Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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64 LIVRES LITTÉRATURE Juste avant la chute Leif Davidsen connaît bien la Russie ; il a vécu et travaillé plusieurs années à Moscou comme correspondant pour la radio et la télévision danoises. Son précédent roman paru chez Babel noir, L’épouse inconnue, plongeait le lecteur dans l’actualité récente de la Russie, le conflit tchétchène, les dérives de la politique de Poutine. La chanteuse russe, tout juste publié dans la même collection, date en fait de 1988. Écrit peu avant la chute du Mur de Berlin, il se situe dans une Union Soviétique en décomposition, à la veille de la mort de Tchernenko, à une époque où les forces au pouvoir tentent par tous les moyens, même les moins avouables, d’empêcher la machine de s’arrêter tout à fait. Pourquoi toutes ces précisions géopolitiques ? Parce que l’histoire de l’URSS et l’évolution de l’ex-bloc soviétique sont au cœur des romans de Davidsen. L’intrigue policière, une secrétaire de l’ambassade danoise et une prostituée russe retrouvées mortes, une enquête bâclée et des preuves dissimulées, quoique bien ficelée et riche en rebondissements, n’est pas l’essentiel. Le récit, au-delà de l’anecdote et de l’histoire d’amour qui s’y greffe, dresse le bilan d’un régime en panne, miné par le mensonge et la corruption. Et c’est ce qui est intéressant. Comme est touchant le regard porté sur Moscou par le narrateur diplomate Jack Andersen. Un regard critique, certes, mais aussi amoureux, qui offre au lecteur quelques belles échappées sur la ville. Et ravira les russophiles. FRED ROBERT La chanteuse russe Leif Davidsen Babel noir, 8,50 € également chez Babel noir, L’épouse inconnue. Plaidoyer écologique Écrit en 2008, le roman de la finlandaise Johanna Sinisalo porte bien son nom, Oiseau de malheur, qui dénonce l’exploitation par l’homme des richesses naturelles et le droit qu’il s’arroge à décimer l’espèce animale. Paru en mars 2011 à l’heure de la tragédie de Fukushima, son plaidoyer en faveur de la protection de l’environnement sonne comme un avertissement funeste. Johanna Sinisalo plante le décor au cœur des contrées sauvages de Tasmanie et de Nouvelle-Zélande, là où de rares espaces vierges existent encore et où l’homme doit composer avec les forces de la nature. Quitte à renouer avec ses « instincts primitifs : haine, violence, angoisse et croyances archaïques… ». Elle choisit un récit à deux voix pour, alternativement, raconter par le menu détail (rien ne nous est épargné et c’est parfois ennuyeux) les vicissitudes de l’ascension, la faim qui tenaille, la promiscuité des refuges, les galères, le dépassement de soi, les douleurs physiques et mentales. Deux personnages, deux interprétations d’un même vécu, donc deux styles : celui familier et imagé d’Heidi, la novice, engagée dans l’aventure par amour et qui, malgré une volonté de fer, s’octroie de légers manquements au code de bonne conduite écologique. Celui plus factuel, voire cynique de Jyrki, militant pur et dur qui ne transige jamais avec sa volonté de vivre en osmose avec la nature. Ces changements de tons très fréquents, piqués d’humour, permettent au lecteur de ne pas s’essouffler à leurs côtés dans cette marche moins idyllique qu’espérée ! Et la fréquentation du texte de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres, distillé tout au long du roman ajoute à cette diversité bienvenue. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Oiseau de malheur Johanna Sinisalo Actes Sud, 23 € Fantômes dans la neige... Cela fait 20 ans que Michèle Lesbre écrit. Son avantdernier livre, Sur le sable (Zib’24) toujours chez son éditrice fétiche, parlait de la rencontre d’un homme et d’une femme au bord d’une plage, la nuit. Le temps du récit d’une existence. Dans son dernier texte, si court mais si dense, la narratrice, Édith, va attendre à la gare un homme qui ne la connaît pas, mais qu’elle croise chaque mercredi matin dans un café. Lui ne l’a jamais vue et elle ne le voit que de dos, et l’entend évoquer la ville de Ferrare en italien, avec le serveur. Elle voulait le voir descendre du train et l’aborder. Et