Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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54 ARTS VISUELS AIX-EN-PROVENCE Le clan des Sudristes À Aix la famille Sudre dessine une histoire de la photographie de plus de 50 ans. Le musée des Tapisseries lui rend hommage al Claudine etJean-Pierre Sudrefurent de tous les combats pour la reconnaissance de la « photographie créative » : c’était dans les années 70, Jean-Pierre formait avec Jean Dieuzaide et Denis Brihat « le groupe dit des trois mousquetaires » et participait à la première réunion d’Arles qui deviendra les Rencontres de la photographie… Mais le virus de la photographie est antérieur, déjà en 1952 Brassaï dédicaçait la préface de sa première exposition et en 1967 Michel Tournier l’interviewait pour l’ORTF ! Quand le couple s’installe à Lacoste, il agrandit son centre de création et de recherche Le Labonicole, ouvert aux artistes en résidence et aux jeunes apprentis formés à la prise de vue, aux développements, au tirage, aux finitions, à la mise en page et à l’histoire de la photographie. Car la photographie, confectionnée de A à Z par Claudine, est une histoire collective qui se transmet. À leurs enfants Dominique et Fanny, qui épouseront tous deux des photographes, Laurence et Jean… L’exposition justement, révèle l’identité de chacun et les filiations. Entre les expérimentations de J.-P. Sudre, son travail sur la lumière et la transparence dans les natures mortes (Hommage au peintre Baugin, Le panier aux cerises), ses Paysages matériographiques et les paysages extrêmes de Dominique (Font d’Urle dans le Vercors ou Étang bleu à San Cristobal de las Casas au Mexique). Un même attachement aux techniques anciennes, au tirage en chambre noire et à la poésie réelle ou rêvée… Changement de cadre avec Laurence qui aborde d’autres rivages et s’inscrit dans la grande tradition du portrait. D’abord des anonymes puis des stars dont elle capte les « moments d’abandon » (Samuel Fuller dans la fumée de son cigare, Joseph Beuys index pointé). Retour au modèle parental avec Fanny et Jean Bernard qui apprennent ensemble le métier et ouvrent L’Atelier-Galerie en 1977 à Aix. De là ils sillonnent la France pour fouiller les musées et porter un regard décalé sur les collections, les réserves, le bâti. L’exposition se lit comme un roman familial et un témoignage vivant : les petits-enfants de Jean-Pierre et de Claudine seront peut-être atteints du même virus ? MARIE GODFRIN-GUIDICELLI J.-P. SUDRE, Imaginaire planetaire, 1992 Catalogue de l’exposition publié par le Musée de l’hospice Saint-Roch à Issoudun, textes de Martine Ravache Les Sudre, une famille de photographes jusqu’au 16 mai Musée des Tapisseries, Aix 04 42 23 09 91 L’appel de l’Égypte À la fin du 18 e siècle les futures élites de la société française allaient parfaire leurs humanités en réalisant le « Grand Tour », en Italie d’abord, puis en Orient. Les jeunes artistes aussi furent du voyage, en témoignent la littérature, les vedute et bientôt la photographie, témoin de ces horizons exotiques. À la galerie d’art du Conseil Général 13, Gilles Mora anéantit l’espace-temps d’un coup de photo magique en réunissant les premiers clichés des voyageurs du 19 e (les primitivistes de la collection Serge Kakou) et les tirages de leurs émules Denis Roche et Pierre de Fenoyl. Tous deux embarqués en Égypte dans les années 80 pour une expérience initiatique sur les traces de Maxime Du Camp, auteur du premier livre illustré de photographies de ses voyages, et de son compagnon le jeune Gustave Flaubert… Décor monumental et colonnes factices : la scénographie plonge le visiteur dans la pénombre d’un temple, murs saumon pour Denis Roche et sa Maison du Sphinx, vert santal pour la Suite égyptienne de Pierre de Fenoyl, rouge muséal pour la collection Serge Kakou. Là, les photos de Denis Roche, habilement, superposent le « cliché touristique égyptien » aux vues intimes : image D Haute Egypte, 14 janvier 1984, 12h Pierre de Fenoyl volée d’une pyramide derrière le pare-brise, démesure de Denderah, vitrine d’un marchand de montres, mise en scène avec son épouse dont on aperçoit la silhouette, glissant dans cet entredeux les détails de leur présence : lunettes de soleil abandonnées sur une table, ombres sur un pont, réverbérations à effet miroir. Des clichés écrasés de soleil qui brouillent les plans jusqu’à projeter un temple et un sphinx dans une arrièresalle de cafétéria ! Denis Roche saisit le mouvement, la fugacité, l’air du temps trépidant quand Pierre de Fenoyl privilégie le silence, la contemplation, l’immobilité. Dans l’esprit et le style des Bonfils, Zangaki ou Beato de la collection Serge Kakou, ses photos portent le poids des vestiges du passé et de l’éternité. M.G.-G. Gilles Mora est directeur artistique du nouveau Pavillon Populaire à Montpellier Voyages en Égypte jusqu’au 19 juin Galerie d’art du Conseil général 13, Aix www.culture-13.fr
