Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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44 ÉDUCATION CAVAILLON LA VALETTE MARSEILLE Jouer le je Organisé par la Communauté de communes Provence Lubéron Durance avec la Scène na-tionale de Cavaillon, le Colloque Art, Culture et Petite enfance a permis aux professionnels de la petite enfance (2 hommes sur 240 inscriptions…) de faire le point sur l’éveil des tout-petits à l’art, sous toutes ses formes. L’art comme processus d’humanisation et d’émancipation. Une journée d’échange sur des expériences menées en France, sous l’entremise d’artistes de la Compagnie Skappa, alchimistes de l’en-fance associés depuis trois ans au théâtre. Une journée découpée en différentes interventions, dont celle de Michèle Gentelet, ex chef de projet petite enfance au Centre Pompidou, qui s’est battue contre l’inévitable refrain « les enfants sont baveux, morveux, courent partout et ne comprennent rien » et affirme la nécessaire présence et la participation des adultes pour approcher et transmettre à l’enfant. Pour Nathalie Salles, médiatrice du patrimoine aux Musées de Cavaillon, « il n’y a pas de recettes pour travailler avec les tout-petits, il faut une osmose, il y a toujours D.M/Zibeline autre chose qui se passe, même quand tout est préparé ». L’essentiel est de « cultiver leur goût du plaisir ». Grande émotion partagée avec une séquence vidéo présentée par Philippe Bouteloup, directeur de Musique et Santé, et la « rencontre vivante avec la musique vivante » d’une petite fille hospitalisée. « Le petit enfant c’est comme un écheveau, vous tirez et c’est toute la société qui vient avec ». La psychologue Marie-Odile Rigaud, intervenante dans l’atelier « Y a-t-il un théâtre pour les bébés ? » souligne la capacité des enfants à comprendre des œuvres qui nous paraissent incompréhensibles, puisque « tout est langage », et rappelle que « jouer est une expérience vitale pour l’enfant ». La petite enfance, un laboratoire de recherche pour l’humanité entière… DELPHINE MICHELANGELI Ce colloque a eu lieu le 8 avril au théâtre de Cavaillon en préambule de Festo Pitcho À venir Festo Pitcho poursuit sa route jusqu’au 17 avril avec un pique-nique de clôture à l’Espace culturel Folard de Morières. Entre temps, la Cie du Voodoo se produira à Monteux avec le trio chorégraphique Soldat le 13 avril, Carpentras accueillera le conte Amacharou le 17, et Cairanne recevra le 15 le Théâtre de la Brante avec Liberté ! Sans oublier le spectacle chanté dès 6 mois, Coucou Hibou, au Théâtre du Chapeau Rouge d’Avignon. Et surtout, Les Perses d’Olivier Py, programmé par la Scène nationale de Cavaillon dans les villages Nomade(s) jusqu’au 23 avril (voir p 22). www.festopitcho.com Contes au jardin Amoureux des contes, des fables et autres histoires fantastiques ont rendez-vous au parc des Troènes, à La Valette, pour le 9 e (éco) festival Contes & Jardins. Un temps festif et familial différent des autres avec pour guides 6 conteurs, qui, entre les manèges à pédales, les activités ludiques et les spectacles, entraînent dans leur imaginaire les bébés, les 3/5 ans, les 6/12 ans et même les plus grands ! Pas moins de 68 séances de contes en plein air sont organisées pour que les gens rêvent, s’évadent, rient, jouent, se détendent. Bref, pour que tous s’offrent une vraie pause printanière. 