Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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42 MUSIQUE GTP SYMPHONIQUE o Top chef ! Dans le dernier souffle de l’allegro de la septième symphonie de Beethoven, le public se leva comme un seul homme clamant des bravos à ne plus en finir : Tugan Sokhiev venait d’accomplir son œuvre ! Dès le début du concert, les premières notes de l’ouverture de Coriolan, lancées d’un geste magistral par le chef russe, saisirent l’auditoire : le Mahler Chamber Orchestra, composé d’une quarantaine d’instrumentistes, enroba la salle d’une sonorité chaude et éclatante. Dirigés de main de maître par l’homme à la baguette, les musiciens, envoutés par la grâce et l’efficacité de sa gestique, dans une osmose parfaite, firent rugir de plaisir leur instrument ; l’ombre de Beethoven planait ! Puis Angelich entra en scène. Le pianiste, à la démarche hésitante, posa ses mains sur son instrument et le son fut : finesse, force, douceur… les mots manquent pour qualifier cet inventeur de timbre : Horlogerie Suisse Giuliano Carmignola Tonkunstler Invité à se produire au Festival de Toulon accompagné du dandy vénitien Giuliano Carmignola au violon, l’Orchestre de chambre de Bâle dirigé par Umberto Benedetto Michelangeli est venu offrir aux mélomanes le 17 février dernier une leçon de musique dans un répertoire au classicisme prononcé. Cet ensemble, fort d’une parfaite homogénéité des pupitres, affirmait dans la Suite n°3 de Respighi une remarquable maîtrise des dynamiques sachant distiller des pianissimi au bord de la rupture mais également des fortissimi incisifs propres à faire douter du nombre d’instruments présents. Aidés par une direction remarquable de souplesse et de décontraction dans la gestuelle qui devenait toutefois très précise sur les tempi rapides, les musiciens offraient à voir un sublime ballet de coups d’archet millimétrés illustrant à la perfection la notion de geste musical. Toute en finesse, la technique de Carmignola au un véritable Empereur ! Ce cinquième concerto, maintes et maintes fois joué, dans une chorégraphie de mains et de baguette dévoila alors de nouvelles facettes. L’orchestre du Capitole peut se réjouir d’avoir un directeur musical de l’envergure de Sokhiev : déjà un trois étoiles ! CHRISTOPHE FLOQUET Concert donné au GTP le 15 février o Tugan Sokhiev Mat Hennek violon que d’aucuns qualifieraient de maniérée témoignait elle aussi d’une parfaite maîtrise de l’instrument, tant sur le plan du touché étonnamment percussif mais à la justesse infaillible que sur le plan du phrasé très aérien. En effet sa manière d’effleurer les cordes, sans doute due à sa tenue d’archet brillait dans le Concerto n°4 K.218 de Mozart. Pour finir les musiciens interprétèrent avec un plaisir non dissimulé la Symphonie n°45 de Haydn qui malgré son effritement sonore progressif n’entachait en rien l’étonnante cohésion du groupe, signe d’une mécanique fluide et fonctionnant à la perfection. ÉMILIEN MOREAU Une dame de cœur Il était une fois dans l’Est Difficile d’imaginer, quand ces deux compositeurs sont réunis dans un même concert, qu’un siècle sépare Chopin, mort en 1849, de Rachmaninov, décédé en 1943 ! Deux artistes, issus d’un même pédoncule, fruit de l’exaltation de l’âme slave et d’une sensibilité exacerbée, étaient réunis par la magie du clavier. Seul un pianiste d’exception pouvait réussir à faire vibrer le plus profond de ces musiciens sans rentrer dans un pathos dégoulinant et une surenchère technique. Et ce fut le cas avec Philippe Giusiano ! Son jeu cristallin, aérien, tout en retenue subjugua le public du théâtre du Jeu de paume : les Mazurkas, opus 6 et 7, aux harmonies délicieuses, petite mise en bouche avant les 24 préludes de l’opus 28, défilèrent sous ses doigts alertes. Avec quelle élégance il trouva à chaque fois le ton juste pour passer d’une pièce à l’autre, tirant de chacun de ces écrins la quintessence ! Les six moments musicaux opus 16 du grand Sergueï, un peu plus « solides », semblèrent moins convenir à son tempérament. Par contre, Les jeux d’eaux à la villa d’este de Liszt, proposés en bis, nous laissèrent dans un état… liquide. Sans nul doute, un pianiste d’avenir.C.F. Philippe Giusiano s’est produit le 14 février au Jeu de Paume D La littérature pianistique du XIX e siècle est une bénédiction pour les sentimentalistes et les artistes en quête d’une vérité musicale. Et Brigitte Engerer fait partie de cette catégorie. Dire qu’elle est une grande pianiste relève du pléonasme ! Mais c’est surtout une grande musicienne, une très grande ?, capable d’alterner des passages d’une douceur angélique, aériens, comme dans les Nocturnes de Chopin, avec des moments d’une brutale tendresse comme dans les Funérailles de Liszt. Sa maîtrise de l’instrument, parfaite, lui permet de se libérer des contraintes techniques pour atteindre des sommets d’expressivité. Son interprétation de Bénédiction de dieu dans la solitude, du virtuose hongrois, empreinte de mysticisme et de quiétude fut un modèle du genre : les grappes mélodiques cristallines s’épanchèrent de son instrument en réponse aux harmonies mordorées violentées par ses coups de butoir. Une main de velours dans un gant de fer ! Les petites pièces de Clara Schumanndistillées en fin de concert avant le Carnaval opus 9 de son compositeur de mari, hissèrent définitivement cette grande dame au panthéon des pianistes. Une vraie leçon de musique.C.F. Concert donné au GTP le 17 février Philippe Giusiano Mirare
