Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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80 LIVRES LITTÉRATURE Une place dans leur vie « Je cherche un bon endroit pour pleurer. Ce n’est pas si facile à trouver. Mon voyage en bus a duré des heures, et à présent je suis assise sur un vieux banc tout près de la côte ». Bente, la narratrice, écrivaine en panne d’inspiration, en panne de couple aussi, et de désir de vivre, a tout laissé pour traîner sa valise jusqu’ici, au bout du monde ou presque. Le prochain bus ne passera que le lendemain, la tempête menace. Un couple vient la chercher sur son banc et l’emmène. Cocotte et Johnny sont des êtres simples, d’« aimables étrangers », qui l’accueillent chez eux sans lui poser de questions. Avec un naturel confondant. Comme s’ils l’attendaient. Dans cette maison toute simple, grâce à ces gens tout simples, Bente va peu à peu renouer avec la vie… Helle Helle est célèbre au Danemark pour ses récits intimistes, sans prétention, beaucoup plus profonds qu’il n’y paraît. Chienne de vie, son premier roman Sur la route Été 1984. Ulli et Edi, deux punkettes autrichiennes de 17 ans, décident de tailler la route vers l’Italie. Sans papiers, sans argent, avec pour seul bagage un sac de couchage, les vêtements qu’elles portent et un immense désir de s’affranchir. Envie de Sud, envie de mer, leur aventure de deux mois les conduira jusqu’en Sicile. Et leur fera découvrir l’envers de la carte postale… Ulli Lust, artiste autrichienne résidant à Berlin, s’est d’abord fait connaître par ses BD reportages. Dans cet épais roman graphique, on retrouve la trace de son goût pour le documentaire : attention aux détails, ancrage réaliste, annexes en fin d’ouvrage. Ce n’est pourtant pas la seule raison de son succès. Très bien accueillie dès sa parution en Allemagne en 2009, récemment distinguée à Angoulême (voir Zib’38), cette « punk story » touche et intéresse par le mélange subtil qui s’opère entre l’intime et l’universel, le sordide et le lyrique. Trop n’est pas assez relate un épisode fondateur et traumatisant de l’adolescence d’Ulli Lust. Celle-ci Sex, drugs and curry « Quel genre de travail tu fais, maman ? » Theodora, la benjamine surdouée d’Elinborg, pose souvent cette question à sa mère. Et celle-ci est souvent bien en peine pour lui répondre. Surtout au cours de la nouvelle affaire criminelle dont elle est chargée, en l’absence du commissaire Erlendur parti en vacances. Un crime étrange, perpétré en plein centre de Reykjavik sur un jeune homme apparemment irréprochable… mais qui avait dans sa poche des comprimés de Rohypnol, médicament bien connu sous le nom de « drogue du viol ». L’enquête va évidemment débusquer les mensonges et autres zones d’ombre, traquer les indices, innocenter les faux coupables, jusqu’à ce que lumière soit faite. Comme souvent dans ce genre d’histoire, le meurtre initial vient conclure une série d’actes antérieurs noyés dans le flot de « la rivière noire ». Un fleuve sombre et tourmenté, dont la violence ne peut que bouleverser l’inspectrice Elinborg, qui est aussi mère de trois enfants. traduit en français, permet de découvrir la subtilité d’une écriture toute en retenue, énigmatique en dépit de sa simplicité presque triviale. Ce roman est le journal de bord d’une renaissance. Celle d’une femme qui retrouve une place, modeste, temporaire, mais une vraie place dans cet endroit paumé. Le récit baigne dans la rigueur du climat, le vent, l’humidité. Pourtant, il en sourd une authentique flamme, semblable à celle du poêle que Bente apprend peu à peu à maîtriser. Un peu de chaleur dans une « chienne de vie ». FRED ROBERT Chienne de vie Helle Helle Le Serpent à plumes, 19 € Helle Helle sera présente au Salon du Livre de Paris du 18 au 21 mars porte un regard tout à la fois narquois et attendri sur la jeune rebelle qu’elle fut. Ce décalage confère aux moments les plus glauques, et il y en a, des éclats de pureté qui rafraîchissent ce road novel plutôt trash. Le dessin noir et blanc se colore de vert kaki, par référence à la couleur des vêtements de surplus militaires dont raffolaient les punks ; par volonté aussi de ne pas donner à ce récit de rude apprentissage les couleurs azurées d’un pittoresque de façade. Cela donne un beau roman graphique, à l’éclat sombre, au tempo maîtrisé. Et, au passage, une pertinente réflexion sur la condition féminine. F.R. Trop n’est pas assez Ulli Lust Çà et là, 26 € Ulli Lust a été invitée le mois dernier dans le cadre d’Escales en librairies Dans ce nouvel opus de l’Islandais Indridason, les amateurs retrouveront avec plaisir le Nord et ses paysages crispés de neige, l’animation des quartiers branchés de la capitale, certains seconds rôles originaux et le ton désabusé de l’auteur. On pourra apprécier aussi le personnage d’Elinborg, mis en lumière dans cette enquête. Un personnage de femme d’aujourd’hui, prise entre son travail et sa vie de famille qu’elle sacrifie trop souvent, une femme flic amatrice de cuisine exotique (une de plus !). N’empêche, depuis Hiver arctique, les romans d’Indridason ont perdu un peu de leur chair et de leur piquant. Malgré les curry et autres tandoori qui pimentent celui-ci, le lecteur reste quelque peu sur sa faim… FRED ROBERT La rivière noire Arnaldur Indridason Traduit de l’islandais par Éric Boury Métailié, 19 € HLLLE CHIENNE DE VIE _-0 VIlit won F PLU'.'ArrS ; ildur Inrsrida3on J.3 J.' ; r ! F ; 1'Ti C 1t.:.