9 e (éco) festival Contes & Jardins du 19 au 22 mai Parc des Troènes, La Valette 04 94 23 62 06 www.lavalette83.fr Johan Troianowski Un jardinier des mots Au collège Edgar Quinet à Marseille, classé zone sensible, trois classes de 6 ème ont travaillé en atelier d’écriture avec une poète, Dorothée Volut, dans le cadre d’un projet éducatif intitulé Entrez dans la langue. Puis les classes ont reçu le poète marocain d’expression française Abdellatif Laâbi, la veille de sa consécration : il recevait le 24 mars le Prix International de littérature francophone qui récompense un écrivain dont la langue maternelle n’est pas le français. Les enfants ont voulu savoir comment il était venu à l’écriture : « C’est un mystère ! j’ai écrit mon 1er texte à 14/15 ans ; cela vient de rencontres, de lectures. Je n’étais pas bagarreur. Mon père était sellier, j’aurais aimé être jardinier... mais je suis devenu jardinier des mots. Pour prendre soin des mots afin qu’ils nous fassent rêver et comprendre le monde ». Ils ont aussi posé beaucoup de questions concernant ses huit années de prison sous le régime de Hassan II : « J’ai dû me battre pour avoir un matelas, du papier, un stylo ! J’ai résisté, j’ai combattu avec mes mots, mais la prison ne s’oublie pas ». Sa méthode de travail ? « Pas de poèmes épars, mais une archi-tecture qui se construit dès le premier poème. Puis les élèves ont proposé une lecture Abdellatif Laabi au college Quinet P.Box/HOP de leurs textes, encore hésitante ou peu sonore, parfois à plusieurs voix ; ils se sont totalement investis dans ce « cadeau ». Très touché, le poète a interrogé les enfants sur leur attitude face à l’écriture, à la faute. Et les a encouragés : « Grammaire et orthographe sont secondaires. On peut régler ces questions après. Ce ne sont pas les meilleurs élèves qui écrivent les textes les plus intéressants... ». Il leur a dit enfin le plaisir qu’il avait à les rencontrer et les écouter : « Avec vos textes on a voyagé ; c’est la magie de l’écriture, permettre d’être ensemble ». Pour finir il leur a lu quelques textes alternativement en arabe et en français. Une belle rencontre avec ce combattant des mots pour la liberté de vivre et de penser. CHRIS BOURGUE
ERAC FAI AR THÉÂTRE DE LA CITÉ ÉDUCATION 45 Avec ferveur L’ERAC et la FAI AR ont présenté les travaux de leurs étudiants en fin de formation : dans la rue ou sur la scène, pour ces deux écoles d’excellence, c’est la ferveur qui règne À l’issue de la 3 e année de leur formation les élèvescomédiens de l’ERAC s’essaient à la création personnelle de spectacles qu’ils mettent en scène. Certains se lancent même dans l’écriture. C’est le cas d’Amine Adjina qui a proposé l’étonnant monologue d’une femme, superbement interprétée par Cécile JF X-D.R Le Meignen. Elle évoque dans le désordre les joies de l’enfantement et de la maternité, le désir charnel, le plaisir de vivre et de partager. Sa parole s’écoule comme le lait maternel, avec une vérité crue. Amour des mots nourriciers, des cris libérateurs et des corps qui se donnent. Au fond du plateau des vêtements masculins et féminins sont suspendus, oripeaux dérisoires dont la femme sera parfois entravée. Autour d’elle virevoltent cinq personnages qui l’assistent, l’écoutent. Le spectacle joue sur des changements de rythme bienvenus, alternant moments d’émotions et de rires, projections de photos et chants, dans la mise en scène maîtrisée de Mikaëlle Fratissier. Quant au 3 e Panorama des chantiers, il s’est déroulé pour la 1 ère fois dans ses murs. Depuis le 24 novembre 2007, date de la pose de sa 1 ère pierre, la Cité des Arts de la Rue des Aygalades a grandi : 36 000 m² occupés par 7 structures. Les apprentis ont présenté leurs installations au 1er étage du local de la FAI AR puis durant 5 jours performances et entretiens se sont succédé, aboutissant à la validation de la formation. Cette Formation Avancée et Itinérante des Arts de la Rue (FAI AR) s’attache à la transmission de la création en espace public. Entrés en formation sur la base d’un projet initial, les Apprentis le peaufinent durant leur parcours au sein de structures