Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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70 LIVRES RENCONTRES Trouillot, écrivain militant Côté cour Les élèves de seconde du Lycée Montgrand à Marseille qui participent au choix du Prix littéraire des lycéens ont reçu l’écrivain haïtien Lyonel Trouillot pour l’interroger sur son livre Yanvalou pour Charlie (voir Zib’39). S’ils ont eu des difficultés à aborder ce roman parfois difficile qui alterne des narrateurs différents, ils ont questionné son auteur avec sensibilité. Lyonel Trouillot leur explique qu’il fait partie d’une certaine bourgeoisie sur l’île, il n’a donc pas connu la misère dans son corps. Et la pauvreté ? Il déclare l’avoir rencontrée dans Les Raisins de la colère, avant de réaliser qu’elle était autour de lui, et de s’inspirer de sa réalité pour écrire. « Je n’ai pas d’imagination ; je n’ai qu’à observer, écouter et je concentre plusieurs éléments de la réalité pour créer mes personnages. L’avocat Mathurin qui fait abstraction de son passé, il y en a plein à Haïti ! Et des jeunes comme Charlie qui bousculent les certitudes, il en faudrait davantage ». Car tout le monde n’est pas pauvre en Haïti : 1% de la population consomme 40% des ressources ! Les gens qui habitent les belles maisons ne savent même pas que quelques mètres plus loin il y a un bidonville... Côté jardin Plus tard, à la librairie L’histoire de l’œil, devant un public d’adultes, le romancier-poète haïtien a rappelé le plaisir qu’il avait eu à dialoguer avec ces jeunes : « Le seul roman à valoir la peine, c’est le roman de la rencontre ». Il a réaffirmé toutes ces choses qui lui tiennent à Ne pas grandir Nicolas Fargues était de passage à la librairie Aux Vents des Mots de Gardanne, dans le cadre des Escales en librairies proposées par l’association Libraires à Marseille. Il y présentait son dernier roman Tu verras, qui vient de remporter le prix Télérama-France Culture : le monologue intérieur d’un père qui affronte le décès de son fils unique de douze ans (voir Zib’39). Le titre renvoie à la fois à la facile formule prophétique qu’on assène à ses enfants, en supposant un avenir brutalement volé par la mort prématurée - tu verras ar# 5-41t1 Nicolas Fargues X-D.R cœur, sa haine de l’injustice sociale et du système en place sur son île, son souci du collectif et de l’égalité. Voilà pourquoi il écrit : pour donner voix à « des gens habituellement interdits de parole ». Ce qui donne des romans polyphoniques comme Yanvalou… Trouillot regrette toutefois la « dictature » actuelle du roman, et à ce genre « historique donc périssable », il préfère l’universalité de la poésie. Quant à la langue (français ? créole ?) c’est le texte qui la choisit. L’écrivain a conclu que la « zone de vitalité actuelle » en Haïti, c’était la poésie en créole. À découvrir… CHRIS BOURGUE ET FRED ROBERT quand tu seras grand, tu comprendras, alors même qu’on ne les comprend plus - mais aussi à la lucidité cruelle que la douleur donne au narrateur sur lui-même et sur les relations, ou l’absence de relations, qui le lient aux restes de sa vie de monsieur-tout-le-monde : compagne, père, travail, amis… « C’est un livre d’exorcisme » confie l’auteur, qui traite moins du deuil que du déracinement à soi auquel conduit ce deuil, et qui va mener le narrateur vers une quête initiatique, éclairée par deux figures tutélaires croisées presque par hasard. Si ce livre tranche par son sujet avec les précédents, on y retrouve quelques-uns des leitmotive de l’auteur, en particulier dans l’attirance pour le dépaysement culturel qui suspend les certitudes et laisse ouverts les possibles. Face à ses lecteurs Nicolas Fargues dévoile avec retenue ses propres interrogations et hantises de père, revient sur la complexité des rapports entre générations. Le dialogue sombre parfois dans une certaine inconsistance, à la façon d’une conversation de parents inquiets et à la faveur de quelques truismes sur l’adolescence : mais la simplicité affable de l’invité, l’honnêteté sans voyeurisme du propos