Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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08 POLITIQUE CULTURELLE SCÈNES NATIONALES RÉGION EN SCÈNE Exploit quotidien L’effet scènes, du 14 au 20 mars, est un non événement… parce que les scènes nationales sont exceptionnelles à tout instant ! Que programment les scènes nationales de PACA en une semaine une quinzaine de représentations de cirque, danse, théâtre, des expos, du cinéma, des mots d’amour susurrés dans des chambres… Rien d’exceptionnel pour leurs 20 ans ! Ce réseau qui regroupe sur le territoire français 70 scènes pluridisciplinaires est essentiel à la création, à la diffusion, à l’émergence artistique des créateurs, et à la vie culturelle et économique de territoires très divers. Avec près de 8000 représentations et plus de 2.5 millions de spectateurs, le réseau des scènes nationales, implanté hors de Paris, reçoit beaucoup moins d’argent que les Théâtres Nationaux qui y sont concentrés, ou que les Centres Dramatiques, et est pourtant à bien des égards plus actif et créatif que ces grandes maisons d’état, en particulier dans le domaine de la coproduction de spectacles. Leurs réalités budgétaires, très diverses, devraient être harmonisées en 2 ou 3 ans autour de deux principes : un seuil budgétaire de 2M d’ € de fonctionnement minimum, et une participation minimale de 500 000 € de l’État. Pour l’instant, dans la région, seul le Merlan a atteint ces seuils. La Passerelle de Gap, Les Salins de Martigues et surtout La scène nationale Cheval, au Merlan Amicale de production - Guillaume Schmitt Les gens d’ici Le dernier mouvement de Région en Scène a offert un plateau danse éclectique avant de finir de manière festive et musicale 44 Le cri du choeur X-D.R. de Cavaillon restent en dessous. Avec la création prévue de deux SN supplémentaires en PACA, à Toulon (voir ci-contre) et à Grasse, l’État devra augmenter considérablement les subsides qu’il accorde à ces théâtres pour répondre aux critères qu’il s’est fixés, et à la promesse de ne supprimer aucune des scènes existantes. De leurs côtés ces établissements verront leur cahier des charges précisé, et devront obéir à des critères plus strictement définis. L’avenir s’annonce donc plutôt bon… et Nathalie Marteau, directrice du Merlan, s’en félicitait, soulignant que l’important n’est pas la réalité budgétaire, mais la pertinence artistique… que le réseau des scènes nationales a toujours démontré ! Jean-Michel Gremillet soulignait que, tandis que nombre de théâtres privés de divertissement ont de grandes difficultés, leurs salles sont plus pleines que jamais de « spectateurs en quête de sens ». Un « besoin de sensible » qu’Annette Breuil, directrice des Salins, soulignait également. Alors l’effet scènes ? un moyen de fêter les 20 ans d’une formidable réussite artistique… sans oublier, hors de Paca, d’aller faire un tour jusqu’à Sète, Alès, Valence : à nos portes aussi les scènes nationales ont un sacré talent ! AGNES FRESCHEL L’Effet Scènes Du 14 au 20 mars Le Merlan, Gap, Martigues, Cavaillon, Sète www.scenes-nationales.fr Le 16 février après-midi, malgré les caprices du temps, un public familial s’était pressé nombreux à l’Espace Huveaune pour assister à trois spectacles d’artistes installés en Paca programmés par le Cercle de Midi. Malgré une erreur de casting au démarrage (Père U à la plage des varois Loreleï tenait plus du cabaret théâtral que d’une chorégraphie), le plateau permit d’heureuses retrouvailles avec Miguel Nosibor et la compagnie vauclusienne Onstap. Le solo du danseur et chorégraphe (Temps d’arrêt) et le duo (Parce qu’on va pas lâcher) ayant gagné en tournée maturité et épaisseur, sans pour autant se délester de leur fraîcheur. Durant trente minutes, Miguel Nosibor plonge sans retenue dans une solitude noire et lumineuse à la fois, passant d’une appréhension féline du sol à une épure verticale, oscillant par vagues ondulatoires ou enclenchant la mécanique hip hop ; sourire aux lèvres et mains de géant frémissantes, il fait entendre