce n’est plus l’aliénation de l’homme par la machine, mais la disparition programmée de l’humanité au profit de ses productions qui dès lors a donné à penser. D’Hiroshima à Fukushima on pourrait parodier Marx ; les grands évènements se produisent toujours deux fois, la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. Soixante six ans après, dans le pays le plus sensible à la tragédie nucléaire, le niveau de compétence et de transparence donne à pleurer à défaut d’en rire. Le nucléaire est géré à la légère, même par eux. Avec le nucléaire nous perdons tout contrôle sur nos productions. Günther Anders, après Hiroshima, dessinait les contours d’une philosophie morale qui ne disait pas le bien mais désignait les seuils et les conditions qui, lorsqu’ils sont dépassés, font de la question du bien une problématique désuète. Car le nucléaire « empêche la naissance de situation où il n’est plus possible d’être moral et qui pour cette raison se soustrait à la compétence de tout jugement moral. » Ce qu’Anders condamne avec la technologie nucléaire, c’est le renoncement de l’homme à sa propre liberté avec des outils qui, une fois certains seuils critiques de développement dépassés, se retournent contre les hommes. L’homme a le droit de renoncer à tout, sauf à sa capacité d’agir et de maîtriser ce qu’il fait. En bref il ne peut renoncer à sa liberté. Avec le nucléaire on y renonce : on ne peut rien prévoir. Ni prévenir, ni même guérir. C’est en lisant Anders que Sartre aura cette formule et définition heureuses : l’homme est condamné à être libre. Ceux qui militaient contre la Bombe à l’ouest étaient désignés comme des agents staliniens, même si les communistes français ont toujours été pro-nucléaire (civil). Aujourd’hui les anti-nucléaires sont accusés d’archaïsme, de vouloir un monde à la bougie. Avec le nucléaire il n’y pas de débats contradictoires possibles : l‘idéologie nucléaire se construit sur la dissimulation et Champignon atomique sur Nagasaki Library of Congress le productivisme, et oppose l’insulte à la raison et au réel. Que veut donc dire penser le nucléaire ? Faire de l’avenir catastrophique notre présent. Pour le voir. Et se demander comment agir. Car sortir du nucléaire c’est sortir du productivisme : voilà le courage et l’enjeu. RÉGIS VLACHOS Dans le prochain Zibeline la correspondance d’Anders avec Eatherly, « l’anti Eichman » qui culpabilisa de sa responsabilité dans Hiroshima ; ou la conscience morale aux prises avec trois cent mille morts.



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