Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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74 PATRIMOINE MÉTIERS D’ART ARCHIVES 13 ÉCHANGES ET DIFF Éloge de la main Les métiers d’Art tissent entre tradition et modernité une trame qui embellit notre quotidien et change notre mode de consommation du réel Artisan, artiste, maître d’art, maître d’œuvre… L’UNESCO les a reconnus comme patrimoine immatériel et vient même de classer les techniques et talents des Compagnons du Devoir en tant que Patrimoine Immatériel de l’humanité. « Lieux de mémoire » souligne le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, les métiers d’art arrachent l’objet à la série consumériste, pour lui rendre sa valeur créative. Nous pouvons renouer ainsi avec une certaine capacité d’émerveillement du quotidien. Ce bol du matin est unique, l’instant aussi. Cela participe à une esthétique familière, qui permet à chacun de ne pas se considérer comme une simple réplique de pub normalisée. La conscience de cette richesse est saluée officiellement par les Journées Nationales et la Route des Métiers d’Art. L’inauguration un premier avril -le calendrier est parfois malicieux- de ces journées et de cette route sur la région a eu lieu à la Tuilerie Bossy à Gardanne. Élus, représentants des collectivités territoriales, de l’État, du tourisme, des banques, des assurances, se félicitent de ces rencontres avec les professionnels dans leurs ateliers, de ce projet ambitieux lancé il y a 4 ans sur les métiers d’art, leur découverte vivante et la démarche éthique qui accompagne ainsi le développement À la Tuilerie Bossy, mosaiques de Céline Patrizio Arbitraire vs diabolique L’histoire constitue une réserve inépuisable de scénarios pour les romanciers, les cinéastes, et les auteurs de BD. Mais le fait d’avoir choisi L’affaire Gaufridy alors que les débats sur la justice et les religions fleurissent, n’est pas innocent (sic !). Il s’agit du jugement du prêtre des Accoules à Marseille, Louis Gaufridy, pour crime de sorcellerie… La peur du diable était telle qu’un ramoneur qui s’était trompé de cheminée fut pris pour le démon, et provoqua une panique effroyable lors de la lecture des procès-verbaux de l’affaire ! Esprits incrédules ne riez pas, le malheureux curé fut brûlé et ses cendres dispersées aux quatre vents, en l’an de grâce 1611, un terrible 30 avril. La superbe exposition du Centre Aixois des Archives Départementales présente un travail d’une grande richesse picturale et documentaire. La bibliographie s’appuie sur des textes d’historiens, des romans, des coupures de presse… les sources archivistiques proviennent des archives départementales des BDR, des bibliothèques Méjanes d’Aix-en-Provence, de la bibliothèque nationale, de l’Alcazar… Les contextes historiques, idéologiques, judiciaires et politiques sont exposés avec discernement, il est même des suggestions qui laissent rêveurs, comme la possibilité de relation entre la condamnation de Gaufridy et l’assassinat d’Henri IV ! L’inquisiteur (2) dominicain Michaëlis parvenait ainsi, en faisant admettre la possession par le diable, à établir la responsabilité des sorciers dans le régicide… Henri IV, martyr, allait ainsi tout droit au paradis ! Les moyens de reconnaître le sorcier sont effarants de l’économie locale. Plus de 70 artisans mobilisés, des itinéraires de découverte à travers toute la région, une autre manière de découvrir des lieux enchanteurs, liée aussi à la route gourmande, avec 11 millions de touristes par an… Dans la région, la route des métiers d’art est liée à la perspective de Marseille Provence 2013, et à la création d’un GR 13 d’environ 200 kms qui aura l’originalité de passer par les villes, unissant le milieu urbain et les sites naturels. La découverte des paysages se conjugue avec celle de l’histoire, préservée dans les gestes des métiers d’art, qui travaille avec une mémoire des mains et des yeux, la nôtre. À Gardanne les trois Journées ont permis de rencontrer des artisans passionnants, qui rénovent les objets, comme cet horloger qui se sent conservateur du patrimoine et qui restitue leur propre histoire aux objets et à ses commanditaires ; ou qui créent à partir de techniques anciennes comme cette mosaïste depuis cinq générations, ou cette céramiste et la fusion amoureuse des objets, poterie et décorations dans l’alchimie du four… et racontent aussi l’histoire des matériaux, qui proviennent de tel ou tel terroir… Suivre ces routes c’est aussi prendre la mesure de notre terre, et c’est très beau. MARYVONNE COLOMBANI La route des métiers d’art du 1er avril au 30 octobre www.metiersdart.cma13.fr sit pour nous, et pourtant, font foi devant le tribunal du XVIIe. Quant au sort de la malheureuse nonne, victime du sorcier, Madeleine, il n’est guère enviable, même si elle eut la vie sauve : exorcismes, mise au banc de la société, repoussée car possédée par Satan. Une histoire d’autant plus terrible qu’elle est vraie, et nous rappelle que l’obscurantisme et la cruauté ne sont pas si loin. Ce sujet a inspiré Hugo Bogo qui offre les prémisses d’une BD qui doit sortir en 2012, avec des esquisses, des tableaux (merveilleuse vue des Accoules du port de Marseille), des dessins à l’encre, et l’explication de sa démarche qui utilise aussi bien le dessin, la peinture que l’informatique. Un Hugo Bogo Hugo Bogo résultat remarquable de vérité, avec des personnages d’une grande expressivité. MARYVONNE COLOMBANI Le curé du Diable/l’affaire Gaufridy en BD Centre Aixois des Archives départementales Jusqu’au 11 juin www.archives13.fr
