Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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06 POLITIQUE CULTURELLE CARTE FLUX GMEM BERNARDINES Association de bienfaiteurs Pour la deuxième année les festivals qui fleurissent autour de mai à Marseille s’allient pour proposer un Flux commun. Non pas une programmation élaborée ensemble, mais un dispositif qui permettra aux encartés –la carte est rouge, le poing levé ! - de picorer un spectacle dans chaque programmation de ce nouveau front contemporain. Car comme la com le laisse entendre le geste est militant : il s’agit d’offrir à tous ceux que les arts vivants attirent l’envie d’aller voir juste à côté de leurs habitudes, et de se concocter un cocktail mixant danse, performance, musiques et cinéma documentaire. Les alliés de cet axe du bien ? Le GMEM ouvre le Flux musical qui sera clos par le Mimi au Frioul, le Ballet national transporte ses formes néoclassiques ou contemporaines à l’Opéra et à la Criée, avant que Marseille Objectif Danse pique notre curiosité, le Festival de Marseille nous invite vers un été passionnant que le Festival International du Documentaire agrémentera pour les encartés de ses projections gratuites. Mais attention : c’est illico que les Informelles prennent leur quartier de printemps à la Gare Franche… Ce sont donc pas moins de 7 spectacles, concerts et projections que vous pourrez voir pour 45 € (carte non nominative), une aubaine en ces temps de vent aride sur la création : nos 7 associés subissent tous des restrictions plus ou moins graves de subvention. Un regret ? Comme souvent peu de théâtre, et pas de littérature. Les gestes, les corps, les sons et les images, et leurs croisements, doivent-ils vraiment aujourd’hui se passer des mots ? AGNÈS FRESCHEL Retrouvez les programmations du Mimi, du Festival de Marseille, de MOD et du FID dans nos prochains numéros www.fluxdemarseille.com o Tourbillon d’ensembles Pour sa 24 e édition de ses Musiques, le GMEM a concocté un programme très serein : durant 11 jours les concerts se succèderont dans la ville, faisant entendre créations et répertoire contemporain, sans coup d’éclats, dans un équilibre qui fleure bon la maturité (voir programmation p 36). L’ivresse, c’est par la pléthore de propositions que Raphaël de Vivo veut la faire éprouver : « J’aime les moments forts que l’on peut enchaîner, le tourbillon, la mise en perspective des œuvres que l’on opère dans les festivals. » Peu de voix et de musique électronique cette année, ou de formes théâtrales. De la danse (Emmanuelle Huynh, puis Daniel Linehan et Barbara Sarreau), des conversations, et surtout des concerts d’ensembles. Avec une attention particulière portée aux timbres surprenants, du trombone à la cornemuse en passant par un orchestre de violoncelles, la masse de 10 formations (chœurs, orchestre, ensembles) réunies en Bacchanales (création d’Alexandros Markeas), l’éternel quatuor… puis des haïkus, une installation en forme de cocon, des minimalistes américains (ou d’ailleurs), des spectraux (Murail, Grisey), une triade de Grecs (Xenakis, Aperghis, Markeas), l’impressionnant Escalier du diable de Ligeti, des créations ou des pièces toutes récentes de Philippe Hurel, Yan Maresz, Martin Matalon, François Rossé, Bernard Cavanna, Jonathan Harvey… et Anne Lebaron (ah oui, les femmes aussi composent ?). Un festival qui parvient donc à conserver ses ambitions, offrant pour un prix symbolique (« 6 €, un prix qui reste un geste volontaire mais ne constitue pour personne un obstacle » explique le directeur) une vingtaine de spectacles et concerts, et ce malgré les difficultés actuelles de production : « nous ne pouvons plus pratiquer aussi facilement l’achat de concerts, nous nous inscrivons donc dans une politique de