Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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82 LIVRES LITTÉRATURE Encre lourde Un « beau livre ». Format carré, illustrations, calligraphies et sceaux chinois. Quelques photographies, de vieux visages exotiques et dûment ridés. La grande muraille, des pins dans la brume sur les montagnes et la Cité Interdite. La formule étonne : cet ouvrage est un roman, mais il s’empoigne et se feuillette comme un livre d’art. À l’heure des tablettes numériques, ça pourrait être l’idée de l’année, un contre-pied en forme de retour aux éditions limitées. Le projet est assez ambitieux pour cela : retracer dans ce premier tome l’effondrement du Céleste Empire au début du XX e siècle, et la lutte pour le pouvoir de l’impératrice Ts’eu-hi, à travers le récit d’une jeune femme emportée par le vent de l’histoire. Malheureusement, le souffle attendu n’est pas assez puissant pour embarquer réellement le lecteur. Christian Lejalé n’est pas Duras, tout comme son fils Vincent n’est pas Marc Riboud. Si les promesses exotiques sont tenues, événements, anecdotes et récits mythiques minutieusement rapportés, le style alourdit considérablement le propos. « Quand bien même on m’aurait raconté tout ce qu’il me restait à endurer, je n’y aurais rien changé, car je savais que tout au bout il y aurait la plus belle des choses dont un être humain peut rêver ». Ainsi s’achève la première partie du roman de « Celle qui danse avec le vent ». C’est dommage, on résiste très bien à un tel suspens. GAËLLE CLOAREC À l’encre de Chine Christian et Vincent Lejalé Imagine & Co, 35 € De très mauvaise humeur Quelle mouche a piqué les éditions Au Diable Vauvert de publier Un coup à prendre ? La 4 ème de couverture indique qu’il s’agit du « premier roman » d’un journaliste d’M6 : vous avez dit roman ? mais c’est du vent ! Xavier de Moulins raconte la vie d’un jeune père tiraillé par le quotidien avec sa femme et ses deux petites filles, qui divorce à l’emporte-pièce pour le regretter quelques mois plus tard, le temps de découvrir l’horreur de la solitude et la difficulté d’être responsable, même à temps partiel ! Ce serait donc du solide, une histoire ancrée dans le réel, habitée de mille et une observations fines sur l’évolution des mœurs… Malheureusement sa vie lui pèse terriblement, et aussi au lecteur lessivé par ce long déballage d’inepties, de sentences ridicules, de banalités, de poncifs, de remarques vulgaires et de considérations usées, le tout écrit à la va-vite (179 pages tout de même) dont voici quelques morceaux choisis. « Ne pas oublier que, dans la grossesse, il y a grosse. Je n’avais pas signé pour finir avec un éléphant de mer militant à Greenpeace » … « mon banquier a l’aura d’une capote en tire-bouchon qu’on a laissé traîner au fond d’une poubelle de salle de bain » ou encore, pour le plaisir, « papa et maman vous aiment toujours. Ce n’est pas de votre faute si votre père est un porc et se barre avec une sacrée pute » dit la gentille maman à ses adorables fillettes…. Il paraît que ça fait rire sur les plateaux télé ! Inutile donc de lire Un coup à prendre, mieux vaut le jeter à la poubelle ou l’incinérer. Plus radical et moins polluant. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Un coup à prendre Xavier de Moulins Au Diable Vauvert, 17 € Xavier de Moulins était en tournée promotionnelle le 19 février à la Fnac Marseille Roman photo pour ménagère L’été s’est enterré sous une couche d’automne dégarnie et d’un hiver où les jours de pluie s’acharnent à abolir toute tentative de promenade dominicale ou autre. La littérature de plage geint au fond des armoires, ou s’empoussière au dernier rang des étagères. Ce qui permet un renouveau dans la vente du plumeau antistatique et un net retour en arrière pour la condition féminine avec des publicités qui voient fleurir ses vertus domestiques chaperonnées, il est vrai, par un expert masculin dont la voix mâle et grave déclenche une frénésie érotique et ménagère. Bref, on n’en est plus au délicat remuement sur serviette de plage, où le livre apporte une caution de bon goût et de sérieuse frivolité. On ne lit d’ailleurs pas, et peu importe l’enchâssement des mots, le soleil noie les pages et apporte une luminosité superbe aux moindres pattes de mouche… Il est donc des livres d’été et des livres d’hiver, les uns conduisant à de charmants badinages, les autres justifiant le refuge sous la couette ou se savourant à petites gorgées au coin d’un bon feu. Les éditeurs devraient donc parfois apporter plus d’attention aux dates de parution ! Dérives est incontestablement un livre d’été, construit certes avec rigueur, et c’est sa qualité, mais écrit avec un style de roman photo, accumulant les situations convenues, la riche héritière, l’amie envieuse, le bel Italien, les enfants qui dérapent, le commissaire perspicace… On aurait aimé plus de chair, plus de surprises dans ce polar estival. Une matière à remodeler ! MARYVONNE COLOMBANI Dérives Nathalie Chacornac Demeter Noir, 19 € Ce livre était en signature chez Gibert fin janvier