en France et en Europe, avec le soutien de leur tuteur. Les iffri/vr1/Reflets, c’est ainsi que l’on nomme ces travaux, sont des préfigurations de futurs spectacles de plus ample envergure. Leur variété, leur fantaisie témoignent de l’inventivité de ces créateurs. On a pu assister à Re-Volt, déambulation avec X-D.R mégaphones de Mathurin Gasparini, à une démonstration sur le centre de gravité des villes avec Dans la mesure du possible d’Elsa Vanzande et au Retour d’un faux Ulysse (Cyril Lévy-Provençal) sur la plage des Corbières, en fin d’après-midi, dans une très belle lumière. CHRIS BOURGUE Les Reflets ont été présentés du 15 au 19 mars à la Cité des Arts de la Rue Le jour J- s’est joué dans le studio de l’ERAC le 19 mars, précédé par Les Cenci d’Artaud, mes. Romain Pellet À noter Prochains spectacles de l’ERAC Le 16 avril à 20h30 La Friche, Marseille 04 95 04 95 78 www.erac-cannes.fr Échecs pédagogiques Le Théâtre de la Cité s’intéresse à l’école, non pas pour y trouver du public, mais comme lieu social à interroger, et à théâtraliser. Le 9 avril, dans le cadre de la manifestation On s’interroge sur l’école la comédienne Maud Buinoud proposait une « enquête performance », résultat de sa « correspondance de guerre » dans les collèges Frais Vallon et Jules Ferry (Marseille Nord). Un travail tout simple, reposant sur un regard très juste, un vrai étonnement, mais aussi une compréhension profonde de ce qui lie et délie la relation prof/élève dans ces établissements dits pudiquement « difficiles ». Renvoyant comme un miroir à peine grossissant les attitudes physiques et les mots des élèves, mais aussi des enseignants, elle faisait la preuve par le corps du point mort de cette relation enseignante : ces corps là, ces propos là, ne peuvent se croiser, et la théâtralisation dans son propre corps de cet antagonisme en était une preuve évidente. Ce constat d’échec (« comment peuton enseigner à des élèves qui ne veulent pas apprendre ? »), dressé devant des spectateurs, dont beaucoup d’élèves et d’enseignants, fut suivi de deux interventions qui tentaient d’y apporter réponses et solutions. En commençant par Michel Cornille, exprincipal, qui parla rythme scolaire (mettre les matières intellectuelles, rébarbatives donc, le matin et l’art et le sport, plaisants, l’après midi), aménagements pédagogiques Freinet, et déclara qu’il y a « en chaque élève la même possibilité de réussite ». À ce propos intra scolaire Renaud Cornan, sociologue, répondit par une enquête documentée sur le lien entre échec scolaire et chômage des parents, sur la tendance lourde de l’école à reproduire et augmenter les inégalités, sociales sur les ressorts politiques qui conduisent à cela… démontrant clairement que la résolution des disparités scolaires ne passera pas par des aménagements internes. D’autant que la tendance actuelle, qui est de favoriser les élèves les plus méritants en diminuant fortement les postes d’enseignants et d’encadrement, ne va pas dans le sens de l’égalité des chances… Cependant l’auditoire, si attentif pendant la performance théâtrale, et le rendu d’expérience de Michel Cornille, décrocha visiblement durant l’intervention du sociologue, reproduisant sans y prendre garde la cassure pédagogique qu’ils étaient venus constater. Peut-être, comme Michel Cornille, a-t-on aujourd’hui accepté que ce qui s’adresse à nos facultés intellectuelles est rébarbatif, et ne mérite pas l’effort (si jouissif pourtant) d’y entrer ? AGNÈS FRESCHEL À noter On se questionne sur l’école se poursuit avec Une autre Histoire de l’éducation, une « conférence gesticulée » de Franck Lepage, le 15 avril à La Friche 04 91 52 95 61 www.maisondetheatre.com



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