coproductions, et nos commandes sont plus petites, avec des Machinations Ircam, Agnes Fin effectifs réduits… une réalité économique qui influence forcément la création musicale actuelle : la réduction des formes ne relève pas d’un choix esthétique. »). Des difficultés qui ne modèrent pas l’enthousiasme : avec les 330 000 € que le GMEM consacre à son festival, malgré une baisse de subventions de 70 000 € depuis 2009, les Musiques parviennent à regrouper 4500 spectateurs (billetterie payante) autour de la musique contemporaine… A.F. Festival Les Musiques Du 4 au 14 mai La Friche, divers lieux marseillais 04 96 20 60 10 www.gmem.org m Franche et bonne franquette Les Informelles commencent à la Gare Franche, chez Znorko, dans ses jardins, ses espaces citoyens qui sont aussi lieux de représentation et de travail… Quoi de plus naturel donc que cette escale, pour un festival pas comme les autres qui multiplie les petites formes expérimentales et inattendues, prenant le risque de ratages superbes, et de révélations ? Au programme de la première semaine, une création de Marie Lelardoux sur un texte de Suzanne Joubert : La Maison touche à cette sensation déstabilisante que l’on éprouve lorsque l’on perd le lieu familier qui habituellement nous abrite, le foyer, la demeure… Puis il y aura Mazzuchini qui tchache, Rebotier qui lui même vient mettre en garde contre la terreur de la nature, un film d’Hélène Milano, le collectif Terrain vague qui dit Zut, s’invite au repas, anime les fins de course… Tout cela en vrac, d’affilée. Informel, on vous disait ! La semaine suivante rapatrie les Informelles à la maison mère : les Bernardines abriteront une autre aventure, et poursuivront la réflexion entamée l’an dernier autour du gaspillage… A.F. Les Informelles Du 16 au 28 mai La gare franche, Marseille 15 e 04 91 24 30 40 www.theatre-bernardines.org
BNM POLITIQUE CULTURELLE 07 Le printemps paradoxal du Ballet National Alors que le Ballet National s’apprête à offrir d’abondantes fleurs aux spectateurs d’Aix et Marseille, le conseil régional baisse sa subvention de près de 140 000 €. Frédéric Flamand, avec sa pondération habituelle, exprime sa surprise… Zibeline : Comment réagissez-vous à cette baisse brutale ? Frédéric Flamand : Nous sommes un Ballet National, donc nous avons vocation à être essentiellement subsidiés (expression délicieusement wallonne pour notre affreux « subventionné »,ndlr) par l’État et la Ville. Le conseil régional est maître de ses subsides. Mais cette baisse est conséquente, 139 642 € tout de même ! Nous espérons simplement que cet argent qu’on nous enlève restera à la culture, et ira à des gens qui en ont besoin. Ce qui nous chagrine davantage ce sont les propos qui ont paru dans la presse nationale, sans démenti, et qui ne disent pas la vérité... C’est-à-dire ? Monsieur Mennucci affirme, ou du moins Le Monde le rapporte, que le Ballet National « danse trente fois par an ». Or nous avons cette année, en 2011, 68 représentations : 20 à Marseille, 21 dans le reste de PACA, 5 en France, et 22 à l’international (Belgique, Portugal, Allemagne, Autriche, Maroc, États-Unis). Nous sommes, en termes de public à l’étranger, le premier ambassadeur de la Ville de Marseille : quand nous dansons à Houston, Bruxelles ou Luxembourg, c’est dans de très grandes salles… Mais nous ne négligeons pas non plus d’aller dans les petites salles de Six-Fours ou Rognac avec des programmes adaptés, ou jusqu’à Gap avec nos grandes formes, parce que nous sommes attachés au développement du territoire régional et des publics. D’ailleurs ici, à Marseille, avec nos dispositifs pédagogiques et la collaboration avec LOGIREM, nous contribuons à élargir considérablement le public de la danse… Monsieur Mennucci vous compare au Ballet Preljocaj, constatant