LIVRES 83 Maud 3D Un roman qui a pour titre Michael Jackson, pour dédicataires Amandine et Louisa, s’ouvre sur un prologue au présent de l’indicatif, à Palavas-les-Flots avec père, mer, casquette oubliée sur un canapé (accessoire obligé de l’auteur, que le narrateur en effet ne mentionnera plus) et se décline en Parties (3), Saisons et Mois, en Mutations et Variations sur l’amour - Sweet, Tender, True - peut dérouter ! Ajoutez à cela une tendre méditation sur Richard Virenque, athlète de variété, un épilogue qui affirme à la fois que le temps passe et que cela ne fait que commencer et vous aurez la surprise de voir comment un blanc-bec du Jura réinvente Proust et Flaubert, l’air de rien... De Michael Jackson peu de nouvelles : un clin d’œil générationnel, une balise légère dans un récit mouvant, un signe des temps ou un marqueur anthropologique : « ça y est, enfin, les hommes bougent leur cul ». Pas un personnage donc, mais pas plus les autres qui défilent tous au même niveau d’esquisse, tendance floue... Sauf Maud et Luc, elle et je. Ces deux-là trament le roman : Luc (18 ans puis 22 puis 26) passe le temps au peigne fin, étudiant en arts du spectacle à l’université Paul Valéry de Montpellier et cela suffit à lancer métamorphoses, changements de points de vue et trompe l’œil sur la/les Maud aimée(s) étudiante aux Beaux-arts de 21 ans ou psychologue de 23, mince ou potelée, toujours désirable. Piégé par l’écriture attrape-tout, séduit par cette permanente vacation - sinon vacuité - du récit virtuose, le lecteur se laisse flotter au gré des variations et des changements de registre : poignant et poilant (ah ! le couple pépère de stars du porno !) sans que jamais ces deux adjectifs n’atteignent leur intensité maximale comme suspendus à la nécessité de l’écriture en mineur d’une éducation sentimentale du 21 e siècle. Plaisant et sans doute davantage… MARIE JO DHÔ Faux roman, vrai récit Faire de la vraie vie de Rodrigo Lara Bonillo, ministre Colombien qui combattit Pablo Escobar dans les années 80, un roman policier, est une drôle d’entreprise. Les derniers mois de sa vie ressemblent effectivement, par le nombre et la nature des péripéties qui la traversent - calomnies, révélations, combats, entrevues tendues, menaces et exécution - au schéma narratif d’un thriller. Mais la lutte qui opposa le ministre intègre au trafiquant de drogue est du domaine de l’histoire, et son récit en appelle aux ressorts du documentaire, du fait divers aussi. Si on a l’impression que les transcriptions des conversations, des faits et des pensées sont tout à fait vraisemblables, les cahots de l’action, ses rebondissements, ses digressions mêmes sortent de la ligne qu’on attendrait d’un roman, regardent vers l’hagiographie, le discours politique parfois, le reportage. Les nécessaires rappels au réel, en notes ou dans le cours de la narration, empêtrent un peu la lecture, surtout s’il n’est pas au fait de l’histoire colombienne contemporaine… Mais Le Ministre doit être exécuté est un récit qu’on ne lâche pas pourtant, malgré ses imperfections, tant cette histoire est haletante, et ce personnage vraiment impressionnant ! AGNÈS FRESCHEL Le Ministre doit être exécuté Nahum Montt, traduction Jacques Aubergy L’atinoir, 14 € Mlchaei Jackson Michael Jackson Pierrick Bailly P.O.L, 19,90 € t r iNISiRI= DOIT ETRE E74ECUTE Jeune père en pleurs Quatrième de couverture rassurante : un enfant y rapporte des paroles universellement paternelles « plus tard… pour ton bien... tu verras... » sauf qu’il n’a pas pris le temps pour lui, le gamin ; chuté, écrasé par le métro, no future, mort avant la première ligne Clément ; circulez y’a rien à voir et pour le père tout à recommencer ; mais comment ? À la dernière page l’écran du portable du narrateur est devenu « une page blanche mais rétive à toute inscription ». Pas un tombeau, non, un roman même pas autobiographique tant mieux... propitiatoire peut-être, genre on-croiseles-doigts-et-on-fait-l’endeuillé pour voir justement ! Très efficace, frisson garanti loin de tout effet calculé : Nicolas Fargues déroule (le narrateur aime bien ce verbe qui dénote « un esprit précis et noble sans affectation ») une prose sobre, mate, pudique, simplement réaliste. Et de cette trivialité du quotidien d’un père divorcé qui élève (élevait) seul son fils de 12 ans, élève de 5 ème, Nicolas Fargues tire finement, avec une sensibilité mesurée, la matière d’un récit qui ne parle que de l’essentiel à travers justement tout ce qui en paraît dépourvu avant la disparition de celui qui en faisait usage : une clé cruciforme, un iPod, la RATP, Facebook ou un morceau niais de R’n’B. Questionnement sur la paternité (sur la maternité tout aussi bien) et émerveillement devant le « miracle banal de la vie » : fondamental… mais que diable va-t-il faire ce père éploré au Burkina Faso ? Respirer une bouffée d’altérité ? Vérifier la solidité/solidarité des familles ancestrales ? Dormir tout simplement ? Les quarante dernières pages laissent perplexe : pourquoi cette rupture ? métaphore lourde d’un autre monde ? M-J. D. Tu Verras Nicolas Fargues P.O.L, 15,50 euros TuuarrNE -E. T L’auteur participera norririnrrorlqne dans lrler.grin. cadre d’Escalesrl'Fe en Librairies à une rencontre-débat le 25 mars à 19 h à la librairie L’Attrape-Mots



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