Zibeline n°40 avril 2011
Zibeline n°40 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : menaces sur la culture... alerte !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 THÉÂTRE BERNARDINES GYPTIS Dire ou ne pas dire e Denise Oliver Fierro Monter une pièce longue, datée comme on dit pudiquement, et magnifiquement bavarde, de Pirandello ? Marie José Malis affirme crânement que c’est possible et que ça ne sert pas à rien ! Et par une mise en scène responsable et coupable aussi parfois d’une pointe de didactisme, elle ravit le spectateur qui veut bien la suivre. La trahison (Ginevra a couché avec Roméo ; l’un et l’autre sont mariés, à d’autres) même « on ne sait comment », même en rêve, démonte le monde et pulvérise la notion même de vérité ; le traitre dans son tourment n’a de cesse d’amplifier la scène du crime, de la déplacer, entrainant Ginevra, son mari et sa propre épouse dans une spirale dévastatrice jusqu’au coup de pistolet final ; un pan ! qui dit bien que la comédie est finie. Tous sont complices sur ce plateau où le rideau rouge est un accessoire essentiel, et dans la salle en pleine lumière, qui rend regard pour regard à des acteurs singuliers et fragiles, avec leurs bras ballants et la nudité de leur jeu. Du théâtre « vrai », qui réclame un ajustement de l’œil et de l’oreille et parle autant à l’inconscient qu’à la conscience ! MARIE-JO DHÔ Drôles d’accidents Les collectifs wallon et flamand Transquinquenal et Tristero ont réussi une alliance que leurs Provinces ne réussissent pas, et proposé un spectacle drôle, tout en décalage, sur l’accident, et l’impossible prévention sécuritaire. Un avion qui tombe, un parachute mal plié, une chute qui rêve d’envol, un mur qui branle… Les comédiens ne jouent rien mais exposent leurs corps au risque, racontent, démontrent, détaillent les statistiques des acteurs tués en scène, l’anecdote d’un spectateur mort littéralement de rire, tandis que des surtitres mutins commentent leurs gestes, les décalent, et que les éléments de décors affichent tranquillement une fragilité évidente qu’on n’osait percevoir… Alors on lève le nez, on tend l’oreille : cette faille sur le mur du lointain des Bernardines est-elle réelle ? ces bruits inquiétants viennent-ils des coulisses ou de la rue ? Herman Sorgeloos o notre impression de sécurité est-elle si mensongère ? On souffle : la sirène qui retentit pour nous faire sortir de la salle n’est que du théâtre… mais on a senti le danger ! A.F. Coalitions a été joué aux Bernardines du 24 au 26 mars Amours dans un pays en guerre Monter Roméo et Juliette, dans la traduction poétique de Bonnefoy, presque en intégralité, avec 12 comédiens, musique et danse, décors, costumes originaux, et le jouer pendant trois semaines dans une salle comble, est un bel exploit. Surtout en ces temps difficiles pour la production artistique. Françoise Chatôt offre ainsi à deux générations d’acteurs marseillais une occasion, devenue fort rare, de jouer longtemps… et à un public jeune, souvent populaire, des scolaires remarquablement préparés, des fidèles nombreux aussi, du lieu et de l’équipe, l’occasion d’une vraie rencontre avec le grand répertoire dramatique. Mais ce n’est pas la seule vertu de ce Roméo et Juliette ! On peut regretter quelques décalages kitsch, les corps qui s’écroulent sous les bombes, des ralentissements dus à un décor trop lourd, une musique trop présente, et des comédiens qui à certains moments clefs semblent peu dirigés dans leurs intentions… Mais la tension dramatique est là, l’œuvre est rendue, servie même, par de jeunes gens à la fraîcheur éblouissante (Victoire Belezy en Juliette), à la technique affirmée (Guillaume Clausse en Roméo) ou à l’inventivité surprenante (Charles-Eric Petit en Mercutio). La génération des parents les sert comme il se doit, faire-valoir ou bourreaux de leur passion. Le texte baroque est monté sans contresens, en respectant ses contradictions -pourquoi diable ne vont-ils pas demander la protection du Prince ? - et toute l’incohérence de ses métaphores déchirées. Plus quelques gestes tendres ou violents qui surprennent comme des trouées poétiques. Un beau travail, vraiment inspiré par instants, dont on espère qu’il sera repris... AGNÈS FRESCHEL Roméo et Juliette a été joué au Gyptis du 15 mars au 2 avril Mathieu Bonfils On ne sait comment de Luigi Pirandello dans une mise en scène de Marie José Malis a été donné aux Bernardines du 5 au 9 avril
