Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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86 LIVRES RENCONTRES Montagne magique Le CipM a organisé deux rencontres sur le Black Mountain College, dans le cadre d’un projet plus vaste proposé pour Marseille 2013 En Caroline du Nord, près de Asheville, le Black Mountain College fondé par John Rice fut, de 1933 à 1957, une université expérimentale sans équivalent, qui s’épanouit à l’ombre de montagnes noires qui lui donnèrent son nom. Dirigée par Josef Albers, qui venait du Bauhaus, puis par le poète Charles Olson, elle abrita des pensionnaires qui allaient devenir illustres – parmi lesquels Rauschenberg, de Kooning, Merce Cunningham, John Cage…, enseignants ou étudiants, les uns et les autres échangeant parfois leurs rôles. Portée par un projet atypique qui plaçait l’art, dans la diversité de ses formes, au cœur d’un enseignement pluridisciplinaire, l’expérience communautaire qui y fut essayée traversa la grande dépression et le maccarthysme, résista à ses détracteurs qui l’accusaient d’être un repaire de communistes, d’homosexuels et de « niggers lovers », avant de L’annulation en dernière minute de l’année du Mexique aura compliqué la tâche de l’association Des auteurs aux lecteurs, qui organise le festival CoLibriS pour sa 4 e édition. Rien pourtant qui puisse hypothéquer le succès de l’événement qu’elle organise,L I... Lifr 1nnGlT.ii.r t ï, I..T011r1nu9, au.. p1'Bleu Provence-Méditerranée La 6 e édition de Lire Ensemble, manifestation littéraire intercommunale initiée par Agglopole Provence, sera consacrée au Bleu. Bleu comme couleur de la Méditerranée, « mais aussi parce que ce thème permet d’aborder une large palette de domaines artistiques au-delà de la littérature : la peinture, la musique… » Mais la littérature est bien l’élément essentiel de ce rendez-vous, les auteurs invités sont là pour le prouver, de même que le travail effectué en collaboration avec les bibliothécaires en direction des publics adultes et enfants : Mireille Disdero, bibliothécaire à Lançon et auteure (son dernier roman, 16 ans et des poussières, au Seuil, s’adresse à la jeunesse) conduit des ateliers destinés aux adolescents, Jean- Luc Luciani propose de travailler à partir d’œuvres existantes mais hors du champ littéraire, Marcus Malte autour du bleu de la fameuse note de jazz, et Nico, dessinateur et coloriste anime un atelier pour les scolaires. À la suite de ces échanges, les auteurs écriront un texte qui sera publié sur le site d’Agglopole Provence. Mais Lire Ensemble anime aussi les 17 communes du territoire, avec du théâtre succomber aux difficultés financières. C’est sur cette expérience unique que le CipM revient, avec un projet stimulant sur le Black Mountain College proposé dans le cadre de Marseille 2013, qu’il espère voir retenu même si l’heure n’est par ailleurs guère à l’optimisme, avec une nouvelle diminution de 30 000 € des subventions de la Ville pour l’année 2011. En attendant, deux soirées ont évoqué l’aventure du Black Mountain College, par une présentation générale d’abord, puis par un focus sur la poésie de Charles Olson et de Robert Creeley, en présence de leurs traducteurs. L’occasion de revenir sur les œuvres singulières d’artistes, tout en éclairant les enjeux pédagogiques, artistiques et politiques de ce qui fut à la fois un lieu de fermentation et d’échanges pour quelques-uns des talents majeurs de l’art américain dans tous les domaines, mais aussi une utopie démocratique vivante, indissociable d’un projet éducatif antiacadémique : refusant les cloisonnements, et les acquisitions par imitation de modèles au profit de l’improvisation et d’une liberté d’invention née de l’émulation entre les participants et de la perméabilité des disciplines, l’enseignement faisait de l’art, comme Vive la non année du Mexique ! Rencontres CoLibriS 2010 (de gauche a droite Nestor Ponce, Oscar Zarate, Carlos