Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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60 CINÉMA ASPAS AUBAGNE o Viva la vida ! « Dis-lui de ne pas me tuer », les 13 e des bidonvilles vénézuéliens que les Rencontres du cinéma sud américain se sont ouvertes sur cette prière Rasquin cherchent à fuir par le foot, deux frères d’Hermano de Marcel extraite d’un texte de Juan Rulfo. De celui de Luis Estrada dans El infierno, satire kitch et sanguinolante du mort, il fut souvent question dans ces films venus de toute l’Amérique système politique mexicain gangréné Latine entre Enfer et Paradis. L’enfer à tous les niveaux par de grandguignolesques narcotrafiquants. Le Mexique fut pourtant pour des milliers de réfugiés pourchassés par Franco, Hitler ou les sbires de Vichy, un Visa al paraíso offert par Gilberto Bosquès, consul de 39 à 42 à Paris puis à Marseille. Films, photos d’archives, interviews, témoignages, Lilian Liberman reconstitue étape après étape l’action héroïque de cet homme d’exception ainsi que le destin de ceux qu’il a sauvés, tirant d’une mémoire à vif la force tenace des émotions. À travers les docs argentins Milagro en Jujuy de Pereira retraçant l’expérience d’une organisation sociale participative réussie ou El ambulante de La Serna, Marcheggiano et Yurcovitch, portrait d’un vieil enfant septuagénaire qui crée du cinéma et de la cohésion sociale avec trois pesos, deux bouts de ficelle et une passion communicative, la programmation d’ASPAS s’est fait l’écho d’une culture métissée, douée pour l’humour, Le Cinéma fait sa musique Au Festival International du Film d’Aubagne, on regarde et surtout on écoute les films ! À cet égard, la soirée de clôture est emblématique : un ciné-concert, donné par les dix jeunes compositeurs musiciens de la master class dirigée par Charles Papasoff qui ont « enchanté » trois courts métrages dont Charlie rate son mariage de Léo Mac Carey et Doggone Tired de Tex Avery. Tout au long de la semaine, du 21 au 26 mars, le public, composé d’une majorité de jeunes et d’étudiants du SATIS -dont le directeur, Jacques Sapiéga, est le président du FIFA-, a pu rencontrer réalisateurs -parmi lesquels Gérard Corbiau-, Eva y Lola de Sabrina Farji Zoelle Producciones o l’imagination et les gestes concrets qui réinventent le quotidien de sociétés en mutation. Dans le crépuscule de la dictature cubaine, Estéban l’exilé homosexuel de Casa viejo fléchit l’intransigeance de son frère, petit cadre du Parti. Eva y Lola de Sabrina Farji s’ouvre avec un train électrique qui a déraillé sur une table de salon et s’achève sur le quai d’une gare par les retrouvailles ensoleillées d’une grand-mère et de sa petite fille élevée par le tortionnaire de ses parents. Les corps sensuels des jeunes Eva et Lola aux destins parallèles évinçant sur l’écran celui décharné du général menotté à son lit d’hôpital, s’affirment dès lors comme l’allégorie d’un printemps qui a toujours raison. ÉLISE PADOVANI Voir le Palmarès sur le site de l’Aspas www.aspas-marseille.org compositeurs, directeurs d’écoles de cinéma, participer à des concerts et surtout faire de superbes voyages. En Suède, lors de la soirée d’ouverture, avec le réjouissant Sound of noise d’Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson (Zib’31) ; en Bulgarie en compagnie de trois amis d’enfance, un peu loosers, sur les traces de Katia et, sans doute, de leur jeunesse perdue dans Emergency Landing de Kristina Grozeva et Petar Valchanov. À travers l’Allemagne, en compagnie du mystérieux Julian, un peu illuminé -magistralement interprété par Robert Stadlober-, qui marche sans trêve, sûr que l’énergie positive qu’il émet sauvera le père cardiaque de son meilleur ami ; ceux qu’il rencontre le suivent, remettant en question leur vie quotidienne, pour, peut-être, mieux la vivre après… Le jury a été sensible à la force dégagée par les héros de Nick Baker-Montey et la musique de Fabian Römer puisque The Man who jumped cars a obtenu, à juste titre, le Grand Prix de la meilleure musique originale et le Prix du meilleur film. Parmi toutes les initiatives intéressantes, on retiendra le projet Je me souviens… de la Méditerranée, une collection de courts métrages inspirés de Georges Pérec ; des récits de vie de trois minutes dont dix ont été projetés, réalisés par des étudiants du SATIS d’Aubagne et de L’ALBA de Beyrouth auxquels se joindront, plus tard, ceux d’écoles d’Istanbul et de Gênes. ANNIE GAVA The Man who jumped cars de Nick Baker-Montey
