Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 MUSIQUE LYRIQUE SYMPHONIQUE Chansonniers La compagnie lyrique Les Brigands a su redécouvrir des trésors perdus d’Offenbach, ou de Maurice Yvain, et les mettre en scène avec une grande irrévérence, et beaucoup de talent musical. Son voyage Au temps des croisades, marqué en fait plutôt café concert début de siècle (le XX e), n’a pas les mêmes qualités. Pour une raison simple : la musique de Claude Terrasse manque cruellement d’intérêt, et même de savoir-faire (on n’en demande parfois pas beaucoup plus dans ce genre). Quant aux interprètes on ne peut, sauf une, les qualifier d’artistes lyriques : ce Frederic Iovino D Rossini millimétré Entre les modes fatales, en 2011, du baroque et de l’opérette, on peut encore entendre des opéras ! Chez Rossini, la mise en scène des comédies doit être parfaitement huilée afin d’adhérer à la mécanique musicale, celle des finals en particulier qui s’y trouve minutieusement millimétrée. Dans L’Italienne à Alger, dramma giocoso créé en 1813, représenté à Aix fin mars au GTP, la direction d’acteurs s’avère tonique, réglée à souhait quand, de surcroît, la scénographie de Sandrine Anglade présente des tableaux d’une esthétique élégante (ballet final du chœur en longues robes rouges, pluie de mouchoirs aux couleurs du drapeau italien…). Dressées sur scène, une douzaine d’imposantes portes mobiles sont autant de seuils ludiques vers un monde imaginaire, un orient fantasmé que les hommes inventent dans leur quête de la femme idéale… sont d’excellents comédiens/comiques, qui chantent un peu. Restent de très bons moments, parce que les gags potaches fonctionnent toujours, et parce que les transfuges de la Cie des 260000 couverts sont hilarants : une servante joyeusement gourde et Christophe Arnulf en percussionniste bruiteur pince-sans-rire et ivrogne, est irrésistible, tout comme Valérie Véril la servante empotée. Quant à l’intrigue de Franc-Nohain, si elle a pu être osée il y a un siècle, elle aujourd’hui bien peu subversive… AGNÈS FRESCHEL Bouleversants Dialogues ! C’est entre 1953 et 1957 que Francis Poulenc composa ses Dialogues des Carmélites, drame inspiré d’un fait historique retraçant un épisode tragique de la Terreur. En 1792, les carmélites de Compiègne sont expulsées de leur monastère, mais choisissent de continuer de vivre leur foi « hors les murs ». Seize d’entre elles sont arrêtées, condamnées à mort et guillotinées. Comme dans La Voix Humaine, Poulenc y a livré son génie. Mélodiste né, sa prosodie exceptionnelle fait ressortir les bouleversantes, mais combien inspirées, réflexions de Georges Bernanos sur la mort, la peur, l’existence… On y pénètre profondément le cœur de l’âme humaine, faite d’insouciance autant que de profondeur spirituelle. « Il faut savoir risquer la Peur comme on risque la Mort » entend-on du côté du livret. Les Dialogues des Carmélites est, à juste titre, considéré comme l’un des plus grands opéras du XX e siècle. Il fut brillamment interprété en Avignon par Stéphanie D’oustrac D en Mère de l’Incarnation, Pauline Courtin en Sœur Constance et Anne-Catherine Gillet, sublime dans le rôle de Blanche de la Force. Cette coproduction de l’Opéra Royal de Wallonie et de l’Opéra d’Avignon, qui tourne depuis quelques années avec succès, a de nouveau recueilli des applaudissements chaleureux et suscité l’émotion. La mise en scène de Jean-Claude Auvray est un écrin propice à l’ambiance intense et dramatique du chef-d’œuvre, dans un décor au mobilier Louis XVI où des tableaux austères dessinent de statuaires filles du Carmel, façon Philippe de Champaigne… Mais en coulisse la foule en bonnets phrygiens gronde en chantant la Carmagnole ! CHRISTINE REY Majella Cullagh X-D.R. Dans cet imbroglio, qui se rapproche parfois du style bouffon, Mustafa en pyjama (Jonathan Veira) se balade en Bey d’Alger survolté, excellente basse-bouffe, quand l’Italienne Isabella (Allyson McHardy), mezzo sombre à la tessiture très ample, assume fièrement le premier rôle : celui d’une beauté tirant les ficelles de la comédie. La distribution généreuse se montre fort à l’aise dans un répertoire coûteux qui a parfois du mal à trouver sa juste place sur les scènes. L’Orchestre de Limoges et du Limousin, son Chœur d’hommes (dir. Pascal Verrot) se tirent avantageusement des pièges virtuoses d’une partition colorée. JACQUES FRESCHEL Au Temps Des Croisades Yves Petit Bel canto romantique Une fois de plus, dans une saison placée sous le signe de la nouveauté, l’opéra de Toulon programmait en guise de création dans ses murs Linda de Chamounix, ouvrage lyrique semi-seria composé au service des belles voix de son temps par Donizetti en 1842. A priori rien de déroutant pour le public toulonnais, si ce n’est l’absence de mise en scène, la direction ayant préféré la solution d’une mise en espace plus favorable aux chanteurs, très sollicités sur le plan vocal, et plus économique. Dans ce type de répertoire, l’histoire (encore des amours contrariés) passe souvent au second plan derrière l’écriture des voix dont la virtuosité est la seule raison d’être. En toute logique l’orchestre et les chœurs, efficaces et fort bien dirigés par Steuart Bedford ont servi de faire-valoir idéal à un plateau alléchant sur le plan des timbres d’où se distinguaient nettement Majella Cullagh et Stella Grigorian mais dont l’homogénéité et l’équilibre furent parfois mis à mal par des voix masculines en manque d’oxygène. ÉMILIEN MOREAU