JEU DE PAUME VITEZ BERNARDINES BADABOUM THÉÂTRE 15 Violoncelle à la broche La réputation du Quatuor n’est plus à évoquer, mais à chaque spectacle ils inventent encore, et renouvellent leur veine comique. Démonstration brillante, Danseurs de cordes, leur nouvelle production mise en scène par Alain Sachs, nous transporte dans un univers aux frontières du cirque. La représentation s’orchestre autour de saynètes vives et cocasses, comme une veillée de scouts au coin d’un feu où le violoncelle tourne à la broche ! Les numéros se succèdent sur un rythme sans failles, emportés par une folle fantaisie. On passe de Mozart Question d’intentions X-D.R Courir sur scène en hurlant, se tuer plusieurs fois, pousser la mécanique de l’absurde jusque dans ses derniers retranchements pourrait être intéressant, voire comique, mais ces Quatre jumelles ne sont guère convaincantes. Le soufre et la dénonciation ne sont pas rendus évidents par la pièce de Copi ellemême qui répète à satiété Salope !, joue de Troubles hugoliens Mise en scène dépouillée et symbolique pour cette adaptation théâtrale de la première partie du roman Les Misérables : au lointain, une table autour de laquelle les personnages se restaurent, à l’avantscène, un grand bassin rempli d’eau. Il s’agit d’un banquet, espace consacré à la rhétorique, et d’un bassin de lait, « espace de la fable » … Ces énigmes résolues, on retrouve les étapes de la triste destinée de Fantine, la longue déchéance, le monde hugolien en noir et blanc… Les acteurs de la compagnie Demesten Titip jouent avec passion ces textes qui ont nourri nos imaginaires. La découpe en est claire, de par la familiarité de l’œuvre. Les déambulations des personnages ne manquent pas de justesse, et les acteurs se glissent dans la peau des différents protagonistes avec une belle aisance. Cette pièce est la première d’un triptyque qui mettra en scène Cosette, destiné au jeune public, puis Javert qui sera travaillé d’après les ateliers qui seront donnés à à Bob Dylan, de Bach aux Spice Girls avec une verve et un comique irrésistible. La chorégraphie loufoque est réglée au cordeau, et les instruments entrent dans la danse. Les artistes jubilent, les spectateurs aussi. Un (simple ?) divertissement qui a tout à voir avec l’art : celui de faire rire ! MARYVONNE COLOMBANI Le Quatuor donnait son nouveau spectacle Danseurs de cordes au Jeu de Paume, Aix du 22 mars au 2 avril surenchères et de décrochages tapageurs avec la vraisemblance. Le programme donne des éléments d’information que ne livre pas le texte, qui ne construit rien, et les actrices de la compagnie Lesgensdenface, faute d’une nécessaire accélération, d’un emballement, sont condamnées à une surenchère qui tourne à vide. L’avilissement, qui ne puise ses sources dans aucun contexte, reste vide de signification. Le passage où la scène est entièrement plongée dans une obscurité d’où surgissent des fragments de dialogue est sans doute le plus fort de la pièce. Christophe Chave, le metteur en scène, relie la cruauté potache de Copi à des citations, distribuées sur papier cartonné avant le spectacle, qui affirment l’intérêt pour le tyran de garder son peuple pauvre : la relation avec ce que l’on perçoit sur scène demande de curieuses acrobaties… M.C. o des détenus en milieu pénitencier. Le travail de Christelle Harbonn(qui a mis en scène et adapté le texte) est sincère et généreux. La marque plurielle entre parenthèses à la fin de chacun des titres tend à nous inviter à considérer l’universalité des problèmes soulevés. Un théâtre militant et réfléchi. M.C. X-D.R Fantine(s) a été donné au théâtre Vitez les 29 et 30 mars À venir Javert(s) verra le jour sous forme théâtralisée en automne 2012 Cosette(s) sera donné du 11 au 30 avril au Badaboum théâtre (Marseille) 04 91 54 40 71 www.badaboum-theatre.com D. Pallages Les quatre jumelles de Copi a été joué le 6 avril au théâtre Vitez, Aix À venir Jusqu’au 16 avril Les Bernardines 04 91 24 30 40 www.theatre-bernardines.org po i L11-5 COrpo



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