MUSIQUE 43 Dans la cour des grands Quel rêve extraordinaire pour un amateur éclairé que de se glisser aux côtés des plus grands interprètes, non seulement les approcher mais partager la même émotion sur scène ! C’est le bonheur que quatrevingt-dix musiciens amateurs, de sept à soixante-seize ans ont connu, grâce à la résidence de l’Orchestre National de France au Grand Théâtre de Provence. Sélectionnés sur 500 candidats par les musiciens de l’ONF, ils ont suivi d’assidues répétitions de novembre dernier au mois de mars 2011. Ce travail trouvait son aboutissement lors du concert donné au GTP sous la direction bienveillante et subtile de Takuo Yuasa. Le programme classique et varié permettait de mettre en valeur les différents pupitres de l’orchestre. On retiendra plus particulièrement les solistes des danses populaires de Béla Bartok, la belle partition des vents de la Danse Arabe de Grieg et les superbes pianissimi pailletés des cordes de la Mort d’Aase (Grieg), le charme léger de La danse des Mirlitons de Casse- Noisette, le travail de nuances sur la Valse triste de Sibelius, l’humour brillant de la Pizzicato Polka de Romantique et suranné Programme délicat et subtil que celui proposé le 11 mars dernier au GTP, avec son titre générique L’amour. Amour en effet, puisqu’il unissait en un même spectacle des œuvres de Clara et Robert Schumann, par le Chœur de Radio France, sous la direction tout en finesse de Matthias Brauer avec un accompagnement au piano irréprochable. Les voix s’irisent, l’ensemble s’anime d’un souffle Choeur de Radio France Radio France-Abramowitz délicat dans l’interprétation des trois chœurs pour voix mixtes a capella de Clara Schumann, Abend feifer in Venedig, Vorwärts, Gondoliera, qui se modulent en différents registres, du mystique à l’amoureux. Chaque pupitre sonne avec justesse et les couleurs se marient en une vivante et riche palette que l’on retrouvera dans Le Pèlerinage de la Rose (Der Rose Pilgerfahrt sur un poème de Moritz Horn) de Robert Schumann. Pour cette œuvre, un seul regret, qu’il n’y ait pas de sur-titrage afin de suivre les étapes de la désuète histoire de cette Rose, qui rêve de devenir humaine, de connaître les joies de l’amour et de la maternité, et qui, après une année de bonheur humain donne la rose magique de la reine des Elfes à son enfant et meurt, accueillie par les anges du ciel ! Le chœur de Radio France est bien entendu remarquable, avec un travail d’échos et d’équilibre exceptionnel, qui papillonne avec légèreté et phrase avec netteté. Les voix des solistes sont splendides, fraîcheur innocente et pure de la Rose (la soprano Alexandra Couton), tessiture large des altos (Elodie Simon et Carole Marais), profondeur inquiétante de la basse, le Fossoyeur (Robert Jezierski), simplicité efficace du baryton (Mark Pancek) ou du ténor (Pascal Bourgeois) qui retrouve le ton du lied avec souplesse. Pour débuter le concert, la soprano Claudine Margely chantait Er ist’s ! aux accents chaleureux et délicats, unissant en une même œuvre Clara et Robert Schumann. L’amour ? Une fleur délicate et subtile que l’on a eu plaisir à respirer. M.C. Agnès Mellon Johannet Joseph Strauss. Sans oublier les Danses Hongroises de Brahms. L’orchestre, comme libéré par les pizzicati précédents, gagnait une belle intensité. Et le final, hommage à la Provence avec la Farandole de l’Arlésienne de Bizet, fut enlevé avec une fougue et un enthousiasme auquel répondit avec chaleur le public transporté. Aux acclamations répétées, le morceau fut repris en bis, en ter. La musique est la première des pratiques amateurs des Français. Leur donner l’occasion de jouer en orchestre avec cette exigence et cette qualité est une merveilleuse idée. M.C. Le concert du Grand Orchestre des Musiciens Amateurs de Provence a été donné le 7 mars Une perle du Japonei Grâce à la venue de l’Orchestre National de France, le GTP a pu découvrir un immense chef en la personne de Takuo Yuasa. Avec élégance et souplesse, à la manière d’un chef de chœur, il tira de l’ONF une des meilleures formation orchestrale du monde, sa quintessence pure. Notamment dans la quatrième symphonie de Brahms ! L’adagio final, tout en explosivité et tendresse, résonne encore dans l’enceinte du théâtre. Aux antipodes de ces sonorités charnelles, la première partie, après l’insipide ouverture d’Obéron de Weber, fut plus terne. Il faut dire que le concerto pour trois pianos et orchestre n°7 en fa majeur de Mozart, ici dans sa version pour deux pianos, avec les sœurs Bizjak, n’est pas une œuvre transcendante. L’orchestre, en retrait, s’effaça derrière le jeu agréable et le toucher perlé des deux pianistes. Le bis qu’elles proposèrent, plein de verve et de rudesse -paraphrases sur une étude de Paganinipermit de mettre en avant leurs qualités de virtuoses et d’interprètes. Puis Brahms arriva, et avec lui le sublime… CHRISTOPHE FLOQUET Orchestre National de France Radio France-Abramowitz Clara et Robert Schumann : L’Amour donné au GTP le 11 mars par le chœur de Radio France sous la direction de Matthias Brauer



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