Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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46 SPECTACLES ARLES FOS AIX-EN-PROVENCE Le décor et son envers Depuis longtemps, le hip hop a gagné les salles de spectacles sans avoir pour autant abandonné - et c’est sa force - ses racines urbaines. D’où sa capacité de distanciation et d’ironie. Mourad Merzouki joue ainsi sur tous les tableaux avec Tricôté, qui tient à la fois du savant mélange des mailles et des trois faces du spectacle, audition, répétition et représentation. Autour de ces trois axes, s’orchestre une mise en scène théâtralisée de la danse, appuyée sur un décor sobre et suggestif : les portes qui clôturent l’espace, se transforment en miroirs de salle de danse, personnages des juges et des chorégraphes - inscrits sur des pancartes, projection aux murs des différentes étapes… Une galerie de portraits se dévoile lors de l’audition, et des échauffements, il y a le consciencieux, le copieur, le retardataire, l’agressif, le timide, le désordonné… La parodie des petits rats de l’opéra version hip hop, avec l’accompagnement au piano, les bras dont on rectifie la position, donnent lieu à des moments particulièrement cocasses. Aux 32 fouettés de Don Quichotte dans une assiette répondent un nombre invraisemblable de tours sur la tête ! Les prouesses gymniques sont là mais, plus D’un bleu lumineux La Barbe bleue une histoire d’amour ? Oui, mais une affaire pas évidente bien sûr, parce qu’un monstre amoureux c’est pas banal ! C’est aussi une histoire cruelle, violente, merveilleuse, troublante… Parce que La Barbe bleue X-D.R. Tricote, Cie Kafig Michel Cavalca rare dans le hip hop, les mouvements d’ensemble sont réglés avec justesse, comme l’occupation toute classique du plateau. Le public enthousiaste et nombreux scande, crie, applaudit à tout rompre : le plaisir est toujours là ! MARYVONNE COLOMBANI Tricôté par la Cie Käfig a été donné au Grand théâtre de Provence à Aix les 8 et 9 avril dans l’adaptation qu’en fait Jean-Michel Rabeux, la plus jeune, sa future promise, est elle aussi amoureuse. Folle de cette bête à la barbe bleue (très beau clin d’œil à Cocteau !) qui lance des grognements plaintifs et effrayants (réellement…), et affiche ses richesses comme autant de motifs de séduction. Elle, qui aime sa barbe, sa monstruosité, est attirée par sa bestialité. Et puis il y a la mère, personnage essentiel et excentrique - qui est aussi narratrice, prêtre, ange (à poil bleu) - et s’adresse aux spectateurs avec légèreté, désamorçant l’insupportable et la violence grâce à l’humour, dans ses propos et ses mimiques. Sur fond de portes (elles sont là, toutes les 7) majestueuses, ils se marient, il s’en va, elle ouvre la porte interdite, il revient et doit la tuer. Mais Rabeux continue : la bête se transforme en Prince de la Belle au bois dormant et, embrassant la plus jeune, la ressuscite… Loin de trahir le conte, il lui donne une dimension supplémentaire, invoquant l’amour comme force ultime. DO.M. Tombé du ciel Devant les tout-petits assis en demi-cercle, sous un parasol encombré d’objets les plus hétéroclites qui délivreront leurs secrets au fur et à mesure, Elle et Lui présentent leur monde, bien délimité, Elle dans un cercle, Lui surélevé sur son île… Perturbant la relation qui s’instaure entre eux, l’apparition d’un petit bonhomme en papier, Ikare, sautillant, curieux, est le début d’une aventure faite de plumes, de papier, de planètes, d’envol et de chute, d’équilibre, de liberté. Car si Ikare est bien le personnage du mythe que tout le monde connaît, il est, dans le spectacle de la Cie Anima Théâtre, bien plus que cela. Il est le fil conducteur qui fait lien entre la symbolique de l’envol, de la liberté, et son pendant qui est la chute ; il est aussi le prétexte à toutes les expériences tentantes qui sont autant de tentatives d’autonomie qui passent par le refus et la découverte du vaste monde, même si ce n’est que celui qui nous entoure… Et puis si Ikare finit par disparaître c’est pour réapparaître en ribambelle ! DO.M. Ikare a été joué au Théâtre de Fos les 23 et 26 mars Ikare J. Henry La Barbe bleue a été joué au Théâtre d’Arles le 1er avril
