Zibeline n°39 mars 2011
Zibeline n°39 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 8,1 Mo

  • Dans ce numéro : la Marseillaise, un chant révolutionnaire ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 POLITIQUE CULTURELLE MARSEILLE-PROVENCE 2013 Marseille-Provence 2013 : cet obscur objet de tous les désirs Excepté les grands chantiers de réhabilitation ou de construction qui modifieront les visages de Marseille, Aix ou Arles, rien de concret n’a été annoncé. À mi-chemin de l’échéance, seules se dessinent les grandes priorités : un Temps du cirque, la Folle histoire des arts de la rue, un festival de spectacles pour enfants, un projet d’installations artistiques dans l’espace public… Et des expositions d’envergure internationale visant au même succès que Cézanne en Provence en 2006 : Le noir et le bleu, un rêve méditerranéen au MuCEM, Le grand atelier du Midi à Granet à Aix et au Palais Longchamp à Marseille… Bref, des événements structurants portés par des équipes et des lieux qui, pour certains, ont découvert ce jour-là les thématiques qu’ils devront décliner ! Mais le calendrier prévisionnel est respecté, l’élaboration du programme est en cours et sera définitivement dévoilé fin 2011. Le territoire et les financements sont quant à eux définitifs, et expliquent le satisfecit et l’optimisme affichés par les institutions partenaires. De Jean- Claude Gaudin qui déclara « qu’il n’y avait pas de rivalité politique mais une adhésion commune de tous les partenaires » avant d’annoncer que la Ville était « en ordre de marche » et que « la cohésion demeurait essentielle pour la réussite du projet » … à Maryse Joissains, maire d’Aix, qui se félicita non sans humour d’avoir trouvé un terrain d’entente avec le maire de Marseille : « aujourd’hui Aix et le pays d’Aix sont heureux de s’engager dans cette aventure collective et commune, après réflexion mais avec conviction, car toutes les conditions sont réunies (…) Et nous souhaitons jouer le rôle capital qui nous revient ». De Jacques Pfister, Président de la CCI et de l’association MP13, qui s’enflamma « ce ne sera pas un succès, ce sera un triomphe ! » tout en reconnaissant « la difficulté conjoncturelle pour tenir le cap » … à Michel Pezet, vice-président du Conseil général, qui évoqua « l’immense mouvement qui a été lancé et qu’il convient de saluer » tout en avertissant sur des lendemains qui pourraient déchanter : « il faut que l’élan de Marseille Provence 2013 se poursuive : nous serons comptables de ces échanges, de ce qui va se passer ». Capitale euro-méditerranéenne de la culture On retiendra plus particulièrement l’intervention de Michel Vauzelle, Président du Conseil régional, qui souligna, avec un humour dont il a le secret, le Le brouillard peine à se lever sur Marseille-Provence 2013, et la grand-messe institutionnelle du 24 février à la Cité des arts de la rue n’y aura rien changé : acteurs culturels, artistes et compagnies demeurent dans leur majorité perplexes MP2013 véritable défi : profiter des projecteurs braqués sur Marseille et la Provence pour propager un message éthique. Car MP13 devra relever trois enjeux : œuvrer à éviter la fracture sociale par la culture et l’éducation ; affirmer la cohésion régionale en dépit de la disparité du territoire, des situations financières difficiles, du tissu populaire important ; et souligner la dimension méditerranéenne : « Toute une image du monde arabe, du monde de l’islam, de la Méditerranée est en train de changer » rappela Michel Vauzelle qui n’hésita pas à parler de « capitale euroméditerranéenne de la culture » … Un territoire de lumières Face aux « impatiences propres à chaque candidature, aux inquiétudes face aux engagements pris en termes de grands chantiers et aux critiques sur un projet qui se préparerait dans l’opacité, indifférent aux artistes de la région », Bernard Latarjet dévoila non pas un pré-programme mais un état d’avancement des projets. Sur 2200 reçus, 200 environ sont en cours d’élaboration et 500 seront retenus au total, répondant tous à l’objectif que s’est fixé l’association : réussir l’alliance délicate entre qualité artistique et mobilisation populaire, entre dimensions locale et internationale, entre le caractère évènementiel et la volonté de marquer durablement le territoire. Mariages qui, s’ils réussissent, plongeront Marseille-Provence 2013 dans un halo de lumière… Pour l’heure la recette de la réussite tient dans le bon dosage des ingrédients : des événements spectaculaires, populaires et festifs de types parades, concerts et bals ; des expositions qui irrigueront les musées du territoire et les lieux émergents (gare maritime du J1 notamment) ; des projets exceptionnels voués à être pérennisés (salon de lectures, cultures urbaines à la Friche, nouveau festival du cinéma arabe et méditerranéen…) ; des manifestations incontournables initiées par les opérateurs permanents (Festival d’art lyrique d’Aix, Rencontres de la photographie d’Arles, actOral, Festival de Marseille…) ; la poursuite des Ateliers de la Méditerranée, la mise en place d’Actions de participation citoyenne. Prochaine étape avec l’annonce des projets dont la « faisabilité » financière aura été assurée et, à l’automne 2012, le calendrier définitif des réjouissances. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Projets et chantiers sur le site www.marseille-provence2013.fr
