Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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46 MUSIQUE ENSEMBLES Suave Baroque…renaissantei Aux Salins le 11 mars la conférence de Denis Morrier, Danse et musique dans l’Italie de Monteverdi nous fit voyager à la Cour des Gonzague où Monteverdi fut Maître de Chapelle du Duc de Mantoue. On découvre deux ouvrages majeurs sur la théorie et la pratique de la danse : Il Ballarino de Fabrizio Caroso (1581), contenant de nombreuses illustrations et Le Grazzie d’amore de Cesare Negri (1602), notant figures nouvelles et variétés de pirouettes. L’Ensemble Concerto Soave, avec Jean-Marc Aymes au clavecin, à l’orgue et à la direction (Odile Edouard, Flavio Losco, violons, Mara Galassi, harpe, Gaetano Nasillo, violoncelle, Maria Cristina Kiehr, soprano, Valerio Contado, ténor, Stéphan Mac Leod, basse), allait mêler son art à celui de Bruna Gondoni et Marco Bendoni, danseurs de la compagnie Il Ballarino, dans un programme autour de Monteverdi. Un programme fait d’amours, rires, pleurs, de contrastes permanents, et Vous avez dit baroque ? ei Dans le cadre de sa trilogie Telemann, Balbastre, Bach fils au charmant petit Temple protestant d’Arles, l’ensemble Baroques-Graffiti est border line avec le style classique : Les œuvres interprétées des fils Bach, CarlPhilippEmanuel et JohannChristoph Friedrich (Larghetto pour pianoforte et traverso) ont déjà un pied si ce ne sont les deux dans le nouveau style Viennois fin XVIIIe. Voilà une programmation qui met les pieds dans le plat et concrétise le meurtre du père ! Formation inhabituelle en quatuor : Le traverso prend la place du violon rappelant sa popularité en Prusse et les liens d’amitiés unissant CarlPhilippEmanuel et le compositeur, témoignant de la progression stylistique de Monteverdi porté vers la modernité de l’harmonie et du contrepoint (seconda prattica). De la Canzonetta a tre, composée à 17 ans -alternance entre deux violons sautillants et un trio de belle homogénéitéet le sublime Lamento de la Ninfa - a Vivent les femmes ! Singulière idée que d’avoir baptisé un festival Présences féminines pour sa première année d’existence dans l’agglomération Toulonnaise. On peut à l’évidence en remercier sa directrice artistique Claire Bodin qui n’a pas hésité à mettre en œuvre ses talents en tant que claveciniste et chef de la compagnie Les Bijoux indiscrets dans un concert de clôture brillant et baroque à souhait puisque dédié à des œuvres qu’interprétait en son temps la Marquise de Pompadour. L’ensemble du concert de clôture ne proposait que des œuvres de compositeurs masculins de la première moitié du XVIII e siècle (d’autres concerts furent plus spécifiquement dédiés aux femmes compositrices), mais on y percevait toutefois la féminité au travers du chant fluide aux aigus ciselés de Juliette Perret et des sharman Plesner X-D.R. madrigal de 1648-, le voyage proposé est d’une subtile variété. Les violons expressifs et un continuo présent et dynamique, permettant aux voix aérienne de M.C. Kiehr, chaude de S. Mac Leod et piquante de V. Contado de poser d’audacieuses harmonies. J.-M. Aymes attaque la Sonate de Merula à danses nobles aux pas délicieusement chaloupés de Sarah Berreby. Dans une atmosphère résolument anachronique, puisque des œuvres contemporaines sont accrochées aux murs du Musée d’Art de Toulon, le simple fait de fermer les yeux transportait les sons dans une autre époque. Bien que peu favorable à la voix et à son articulation, l’acoustique du lieu nimbait la musique d’une sonorité envoutante proche du souvenir, comme un écho nous rappelant avec quelle ferveur Madame la Marquise avait défendu musicalement et financièrement la musique et la danse de son temps. Qu’il s’agisse