Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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54 MUSIQUE ACTUELLE Debarre tutoie les cimes En cette période de congés d’hiver, la salle du Cadran est comble à Briançon : entre deux journées de ski, après une tartiflette, les vacanciers rejoignent les habitués des lieux, et nombreux sont les gens venus applaudir le Quartet du guitariste Angelo Debarre associé à son compère accordéoniste Ludovic Beier dans du Jazz manouche. Comme quoi, culture jazz et neige de culture peuvent faire bon ménage ! Légèrement saturée, la guitare d’Angelo, l’homme aux vernis blancs malicieusement mis en évidence, slalome sur les contretemps de Tchavolo Hassan à la guitare rythmique. La contrebasse d’Antonio Licusati jalonne le parcours et Ludovic Beier assure une base ouatée aux anches battantes qui rappelle le tapis blanc et molletonné des cimes. Rien de tel que les fondamentaux : c’est parti pour un « ride » avec Air 26 de Django Reinhardt, et ces quatre là ne joue pas avec des moufles ! Au fil du concert, Debarre s’affirme tout en finesse et 15 mars 2002, premier concert de la Compagnie Rassegna à la Cité de la musique… Les revoici 15 ans après, qui métissent toujours les musiques méditerranéennes sans en abolir les particularismes et les distinctions. Ce groupe adopte une géométrie variable selon les créations, avec quelques piliers, Bruno Allary, direction artistique et guitare(s), Fouad Didi, chant arabo-andalou, violon, oud, Philippe Guiraud, basse. La nouvelle création, Buena Sombra, titre d’une chanson espagnole emblématique des années 50/60, joue sur le paradoxe de l’ombre bénéfique dans une Méditerranée où le soleil porte les valeurs positives. Pourquoi puiser un répertoire dans les années 50/60 ? Les chansons de ces années-là ont été rejetées par les années 70, les mouvements sociaux intellectuels. À présent que le temps a effacé la charge idéologique attachée à ces chants, cette en nuances et offre des avalanches de notes auxquelles répond un Beier volubile sur son clavier droit : imitations, réponses en écho et thèmes à l’unisson aux accents Be-bop. Rien de révolutionnaire, mais du traditionnel revisité et dont on ne se lasse pas : Nuage était incontournable. Un Caravan musclé et exotique ravit les connaisseurs avec une rythmique qui assure et des séquences en « Free ride ». En fin de concert, Ludovic, bavard impénitent entre deux standards, calme le jeu au melodica avant de conclure en toute plénitude sur I love me avec ses compagnons de Ballade. On comprend la collaboration passée avec Sanseverino. Ce soir, le spot était au Cadran. PIERRE-ALAIN HOYET Ce concert a eu lieu au Cadran, à Briançon, le 3 mars Obscure clarté et tradition en mouvement matière présente des richesses certaines, des mélodies, une charge d’émotion, un potentiel de croisement avec d’autres. Le tri est complexe, les morceaux retenus le sont pour leur caractère sombre et lumineux à la fois, que ce soit Limosna de amores (madrilène) et sa dramaturgie poussée à l’extrême, o Saracino, et son swing, le chagrin d’amour sicilien, In casa a me (Corse) grave et d’une intense énergie, ou les chants chaâbi algérois et leur éloquence quotidienne. Les voix particulièrement expressives et passionnées de Carine Lotta, Sylvie Paz, Carmin Belgodère, Marco Filograsso apportent un supplément de sens à ces musiques remarquablement orchestrées avec les instruments traditionnels mêlés aux contemporains. Un spectacle d’une belle qualité, soutenu par un propos riche. Un nouveau CD sort bientôt… MARYVONNE COLOMBANI Cette avant première a eu lieu le 4 mars à la Cité de la musique. Concerts le 15 mars à la Cité de la musique, du 24 au 26 mars à Babel Med, Marseille (ensemble Multitudes), le 2 avril au