Sampayo) X-D.R dans le prolongement des rencontres du cinéma sudaméricain de l’ASPAS, avec une vingtaine d’auteurs, reconnus ou à découvrir, venus pour l’essentiel du Mexique mais aussi du Brésil, d’Argentine, du Pérou et de la Colombie, et réunis sous le thème de la frontière : qu’il s’agisse des frontières géopolitiques inspirant le polar du narcotrafic (Elmer Mendoza) ou les récits familiaux d’expatriation (Jordi Soler), des frontières sociales entre des classes ghettoïsées (Patricia Mello, invitée par François Beaune dans le cadre des Ecrivains en dialogue) ou encore des frontières entre sa propre intimité et le monde extérieur (Grecia Caceres), le thème fédère la diversité passionnante des motifs, et emblématise l’esprit cosmopolite de la manifestation où la traversée des formes littéraires et de leurs traductions invite à rentrer par la langue dans les pays de la zone latino-américaine. Comme les années précédentes, le festival poursuit une politique de promotion des auteurs peu diffusés, (ouverture le 1er avril à Salon avec du théâtre d’improvisation par la cie Des sourires et des hommes, lecture de BlueTous par la cie Jubilo Label Bleu le 8 avril à Pelissanne), des contes dans chaque ville, des ateliers d’art plastique, de la musique (concert La Note bleue par Olivier Roussel duo le 9 avril à Berre, Billie’s Blues par Laure Donnat et Lilian Bencini le 13 avril à Lamanon), et une soirée de clôture, le 15 avril au Portail Coucou à Salon, où seront dévoilés les noms des lauréats des 3 concours Lire Ensemble. DO.M. Lire Ensemble Du 1er au 16 avril Agglopole Provence 04 90 44 85 85 www.agglopole-provence.fr Charles Olson GF processus et comme expérience, le moyen humaniste de réunir en chacun « la tête, les mains et le cœur » pour créer, c’est-à-dire aussi, apprendre à vivre. À méditer. AUDE FANLO Ces rencontres ont eu lieu au CipM les 18 et 19 février, avec Christian Tarting, Jean-Pierre Cometti, Auxemery, Stéphane Bouquet, Jean Daive et Martin Richet non traduits, ou dont c’est le premier roman (François Arango), et de jeunes éditeurs (Passage du Nord Ouest) grâce à des rencontres professionnelles réunissant auteurs, traducteurs, directeurs de revue, éditeurs et libraires. Rencontres, débats, expositions, lectures, s’adressent aussi à tous les publics, depuis les passants qui se rendront au kiosque installé aux Réformés à Marseille jusqu’aux milieux scolaire et pénitentiaire, avec cette année une extension régionale qui ira même jusqu’à Grenoble ! AUDE FANLO CoLibris Du 1er au 12 avril Soirée d’ouverture le 8 avril à l’Alcazar Marseille, Martigues, Aix, Luynes, Aubagne, Arles, Manosque, Gap, Antibes, La Ciotat, Gardanne et Grenoble www.villa-lamarelle.fr
LIVRES 87 Les cercles de l’intime Comment apparaître sans s’exhiber ? Comment se rencontrer en allant vers l’autre ? Comment déplacer l’intime, le masquer parfois, pour mieux le dire ? Ces questions ont ouvert la nouvelle saison d’Écrivains en dialogue. Il y avait peu de monde ce soir-là, on a donc avancé les sièges et formé cercle autour d’Arnaud Cathrineet Olivia Rosenthal. Pour parler d’intimité, c’était plutôt approprié, et la rencontre, intense, y a gagné. Ces jeunes gens de lettres ont écrit leur premier roman à la fin des années 90, publient tous deux chez Verticales, montent à l’occasion sur scène pour des lectures, des spectacles musicaux ou des performances. Invités à parler de leurs derniers ouvrages, ils ont montré que les points de rencontre ne s’arrêtaient pas là. Leurs œuvres sont très différentes, différentes les voix qu’ils font entendre. Pourtant, dans Le journal intime de Benjamin Lorca de Cathrine (voir Zib’33) comme dans le très spécial Claudine Galea Louise Leblanc 2010 et très remarqué Que font les rennes après Noël ? de Rosenthal (voir Zib’38), les dispositifs fictionnels visent à atteindre un « je » qui ne s’affiche pas. Ces deux grands pudiques essaient de « trouver le moyen