de la fougue d’un Pancrace Royer ou de l’étonnante sobriété de Campra la richesse du style français était subtilement mise à l’honneur dans cette soirée au programme généreux. Concerto Soave Marie-Eve Brouet l’orgue de façon mystérieuse puis laisse la place aux violons en tuilage et au continuo de belles résonances. Les danseurs soulignent textes et tempi, mais nous restons perplexes sur ces danses très renaissance, cet univers à deux linéaire, alors que le baroque est bien plus théâtral, plus spatialisé. Certes, l’Académie de Danse n’est créée qu’en 1661 par Louis XIV, Beauchamp et Feuillet en étant les maîtres absolus. Mais la musique de Monteverdi, si variée et théâtrale, baroque, avait du mal à lutter contre ce duo assez corseté. YVES BERGÉ Le 9 e festival Mars en Baroque se poursuit jusqu’au 23 mars (à la chapelle Sainte-Catherine, l’Alcazar et l’église Saint-Cannat, Marseille) Espaceculture 04 96 11 04 61 www.espaceculture.net Concerto Soave 04 91 90 93 75 www.concerto-soave.com Ensemble Les Bijoux indiscrets X-D.R. Souhaitons donc longue vie à ce Festival prometteur et avouons-le : vivement 2012 ! ÉMILIEN MOREAU flûtiste et théoricien J.J Quantz. Le pianoforte quant à lui prend acte du deuil de la basse continue baroque en cette année 1788. Après de ponctuelles dérobades que nous attribuerons à la fraîcheur du lieu, bien vite maîtrisées par le polyinstrumentiste et conducteur Jean-Paul Serra dans le premier Quartett en la mineur Wq93, Baroques-Graffiti rentre dans le vif d’une musique fraîche et vivante qui relativise la prééminence de Mozart et Beethoven : l’interprétation des Quartett Wq 94 et Wq 95 révèle une musique concertante et virtuose derrière laquelle on entend les futures résonnances des arabesques mozartiennes et des sonates de Beethoven. La violoniste Sharman Plesner assure à l’alto pour les besoins de la formation, Jean- Christophe Frisch nous rappelle sa maîtrise passée dans Vivaldi au vent et Etienne Mangot dialogue avec bonheur et en duo (sonate Wq 62/21 de J.C.F) avec un pianoforte au timbre souvent mésestimé. Bon pour le moral, à vous faire oublier la fraîcheur du lieu ! P-A HOYET Ce concert a eu lieu le 10 mars à Arles et le 11 mars à la Bastide de la Magalone, Marseille
MUSIQUE 47 La face cachée de la lune Le 8 mars, sur la scène nationale de Cavaillon, l’Ensemble Télémaque dirigé par Raoul Lay nous offrait un challenge séduisant à partir d’un Ovni venu de nulle part, le Pierrot Lunaire d’Arnold Schönberg. Ce mélodrame pour petit ensemble de chambre, chanté, récité, à partir de vingt et un poèmes d’Albert Giraud, a été encensé ou décrié avec la même énergie, implantant cette œuvre déroutante aux accents expressionnistes comme une borne qui scelle l’avènement de la musique contemporaine en 1912, et interroge toujours. C’est là où réside le mérite de Télémaque qui a su prendre le risque d’immerger la composition dans une mise en abyme théâtralisée écrite avec jubilation par Suzanne Joubert. Son texte explicite mine de rien, sans pédagogie, une œuvre musicale déconcertante : sans une lettre d’excuse, un metteur en scène joué par Renaud Marie Leblanc avoue son La voix est libre Un concert au musée ! Le 5 mars Musicatreize et le Chœur Contemporain œuvraient au cœur des toiles du musée Cantini De la couleur ! Ce titre équivoque donné au programme du concert vocal s’explique par la dualité des œuvres proposées, entre peinture et musique. L’Art Brut de la Vénus du trottoir de Dubuffet inspirait Kamenaia de Christophe Bertrand, jeune compositeur disparu l’an dernier, et les toiles Terre Brûlée II d’Ubac et Voiliers à Cannes de De Staël insufflaient Ikhtifa à Zad Moultaka, une superbe décomposition des mots, alors que les Trois poèmes élastiques dictés par