ce jour-là il n’est pas là. Il neige ; alors comme c’est souvent le cas chez Michèle Lesbre elle évoque des souvenirs et les diverses époques vont se superposer. Elle revoit Antoine, son amour de jeunesse évanoui, et ses copains « apprentis révolutionnaires », les tracts, la 2 CV en panne sur le plateau de l’Aubrac, quatre ans avant 68. Elle évoque Ferrare, Antonioni, Laura Betti et les romans de Bassani. Les villes se mélangent : Ferrare, bastion du fascisme, Paris en mai 68, Prague en 72, lieux de luttes. Il ne se passe pas grand chose dans ce récit mais de toutes parts sourd une émotion, les mots de la narratrice sont les confidences de l’auteur, les images sont des palimpsestes. Michèle Lesbre nous promène dans des villes qui deviennent imaginaires et surgissent parfois des brumes grises pour y retourner... Une seule note noire, celle d’un corbeau freux dont la narratrice (l’auteure ?) a fait son ami. CHRIS BOURGUE Un lac immense et blanc Michèle Lesbre Sabine Wespieser, 13 € tif ChuirFtwuNt russe Johanna Sinisal° Oiseau de malheur 1..m.+Wan n LIifUifiii. Leif Davidsen était présent au Salon du Livre de Paris Johanna Sinisalo était présente au Salon du Livre de Paris
La vie, tout simplement... De l’aveu de son auteur, Paul à Québec est autobiographique : Michel Rabagliati s’est inspiré de la maladie et de la mort de son beau-père. Cependant c’est tout sauf un récit triste. Avec un dessin nerveux, stylisé, en noir et blanc, l’album plonge le lecteur dans la vie d’une famille québécoise. Puis Roland, le beau-père de Paul, a un cancer et c’est l’engrenage des soins. Ses filles et sa femme se succèdent à son chevet avec courage. Mais la vie continue et les fousrires succèdent parfois aux moments d’angoisse. L’auteur aborde la fin de vie et la mort avec simplicité et émotion… Le succès de Paul, son personnage qu’on appelle volontiers « le Tintin canadien », ne fait que croître, alors qu’au Québec la BD était moyennement prisée jusqu’alors. Or Michel Rabagliati vient d’obtenir le Prix du public au Festival d’Angoulême, ce qui va contribuer à sa diffusion en Europe. Cet album qui a deux ans a déjà conquis les lycéens, et l’on parle d’une adaptation au cinéma ! CHRIS BOURGUE Paul à Québec Michel Rabagliati La Pastèque, 20 € Sélection du Prix littéraire des lycéens et des apprentis Paca Drôle de fête, Le roman de Guillaume Guéraud a frappé Alfred, le dessinateur, en plein coeur. Tout au long de sa lecture des images tenaces défilaient dans sa tête. Seule solution : dessiner ces images, avec l’accord de l’auteur. Je mourrai pas gibier est donc d’abord un roman qui coupe le souffle et la BD ne permet pas de le reprendre... Mortagne, 1219 habitants. Un drame a eu lieu et Martial, le jeune narrateur, revit les événements en une confession distanciée. Il évoque son frère et son copain qui passent leur temps à boire des coups et à se bagarrer. Jusqu’à ce jour où ils s’en prennent au simplet du village, son ami, exerçant sur lui leur violence aveugle. Alors le jour du mariage de son frère Martial est pris d’une folie meurtrière : il exécute sauvagement sa famille et quelques invités au fusil de chasse. Pour rendre ce fait divers terrifiant, Alfred propose des planches aux cases de taille et de couleurs variées, avec un montage serré et un dessin sobre. Preuve d’une grande maîtrise. CHRIS BOURGUE Je mourrai pas gibier Alfred Delcourt, 15 € Sélection du Prix littéraire des lycéens et des apprentis Paca Collection Lambert en Avignon n2 2[16 [d'art fN,voTRpürA1F Mardi 3 mai 2011 la Collection Lambert en Avignon invite Annie Vigier Franck Apertet (le.s gens d'Uterpan) pour une perfOrrraance exceptionnelle Ikiur plus dcrcnscigncmcnrs : 04 90] 6 56 20/s,ibars eollectionlansberL_com Collection Lambert enfin 5 rue Violette ! R4 000 A ; ig non MAUPETIT L1BRAIRE Depuis H{} ans au service des Marseiilais et de la Culture La Librairie de Thus les Savoirs 850 m2 d'exposition f y/+ Librairie MAUPETTf 142 [:i - h4areille rk1, 1)+3 91 36 50 50 - Fax ; Od 91 36 50 79 sire:rnoupçrirlibrpirie_fr mlupe.rirCoacte.s-5+K-1,fr ouvcrr du lundi au sum:di dc 10h00 k) F 9h00



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