d’exhumer ce qu’exige la littérature », comme l’a déclaré Cathrine. Ainsi Le journal… dessine-t-il, au travers de 4 récits, la figure d’un Benjamin Lorca disparu, et, au creux de ce double fictif, un autoportrait. Ainsi les rennes permettent-ils à Rosenthal de régler, par le biais d’une écriture à la croisée du document et de la fiction, quelques comptes avec son histoire familiale. Sans avoir l’air d’y toucher, tous deux se collettent avec l’autobiographie, selon un pacte nouveau, loin des clichés du genre. Leur captivant dialogue a été ponctué de lectures : Michel Bellier a choisi de remonter le cours du Journal, tandis que Ramona Badescu, d’une voix parfaitement tenue, a magistralement fait résonner le décalage absurde et d’une drôlerie communicative du texte d’Olivia Rosenthal. FRED ROBERT Olivia Rosenthal était l’invitée d’Arnaud Cathrine pour Écrivains en dialogue, cycle de rencontres littéraires proposées chaque mois à la BDP de Marseille et organisées par La Marelle et l’ADAAL, en collaboration avec Libraires à Marseille. Olivia Rosenthal-Arnaud Cathrine P.Box/Hop Prochain rendez-vous Le 24 mars à 18h30, autour de Prose et poésie, avec Philippe Forest et Jean-Claude Pinson. Des bleus à l’âme 21 mai 2004, Washington Post, une jeune réserviste américaine Lynndie Rana England tient à bout de laisse un prisonnier irakien dans la prison d’Abou Ghraib ; photographiée par son compagnon le caporal Charles Graner, le cliché fait le tour du monde. Saisie par l’insoutenable Claudine Galea « décide de détruire l’image, mais, gravée en elle, celle-ci enfante d’autres images qui l’entraînent dans une introspection sur ses rapports avec sa mère, aux femmes, à l’homme » … D’elle jaillit un texte singulier et sans complaisance, Au bord, en rupture avec ses romans, ses pièces de théâtre et ses livres pour enfants. Aux Chantiers de la Lune, invitée par la Bibliothèque de théâtre Armand Gatti, l’auteure retrouvait le plaisir d’éprouver en lecture publique son texte écrit en 2005 mais publié cinq ans plus tard grâce à l’opiniâtreté de l’éditrice Sabine Chevallier. Cinq ans durant lesquels elle le laisse reposer, l’extrait de l’actualité, avant de décider « qu’il tenait seul ». La lecture peut alors rependre : regard bleu océan qui s’échappe du livre, visage grave, fléchissements de la voix douce (on entend les parenthèses) ou tranchante (pour évoquer l’innommable). On sent qu’elle a son texte en bouche, elle glisse, détache les mots, se fiche des liaisons ; de toute façon la ponctuation est a minima ; Au bord n’est pas lu, non plus joué, il respire. La violence de l’image est à ce point médusante - elle nous pétrifie - que l’écriture est volontairement transgressive et le texte hypnotique - il nous enferme. « Il serait indécent pour moi, dit-elle après avoir refermé l’opus, de parler de cette image de l’extérieur. Donc il faut rentrer dedans ou la laisser entrer en vous ». C’est chose faite : mis à mal par l’image, Au bord nous pousse dans nos retranchements, les oreilles à vif, bousculés par cette « cette laisse en vérité » « cette laisse à ronger » « [son] plaisir au bout des lignes de [sa] laisse » … MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Claudine Galea a lu sa pièce Au bord (Éd. Espaces 34) le 12 février aux Chantiers de la Lune à La Seyne-sur- Mer ; elle sera en mai au Théâtre de Lenche pour une Carte blanche avec Lionel Damei autour de la création Ce qui allait arriver tout de suite, c’est que j’allais l’embrasser. LE POINT PRESSE TOUS LES PREMIERS hcARO1S Uü Mat S A 10H 5f...éR R41110 GRFh'OU ! ! LF 88.8 FM Des repfscntants de diffërrnts mensuels de. dattent 1 fois par mois de l'actualitC locale, nationale et internationale, et présentent leurs numëros ât venir. ? > ErniSS+Gir+ en partenariat avPee.s men.SuNts, Zibetine, Regar415- Le Ravi Pr CQWO « < GRENOUI LLE AARSE7 OO.Ofm radiog renuui He.cum



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