Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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'id. 74 ARTS VISUELS LA GAD GALERIE DE LA FRICHE Quel cadre ? À la GAD, galerie Arnaud Deschin, les peintures de Nicolas Desplats se jouent avec et dans l’espace. Troublante expérience Praxi Remi Le Dernier cri, membre du Cartel des six structures d’arts visuels de la Friche Belle de mai, investit la salle des colonnes sous la bannière Paranorama ti. ; r. -.. F. La démarche de Nicolas Desplats est un curieux mélange entre pratique traditionnelle de la peinture et réflexion sur la question représentation/présentation, espace/lieu. Ses tableaux suggèrent des imbrications d’espaces plutôt indéterminés, perspectives subtiles brossées de gris, reprises parfois de photographies de ses propres peintures dans leur environnement d’accrochage. Dans l’étroite galerie, un large panneau de bois se dresse du sol au plafond à quelques dizaines de centimètres d’un petit tableau placé au mur. L’accès très restreint réfrène l’intention d’approche du visiteur ou bien, si l’audace lui prend, l’oblige à se glisser entre ces deux plans, le nez sur la peinture et dos au panneau. À côté, une toile de belle taille est posée simplement au sol sur deux tasseaux comme en attente d’accrochage ; en face une autre fixée sur deux tasseaux cette fois-ci verticaux. Quel type d’espace suggère le tableau et comment montrer ce dernier ? On hésite. Les quelques pièces complémentaires (dessins et photos) apportent peu d’éléments. Pourquoi * r Paranoramixte ne pas avoir alors poussé les choses un peu plus loin - dans un dispositif ne comprenant que des tableaux - afin de jouer à plein la complexité de la problématique, entre représenté et réel, dans la dialectique du dedans et dehors, du cadre et du hors cadre comme une invitation à habiter totalement la peinture ? Nous sommes ici avec Vélasquez, Support- Surface et consorts, entre Espèces d’espaces chers à Perec et principe de mise en abyme. Les œuvres de Desplats par leurs intrications, un peu étriquées dans l’espace de la galerie, restent suffisamment intrigantes lorsque le tableau n’est plus au mur comme à l’ordinaire. À deux doigts de la méta-peinture.C.L. Ses Murs Nicolas Desplats jusqu’au 9 avril La GAD, Marseille 06 75 67 20 96 www.lagad.eu Nicolas Desplats, sans titre, acrylique sur toile, installation galerie Arnaud Deschin, Marseille, 2011C. Lorin/Zibeline La goûteuse potion de Rémi, Michel Goyon, Moolinex et Julien Rictus mélange carnets animés, dessins, vidéos, planches originales et machines à illusion. Tous passés à la moulinette de l’éditeur qui les accueille en résidence, et du producteur indépendant qui les accompagne dans le processus de production d’objets pluridisciplinaires : multiple, livre, vidéo, expo… Paranorama est ainsi un joyeux bordel dans lequel cohabitent des formes d’expression « à l’interface de l’art contemporain et de la bande dessinée hors cadre ». Joyeux certes, mais en apparence seulement, car l’exploration tous azimuts des multiples champs du dessin n’est pas exempte de discours : les traits ciselés, les figures colorées et les titres à l’emporte-pièce agissent comme une loupe grossissante sur la réalité froide et cruelle. Les illustrations de Rémi sont des cris d’alarme contre un monde en guerre, une société muselée, un machisme rampant : les titres arrogants (Sortez la chienne ! L’art de la guerre, le film The End) jouent à armes égales avec les dessins cursifs pointés comme un doigt accusateur sur les vilenies humaines. Le même Rémi déploie dans un espace drapé de rideaux noirs son Paranorama, ensemble poétique de machines cinématographiques à effets d’optique à mettre entre toutes les mains, contrairement aux dessins… Avec son complice Michel Goyon, « sorte de chaman nourri à l’art brut et aux séries Z », il cède aux Cadavres exquis par le jeu d’une année de correspondances sur internet. On découvre aussi une série d’affiches et de carnets originaux de Moolinex, et Julien Rictus, nourri à l’imagerie heavy métal, à la mythologie japonaise et indienne, aux influences populaires et psychédéliques, punaise à même le mur de petits formats carrés à l’encre de chine, enchevêtrement de dessins aux lignes filandreuses à décrypter pas à pas. Dans cette jungle graphique masculine, Bénédicte Hélary fait irruption avec La cage aux fols, une sculpture en tilleul comme une nouvelle interprétation du masque : que cache-t-il… la folie, peut-être ? MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Paranorama jusqu’au 9 avril Ateliers tout public les 16 et 23 mars : fabrication de zootropes avec Rémi Galerie de la Friche Belle de mai, Marseille 3 e www.lederniercri.org