POLITIQUE CULTURELLE 11 2013, une esthétique ? Même s’il est difficile aujourd’hui de savoir ce que sera le programme de 2013, les temps forts prévus et les établissements culturels retenus aujourd’hui témoignent de quelques lignes de force La première est l’intégration à l’idée de culture de notions qui relèvent de l’art de vivre : gastronomie, randonnée et mode sont prévus au programme, comme des objets culturels qui vont de soi. Or, si le mot culture désigne « l’ensemble des traits distinctifs d’un corps social » et « englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances » (définition de l’Unesco), le ministère de la Culture par exemple n’a pas intégré ces disciplines comme des arts à subventionner, et établit une distinction entre arts et pratiques culturelles. Distinction qui est à la base de la notion française d’« exception culturelle », qui seule préserve encore les artistes et les écrivains de la nécessité de produire des œuvres rentables. Si tout devient culturel, pourquoi ne pas subventionner les restaus et les marques de fringues ? Dramatique Cette tentation du tout culturel se double par ailleurs d’un accent très net mis sur les arts de la rue : toutes les structures du territoire sont retenues, le Centaure va mener une transhumance, Génerik vapeur va pousser une clameur, le Groupe F incendier les imaginaires... Quelques compagnies musicales, chorégraphiques, circassiennes figurent également dans le pré-projet mais aucune compagnie dramatique ! Seuls les lieux, qui sont pluridisciplinaires, et aucun Prémonitions Sur quoi économise-t-on quand les poches sont vides ? Les investissements liés à MP2013, et la baisse globale des dépenses publiques, amènent par exemple la Ville à couper dans les subventions du CiMP, la Région à réduire celles de la Pensée de Midi, du Ballet National de Marseille, du Festival de Marseille… Par ailleurs l’État, qui investit dans les grands chantiers de MP2013, refuse de financer les chantiers de réhabilitation du centre de la Danse de Kéléménis, de Montévidéo, de la Victorine… chantiers qui auraient sans doute, dans un autre contexte, trouvé outre son aide celle de mécènes, aujourd’hui tous concentrés sur MP2013. Car ces structures qui voient leurs subventions baisser font partie du projet de MP2013, et la diminution des subventions est d’autant plus dramatique pour projet d’artiste. Ce qui confirme la défiance actuelle envers le théâtre. Vouloir chercher le public dans la rue, avec des déploiements de lumière, de la fête et de la convivialité, c’est renoncer réellement à l’idéal du théâtre populaire. Pourtant art démocratique, qui remplit les salles marseillaises presque aussi sûrement que le foot remplit les stades. Mais est moins télégénique que les phares qui balayent le ciel, les grues que l’on orne, les incandescences éphémères, les chevaux. Rousseau (oui oui l’affreux Jean-Jacques) dans sa Lettre contre les spectacles distinguait le théâtre, qu’il réprouvait, de la fête populaire, pour laquelle La Folle Histoire des Arts de la Rue 2008 - Generik Vapeur a Salon Algo « un piquet couronné de fleurs » suffit, et qui a le grand avantage de ne pas bâtir d’illusions, nuisibles au peuple, mais du réel participatif. Marivaux dans Les acteurs de bonne foi le contredit (voir p 16), affinant la pensée de Diderot et D’Alembert sur les vertus cathartiques et émancipatrices du théâtre. Y a-t-on renoncé aujourd’hui ? Plus grave : ce mouvement relève-t-il d’une volonté politique plus ou moins consciente de canaliser les principes subversifs du théâtre ? Ou le déploiement de lumière et d’images prévu dans le programme n’est-il qu’un hasard transitoire ? AGNÈS FRESCHEL celles qui ne seront pas retenues, et souffrent de la double peine. De même que celles qui, en PACA, ne sont pas dans le territoire de MP2013… Les collectivités s’étaient engagées, en 2009, à ne pas diminuer le volume de leurs subventions courantes au fonctionnement, et à l’investissement. Si pour l’instant la Ville et l’État ont considérablement augmenté leurs dépenses, leur bénéfice échappe aux acteurs culturels du territoire. Seul le Conseil général tient pour l’heure sa promesse, et Michel Pezet peut en conscience jouer les Cassandre et prévenir de la catastrophe à venir, si le feu de paille détruit dans ses flammes éphémères les folles herbes qui, jusqu’à présent, ont fait la richesse culturelle de notre territoire. A.F.



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