MUSIQUE 31 Aléas Associer en ce début de printemps Gautier Capuçon au violoncelle à l’Orchestre de Cannes Provence-Alpes-Côte d’Azur pour un programme ambitieux autour du concerto n°1 de Chostakovitch était une initiative formidable du Festival de Toulon. Mais c’était sans compter sur les risques du métier qui, blessure oblige, contraignirent notre virtuose national à se rabattre sur le concerto n°1 de Saint-Saëns. Rompus à ces changements de dernière minute, les musiciens fermement dirigés par la baguette de Philippe Bender ont donné sans broncher la réplique au soliste, dont la sonorité envoutante et la virtuosité étaient intactes malgré une gêne perceptible dans ses mouvements. Qui ne l’empêcha cependant pas d’honorer vigoureusement deux rappels consécutifs en première partie. Dans la deuxième partie, Mozart fut mis à l’honneur avec la 41 e surnommée « Jupiter ». Avec une précision d’orfèvre, l’orchestre sut rendre les dons exceptionnels du compositeur au zénith dans cette ultime symphonie : invention mélodique, vivacité rythmique, perfection formelle et richesse de l’orchestration. ÉMILIEN MOREAU Limpide et local L’Ensemble Vocal Méditerranéen et Hymnis étaient réunis pour un très beau concert à l’église de Montolivet le 31 mars Sous la direction efficace de Bénédicte Pereira, le chœur d’hommes de l’EVM au sein duquel nous retrouvons dans le pupitre des basses les fines plumes de notre journal Jacques Freschel et Yves Bergé et l’ensemble vocal féminin Hymnis ont donné un très beau programme de musique sacrée balayant les XIX e et XX e siècles. Accompagnée à l’orgue par André Rossi, la Messe en sol de Schubert, qui, moins populaire que les motets de Mendelssohn, gagnerait à être donnée plus Nourritures célestes Du bonheur encore avec le chœur Accentus, dirigé comme un seul instrument par une Laurence Equilbey inspirée. Se joignait au chœur le concerto Köln qui ajoutait de nouvelles strates, creusant davantage la pâte sonore. Chœur et Accentus Jean-Louis Bergamo Gautier Capucon Michael Tammaro souvent, fait entendre le compositeur romantique comme un véritable héritier de Bach… Dans une toute autre esthétique, le contemplatif Salve Regina de Poulenc fut interprété avec une grande finesse vocale, préparant le terrain au redoutable Eli de Deak Bardos : une découverte que l’auditoire nombreux a su apprécier à sa juste valeur. Une très belle soirée composée de musiciens passionnés et « locaux » qui démontre une fois de plus que notre région regorge d’interprètes talentueux dont les initiatives sont saluées par un public fidèle et reconnaissant, et qui mériteraient une oreille plus attentive des décideurs, qui vont souvent chercher ailleurs ce qu’ils ont sous la main. FRÉDÉRIC ISOLETTA instruments se mêlaient en un jeu subtil des profondeurs, puissamment irrigué par les lignes mélodiques. Motets de Bach sublimés par l’équilibre des voix, superbes attaques, beau travail des finales, son large et sculpté, les échos baroques de ce monde en miroir où la musique semble capable de constituer le reflet de l’idéal équilibre… L’intelligence aiguë du propos était rendue sensible par les sur-titrages qui permettaient de saisir les nuances de cette musique qui sert le texte avec expressivité. Généreux, les artistes accordaient en bis l’Alléluia de Buxtehude et en ter la reprise (mesure 221) du dernier motet, Singet dem Hermein neues Lied. Un moment aux irisations sublimes. M.C. Cappella Amsterdam Marco BorggreveTendresse et austérité Bach est un architecte du temps ! Et sa Messe en Si en est un monument de la musique religieuse. Certains passages, tels que le Kyrie eleison, le Crucifixus ou encore le Dona nobis pacem figurent au panthéon des pièces polyphoniques. Difficile, face à un tel édifice, de donner une interprétation intelligente sans entrer dans l’exégèse de cette œuvre au maillage contrapuntique complexe sous fond de symbolique des nombres. Daniel Reuss, à la tête du Cappella Amsterdam et du Il gardellino, chef de chœur précis, efficace, releva ce défi avec brio. Bien servi par un chœur homogène, superbe, et des instrumentistes brillants, il proposa une lecture intérieure de l’œuvre, tout en clair-obscur, dénuée d’emphase et d’ostentation. Certes, l’acoustique difficile du GTP et la faiblesse des solistes ternirent un peu l’ensemble. Mais les quelques secondes de silence obtenues par le chef à la fin de la pièce, d’ordinaire brisées par un public prompt à applaudir, furent la marque d’une grande interprétation, d’une volupté… platonicienne ! CHRISTOPHE FLOQUET Concert Bach Motets donné le 22 mars au GTP, Aix



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