AIX VAUVENARGUES CHATEAUNEUF-LE-ROUGEARTS VISUELS75 Les tentations du paysage Je me demande où se trouve la mer se disait-il. Pourtant Don Jacques Ciccolini ne peint que des paysages. À découvrir entre Aix et Vauvenargues, ses Paysages Fantômes et autres œuvres sorties récemment de l’atelier On s’est inquiété de la place de la peinture et de son éviction au profit d’autres formes. Pour se convaincre qu’elle est toujours là, il suffit de parcourir les rayons des libraires, les agendas des galeries et musées. Certains de ses acteurs continuent à œuvrer sous les lauriers de la renommée, d’autres plus humblement. Don Jacques Ciccolini représente ceux-là. Une triple exposition que l’on doit à Alain Paire et Michel Fraisset lui rend la lumière et hommage. Au moment des remue-ménage post 68 de Support-Surface - il reçut l’enseignement de Vincent Bioulès à l’École des Beaux-arts d’Aix, où il enseigne lui-même aujourd’hui - il se consacre définitivement à la peinture. Quitte à passer pour réactionnaire tant est évident dans son œuvre l’héritage classique du paysage. Pourtant ses espaces immobiles, comme suspendus dans la matière picturale et les couleurs assourdies (de très beaux bleus aussi) restituent une métaphysique romantique du lieu (Sainte Victoire, Plaine de la Durance, Falaise de Saint Eucher). Dans le catalogue un long échange avec Alain Paire éclaire son parcours et ses choix tandis que Pierre Paliard, enseignant à l’École d’art examine la série des Falaises de Saint Eucher pour y déceler méditation et transcendance de la nature. Les plus surprenantes sont ces vues aériennes qui bouleversent la tradition picturale du point de vue comme du sujet (parfois le peintre utilise les images d’une webcam à partir d’une maquette de paysage fabriquée par ses soins ou encore captées sur Google Earth) où la perspective bascule, le lointain s’amenuise, l’horizon disparaît, la frontalité s’affirme alors que le sujet/motif frise l’iconoclasme comme avec Topographies du lac (2006) et tout particulièrement avec Aéroport Marseille Provence, le bout de la piste (2010). Don Jacques Ciccolini, Sainte Victoire, huile sur panneau de bois Suivre à l’École d’art le dialogue de l’artiste avec Raymond Galle le 31 mars à 18h. CLAUDE LORIN Don Jacques Ciccolini/l’atelier du paysage jusqu’au 30 avril Atelier Cézanne, Aix www.atelier-cezanne.com jusqu’au 24 avril Galerie Alain Paire, Vauvenargues 04 42 24 93 63 www.galerie-alain-paire.com Boîte à malice L’ombre de Joseph Cornell, Louise Nevelson, Yolande Fièvre et Max Ernst plane sur les huit artistes Mis en boîtes par Pierre Vallauri, sculpteur et président d’Arteum-musée d’art contemporain. Créateurs inclassables qui ne se revendiquent d’aucune tradition d’aucun mouvement « mais participent du collage et de la peinture… en volume », dont la liberté de ton va de pair avec notre incapacité à les ranger dans une boîte ! Spécialistes du « fabricollage » selon Pierre Vallauri citant Max Sauze dans sa préface ; artisans bricoleurs qui manient la pince et le symbole, le ciseau et la métaphore. Toutes ces boîtes noires plus ou moins profondes et qui révèlent plus qu’elles ne cachent, sont les cadres de mises en scène savantes écrites à partir d’un alphabet disparate : bois, pierre, sable, tissus, objets de récupération, du quotidien, images, coquillages… Où les titres ne jouent pas les figurants. La mémoire douloureuse de Marc Giai- Miniet, peintre et « boîtiste », fin lettré qui recouvre ses bibliothèques imaginaires d’une fine poussière grise. Boîtier pour mesure variable de Ronan-Jim Sevellec, capable de fabriquer un imposant Atelier d’artiste dans ses moindres détails, théâtre poétique d’un quotidien encombré de mille et un objets d’inspiration. Habituellement o je suis logé à mon château de Cathy Mouis, seule artiste femme à bord qui donne vie à de petits personnages loufoques, fragiles, à mi-chemin entre l’homme et l’insecte, marionnettes tout juste échappées d’un conte et prêtes à s’envoler pour peu que la boîte craque… Plus mystiques, les autels en bois de Pascal Verbena cachent des tabernacles dont il donne la clef, superbement ouvragés de frises animalières, de bas-reliefs sculptés. Assis sous leur globe de verre, Le Rat et le Crapaud de Lucas Weinachter ne craignent plus l’éternité, le squelette mis à nu pour l’un le corps pudiquement bandé pour l’autre : une mise en scène de la figure animale à regarder comme un miroir de la condition humaine. Et ceux encore qui leur emboîtent le pas avec humour, vanité, spiritualité - Jean-Michel Jaudel, Paul Duchein, Omar Youssoufi - tous choisis par Pierre Vallauri fasciné par Max Ernst. Tiens, tiens encore lui… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Mises en boîtes jusqu’au 16 avril Arteum-musée d’art contemporain, Châteauneuf-le-Rouge 04 42 58 61 53 www.mac-arteum.net L'Atelier Ronan-Jim Sevellec



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