Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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78 LIVRES/ARTS L’amour du risque À la fois clown, auteur, professeur-chercheur et médecin, Philippe Goudard est connu pour être un circassien très particulier. Et c’est justement au croisement de ces particularités qu’il a conçu ce livre : à partir d’une mise à plat à la fois historique et par agrès des pratiques des Arts du cirque, il en décode scientifiquement les enjeux tant sur le plan du corps qu’au niveau artistique : il dessine ainsi une esthétique de l’exploit fondée sur la notion de virtuosité, de risque et d’échange avec le public. En effet, à travers cette analyse, l’auteur décortique chaque geste de l’artiste pour en expliquer les sensations, mais aussi les régions qu’il active dans le cerveau du spectateur et du circassien. Goudard démontre ainsi comment la construction d’un numéro de vélos, de cycles par exemple, peut générer le plaisir comme l’étonnement et même la peur. L’ouvrage en trois parties, très complet, peut-être abordé de multiples façons, selon que l’on s’interroge sur la définition de certaines termes techniques et philosophiques, sur l’histoire et l’origine de numéros comme celui du trapèze volant mis au point en 1859 par Léotard ou encore sur l’évolution et l’émergence de nouveaux cirques. Mais on y trouvera aussi des renseignements sur les mécanismes qui conduisent à la prouesse, sur les différents métiers du cirque et les cursus pour y parvenir, et enfin sur les pathologies liés à certaines pratiques comme l’acrobatie ! Et ce livre s’adresse aussi bien à un public averti qu’à des néophytes soucieux d’y trouver des informations ou une pensée esthétique : le propos riche, technique et précis, reste néanmoins d’une grande clarté. CLARISSE GUICHARD Le siècle de l’urbanisme Même si la notion d’urbanisme ne date pas d’hier, le recherche croissante et sans fin de vitesse est une donnée qui modifie considérablement les dynamiques urbaines, surtout elles qui s’instaurent entre local et global. Dans ce cadre, les trains à grande vitesse et la construction de gares (ou agrandissement) bouleversent les échelles temporelles et géographiques des territoires urbains. L’ouvrage bilingue Gares et dynamiques urbaines les enjeux de la grande vitesse paru aux éditions Parenthèses sous la direction de Jean-Jacques Terrin donne la parole à des experts, chercheurs et responsables locaux à travers des exemples comme Marseille, Barcelone, Rotterdam, Lyon et Turin. Est également publié, dans la même maison d’édition, le Grand Prix de l’urbanisme 2010 Laurent Théry La ville est une figure libre. À Saint-Nazaire, sur l’île de Nantes ou dans l’estuaire de la Loire, le rôle de maître d’œuvre urbain prend toute son importance au contact d’artistes, écrivains, urbanistes, entrepreneurs… Deux ouvrages pointus, mais utiles à tous pour comprendre l’urbanisme de demain. FRÉDÉRIC ISOLETTA DARES ET DYNAMIQUES URBAINES Pion ni t MBE 17TE55E. 4Y 41uup une. pyuro IRi144 Rt jiffy.3ifiRüs Li1.NMS ruas Ara ! Aviv APiWr.,l d1 god ra, 211111 10., s i Id c',z.+',zr.:.. 3ti5 41P.iF_L'47P'I.{'. cirqueC.,li : haui i:1 hi du. : 141 II I^.. I Le cirque Entre l’élan et la chute. Une esthétique du risque Philippe Goudard Espaces 34, 19 € Gares et dynamiques urbaines Jean-Jacques Terrin Parenthèses, 22 € La ville est une figure libre Laurent Théry/Ariella Masboungi Parenthèses, 14 € Précarités Analogues occupe une place particulière dans l’édition d’art car dévolue exclusivement aux artistes contemporains (voir Zib 26). Chacun de ses ouvrages est le fruit d’un travail spécifique réalisé par co-production avec une structure ou une institution. Cet accompagnement des artistes se complète de vidéos Le mur dans le miroir consultables depuis leur site et d’une exposition dans leurs locaux arlésiens. Ainsi nous retrouvons dix années de productions d’Alexandra Sà, performances, installations et sculptures principalement, dont les travaux de restitution d’une résidence au Forum du Blanc-Mesnil en 2010. Dès ses premières recherches Alexandra Sà explore, avec le corps et les matériaux du quotidien, les formes paradigmatiques de cet instant particulier où tout peut basculer : un point d’appui, l’élasticité d’une corde, une coupure de courant, un empilement. Les auteurs, Maëlle Dault, Daniel Dobbels, Nathalie Viot, François Michaud interrogent sous différents regards et problématiques : la dimension critique, l’œuvre et son inscription dans l’espace public, la charge des objets familiers. Le mouvement, composante de plusieurs de ses propositions, ne peut se traduire complètement dans les images fixes. Il sera donc nécessaire de poursuivre la lecture de ce catalogue par une visite rue du Quatre-Septembre à Arles (voir p 72). CLAUDE LORIN Sà Alexandra Sà_Catalogue Analogues, 21 € SÀ
