Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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64 7 enrel o iri., LIVRES Éclats de vie 4 nouvelles, 4 éclats de verre, brillants et tranchants. De grands ados saisis à la période critique qui les oppose à la fois aux règles de la société et à l’autorité familiale. La première se déroule dans une zone agricole, chez des fermiers laborieux. Le narrateur prépare sans conviction un BEP mécanique. Arrive un « rebeu » exclu de son lycée précédent. Une complicité s’établit, qui les conduira à l’irréparable. La 2 e nouvelle met en scène Naïma et Tony, copains depuis la maternelle, qui fêtent un anniversaire sous les étoiles, début tendre et émouvant d’une histoire d’amour. Amour encore dans la 3 e nouvelle, entre deux garçons paumés de 20 ans, à Londres, dans un quartier lépreux, une chambre sordide. Et puis une révélation, grâce à la lumière de Turner les arrache à leur détresse. Enfin révolte de deux cousins en vacances dans la maison familiale, étouffés par l’autorité abusive de leur oncle et père, chasseur, dragueur, bâfreur. Un monstre. Mais trop, c’est trop et ce sera la fugue vers Paris et un printemps libérateur... Anne Parcin se glisse avec facilité dans la peau et l’esprit de ses jeunes personnages, et malgré la noirceur de certains moments elle les happe par la force vitale de son écriture, qui donne espoir en l’avenir. CHRIS BOURGUE Comme des trains dans la nuit Anne Percin Le Rouergue, Coll. DoAdo, 9,50 € Le mirage des stades Les dessous du foot ne sont pas très affriolants. L’appat de gains énormes attire des véreux qui profitent de la crédulité des jeunes rêvant de s’illustrer sur les stades, en particulier les Africains qui y voient la possibilité de se sortir, ainsi que leur famille, de la pauvreté. Le récit touchant et implacable d’AhmedKelouaz retrace à la 1 ère personne le parcours de Kourandi, Malien de 13 ans. Avec ses amis il joue d’un ballon de tissu dans la poussière. Un Italien aux chaussures bien cirées s’intéresse à leur jeu et va rendre visite à leurs familles ; il veut emmener les jeunes en France, bientôt ce seront de grands joueurs ! Les familles s’endettent et les enfants s’envolent vers Paris. Là ils déchantent, vaguement nourris de sandwiches, oubliés dans des Formule 1 sans un sou en poche : un esclavage. Les agents se les refilent, les oublient. Les jeunes, abattus, culpabilisent. Pas question d’avouer leur situation à leur famille ! Kourandi essaie de jouer dans des petits clubs anonymes, voyage en fraude dans les trains. Un avenir bien noir, plein de désillusions, un livre qui laisse un goût amer. CHRIS BOURGUE Je préfère qu’ils me croient mort AhmedKelouaz Le Rouergue, Coll. DoAdo, 9,50 € À l’échelle des grenouilles À l’instar des Chapardeurs, ouvrage anglais des années 50 récemment adapté par le studio Ghibli au Japon, ce manga met en scène de minuscules personnages mêlés incognito à la société des hommes. Déguisés en grenouilles, ils sont mystérieusement liés à un arbre gigantesque : Nanja Monja. Un ouvrage de fantasy, donc, qui ne dévoile dans ce premier tome que le début d’une intrigue censée courir sur cinq prochains épisodes. C’est peu pour un manga, et le mélange d’aventures, de réalisme et de fantastique particulièrement équilibré est prometteur. Une mention spéciale aux personnages, tous attachants, qu’ils soient principaux ou secondaires, et à l’atmosphère campagnarde qui permet de découvrir un Japon éloigné des clichés citadins. Les seuls yakusas du livre ne sont pas hérissés de revolvers, et encore assez superstitieux pour craindre les esprits du lieu. La lecture de droite à gauche demande un petit temps d’adaptation pour les nonadeptes du genre, mais ce manga trouvera sans difficulté un large public, tant il est frais et plaisant. GAËLLE CLOAREC Nanja Monja, Tome 1 Shizuka Ito Glénat Manga, 7,50 € À cœur perdu Chez P’tit Glénat la collection Vitamine booste ses auteurs et ses héroïnes ! La preuve avec Philomène qui enflamme le cœur de tous les garçons à des kilomètres alentour. Même l’auteur-illustrateur Jean- Christophe Mazurie en pince pour elle et l’imagine, nez en l’air et cheveux au vent, filant sur son vélo à travers champs… intrépide et libre. À cent à l’heure elle vit, à cent à l’heure il saisit ses péripéties amoureuses. Affublés de patronymes pas piqués des vers (Jules Biclou, Guigui Ladi, Barnabé Lafé, Prosper Laguigne, Raoul Poirier, les terribles frères Lasserre), les garçons sont tous raides dingues d’elle : leurs mains tremblent, leur cœur fait boumboum, leurs joues sont en feu, ils volent d’aise et de bonheur. Quant aux bagarreurs ils font une trêve éclair à chacun de ses passages… C’est un sacré phénomène cette Philomène ! Comme dans toute histoire il y a une morale que Jean- Christophe Mazurie distille au fil de dessins joyeux, de saynètes dynamiques, de phrases sibyllines qui, pour peu qu’on soit attentif, mettent la puce à l’oreille, car si son cœur est déjà pris c’est qu’il bat… mais pour qui ? Philomène a le droit d’aimer qui elle veut ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Philomène m’aime Jean-Christophe Mazurie P’tit Glénat, 10 € Irmmavflte
