Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 THÉÂTRE I Parabole pacifiste Dans une scénographie de la plasticienne Linda Lemaire dont La Minoterie présente l’exposition de maquettes de cabanes fort intéressantes, deux jeunes enfants d’une dizaine d’années, un garçon et une fille, se rencontrent de chaque côté d’une frontière de pierres. C’est comme un jeu, on peut sauter d’un côté à l’autre. Lui, c’est Ferhat (Brahim Tekfa), le Palestinien, qui vit dans un village de tentes ; elle, c’est Lirane (Wilma Lévy), l’Israélienne, elle habite une maison avec de l’eau courante. Ferhat attend qu’il pleuve pour pouvoir boire et se laver tandis que Lirane joue avec l’eau pour laver sa poupée. Au fur et à mesure de leurs rencontres se dessine l’histoire de leurs familles mais aussi celle de deux peuples, avec les attentats, les morts des deux côtés. Un Ynaudible LA MINOTERIE LES BERNARDINES LE MERLAN o o déluge de plusieurs jours, évoqué par un court métrage projeté sur un drap, précipite les enfants dans le drame. Ils... et s’il me plaît à moi de mettre un i à deux bras pour éprouver mon lecteur... caprice... blague de potache... c’est à peu près ce que donne à entendre le projet complexe, et donc « inutilisable » selon les concepteurs et la feuille de salle, de Mélanie Stravato et Erwin Voisin invités par le théâtre des Bernardines à occuper la scène (pour ça, rien à dire : entre les plantes vertes, les écrans, les fauteuils, canapés, table à repasser et autre renard empaillé, le cahier des charges est honoré et c’est plutôt rigolo !). Le titre déjà intriguait avec sa césure illégitime Vers/Thésée et sa parenthèse académique (Épopée)... Bon on se savait embarqué pour un moment disons... de poésie et peut-être de mythologie. Le labyrinthe oui (« dédale » est un mot qui surnage dans le texte qui court ses deux heures tout en ruptures de rythme et fatras foutraque), mais manque Ariane, bien qu’elle soit prévue dans la distribution mais profil NASA et déjà explosée... C’est un feuilleton ; il y a Blaise et il y a Fritz (ou frites peut-être, on entend mal vous dis-je), une violoncelliste croate (ça donne de l’âme parce que Dubrovnik, Sarajevo... vous vous souvenez ?) et un batteur qui meurt, pour la rime sans doute... Cadavres exquis, collages et fantaisie mais n’est pas Daniil Harms qui veut ! Et contre quoi et contre qui revendiquer et diriger cette liberté qui tourne à vide ou à trop plein (ici c’est pareil) ? Faites-en quelque chose, jeunes gens, de ce plateau et de cette parole offerte, de cette latitude ! MARIE-JO DHO Vers/Thésée (Epopée) de Mélanie Stravato a été créé par Mélanie Stravato et Erwin Voisin aux Bernardines du 8 au 13 mars Isabelle Schneider se construisent alors un habitat de fortune pour survivre ensemble. Un oiseau protecteur (Abdel Waheb Sefsaf, Cette année-là… Linda Lemaire compositeur) donne la note musicale du spectacle, à la fois jazzy et orientale. La mise en scène est assurée par Wilma Lévy, sous le regard complice de Znorko du Cosmos Kolej avec lequel elle travaille, tout en accomplissant un travail de création au sein de la Compagnie des Passages, créée en 1998. Elle s’y attache aux textes contemporains comme ici celui de Daniel Danis, qui propose une parabole : une réconciliation et une fin des conflits sont-ils envisageables à travers l’amitié des deux enfants ? CHRIS BOURGUE Sous un ciel de chamaille s’est créé à La Minoterie en février … c’était l’année 73. Le jeune Massimo Furlan, exceptionnellement autorisé à regarder la télévision, suivait en famille la 18 e édition du Concours Eurovision de la Chanson. À son habitude, l’artiste performeur italo-suisse part d’une anecdote autobiographique pour explorer la mémoire collective. En 2007, au Vélodrome, il a rejoué (seul !) la demifinale du mondial de football de 1982. En 2010, c’est au divertissement télévisuel qu’il adresse un Pierre Nydegger clin d’œil amusé avec 1973, qui fait revivre le kitschissime concours de chansons européennes (dont, bizarrement, Israël faisait partie !).Voici donc que retentit l’hymne célèbre de Charpentier, que résonne la voix de Pierre Tchernia et que, sur grand écran, est projetée l’émission originelle, grain et sauts d’images compris. À l’avant-scène, Pino Tozzi, double fictif de Furlan, interprète, perruques et costumes à l’identique, 4 chansons successivement. On rit franchement des tenues, des coupes