ARLES AIX-EN-PROVENCE ARTS VISUELS 55 Photographic movie À l’Archevêché, l’Amérique vue par Lucien Clergue… Un demi siècle de photographies, pour certaines rarement montrées : avec ce troisième et ultime volet consacré au maître d’Arles, la bannière étoilée nord américaine semble se refléter dans les emblématiques nus zébrés. Bien sûr on retrouve les cambrures foufounesques de belles américaines entre désert et lofts chics à mille miles de la Camargue, la nature sublimée par l’œil sensuel et sexué anthropomorphe, les reflets miroitants des gratte-ciels, des portraits de proches et de rencontres illustres. Moins connus et plus rarement exposés, les polaroids, technologie US que Clergue expérimente fin des années 70, explorent au-delà du nu féminin (Trio de femmes) une autre vision via de petits et grands formats imposés, cadrages serrés, plasticité du support, images composites à la Hockney, mais aussi par la captation de sujets du quotidien comme la télévision (autre symbole nordaméricain) dont l’écran est en panne, comme un écho aux signes vernaculaires urbains et routiers (Enigme de la Route d’El Paso) dans la tradition moderne états-unienne. Le catalogue rend compte dans le détail par divers témoignages de ce regard devenu quasi intemporel, mais cette rétrospective est malheureusement plombée par des conditions d’accrochage et d’éclairage indignes pour les œuvres, l’artiste, pour la photographie à Arles. À quand un vrai lieu d’exposition permanent ? C.L. Clergue in America 1961-2010 jusqu’au 1er mai Palais de l’Archevêché, Arles www.arles.fr/clergue Folies légères Au Pavillon de Vendôme les installations d’Isa Barbier se plaisent à jouer avec l’histoire sentimentale des lieux et leurs illustres propriétaires Isa Barbier, Fantôme de Lucrèce, installation pour Les Atomes de Lucrèce (variations fuguées), Pavillon de vendôme, Aix, 2011 Jean Bernard Construit en 1665 pour abriter les amours clandestines de Lucrèce Forbin-Solliès et Louis de Mercoeur duc de Vendôme, le pavillon et son programme décoratif dialoguent avec plumes et miroirs, dessins et installations d’Isa Barbier. Folies et sentiments reflétés jusque dans le bassin. On raconte que, pour les nécessités d’anonymat, les carrosses entraient directement à l’intérieur de l’hôtel. En référence à cette discrétion, dans chacun des salons de part et d’autre de l’entrée, Isa Barbier a déposé Aller-retour (portrait peint des amants, miroirs du Rajasthan assemblés tels des parures en fer à cheval). L’allusion est peu évidente mais confère intimité et luxe. Avec Les Chevelures de Bérénice suspendues dans le hall on passe à côté de la sensualité féminine, et c’est à l’étage que le Fantôme de Lucrèce et Le Lit nous mènent vers cette douce folie. Nous retrouvons la materia prima chère à l’artiste : le duvet. Sa fluidité est offerte au regard et à la lumière, et surtout l’air, qui enveloppe, ciment impalpable dont les frémissements se glissent comme un parfum subtil dans ces chambres luxueuses. Chez Fontana l’entaille/vide est viol de la toile, chez Barbier le vide/air est consubstantiel à l’invite sensuelle. Les duvets suspendus en robe légère et lit immaculés disent la virginité, mais aussi les toisons humaines à leurs premiers frémissements. Ne manquent que les parfums.C.L. Lucien Clergue, Enigme de la route d'El Paso, composite polaroïd, 1983 Ellipses b Amaury da Cunha installe ses images visuelles et sonores à la galerie Voies Off Nominés pour le prix Voies Off en 2009, les clichés d’Amaury da Cunha ne tentent pas de raconter des histoires. Celles-ci existent pour partie en chacune d’elles. Comme en attente. Ses photographies se présentent comme simples points d’accroche sans trame commune apparente. Un chien retrousse ses babines, une femme face à une falaise sombre, un couple en conversation sous une lampe, une automobile maculée… Le récit, si on souhaite qu’il en existe un, s’invente dans l’espace physique et mental qui les sépare et réunit, dans le hors-cadre comme dans le hors-champ pour se développer dans des affabulations individuelles. La syntaxe parcellaire travaille par ellipses, à partir d’images sans bruit (au sens de la théorie de la communication) ni bavardages (les cadrages serrés en disent peu, pas de cartel informatif) accompagnées de la voix off de l’artiste diffusée par une bande son conçue spécialement pour le projet arlésien. D’où l’importance accordée par le photographe Christophe Laloi dans l’agencement des clichés. Les combinaisons sont nombreuses. On cherche à reconnecter les bribes sonores qui font sens avec les images matérielles. On recolle des morceaux de réalités sans sujet explicite en paradigmes narratifs incertains. Après tout, on se raconte en d’autres circonstances autrement bien des histoires. CLAUDE LORIN Amaury da Cunha, Après tout jusqu’au 10 juin Galerie Voies Off, Arles 04 90 96 93 82 www.voies-off.com Amaury da Cunha Les atomes de Lucrèce [variations fuguées] Isa Barbier jusqu’au 6 juin Pavillon de Vendôme, Aix 04 42 91 88 75



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