AIX-EN-PROVENCE AVIGNON LE REVEST MARSEILLE SPECTACLES 47 Un fainéant heureux Au plus près des comédiens, du plateau, de la machinerie, les petits dès l’âge de 4 ans touchent du doigt ce qu’est une fabrique de théâtre… et de rêve. Cela se passe au Théâtre des Ateliers à Aix, et sa formule Lecture Plus enchante enfants et parents heureux de discuter avec l’équipe dès la « représentation » terminée. Car il ne s’agit pas d’un spectacle abouti mais d’une lecture théâtralisée, ici le conte russe Emélian le fainéant : Raphaëlle Bouvier, Jacques Brossier, Romain Girard, Maxime Potard racontent en chœur ou à tour de rôle, en comédien ou en récitant au pupitre, l’histoire de ce jeune héros fatigué que le froid sibérien cloue dans son isba. Au chaud, Lecture plus...Sur l’île de Tchounga-Tchanga X-D.R les fesses scotchées au poêle, rien ni personne ne parviendra à l’expulser dehors pour travailler, se nourrir, laver sa chemise à moins que le destin ne lui offre sa chance ! … La narration, accessible dans sa simplicité, les accessoires, bricolés avec ingénuité, les acteurs au jeu trépidant, les tours de passe-passe et les rebondissements, font de cet interlude théâtral un joli moment d’initiation au spectacle. M.G.-G. À noter Emélian le fainéant est joué jusqu’au 13 avril au Théâtre des Ateliers, Aix À fond les manettes ? Entre les deux sirènes le temps est suspendu. Des gardiens en blanc surveillent leur chrono. On s‘attend à un départ de course, mais c’est une marche très ralentie qui démarre. Une dizaine de personnages se mettent en mouvements lents et décomposés tandis que d’autres accélèrent vivement tout d’un coup, mais sur place. Sur le Parvis de l’Opéra, des bandes blanches, horizontales, balisent le parcours. Mais où vont-ils, sont-ils chargés d’une mission ? Portent-ils la misère du monde ou son inanité ? Des haut-parleurs diffusent les indicatifs d’émissions radio. Des nouvelles récentes où il est question de la Lybie, de la Côte d’Ivoire et du Japon sont mixées à des annonces sportives, défragmentées. Histoire de dénoncer la multiplication d’infos ? Oser désobéir (La proposition des Apprentis de la FAI AR (voir p.45) est déconcertante et laisse le sens en suspens. Est-ce à dire qu‘être branché sur le monde nous débranche de nous-mêmes ? Interrogation existentielle sans doute, mais peu explicite... CHRIS BOURGUE L’équipée sauvage de 6 reines et 10 midinettes a eu lieu le 6 avril à midi À venir Sirènes en campagne L’autre Compagnie Le 4 mai Parvis de l’Opéra, Marseille 04 91 03 81 28 www.lieuxpublics.fr Un bon résumé que cet « oser désobéir » qui s’inscrit en tag en marge de cette Antigone de terre glaise, présenté en ouverture du Festival Festo Pitcho. Cette étape de travail, proposée par la compagnie Belge Sac à Dos au théâtre des Doms, fait suite à une résidence qui aura permis à plusieurs classes d’observer et commenter la création. C’est surtout une excellente adaptation d’un mythe vieux comme le monde. Plus d’un an que Susan Yeates et Patrick Huysman travaillent à ce pamphlet féministe, à cet éveil des consciences politiques, et les enfants restent abasourdis devant cette petite bonne femme de terre qui refuse de céder aux lois du plus fort. En construction permanente, les simples personnages modelés tiennent dans une main, s’érigent en cité ou s’écrasent dans d’aveugles combats, et nous plongeons dans l’histoire, la nôtre, celle des vivants et des morts, celle qui se répète et nous est imposée. Une histoire qui commencerait par « les règles permettent à un groupe d’humains de vivre ensemble » jusqu’à « c’est lorsqu’il respecte ses morts que l’homme cesse d’être un animal »... Entre les deux, une leçon de vie et de désobéissance. DELPHINE MICHELANGELI Antigone DM/Zibeline Badaboum ! Certaines lois de la physique sont indiscutables : non, un œuf ne vole pas et le rêve d’Icare n’est qu’un rêve… Tant pis pour la science et le mythe, tant mieux pour l’imagination ! Les deux comédiens de la Cie Florschütz & Dönhert nous font croire que les poissons ont des ailes, que les petites maisons en papier se transforment en œuf, les objets bougent tout seuls et les chapeaux s’envolent ! Le Thomas Ernst spectacle de théâtre d’objets Rawums (Badaboum en allemand) est une parenthèse poétique de 45 minutes dans le monde des Choses, celui du poétique Francis Ponge… Et pour cause, avec seulement un petit sac, une chaise, une plume, un chapeau et des mots simples, le tandem use de tours malins et de beaucoup de malice pour faire valser la vie entre ciel et terre. Suspendus à des baudruches colorées, la chaise prend son envol, les comédiens aussi qui y croient dur comme fer… Mais, patatras, les rêves s’évanouissent : dur, dur de voler quand on se retrouve soudain les quatre fers en l’air ! M.G.-G. Rawums a été joué les 15 et 16 mars au PôleJeunePublic au Revest Antigone a été présenté aux Doms le 9 avril dans le cadre de Festo Pitcho



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