On connaît le Fado et le Blues, mais moins le Rébétiko. C’est un style de musique grecque chantée, qui exprime le désenchantement et les difficultés de vivre. Ce sont les Grecs déracinés de Turquie après 1922 qui l’ont inventée dans les grands ports où ils échouaient en confrontant leur musique avec cellede l’état athénien. En 1936 le général Métaxas a instauré un régime dictatorial en Grèce, imitant ses voisins fascistes. Au programme, l’élimination de la part orientale de la culture grecque, au prétexte qu’elle ramollit les esprits ! Ainsi la répression se met en place, les musiciens sont traqués dans les bouges où ils jouent et 2..Bouzoukis rebelles Un peu d’encre... L’encre du passé plonge dans le Japon ancien, l’époque Edo, 1er nom de Tokyo, ville en plein essor économique au 18 e siècle. La jeune Atsuko, âgée d’une douzaine d’années, travaille dans la teinturerie d’une petite ville et peint sur les paravents à ses moments perdus. Môhitsu, voyageur de passage, remarque son travail et l’emmène à Edo chez son ami peintre pour qu’elle apprenne le métier. Atsuko se perfectionne auprès de l’artiste et Môhitsu reprend goût à la calligraphie alors qu’il vivait dans la douleur de la fument le narguilé, le soir ? Régulièrement emprisonnés, ils vivent de petits trafics, boivent beaucoup et affectionnent la bagarre. David Prudhomme, hypnotisé par le rébétiko, s’est intéressé à la vie de ces hommes, mais aussi au devenir de cette musique rebelle qui est aujourd’hui réduite au pittoresque et anime les soirées des touristes. Il en a tiré un récit animé, souvent violent, avec des dessins précis, réussissant de très perte de sa femme et sa fille décédées. 17 ans plus tard Atsuko, devenue peintre reconnue, est traversée par une crise de doute. La visite de Môshitsu la ramènera à son art au cours d’une très belle scène d’échanges calligraphiques sur fond de haïkus porteurs d’espoir. Les images de Maël, d’une grande qualité graphique, adoptent un trait fin et précis, des teintes feutrées et douces dans un camaïeu de sépia, de gris, et quelques éclats discrets de rouges sombres et de jaunes assourdis. Le scénario est d’Antoine Bauza, amoureux du Japon et de sa culture dont il fait sa source LIVRES 65 beaux portraits aux traits appuyés. Les planches alternent une belle lumière grecque et les reflets nocturnes. CHRIS BOURGUE Rébétiko David Prudhomme Futuropolis, 20 € BD sélectionnée pour le Prix 2011 des lycéens et apprentis de Paca d’inspiration constante ; quant aux très belles calligraphies, elles sont dues à Pascal Krieger, maître reconnu par l’Ordre du Soleil Levant. Un album dans lequel le regard se promène des paysages et des jardins aux intérieurs de bois, et qui questionne sur les voies de la création. CHRIS BOURGUE L’encre du passé Maël et Bauda Dupuis, 30 € BD sélectionnée pour le Prix 2011 des lycéens et apprentis de Paca Les fils de Prométhée La collection Atelier Cinéma, en collaboration avec la Cinémathèque française se propose d’initier le jeune public « au cinéma sous toutes ses coutures », de favoriser l’élaboration « d’une pensée vive ». Pierre Gabaston relève en 70 pages abondamment illustrées cet ambitieux défi, sur un thème bien séduisant : les rebelles sur grand écran. Typologie didactique oblige, cinq chapitres distinguent cinq catégories d’insoumis : les désespérés d’abord, rebelles sans cause, incarnant comme James Dean, dans la beauté de sa jeunesse éternelle, le mal être d’une génération ; les enfants terribles ensuite, qui transgressent la loi des pères et récoltent tels les écoliers de Jean Vigo, un zéro de conduite ; puis les révolutionnaires christiques, Spartacus ou Zapatta, et les hors-la-loi charismatiques revendi-quant une liberté sans limites, Clyde, Bonnie ou Jesse James. Enfin les réfractaires à toute guerre, aux tabous liberticides, ceux qui, comme les héros de Hair, cherchent tout simplement le bonheur et l’amour. Les cinéastes de la Nouvelle Vague dynamiteurs des règles anciennes rejoignent cette théorie des figures de la rébellion. Arrêts sur images, éclairage par le contexte, la technique ou la filiation, prolongent chaque chapitre. Y sont évoqués tour à tour le rock, le jazz, les bikers, Duchamp et Dada. On entrevoit la richesse d’une mythologie qui n’en finit pas de se renouveler et où les fils de Prométhée brûlent du feu qu’ils nous offrent. ÉLISE PADOVANI Rebelles sur grand écran Pierre Gabaston Acte sud junior, 16 € Cycle Rebelles au cinéma à l’Institut de l’image d’Aix-en-Provence et au cinéma Le Renoir à Martigues jusqu’au 22 mars L’art en jeu Qui n’a jamais rêvé d’être conservateur de musée, plongé dans la beauté du monde ? On peut dorénavant y croire avec le jeu de société D’Art d’Art ! paru aux éditions du Chêne. Déclinaison de l’émission culturelle de France Télévision et du livre éponyme, ce jeu de plateau amusant et instructif met le monde de l’art à la portée de tous. Dès 8 ans, à 2 et jusqu’à 6 joueurs, il vous met en situation d’aventure : à vous de protéger et d’enrichir votre collection d’œuvres prestigieuses, à vous de répondre avec succès aux cartes quizz, d’éviter les vernissages ratés, les faussaires, les cambriolages… afin de réaliser l’exposition de vos rêves. Quoi de mieux que de se divertir en famille tout en se cultivant au contact d’artistes et d’œuvres remarquables. Sans se focaliser, d’ailleurs, sur les quelques chefs-d’œuvre mondialement connus mais en découvrant des anecdotes passionnantes… FRÉDÉRIC ISOLETTA D’Art d’Art/Le Jeu Éd. du Chêne, 25 €



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