Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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40 MUSIQUE ACTUELLE Le Jazz est Noir ! Fable arménienne Lorsqu’un piano à queue est installé dans le chœur de l’Abbaye de Saint Victor, doit-on s’attendre à côtoyer les anges ? Tigran Hamasyan, pianiste d’origine arménienne qui vit aujourd’hui à New-York est assis au clavier devant nous, et transporte son auditoire progressivement mais sûrement. Ses compositions prennent racines dans la tradition musicale d’Arménie mais se nourrissent aussi de musique classique, qu’il connaît très bien, et épousent les principes compositionnels du jazz. Au thème et à ses improvisations s’ajoutent une profusion de motifs qui se développent, se complexifient dans une rapidité d’exécution remarquable. On a l’impression d’entendre plus de deux mains jouer ! Puis la tension descend, libératrice, laissant les cœurs au paroxysme de l’émotion. Son dernier CD est une merveille qui ne se livre pas forcément à la première écoute mais s’immisce el Dan Warzy invariablement dans notre âme. La musique humble de Tigran Hamasyan se mérite. DAN WARZY Ce concert s’est joué à l’Abbaye Saint Victor à Marseille le 8 avril CD : Tigran A Fable Label VERVE/Universal Music France La formule du 5tet, évoquant celle de Miles Davis, est chère à Wallace Roney. Véritable encyclopédie vivante, ce trompettiste d’à peine 50 ans a enrichi son art auprès des plus grands, il dit que ses « père et mère » spirituels sont respectivement Miles et Thelonius Monk ! Son concert exceptionnel était empreint d’une énergie magistrale : la contrebasse attaque avec un rendu de basse électrique, le piano envoie des motifs façon riffs jusqu’à la tétanie, la batterie excitée déborde d’agressivité, la trompette progresse en escalier, montant et descendant dans une aisance de jeu surprenante de puissance. La sourdine n’est pas de mise ici ; les chromatismes sont relayés par le saxophone dans le même esprit. La musique du 5tet ne repose pas sur des thèmes lisibles, les structures sont bien éloignées d’un jazz classique, et les longs chorus obligent chacun des musiciens à se vider littéralement. DAN WARZY Le quintet de Wallace et Antoine Roney (sax. ténor & soprano), Aruán Ortiz (piano) Rashaan Carter (contrebasse) Kush Abadey (batterie) a joué au Cri du Port le 23 mars C’est un concert dans une ambiance intime mais non dépourvue d’énergie, qui s’est joué avec la pianiste Perrine Mansuy. Le programme musical était issu de son CD Mandragore et noyau de pêche, et de quelques compositions nouvelles telles Rivière-Lune en hommage au plasticien Land Art Andy Goldsworthy ou encore Xanadu. Jean-Luc Di Fraya, à la batterie, a fait preuve d’une remarquable perception et a su apporter toute son expérience pour faire vibrer en phase ce trio. Et Éric Surménian fut éblouissant avec Dan Warzy al Finesse et lyrisme Enjambées pour Fêlés du Caisson D C’est un saut dans les débuts de l’histoire du jazz que nous ont proposé Stephan Oliva et François Raulin. Deux pianos à queue sont imbriqués l’un dans l’autre pour un jeu de face à face, comme dans les joutes musicales des sessions de piano stride des années 20, nourries de ragtime et de l’influence de Fats Waller ou James P.Johnson. Une révolution du rythme qui va progressivement donner naissance au jazz. Ce concert est aussi un hommage à Lennie Tristano. Debout, la tête dans leur piano, ils jouent Mequier (requiem en verlan), au ton grave, aérien. Les cordes pincées ou frôlées évoquent clavecins ou psaltérion. Les doigts courent sur les claviers, synchro, en syncope, en contrepoint. Leur longue complicité, évidente, ne manque pas de cet humour de la connivence. Un moment délicieux, que nous retrouverons à Arles dans Little Nemo, leur prochain spectacle. DAN WARZY Ce spectacle a eu lieu aux ABD Gaston Deferre le 18 mars Dan Warzy Dan Warzy sa contrebasse, dans des chorus inspirés et tout en finesse. La musique de Perrine Mansuy, empreinte de rondeurs et de lyrisme, ne cherche pas à déployer dans la vélocité mais privilégie l’expression qui, dans le temps, envahit l’atmosphère. DAN WARZY Ce concert s’est déroulé à La Cité de la Musique à Marseille le 4 avril