chaque pulsation de son cœur. Mourad Bouhlali et Hassan Razak, eux, continuent à ne rien lâcher de leur énergie et de leur humour dans un duo sonore et physique au tempo rudement mené ! Ces deux « hommes orchestre » séduisent d’emblée parce qu’ils ont la pêche ! On ne pouvait donc que regretter les faiblesses de la Cie Loreleï au pays d’Alfred Jarry, sa mise en scène invertébrée et sa baisse de régime face à l’imaginaire ubuesque. Il faut dire que l’immense plateau de la salle de spectacles, où le duo se cherchait sans se trouver, a desservi leur partition… Sur le plateau plus étroit du Comœdia d’autres Varois ont déployé leurs étonnants talents. Clowns musicaux aux personnalités trempées et bien assorties, les quatre chanteurs du Cri du Chœur s’en donnent à cœur joie, à quatre voix s’il vous plaît, toujours juste, sur des arrangements aux timbres inventifs. Leurs compositions, jouées en direct et sans bande, sont drôles, dans la tradition de la chanson comique, pétulante, politique parfois mine de rien, enlevées, parfois émouvantes. Mais ce sont aussi des personnalités comiques de grand talent, tapageuses et violentes, hirsutes, délicieuses, surprenantes. Une très jolie façon de conclure Région en Scène qui aura permis aux programmateurs, on l’espère, de repérer quelques vrais talents d’ici… M.G.-G. ET A.F. Région en Scène, festival de cies régionales, s’est déroulé du 14 au 16 février à Aubagne, La Penne-sur-Huveaune, Roquevaire et Saint Zacharie
THÉÂTRE LIBERTÉ TOULON POLITIQUE CULTURELLE 09 Chronique d’une inauguration annoncée C’est sur l’une des trois scènes du Théâtre Liberté à Toulon que Charles et Philippe Berling, entourés de leurs partenaires, ont choisi de convier la presse le 14 février. Une mise au point bienvenue : le Théâtre Liberté sera officiellement inauguré en juin et ouvrira sa saison en septembre prochain. Les institutions semblent toutes se réjouir de l’émergence d’un nouvel équipement culturel sur le territoire toulonnais, à commencer par Hubert Falco, maire de Toulon et président de Toulon Provence Méditerranée, qui promet : « Ce sera un des plus beaux théâtres nationaux. On a envie de faire avancer les choses ici à Toulon. C’est un investissement lourd : 12,7 M € ce n’est pas rien. Il va y avoir un accompagnement dans son fonctionnement grâce au soutien de nos partenaires. C’est un honneur pour nous d’avoir deux scènes nationales sur notre territoire. Je fais confiance à Frédéric Mitterrand qui est venu sur place s’engager ». Il n’en fallait pas plus pour faire resurgir les tensions, car la labellisation de scène nationale n’est pas encore actée par le ministère de la Culture… Pourtant l’idée d’une scène nationale à deux têtes ne fait plus de doute aujourd’hui pour Hubert Falco : « Il y a le CNCDC Châteauvallon et le Théâtre Liberté, deux scènes nationales ce n’est pas de trop », pas plus que pour le Préfet Paul Mourier : « Le Théâtre Liberté est un grand projet métropolitain à forte ambition qui justifie que l’État soit à vos côtés depuis le début. Je confirme l’engagement de l’État sur l’investissement et sur le fonctionnement futur (…) Il est primordial que le label de scène nationale vienne sur Toulon, et également dans le Var ». Construire dans le brouillard Si tous sont unanimes pour débloquer les fonds d’investissement, certains restent réservés quant au financement de son fonctionnement : environ 3,5 M € annuels seront nécessaires -les 5,3 M € annoncés en juillet lors de la visite de chantier de Frédéric Mitterrand ont été revus à la baisse. Ces subventions seront assurées à 80% par TPM rappelle Hubert Falco, au même titre que « TPM assume déjà le fonctionnement du PôleJeunePublic au Revest, de la Villa Tamaris à La Seyne ou de la Villa Noailles à Hyères ». Plus prudent, le conseiller régional Robert Alphonsi affirme « qu’il ne manquera pas un centime de la Région en terme d’investissement 1 » mais que « des discussions sur le budget de fonctionnement sont ouvertes avec les partenaires et les codirecteurs, car les arbitrages sont