Cendrars et avec orgue de barbarie faisaient presque figure d’ancêtre avec leurs Tous ensemble ! impuissance à mettre en scène la création de cette œuvre étrange prévue à l’origine pour la chanteuse de cabaret Albertine Zehme sur le mode déclamé du sprechgesang (chant parlé) initié par Schönberg. D’office Ensemble instrumental du Pays d'Aix x-D.R bP le ton est donné : allongé sur une longue table encadrée par le public, Raoul Lay dirige alors nonchalamment son ensemble sur les délicates arabesques du piano, révélant immédiatement l’atmosphère clair de lune, 24 ans d’âge ! La création d’Ayx de François Rossé autour des Essenomes, 24 tableaux du peintre plasticien Tigrane, donnait l’occasion à l’auditoire nombreux de participer à la détermination des parties exécutées en choisissant lui-même les toiles correspondant au tissu compositionnel à la manière d’une œuvre ouverte. Donnée de deux façons différentes en début et en clôture de concert, cette pièce offre ainsi 4096 possibilités d’exécution ! Devant l’ensemble vocal groupé ou au cœur d’une spatialisation enveloppant une assistance contemplative des tableaux en question accrochés aux murs, le maitre de cérémonie Roland Hayrabedian a su donner un concept-concert attractif de grande qualité. FRÉDÉRIC ISOLETTA La convivialité et l’amour de la musique partagée président aux Musicales de février de La Ciotat. Troisième édition, et le succès public ne se dément pas. Pour le concert de clôture, la salle de la Chapelle des Pénitents Bleus (autrefois abandonnée aux cars !) est comble. Le sympathique ensemble instrumental du Pays d’Aix sous la direction de Pierre Taudou se laisse aller à de charmantes interprétations de Haendel, Mozart, Bach, Grieg. Malgré quelques attaques un peu flottantes, et quelques accords approximatifs, la musique retentit comme une fête. La voix bien placée de Monique Borrelli, soprano colorature, s’élance avec justesse et de beaux phrasés, et l’on remarque son articulation particulièrement claire et sa jolie sensibilité dans l’interprétation, que ce soit du Vorrei spiegarvi, o Dio, dont les deux mouvements demandent une belle variété d’intentions, ou l’Exultate Jubilate dont les passages a capella mettaient en valeur la voix nue et bien timbrée. On avait aussi le plaisir d’entendre, lorsque l’orchestre des cordes ne la couvrait pas, la flûte traversière sensible et aérienne d’Emilie Iannello Agnès Mellon morbide et berlinoise début de siècle. La soprano Brigitte Peyré pulpeuse à souhait (sic) théâtralise à merveille les évocations tour à tour glauques, fantasques, chimériques, sanglantes ou douloureuses du Pierrot astral. La mise en scène transforme les musiciens et le chef en comédiens, leur offrant des interventions orales et des placements variés qui dynamisent leur interprétation musicale, précise et vivante. Le public conquis, rit (si, si, sur Schönberg…) aux saillies de l’auteur qui prennent vie sous le jeu du metteur en scène comédien. Le challenge est relevé ! Une réussite dans la compréhension d’une œuvre fondatrice, hermétique et magistrale. PIERRE-ALAIN HOYET Roland Hayrabedian Guy Vivien dans la suite n°2 de J.-S. Bach. L’ensemble se pliait ensuite avec gentillesse au rite du bis, avec une surprise qui accordait un point d’orgue particulièrement festif à ce concert : encadrant les spectateurs, les chanteurs de l’ensemble vocal et instrumental Gaudete (dirigé depuis 10 ans par Pierre Taudou) entonnèrent avec enthousiasme l’Alléluia de Haendel. Un plaisir supplémentaire, dans l’esprit jubilatoire de cette manifestation. MARYVONNE COLOMBANI Ce concert de l’ensemble instrumental du pays d’Aix a été donné le 27 février à la Chapelle des Pénitents Bleus



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