et la spontanéité du public sont plutôt inhabituelles et salutaires. Si comme le dit Nicolas Fargues, « le style, c’est la rencontre avec une personne » alors réciproquement, cette rencontre-là avait du style. AUDE FANLO Escales en librairie, le 24 mars à la librairie Aux vents des mots de Gardanne, et le 25 mars à l’Attrape-mots à Marseille. Lyonel Trouillot, Salon du livre de Paris X-D.R À lire : Yanvalou pour Charlie (Actes Sud) Haïti, une traversée littéraire un livre-CD paru aux Presses Nationales d’Haïti Art proétique Philippe Forest a longtemps été essayiste avant de se lancer dans l’écriture romanesque avec L’enfant éternel, évocation d’un deuil intime, écrite dans l’ombre tutélaire d’Hugo et de Mallarmé. Son dernier roman, Le siècle des nuages (voir p.67), ample ouvrage aux accents d’épopée, rend hommage à son père disparu et retrace, à travers son parcours, la geste aéronautique. « Mes romans visent à introduire du poétique dans la structure narrative même » ; c’est la manière dont cet érudit tranquille parvient à faire dialoguer prose et poésie, lui qui dit entretenir des « rapports ambigus » à la poésie contemporaine qu’il juge souvent « illisible ». D’où son désir d’inviter au dialogue Jean-Claude Pinson, dont « les ouvrages simulent la forme du recueil poétique ». Tous deux essayent de capter ce que Bataille nommait « l’impossible du réel ». Sans congédier ni l’expérience, ni l’autobiographie. En les laissant s’épanouir dans une écriture à mi-chemin entre prose et poésie. Quant à l’essai, que Forest appelle « fiction critique », tous deux le revendiquent. Comme un moyen pour Pinson d’« allier le sensible et l’intelligible », de « regarder d’un œil lucide le champ dans lequel on intervient » ; de « se soustraire à la supercherie romanesque » pour Forest. C’est une fois encore à un dialogue de haute volée que le public de la BDP a eu la chance d’assister. Que la lecture par chacun d’extraits de son œuvre choisis par l’autre a élevé encore plus haut. FRED ROBERT Philippe Forest a invité Jean-Claude Pinson à la BDP Gaston Defferre, dans le cadre d’Ecrivains en dialogue, un cycle de rencontres organisées par l’Adaal en partenariat avec Libraires à Marseille. www.biblio13.fr www.adaal.fr
PARIS CASSIS LIVRES71 Salon de lecture Sa 31 e édition tout juste terminée, le Salon du Livre de Paris affiche un bilan globalement positif. Environ 180000 visiteurs, plus de 300 éditeurs régionaux présents. Malgré la réduction de l’espace et du temps dédiés à ce grand rendez-vous annuel, malgré le semi échec de la nouvelle formule de nocturne (le vendredi), les organisateurs se félicitent d’avoir pu offrir à tous leurs publics un grand choix de rencontres, des plus « people » aux plus exigeantes. Il est vrai qu’il y en avait beaucoup et pour tous les goûts… La Scèn 1:4p. La Région au salon Pour cette édition, le stand de la Région Paca était idéalement situé et on ne pouvait manquer ses grands abat-jour rouge et or suspendus. Sur un imposant espace, l’Agence régionale du livre et 28 éditeurs étaient installés. Si certains, comme Parenthèses, ont préféré « faire l’impasse » cette année car le public jazz et architecture ne fréquente guère le Salon du Livre, beaucoup ont saisi l’occasion de présenter leurs maisons, leurs auteurs et leurs ouvrages à moindres frais. L’aide apportée par la Région permet en effet à la plupart d’entre eux de ne pas avoir à financer la location d’un stand, ce qui réduit nettement les dépenses et constitue un argument solide pour des structures souvent fragilisées par la crise. Par ailleurs, et en dépit du bilan mitigé que faisaient certains le dernier jour, le Salon, même s’il prend des allures de foire, reste une vitrine importante pour les éditeurs locaux. Le cipM et L’Écailler le soulignent, qui viennent chaque année, non pour vendre des livres, mais pour profiter de l’événement afin d’organiser des rendez-vous professionnels. Plus qu’au plan financier, c’est pour les contacts avec le « milieu » que le Salon est intéressant, comme le note également l’éditrice