LIVRES/ARTS 79 Mythique Corne d’Or En 1988 la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris débutait son tour du monde en 80 villes. 80 peut-être pas, mais depuis Sao Paulo et jusqu’à Istanbul aujourd’hui, elle a déjà radioscopé 23 métropoles et prépare Le Caire. Écrit par deux architectes, Alain Borie et Pierre Pinon, également auteurs de nombreux articles et ouvrages sur l’architecture, l’urbanisme et l’archéologie ottomans, le portrait de cette ex-ville du tiers-monde - considérée comme telle avant les années 80 - s’esquisse à travers son histoire, son architecture et son développement économique. Depuis l’antique et médiévale Byzance-Constantinople jusqu’à la mégapole contemporaine à la modernisation effrénée. Le tout structuré en quatre chapitres argumentés de plans, de photographies, cartes, documents historiques, glossaire s’attachant à la topographie de la ville, à ses bâtiments et ses architectures les plus significatifs. Moins ardu qu’il n’y paraît grâce à son abondante iconographie, l’ouvrage épilogue ce portrait d’une proposition de 12 promenades sur les rives européenne et asiatique du Bosphore pour découvrir les multiples visages de la ville (selon une logique géographique et architecturale s’entend) et partir à la rencontre des Stambouliotes. Car l’autre richesse de Byzance-Constantinople-Istanbul est un certain cosmopolitisme qu’elle a su conserver parmi ses 13 millions d’habitants : Russes, Bulgares, Iraniens, Ukrainiens, Géorgiens, Syriens, Maghrébins, Afghans, Irakiens, Pakistanais et Africains. Les titres de la collection Portrait de ville sont édités en numéro spécial annuel de la revue Archiscopie qui recense les manifestations professionnelles en France et à l’international, le programme de la Cité de l’architecture et du patrimoine, et traite de dossiers d’actualité et des dernières parutions documentaires. M.G.-G. Précieuse correspondance Moins célèbres que les lettres de Vincent Van Gogh à son frère Théo, celles d’Otto Dix dessinent le portrait humain d’un artiste qualifié par le régime nazi de « dégénéré ». Qui connut trois ans de réclusion sur les rives du lac de Constance (« exil de l’intérieur » et « exil dans le paysage »), fut de nouveau éclipsé de la scène artistique et intellectuelle allemande à l’époque de la construction du mur de Berlin en 1961, avant un « retour en grâce » posthume à l’occasion d’expositions à Stuttgart et Paris en 1971… tant il fut difficile pour « le grand peintre de l’art réaliste » de trouver sa place dans l’Allemagne divisée… Traduites par Catherine Teissier, accompagnées de dessins et croquis, ses lettres enrichissent notre connaissance de l’homme, de l’œuvre et l’éclairent d’un halo bienveillant car l’introduction en souligne les mouvements profonds, familiaux, picturaux et historiques intimement mêlés. Dans cette abondante correspondance Catherine Teissier met à jour les élans fougueux du jeune Otto Dix, les raisons de son engagement volontaire dans la guerre de 14-18, l’alternance de périodes d’incertitudes (« ce que je peins, c’est une merde sans nom ») et d’exaltation fiévreuse, ses relations avec ses commanditaires et ses galeristes, ses préoccupations pécuniaires, ses incessants déménagements de Dresde à Stuttgart ou Berlin au gré des aléas politiques… Toute une vie profondément marquée par son amour pour sa femme Martha, ses enfants et petits-enfants et tout aussi profondément meurtrie par la guerre dont il voulut absolument témoigner. Introduction passionnante donc, doublée de notes de lectures indispensables pour pénétrer l’âme de cet artiste révolté et engagé. M.G.-G. Otto Dix, Lettres et dessins Traduction et présentation Catherine Teissier Sulliver, coll. Arts et lettres en perspective, 22 € Éloge d’une autre Corse Sous un ciel dévoreur d’horizon, des paysages silencieux : sommets arides, pâturages verdoyants, vignes accidentées, vestiges d’un habitat vernaculaire, sentiers ne menant nulle part… Attention, Corse, Éloge de la ruralité n’est pas une compilation de clichés à l’usage des touristes, mais une procession photographique dans l’espace, le temps, la mémoire d’une île vidée de ses paysans, loin du mitage du littoral par une urbanisation vorace. Un témoignage alarmant de Maddalena Rodriguez-Antoniotti, plasticienne et essayiste, sur les risques de mutation de la terre nourricière à la terre souricière. Historienne de formation, l’auteure-photographe cite Italo Calvino qui, depuis l’Italie, voit la Corse comme une montagne dans la mer (Les terres en friche), étaye son avertissement poétique des conclusions d’historiens (F. Braudel, G. Roupnel), d’ethnologue (Isac Chiva), d’agronome (F. de Ravignan) et de géologue (A. Becque). Des variations photographiques composées au cours de deux années de déambulations sur les routes secondaires, hors saison estivale, à la redécouverte « du territoire dans l’ordinaire du paysage » quand, aux prises avec les caprices d’un Voigtländer des années 30 (modèle Brillant précise-t-elle) elle n’a pas d’autre choix que de cadrer à hauteur d’homme, sans filtre, sans grand angle et sans téléobjectif. Le résultat ? « Un arte povera de la photographie pour saluer l’art modeste de la ruralité » qu’elle affectionne au quotidien dans son village du Nebbio, à Oletta, où elle vit à temps plein. Il ne faut voir ni nostalgie ni passéisme dans ce retour aux sources du paysage mais une « affection paysagère » qui l’enjoint de témoigner du vivant à travers une enquête photographique d’aujourd’hui. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Istanbul Alain Borie et Pierre Pinon Cité de l’architecture et du patrimoine, coll. Portrait de ville, 20 € Catherine Teissier, enseignante au Département d’études germaniques de l’Université de Provence, était à la librairie Les Arcenaulx à Marseille le 7 décembre Corse, Éloge de la ruralité Maddalena Rodriguez-Antoniotti Images en Manœuvres éditions, 30 €



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