LIVRES 81 Passé retrouvé Avocat d’affaires, 30 ans, Mathurin est un homme qui a réussi. Sans passé, sans amour, un bel avenir devant lui. À 15 ans, il a laissé son village, sa famille, son amour de jeunesse, sans regarder en arrière. Seul souvenir, une guitare pourrie offerte par le vieux Gédéon. Et voilà que tout ce qu’il s’était appliqué à oublier lui revient comme un cyclone en pleine figure ! Le cyclone s’appelle Charlie et appartient à la famille éloignée de Gédéon ; échappé de l’orphelinat de Portau-Prince, il vient chercher protection auprès de Dieutor. Dieutor, c’est le prénom caché de Mathurin, celui des origines. Et Charlie déballe tout en vrac : l’abandon par ses parents, l’orphelinat, les copains, les petits vols organisés pour tenter de fuir la misère. Son récit qui constitue la seconde partie du livre s’échappe comme un flux ininterrompu. Mathurin se surprend à l’écouter, puis le suit à son rendez-vous avec ses amis dont Nathanaël, celui qui est tombé amoureux d’une « étoile vivante », une petite bourgeoise convertie aux idées d’extrême gauche. Lyonel Trouillot nous plonge dans le monde des laissés-pour-compte qui vivent dans la boue et la merde des bidonvilles à quelques coudées des pavillons fleuris des blancs. Les moments les plus poignants sont écrits dans une langue d’une rigueur journalistique : phrases courtes, nerveuses, parfois sans sujets. Pas d’émotion mais un constat. Celui d’un écrivain engagé au service de la reconstruction de son pays. CHRIS BOURGUE Yanvalou pour Charlie Lyonel Trouillot Actes Sud, 18 € r _-.'t.r Lyonel II-C,uIlICt r t:u l=r1 :i.1 Sélection du Prix littéraire des lycéens et des apprentis Paca. L’auteur sera à la Librairie Prado - Paradis le 14 mars à 18h. Mémoires des pères Sorj Chalandon livre un récit émouvant qui plonge dans le monde de la mémoire collective et des souvenirs personnels. Construction en plusieurs épaisseurs qui mélange son propre vécu de journaliste à Libération et au Canard enchaîné et celui de son personnage, Marcel Frémaud, lui-même ancien journaliste converti en biographe professionnel et fils de résistant en mal de confidences jamais consenties. Il accepte de recueillir les souvenirs glorieux de Tescelin Beuzaboc sur la demande de sa fille qui veut voir couchés sur le papier les actes de bravoure de ce père toujours admiré. Mais peu à peu au cours des entretiens, des questions sans réponses, des propos évasifs sèment des doutes dans l’esprit du narrateur qui se met à fouiller dans les archives à la recherche d’informations précises, de dates, de témoignages... Ainsi en recoupant informations et récit du vieillard, il acquiert la conviction que Beuzaboc n’a été le résistant qu’il prétend que dans les récits qu’il faisait à sa fille, le soir, avant son sommeil, les actes de résistances remplaçant les contes de fées... Les dernières séances se tranforment en confrontations car Marcel finit par se livrer à une enquête à travers les anciennes coupures de journaux et évoque le parcours militant de son propre père. Comment un vieil homme regarde-t-il son passé ? La rencontre entre ces deux hommes déclenche une prise de conscience libératrice. Le lecteur est étrangement interpelé par les allers-retours entre passé et présent, mensonge et vérité : Sorj Chalandon a écrit un livre très fort. CHRIS BOURGUE La légende de nos pères Sorj Chalandon Grasset, 17 € Y i Itgcnctc riff nos percr ; Sélection du Prix littéraire des lycéens et des apprentis Paca. L’auteur sera à la Librairie Prado - Paradis le 17 mars à 18h. Ilk Librairie Prado Para 700m2 de livres ! Libroirio Obn6ralo ; lillôroiure, jeunosso. BD. soolairo, iaapetere, vente en ligne. Paradis. Servce CoIlectivitélEntreprfSefEcciIe... 40,. 90 m2 de. papeterie _tarie 9-acia PEFEd N.ke'i.r.3 maZ+ ç,x% 1 307,4 } farsH,i le 44n'prtii sz rip I[1ry 1 ! 41- ri.i lurid aii gamn:il U4.51.1(.K4.91)



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