OUEST PCE LATCHO DIVANO INSTITUT DE L’IMAGE CINÉMA 61 Toujours l’amour… Le Comœdia à Miramas est l’une des cinq salles Scènes et cinés qui proposait du 1er au 8 avril un Panorama du cinéma espagnol D Le 5 avril, une soirée comédie : deux premiers longs métrages avec la même actrice principale, Lola Dueñas, superbe dans les deux rôles, et le parti pris de la légèreté et de l’humour pour traiter de sujets sérieux ou graves. Les deux parlent au fond de la même chose, de l’amour et du sexe. Le premier, Yo tambien d’Alvaro Pastor et Antonio Naharro, met en scène la relation qui s’établit entre Daniel Sanz, un « trisomique des pieds à la tête » interprété par Pablo Pineda -le premier trisomique à avoir obtenu un diplôme d’enseignement supérieur-, et Laura, une belle jeune femme « qui a couché avec une multitude d’hommes mais n’a jamais fait l’amour ». On en apprendra la raison à la fin du film… Beaucoup d’humour, d’humanité et d’émotion dans ce film généreux qui nous amène à regarder différemment ces gens qu’on dit « anormaux ». Le deuxième, A la carte de Nacho García Velilla, gros succès en Espagne, est un sympathique vaudeville dans un milieu anticonformiste où tout le monde recherche l’amour, dans lequel se succèdent quiproquos et gags, parfois un peu attendus. Les acteurs principaux -Javier Cámara, l’infirmier de Parle avec elle d’Almodovar, Lola Dueñas, qui a aussi tourné avec lui dans Volver et Etreintes brisées- ainsi Espoirs tziganes D Nicolas Martin, responsable de la sélection de films projetés le 29 mars et le 5 avrilaux Variétés, abordait justement l’impossibilité d’une représentation plénière de cette culture en seulement deux séances. Et comment ne pas s’en réjouir d’ailleurs tant ces trois long métrages et deux courts offraient déjà une diversité de contextes et de propos. Dallas Pashamende, film hongro-roumain de 2005, prenait d’office le spectateur à contre-pied par son traitement fictionnel aux allures de tragédie shakespearienne. Dans un bidonville planté comme une mauvaise herbe au cœur d’une décharge à ciel ouvert, Robert Adrian Pejo, un peu à la manière de ses personnages, cherche au milieu des ordures quelque beauté laissée à l’abandon. Il trouve une communauté broyée sous le poids de la fatalité qui ne renonce pourtant pas à rêver d’amour et d’éducation pour ses enfants. Si l’on devait percevoir une unité avec les autres films projetés, elle est sans aucun doute là, dans cette considération de la condition de l’enfant. Dans Pavee Lackeen, la fille du voyage, Perry Ogden dépeint le quotidien de que le rythme alerte permettent au public d’oublier la mise en scène qui manque un peu d’originalité..._Une soirée fort sympathique agrémentée de tapas ! ANNIE GAVA C’est par un DJ set Balkan Beats au Bicok que se clôturait ce 9 avril la 4 e édition du Festival des cultures tziganes à Marseille. Un exemple de la multiplicité artistique de la culture Rom que Latcho Divano a entrepris de présenter durant deux semaines à travers concerts, expositions, lectures, conférences et projections Ossang au singulier À l’occasion de la sortie de son nouveau film Dharma Guns, l’Institut de l’Image d’Aix-en- Provence offrait du 6 au 12 avril, en partenariat avec les rencontres du 9 e Art, une tribune à l’inclassable réalisateur français F.-J. Ossang. Aux antipodes de la production nationale actuelle, Ossang prouve une fois de plus avec ce 4 e long-métrage la radicalité et la singularité de son œuvre. Affranchi des codes narratifs classiques, il développe dans Dharma Guns un univers obscur, d’un noir et blanc crépusculaire qui renvoie à l’enfance du cinéma, des images qu’on imagine aisément tout droit sorties de l’expressionnisme allemand des années 30, de films de Griffith ou du travail photographique de Chris Marker. Pavee Lackeen, la fille du voyage de Perry Ogden Mais le travail de Ossang n’est pas un travail de référence. Tout chez lui est neuf et vivant, du cinéma en dehors du monde dont les éléments s’imbriquent Yo tambien d’Alvaro Pastor et Antonio Naharro l’une de ces enfants, Winnie, issue de la communauté des Irish Travellers. Proche du cinéma de Ken Loach, la réalisatrice irlandaise opte pour le docu-fiction, des acteurs non-professionnels et un réalisme aride. Le ton se veut plus léger dans le documentaire autobiographique Moi, ma famille Rom et Woody Allen de la réalisatrice Laura Halilovic qui signe un joli et intime portrait familial, où ses inquiétudes, fondées, ne prennent jamais le pas sur ses espoirs et ses ambitions. Cette ténacité des artistes à incarner cette culture en questionnant de son avenir, et aussi celle des organisateurs, a contribué à une 4 e édition à la fois engagée, informative et festive. Un tour de force. RÉMY GALVAIN étrangement, presque attirés les uns aux autres. Les corps des comédiens se mêlent aux décors, la musique punk du groupe MKB (dont Ossang fait partie) structure le récit par insinuation, le montage dissémine des écrans titres chargés de sens, de non-sens, les repères s’estompent. L’œuvre de Ossang se vit comme un poème, tous sens dehors, la perception comme seul outil de compréhension. Potentiellement désorienté d’être ainsi tiré hors des chemins balisés de l’institution cinématographique, le spectateur n’a plus qu’à se raccrocher à l’onirisme de cet artiste total. « Le cinéma, c’est le réel qui rêve du réel » disait F.J Ossang lors de la projection du 8 avril. RÉMY GALVAIN Dharma guns de F.-J. Ossang



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