en cours qui tiennent compte d’autres équipements culturels varois comme Théâtres en Dracénie ». Robert Alphonsi n’évoque aucun chiffre, bien qu’il soit « un ardent défenseur du Théâtre Liberté au sein du Conseil régional pour évaluer ensemble le juste financement ». Difficile dans ces conditions de dévoiler le projet Lors du point presse du 14 février Ville de Toulon artistique ! Cet exercice fut confié à Philippe Berling qui, malgré les incertitudes, en dressa l’axe fondamental avec tact déterminé et une belle prudence : « la Méditerranée, terre de métissages… un état d’esprit, une façon d’être et de vivre ensemble ». Une vaste thématique déclinée dans tous les domaines du spectacle vivant avec une incursion du côté des arts numériques souhaitée par Charles Berling, visiblement fatigué par ses représentations d’Ithaque aux Amandiers de Nanterre… Pour l’instant, aucun nom d’artiste n’est annoncé faute de financements fermes. On apprend seulement que la première saison s’ouvrira sous les auspices de l’Italie avec une création de Philippe Berling (L’art de la comédie, la pièce la plus pirandellienne d’Eduardo de Filippo), et de la Grèce avec la reprise d’Ithaque ; que de nombreuses collaborations sont envisagées avec Châteauvallon, l’Opéra, le festival Fimé, le PôleJeunePublic ou le Conservatoire. Et que l’on croise fréquemment Philippe Berling dans les salles de spectacles régionales, à la recherche de son miel sur son territoire. Désenclaver le Var En attendant l’ouverture, Charles Berling précise, prudent et offensif à la fois : « Nous sommes en voie d’être une scène nationale et rien n’est acquis. Nous ne sommes pas assis sur un tas d’or ! J’entends certains impatients ici et là sur notre travail et c’est justifié, mais nous respectons les moyens que l’on nous donne. C’est très tendu. Il faut que la Région et l’État soient aux côtés de la Ville pour continuer son désenclavement ». Effectivement, la dépense moyenne de l’État par habitant en PACA pour la culture (fonctionnement) est d’environ 13 €, et s’étage de 11 € à 21 € selon les départements, en dehors du Var où elle n’est que de 5.60 € ! La Région PACA n’est guère plus équitable, qui dépense 10 € en moyenne par habitant (deux fois plus que les autres régions de France), mais 5 € seulement dans le Var. Le déséquilibre est donc patent, difficilement compensable par le Conseil général 83 et l’agglomération TPM. Créer un label national et régional pose aujourd’hui un réel problème à une DRAC et une Région étranglées financièrement, qui ne savent concrètement où trouver de quoi créer une scène nationale-pôle régional sans toucher aux budgets des autres ; le mode de financement et la nomination des frères Berling ne sont d’ailleurs pas conformes aux procédures des scènes nationales, et relèvent de la politique volontariste de TPM. Mais il est certain qu’il est plus que temps que ce département de plus de 900 000 habitants soit traité à l’égal de ses voisins. Est-ce pour ces raisons que Toulon s’est désengagée de Marseille Provence 2013 ? Membre fondateur de l’association depuis la candidature, Hubert Falco commente son repli en expliquant que Toulon ne peut participer à une aventure qui n’est pas la sienne, et dont il n’a aucune garantie qu’elle retentira sur son territoire. Toulon, décidément, est une métropole à part entière. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI ET AGNÈS FRESCHEL 1 1,100 M € dans le cadre du Contrat de plan État-Région Rectificatif Dans Zib’36 un tableau des financements du théâtre Liberté additionnait pour les subventions de fonctionnement du CG 83, celles de Châteauvallon (550 000 €) et celles du Théâtre Liberté (550 000 €). Nous expliquions ces chiffres en note, mais la présentation aux côtés de ceux de la Région et de l’État, qui excluaient Châteauvallon, prêtait à confusion. Nous le rectifions donc à la demande du CG83, même si s’impliquer dans le financement d’un théâtre nous semble tout à l’honneur d’un département…



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