théâtre Denis, Hyères (83) (Cie Rassegna Chants populaires de Méditerranée). Angelo Debarre quartet Julien Magre De l’incertain vers l’inconnu… 0 Annoncé en ces termes, le concert des Redrails sonnait comme une véritable invitation au voyage. Périple au cœur de sonorités variées, insolites et pourtant issues d’un instrument qu’on pourrait qualifier de classique : le violon. Baltazar Montanaro-Nagy joue non sans malice de son instrument, explorant toutes les possibilités que ce dernier lui offre, sous les coups d’archet, les caresses ou les percussions, curiosités sonores auxquelles son complice sur scène, Tadahiko Yokogawa, donne à la fois plus d’épaisseur et de modernité à travers un traitement informatique en temps réel : violon et ordinateur sur une même scène pour une aventure musicale pour le moins étonnante. Face à eux, Serge Ortega ne démérite pas, ajoutant un niveau de complexité par ses samples et effets. Dans ce train qui serpente puis s’emballe au travers d’expérimentations sonores colorées, les images sont légion : le montage vidéo offert en toile de fond se déroule au gré des folies des musiciens et engage à la réflexion. Comme en écho au lieu, espace de culture aux accents de cave artistico-underground à la volonté affichée de mêler les genres, les images résonnent, se mélangent aux sons. On aurait tendance à s’y perdre… mais n’est-ce pas le but de ce voyage ? PASCALE FRANCHI Ce concert a été donné au Daki Ling, Marseille, le 10 mars, à Correns le 11 mars. Rassegna Fred Gromier À noter Redrails est en concert le 18 mars au théâtre Denis, Hyères : voir chronique disque p 84. Théâtre Denis, Hyères 04 98 07 00 70
MUSIQUE 55 Joan Baez, un souffle de liberté Évoquer Joan Baez, c’est ouvrir un livre de musique, de poésie et d’Histoire. Avec sa voix et son charme uniques, sa guitare complice, elle parcourt le monde, toujours engagée, depuis plus de 50 ans. Dès 16 ans elle se rebelle contre la répression, les guerres et s’engage auprès des plus démunis, débats et discours enflammés. Premier disque à 19 ans, un recueil de ballades traditionnelles folks et blues au timbre chaud, jamais forcé, de belles harmonies vibrant sur des textes si poétiques. Ses albums sont salués à chaque sortie et ses concerts triomphants. Toujours ce même sourire, comme un combat évident, pacifiste, universel et naturellement généreux. Militante… En 1963, Joan invite Bob Dylan à chanter avec elle au Newport Folk Festival, le début d’une collaboration qui durera des années. Elle reprend Blowin’in the wind de Dylan comme un hymne non-violent. Le 28 août 1963 elle est présente à la Marche vers Washington où Martin Luther King fera son discours historique I Have a Dream. Le Festival de Woodstock confirme sa notoriété internationale. En 1972, elle rejoint Amnesty International et fonde Humanitas International, Comme à New York... Quelle excellente idée que d’avoir la possibilité, pour un spectateur du Théâtre de La Criée, de prolonger la soirée dans un moment de convivialité autour d’une table, d’un verre, dans un cadre ouvert et agréable, et d’écouter du jazz. Pari réussi par La Criée et le Cri du Port. Paul Pioli, guitariste de jazz chargé de la programmation pour ce cabaret mensuel, a invité pour cette soirée le vibraphoniste Bernard Jean. La formation en quartet est complétée par Thierry Larosa à la batterie et Lionel Dandine à l’orgue. Le vibraphone est un instrument que l’on n’a pas souvent l’occasion de voir jouer dans la région. Une percussion au caractère mélodique, un son à la douceur feutrée jamais agressif, comme un piano que l’on joue debout, apportant un côté visuel spectaculaire. Bernard Jean fait partager son plaisir de jouer avec le public. Son répertoire est issu pour l’essentiel de standards du jazz et le