i MUSIQUE 41 Made in France ! Entre nouveaux talents et stars confirmées, le festival Avec le Temps a fédéré un public plus hétérogène que jamais Remplir la salle du Dock des Suds, bel exploit accompli sans complexe par Ben L’Oncle Soul ! Affluence record pour un concert annoncé d‘une soul made in France, populaire et grand public. Le spectacle, à l’avenant, a été servi par une formation nombreuse, organisée très proprement (parfois trop), répétant à l’envi quelques chorégraphies rappelant celles des Supremes et jouant d’astuces d’animations de groupes pour poser l’ambiance. Celle-ci, bon enfant et très légère, a su rassembler tous les âges dans une étrange frénésie de surpriseparty des années 60. Si les prestations vocales de cet oncle Ben restent en deçà des attentes d’une soul dont il se veut le chantre français, les bonnes intentions débordent de tous côtés. Cette soul-là manque peut-être d’âme mais regorge du plaisir des musiciens et danseurs, qui assurent le spectacle avec brio. Le public rassemblé autour de cette fausse nostalgie s’amuse et danse, sans prétention, répétant les paroles dont les radios et émissions musicales télévisées n’auront pas manqué d’abreuver leurs oreilles, rappelant que l’esprit de la Motown s’est forgé lui aussi dans un souci de promotion exacerbée. Tonton Ben fait danser ses ouailles tout au long d’un spectacle cadré. Formaté peut-être, mais efficace ! L’étoile montante ZAZ et sa troupe de musiciens ont prouvé que les jeunes d’aujourd’hui n’écoutent pas que de la musique électronique, du rap et R’nB. La salle de l’Espace Julien débordant de spectateurs a accompagné avec ferveur les refrains déjà célèbres de la toute jeune trentenaire. Découverte il y a 4 ans, mais révélée seulement en 2010 avec son premier single Je te veux, celle qui a déjà trois albums à son actif a donné le rythme et le ton tout au long de la soirée dans une ambiance festive et communicative. Dans la même salle, ceux qui ont tracé leur route depuis plusieurs décennies ne se sont pourtant pas Joan Baez : Septuagénaire élégante, la Dame est là : jean, bottines, chemisier blanc, longue écharpe. 3000 personnes l’accueillent ! Applaudissements fournis, sans hystérie. Un seul musicien l’accompagne, assurant les accompagnements au banjo, violon, clavier avec talent et simplicité. Un ballet incessant de guitares traverse la scène pour un très beau plaisir acoustique : un accompagnement solide à la main gauche, plectre assurant des basses veloutées et des harmonies très blues, trois, quatre accords, mêlés de Pigalle X-D.R. une voix qui compte chromatismes audacieux. Elle enchaîne ballades, songs country, folk, rend hommage. Avec les tubes, bien sûr, Farewell Angelina (1965) du complice Dylan, Young woman de son premier album. La voix est toujours ample et soutenue dans les graves. Le sublime Diamonds and Rust offre des aigus fragiles, et Joan étant octavie avec subtilité… mais un usage intelligent de la voix de tête permet la maîtrise des aigus. D’une ballade tendre pour sa mère de 99 ans Hey Jesse, it’s lonely, come home, Zaz X-D.R. on avance vers un moment fort adressé aux amis tunisiens et voisins : elle chante en arabe Jari Ya Hammouda de AhmedHamza, et le public aux anges retrouve sa combattante ! Gracias a la vida dans un bel espagnol anime la foule solidaire comme un Tous ensemble de manif ! Après House of the Rising Sun très maîtrisée, elle se lance dans un quatuor majeur : le Déserteur de Vian, adressé à Barak Obama et à tous les Présidents, Imagine de Lennon, Blowin’in the wind de Dylan, avant fait chiper leur public. En témoigne l’engouement qu’a suscité le concert de Pigalle. Dans un parterre chauffé à blanc par la troupe bondissante mais pléthorique des Hurlements d’Léo, le très attendu François Hadji-Lazaro et ses non moins légendaires bretelles ont tenu en haleine deux heures durant les fidèles de la première heure comme les nouveaux adeptes. Devant son instrumentarium délirant et inattendu, le multi-instrumentiste de Pigalle à la logorrhée gouailleuse a usé vielle à roue, violon, flute traversière… Toujours aussi populaires, les ex Garçons Bouchers ont réchauffé les jeunes et les moins jeunes dans un univers sonore qui leur est propre. Pour dire qu’avec le temps, tout ne s’en va pas ! PASCALE FRANCHI, ANAÏS LASNIER ET FRÉDÉRIC ISOLETTA Avec le Temps s’est déroulé du 13 au 23 mars à Marseille Ben l'Oncle Soul X-D.R. l’apothéose, incontournable Here’s to you, hommage à Sacco et Vanzetti repris par 3000 unissons. Joan Baez a pris de la hauteur, mais enflamme toujours : féministe, pacifiste, hurlant les injustices, sa VOIX est toujours écoutée. YVES BERGÉ Le concert de Joan Baez a eu lieu au Dôme, Marseille, le 6 avril



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