de la jeune maison de Vallauris, Les Enfants Rouges, présente pour la 2 e année. De même qu’Agone qui y trouve une excellente occasion de contact avec les libraires et Ian McEwan Annalena McAfee Henning Mankell CF les auteurs. Beaucoup de projets voient le jour ici, ce qui fait du Salon un « mal nécessaire » comme le dit en souriant Fabienne Pavia du Bec en l’Air. Interférences Car les propos brillants d’Ian Mc Ewan sont couverts par un rush bruyant vers le plateau voisin de France Télévisions : le double faciès tourmenté des frères Bogdanov attire plus la foule dominicale que de subtiles réflexions sur la littérature ! Mais en dépit du brouhaha constant et d’interférences inopportunes, le Salon a connu de belles rencontres. Le Suédois Henning Mankell, chevelure d’argent et perfecto de cuir noir, a rempli le parterre de la Scène des Auteurs de la foule des fans de son mythique inspecteur Wallander. À découvrir d’ailleurs les autres romans de ce story teller drôle, humain et engagé. Les lettres nordiques étaient cette année à l’honneur et de nombreux échanges, plus intimistes mais tout aussi passionnants, portés par de remarquables interprètes ont eu lieu dans l’auditorium du CNL. FRED ROBERT Le Salon du Livre de Paris s’est tenu au Parc des expositions de la Porte de Versailles du 18 au 21 mars. À lire Henning Mankell, L’homme inquiet (la dernière enquête de Kurt Wallander) et Les chaussures italiennes, aux éditions du Seuil. Ian Mac Ewan, Solaire, tout récemment paru chez Gallimard Livraison printanière À Cassis le printemps s’annonce littéraire, et la 23 e édition contribue un peu plus encore à asseoir la réputation de ce festival. Les femmes seront à l’honneur cette année, et bien représentées, les organisateurs ayant choisi comme thème : « la femme est l’avenir de l’homme » pour les rencontres des deux week-ends. Ce sera donc l’occasion de rencontrer des auteures, parmi lesquelles Hélène Lenoir (La Folie Silaz et Le Répit, tous deux édités chez Minuit) et Clara Royer (Csillag, éd. Pierre Guillaume de Roux) qui débattront de l’Enquête identitaire (30/4 à 15h30) ; Myriam Revault d’Allonnes (Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie, Seuil) et Christine Bard (Une histoire politique du pantalon, Seuil) se rencontreront autour de la question Les femmes, la démocratie, le pantalon (1 er/5 à 15h30) ; Francine de Martinoir (L’aimé de juillet, Jacqueline Chambon) et Claude Pujade-Renaud (Les femmes de Braconnier, Actes Sud) évoqueront les Nostalgies féminines(7/5 à 15h30) ; tandis qu’Hélène Carrère d’Encausse (La Russie entre deux mondes, Fayard) parlera de la Russie (1 er/5 à 17h) et Christiane Collange (La deuxième vie des femmes, Laffont et Le Jeu des sept familles, Laffont) de La famille en folie (8/5 à 17h30). Et comme toujours la musique précèdera ou clôturera les débats, avec un hommage à Django Reyhnardt et au jazz manouche, le dîner littéraire avec le duo jazz bossa et le jazz du trio Tzwing. Enfin, le 30 avril, l’inauguration sera suivie de la remise du Prix du Printemps du Livre de Cassis sous la présidence de Jean- Paul Kauffmann. DO.M. 23 e Printemps du livre de Cassis Les 30 avril et 1er mai et les 7 et 8 mai Centre culturel, Cassis 04 42 01 77 73 www.printempsdulivre-cassis.org iII i i Içç1'y çç {{ yy IIi4 iI1yyy1\RRCIf [SIONhT [O iLE SFEC:TACL@ I - IVA NT I.., li, I,I, il I ti " I ti'ti I y l'y', i', "i" y,'iI : i,i, " ;'y ti I\I I, y'ti ",i, 1y, I,I y l'I Il I l y liii, l 1 I y11'i1ii 11,1,1,11:1\11,11, 10,1', Bureaux de production, mode d'emploi ti' ; ti'ti ti JEUDI 21 AVRIL 2011 14-1-1-171-1 yy l'II" ! I "-'1 ; 1 111111111 1` Diffusion numérique de la musique = et nouveaux rapports commerciaux MERCREDI 1ER JUIN 1 14H-17H [1117lll1101.tilSti7 Sytit ;'Ṁ\La Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences : un atout pour les entreprises et les salariés du spectacle vivant MARDI 21 JUIN 2411 1 141-171 PRpCR,4h+IMF FT INSCRIPTIpIN www..arcade-pacaxom AGENCE ARCADE FROVENC.EE ALPS 0OTED'AZUR



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