de cheveux et surtout des postures et des chorégraphies, plus ringardes les unes que les autres, mais sur le coup on prend peur. On ne va pas avoir droit aux 17 quand même ? Heureusement Furlan fait de la suite de son évocation une variation scénographique subtile, à coup de juxtapositions souvent hilarantes, entre pseudo candidats (aux excellentes parodies) et gloses savantes (sérieuses et décalées à souhait), d’effets sonores et visuels très malins. La chanson populaire, qui fait mesurer le passage du temps mais aussi resurgir intacts les instants d’un passé révolu, devient alors la nouvelle madeleine de Furlan. Et la nôtre ! FRED ROBERT La reprise de 1973 a ouvert la manifestation organisée par le théâtre du Merlan sous le titre de Courage…Rions ! Premier des 6 spectacles proposés jusqu’au 30 avril, il témoigne de la tonalité générale du projet, qui vise à « élargir l’éventail du rire et [à] lui rendre sa liberté » (voir page 35 et 92). 04 91 11 19 20 www.merlan.org
GAP MARTIGUES DRAGUIGNAN THÉÂTRE 23 Croire au théâtre On vit une époque de méfiance généralisée envers le théâtre. Entre ceux qui lui préfèrent des arts prétendument populaires, les stars et le divertissement, et ceux qui ne jurent que par les croisements, se méfient du texte et abhorrent les personnages, les metteurs en scène qui croient encore au théâtre sont rares… et les directeurs de scènes ne sont pas ses meilleurs défenseurs ! Chez les Parnas on y croit. Dur comme fer, avec un talent fou, et sans une once de passéisme : en inventant des formes qui ne renoncent pas au jeu, à l’émotion, au texte ni aux images, mais cherchent de nouvelles voies pratiques et efficientes à l’intérieur de cet art-là, non aux frontières. Lignes de faille est un grand moment de vrai théâtre. Pourtant Catherine Marnas s’est attaquée à un roman, une épopée qui remonte le temps jusqu’à l’origine du mal : la forme n’en est pas naturellement dramatique, et un jeu délicieux s’instaure entre le narratif et la représentation. Des glissements s’opèrent, plus ou moins soulignés, entre le récit des enfants-narrateurs et la représentation des scènes qu’ils évoquent. Ils y emmènent les spectateurs qui les suivent, plus de quatre heures durant, sans une seconde de décrochage, de plus en plus enfoncés dans l’histoire, comme en une psychanalyse collective de nos traumatismes communs. Car ce sont nos guerres intimes qui sont évoquées, celles qui construisent notre présent historique entre USA Pierre Grosbois et Islam, Sionistes et Palestiniens, beatniks et bourgeois, Nazis et… Le roman de Nancy Huston se déploie sous les yeux comme un espace imaginaire derrière une porte intérieure. Tout est subtil, la vidéo et la musique enregistrée qui s’effacent quand le temps recule, pour laisser place au piano et aux voix. Les couleurs franches des costumes et des éclairages qui campent avec rien les changements de décor et d’époque. Mais surtout, les comédiens sont prodigieux ; de précision, de mémoire, de métier, dirigés dans chacune de leurs intentions, drôles avec légèreté et distance, puis régurgitant des éclats de désespoir ou d’angoisse qui vous coupent le souffle… Tous bouleversent, Franck Manzoni et Catherine Pietri déchirants en enfants mal aimés, Olivier Pauls si touchant en père juif, Bénédicte Simon terrifiante en mère californienne castratrice, et si bienveillante en nazie. Car il est question des racines historiques du mal, des combats qui divisent notre psyché contemporaine : croire au théâtre induit aussi que l’on connaisse ses vertus cathartiques, son essence politique, son commerce avec l’histoire et les mythes. Les Parnas ne les oublient jamais… AGNÈS FRESCHEL Lignes de Faille a été créé à la Passerelle, scène nationale de gap, les 12 et 13 mars À venir Théâtre de Draguignan Le 18 mars à 19h 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com Les Salins, Martigues Les 24 (1 re partie) et 25 mars (2 e partie) à 20h30 Le 26 mars (intégrale) à 19h 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr www.parnas.fr THWRE I CRÉA11ON Sh Sfih ? G e Mathieu trop court François trop Jong" Cie la mike Mer. 30rnvirs 15h00 salle Polyvalente lC'XtC',rr.i52- C'r _Ct'C'Et ICJ DINER GALAS Spectacle bilinpe enfran LS t MAZr ;'7 AVM 20:30 cf) Thgtré La passerelle, iT _le de Cap e de= !..pe= di ; 5tc = a-passere CC] Ber1 resePV0MM



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