19>29 MAI 2011 Corps dans l’histoire Remplaçant au pied levé Sylviane Agacinski qui devait donner une conférence traitant des métamorphoses du corps humain de son point de vue de philosophe, c’est Irène Théry, sociologue, qui est intervenue. Non sans souligner l’intérêt réciproque que se portent les deux disciplines, lequel se renforce avec les années. Cette société obsédée par les corps, leur jeunesse, leur beauté, et qui paradoxalement marque un désintérêt profond pour le caractère pâtissant et mortel de ces mêmes corps, pose un problème de fond aux sciences humaines. « La grande nouveauté de cette décennie en philosophie et en anthropologie est de refuser la confusion du corps avec le biologique. » Alors qu’un projet de révision des lois de bioéthique est à l’étude au Sénat, Irène Théry prévient : « La façon dont on pense les choses a des conséquences immédiates : un corps est toujours investi de sens, de valeurs. Il n’est jamais réductible à sa dimension physiologique, on ne peut pas le traiter comme de la viande. » Là où Paul Ricœur parlait d’identité narrative, elle demande : est-ce qu’il existe un corps humain qui ne soit pas mis en intrigue, en récit ? Tragique monde contemporain, où l’on voit se développer des merveilles technologiques, où l’on peut réparer les corps, leur permettre de se reproduire, tout en omettant de transmettre la grande histoire de la condition mortelle, la dimension fondamentalement relationnelle de l’humanité ! G.C. Cette conférence a eu lieu le 24 mars dans le cadre d’Échange et diffusion des savoirs r : IVAL l4RT HEMEF PARC DE MAISON BLANCHE Économie, une science inhumaine André Orléan est un économiste hétérodoxe, on pourrait même dire désolé. C’est tout juste s’il ne s’excuse pas de faire partie de cette branche des sciences sociales qui a eu tendance à se compromettre gravement avec le monde de la finance. « L’économie a été instrumentalisée par des intérêts qui ne sont pas ceux de la connaissance. Elle a servi à légitimer la dérégulation que connaissent les marchés financiers depuis 30 ans. » Le credo de l’économie depuis Adam Smith, qui consiste à imaginer que la concurrence et la « loi » de l’offre et de la demande permettent de régler les conflits d’intérêt au sein de la société, est illusoire et dangereux. André Orléan regrette le penchant de ses pairs à tirer du côté des sciences dures une recherche qui aspire à se déconnecter de l’humain. « La tradition économique croit que les acteurs du marché sont mus par leurs intérêts, et ne tient pas compte de leurs croyances. Or les capacités de prédiction des sciences sociales sont très faibles comparativement aux sciences de la nature, et le traitement statistique bute sur l’imprévu. Je suis très favorable à l’étude des phénomènes économiques comme des faits sociaux, à prendre en compte en tant que tels. » Au terme d’un exposé lucide et salutaire (« non, les économistes n’ont pas la réponse à toutes les questions, c’est important de le savoir »), c’est un membre du public qui souligne : « Le terme d’économie vient de deux mots grecs signifiant « la maison » et « la loi ». Cela ne va pas du tout avec la dérégulation. Je pense que les économistes font le contraire de Saint Thomas, qui ne voulait croire que ce qu’il voyait. Eux ne voient que ce qu’ils croient. » GAELLE CLOAREC André Orléan, économiste, lors du cycle Échange et diffusion des savoirs à l’Hôtel du Département des Bouches-du- Rhône le 17 mars On peut écouter en ligne les conférences du cycle Echange et diffusion des savoirs http://www.cg13.fr/cadre-devie/culture/conferences.html RÉMI BRAGARD 1 PAUL DESTIEU & COLSUN WODU YIFAT GAT ! GUILLAUME GATTIER/CHRISTIAN JACCARD VICTORIA KLOT21 CATHERINE MELIN 1 ANITA MOLINERU STÉPHANIE NAVA ! JEAN-FRANÇOIS ROUX ERIK SAMAKH/PASCAL SIMONET ! STAUTH & ! HEYREL SUSANNE STRASSMANN MARCOS MARCO ET NOÉMIE ETTLIN, DANSEURS DU BALLET NATIONAL DE MARSEILLE LES ÉLÈVES AMATEURS DES ATELIERS PUBLICS DE L'ESBAM ET LES JARDINIERS DES ESPACES VERTS DE LA VILLE DE MARSEILLE LE FESTIVAL DES ARTS EPHÉMERES EST ORGANISE PAR LA MAIRIE DES 9 : ET LOF- ARRONDISSEMENTS DE MARSEILLE EN IHÉE LIBRE IOUS LB JOURS DIE 10H A 1$1-I PARC ET BASTIDE DE MAISON BLANCHE 150, BOULEVARD PAUL CLAUDEL 13009 MARSEILLE ECOLE SUPERIEllRE ITdRf -aü:X PPIUSF{ [M[IIR§t.1X BALLET N VT nNAL DE MARSEILLE annEa [7TYdC] moi d.rt mnincri



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