qu’il diffuse beaucoup plus que vous. Je ne veux pas entrer dans ce jeu. Le succès d’Angelin Preljocaj est exceptionnel, et il le mérite. En ce moment on essaie de nous dresser les uns contre les autres, c’est très dangereux. Je travaille avec Angelin, chez Angelin, nous serons au Pavillon Noir dans quelques jours, nous avons partagé l’expérience de Dance, nous nous connaissons et apprécions depuis des années… Monter les artistes les uns contre les autres est une tentation à laquelle il faut résister. Pour répondre sur la diffusion - après avoir établi la vérité des 68 dates que nous avons, et non des 30, qui sont celles que nous avons dans notre programme de mars à juillet- nous n’avons pas les mêmes missions ni le même passé que le Ballet Preljocaj. Quand je suis arrivé il y a 6 ans à la tête du BNM j’ai dû faire avec une situation très difficile, un ballet malmené, sans répertoire, coupé en deux, avec des missions peu claires. Nous l’avons remonté, sans saignée, et nous respectons à la lettre notre cahier des charges en termes de créations, d’entrées au répertoire, de commandes, de diffusion. Nous tournons 5 programmes en même temps. Le Ballet Preljocaj n’a pas ces impératifs, Angelin travaille avec des danseurs qu’il a choisis, et ne tourne que ses œuvres… Puisqu’il est question de programmes, parlez nous de ceux que nous allons voir ! Oui, c’est plus agréable ! On commence d’ailleurs au Pavillon Noir d’Angelin avec notre programme Forsythe, Ochoa et Childs, les 19 et 20 avril, tandis que l’autre partie du ballet danse Métamorphoses à Houston… Puis on sera à l’Opéra de Marseille avec une création de Michèle Noiret, qui est actuellement chorégraphe associée au Théâtre National de Belgique et explore des territoires intimes. Elle a écrit pour nous une très belle pièce intitulée Hôtel Folia. C’est la fille de Joseph Noiret du groupe COBRA, elle a un sens très aigu de la poésie et de la musique, et a réalisé avec nos danseurs un véritable petit film dans les studios du ballet transformés en décor de cinéma. C’est une pièce pour 10 danseurs, autour de miroirs qui bougent, et qu’il faut traverser… Vous reprenez aussi Le trouble de Narcisse Oui, qui tourne un peu autour des mêmes thèmes de l’image, de l’identité, du dédoublement, des apparences. On a retravaillé la pièce, et ajouté dix minutes, un beau solo, une traversée du réel sur un blue screen où sont projetées de petites séquences de quotidien agressif, dans lesquelles Narcisse se débat… Quelques jours après vous retrouvez la Criée Oui, pour quatre représentations dans la grande salle ! Avec Moving Target, une pièce que j’ai créée il y a 15 ans mais dont l’actualité m’a sauté aux yeux lors de la reprise au Grand Théâtre de Provence. Car les corps sont de plus en plus normés, subissent la niaiserie du formatage obligé, et une mondialisation des critères physiques. Mais vos danseurs, eux-mêmes, ont des corps formatés… C’est là toute l’ambiguïté : que des corps performants remettent en cause leur propre formatage, et le dépassent… Nous sommes plongés dans une telle folie Moving Target Agnes Mellon de la normalité. La schizophrénie de Nijinski, autour de laquelle Moving Target travaille, me semble de plus en plus entrée dans notre vie… ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL Inverses, Pas de deux, Tempo vicino Du 19 au 22 avril Pavillon Noir, Aix 0811 020 111 www.preljocaj.org Hôtel Folia. Le Trouble de Narcisse Le 6 et 7 mai Opéra de Marseille 04 91 327 327 www.ballet-de-marseille.com Moving Target Du 11 au 14 mai La Criée 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com Cartes blanches aux danseurs Festival des arts éphémères Le 19 mai Parc Maison Blanche www.marseille9-10.fr



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