quartet cohérent a trouvé un bon rythme de croisière. Il faut dire que chacun des musiciens participant à cette scène est nourri d’expériences multiples et que tous maîtrisent parfaitement leur art. Le concert se termine avec l’arrivée du saxophoniste Gérard Murphy pour terminer le set. Il sera l’invité du prochain cabaret jazz le 15 avril prochain. DAN WARZY Ce concert s’est joué le 11 mars 2011 au Théâtre de La Criée o qui dénonce les violations des droits de l’Homme. En 1981 ses concerts sont interdits dans les régimes totalitaires (Brésil, Argentine, Chili). Après les manifestations de la place Tian’anmen en 1989, Joan écrit China qui condamne le Parti communiste chinois. La chanson Here’s to you, hommage à Sacco et Vanzetti, anarchistes italiens, victimes d’un scandale judiciaire Bernard Jean Dan Warzy X-D.R Tempus fugit Pour sa 14 e édition, Avec le temps gâte son public et offre, en guise d’inauguration le 12 mars, un Arno tonitruant sur la scène éclectique de l’Espace Julien. En réponse, une foule nombreuse brave la pluie (prélude belge ?) et accourt à l’appel du rock-blues sensible et fou de l’artiste flamand, ouvrant le bal des nostalgiques, des torturés, des amoureux de la musique des mots, ceux qui raclent les tripes. Mais c’est le cri du rock, rare, puissant, empreint de violence et d’amour qui a retenti sur scène ce soir là. De cette voix qui ne vieillit pas, Arno a emporté son public vers des contrées intemporelles mixant les langues, les instruments, les rythmes et les genres durant deux heures à couper le souffle. Le rock n’est pas mort, il exulte même et se partage dans la joie, la douleur parfois, la profondeur. Une guitare, une basse, un clavier, une chanteuse l’accompagnent. Des sons énormes, des caissons de basse impressionnants, un batteur qui marque les accents comme on appuie sur un marteau-piqueur. Un clavier omniprésent, mélange de sons planants, répétitifs sur les chansons… puis soudain debout le son se déchaîne, grands claps binaires, insistance des temps forts, crescendo de masse : la guitare installe un motif, un riff de basse suit, le batteur amplifie et le clavier envoie des nappes de sons tenus surpuissants ! Arno est aux anges. Il force le trait, dans les années 1920 aux USA, est reprise par des millions de gens. … et artiste Que dire de sa voix chaude, au léger vibrato, d’une grande aisance dans tous les registres ? de ce timbre velouté si caractéristique dans le magnifique Diamonds and Rust, ou Gracias a la vida, dans un espagnol parfait, Farewell Angelina du compagnon de route, Dylan, et un français très sensuel Pauvre Rutebeuf (Léo Ferré), autre militant. Que de surnoms donnés ! La Pasionaria du droit à la différence, la conscience d’une génération, artiste « folk revival », la Reine du folk, la Madone des pauvres gens, la Légende des années Woodstock, cette icône de millions de fans réunira pour notre plus grand plaisir ses ballades, chants traditionnels, son souffle éternel d’énergie gospel, folk, rock, country : un beau cadeau que nous avons hâte de partager ! YVES BERGÉ En concert au Dôme, à Marseille, le 6 avril www.sudconcerts.net Agnès Mellon o star de la scène, chien fou, toujours les yeux fermés ! Cheveux moites en bataille il lance un magnifique thème arabobelge (sic !) pour son pote Nabil, qui lui permet ce mélange rock, raï avec sa chanteuse qui se lance dans des improvisations très orientales. La salle, debout, envoie l’énergie qu’elle peut, en retour. Si le temps nous fuit, il ne semble pas laisser d’empreintes sur cet artiste unique et atypique ni, c’est heureux, sur sa musique et sa présence sur scène. Peut-être, après tout, qu’Avec le temps rien ne s’évanouit. PASCALE FRANCHI ET YVES BERGÉ



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