Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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64 LIVRES RENCONTRES D’Aix à Marseille… Edmonde Charles-Roux était l’invitée des Écritures Croisées. La rencontre offrait l’occasion de revenir sur une biographie haute-couture et haute en couleurs : l’enfance d’une fille d’académicien diplomate habituée à se déplacer avec ses « gens », l’engagement pendant la guerre, le talent de la journaliste non conventionnelle de Vogue qui aura réussi à introduire l’art contemporain sur le papier glacé de la presse de mode, le mariage avec Gaston Defferre et Marseille, les honneurs de l’académie Goncourt. La deuxième soirée offrait un angle d’approche double intéressant : d’une part, le rapport de l’œuvre à l’image, à travers la forme du récit-photo, l’adaptation cinématographique par Dino Risi d’Oublier Palerme, et l’évocation des grands talents dénichés par la journaliste ; d’autre part, le regard sur le Prix Goncourt, en tant que lauréate et membre de l’académie du même nom, comme Didier Decoin. Si c’est avec malice que la dame cultive son personnage de grande bourgeoise de gauche, et Didier Decoin celui de bon vivant amateur de bonne chère, la rencontre déçoit tout de même en se réduisant à quelques considérations convenues sur l’état du monde et des media, et à diverses anecdotes savoureuses. Reste tout de même que la soirée aura permis, une fois n’est pas coutume, de mettre à l’honneur Marseille en plein cœur d’Aix-en-Provence ! A. FA. Edmonde Charles-Roux : sa vie, son œuvre, ses passions les 27 et 28 janvier à la Cité du Livre avec Antoine Boussin, Didier Decoin, Michel Guerrin E. Charles-Roux X-D.R Lumières noires Le 8 février s’ouvrait à Vitrolles la 2 ème édition du festival Polar en lumières, une semaine consacrée au genre policier sous toutes ses formes. Accueilli par des organisateurs coiffés de panamas blancs à rubans noirs siglés du nom du festival, un public nombreux a rapidement rempli le hall puis la salle du cinéma Les Lumières. Cette soirée d’ouverture proposait une affiche alléchante : une table ronde sur le polar algérien, puis la projection du film Morituri, en compagnie du parrain de la manifestation, Yasmina Khadra. L’émotion a dominé les discours d’inauguration, car la venue à Vitrolles du célèbre romancier algérien est un symbole fort de l’évolution politique de la ville et de l’importance croissante de ce jeune festival ! Au maire qui lui remettait la médaille de la ville, l’écrivain a d’ailleurs rappelé son engagement et son plaisir de revenir en Provence. Hélas, après ces congratulations la soirée n’a pas tenu toutes ses promesses. Le journaliste Adlène Meddi, qu’on avait hâte de rencontrer, a été retenu à Serge Scotto avec son inséparable chien Saucisse et Yasmina Khadra Annie Galva/Zibeline Alger, actualité oblige. La table ronde menée par Serge Scotto s’est limitée à des généralités sur la vie et l’œuvre de Khadra, que ses lecteurs fidèles connaissent bien. On a tout de même appris la genèse du roman Morituri, écrit en un mois, dans une sorte de transe dont l’écrivain dit n’avoir aucun souvenir, à la suite d’un terrible attentat dont il avait été témoin. Première apparition du commissaire Llob, le double fictionnel de l’auteur, et satire violente de la corruption politico financière, cette œuvre âpre et sans illusions a été adaptée à l’écran par Ochaka Touita, qui était également invité. Le réalisateur de Les Sacrifiés, sorti en 1982 et évoquant les luttes fratricides des Algériens à Paris de 1955 à 1962, a choisi d’adapter en un seul film la trilogie de Khadra, trouvant que Morituri n’offrait pas assez de matière pour un bon scénario ; cela a fort déplu à l’auteur et le public a assisté à un vrai règlement de comptes ! Ceci a été d’autant plus frustrant que la problématique de l’adaptation cinématographique d’une œuvre littéraire est une question passionnante ! Reste à espérer que les séances suivantes ont été plus éclairantes ! ANNIE GAVA ET FRED ROBERT Polar en lumières s’est déroulé à Vitrolles du 8 au 13 février À quoi rêve Khadra ? Et que lui arrive-t-il dans cet Olympe des infortunes, où il semble s’être égaré ? Dans ce tout dernier opus, déjà édité en collection de poche, où est la force de L’attentat, où sont passées les émotions de Ce que le jour doit à la nuit ? Khadra déclare avoir écrit un roman. Ce court texte ressemble pourtant plus à une sorte de conte philosophique (mais où est la philosophie ?), à une espèce de fable allégorique (allégorie de quoi au juste ?). Pétrie de maximes et de grandes phrases, cette chronique du royaume des laissés-pour-compte se lit du bout des yeux et se referme sans états d’âme. Mais avec l’espoir sincère que Khadra retrouve bientôt le souffle… romanesque. F.R. YASMINA K 1 DRA MAT-ripe des infortunes
LIVRES 65 Contre vous ! Rene De Ceccatty Jean Marc de Samie Albert Dichy Jean Marc de Samie Leila Shahid Jean Marc de Samie Bien malgré elle, la mairie de Marseille aura fait un beau cadeau à Jean Genet pour son centenaire. Celuici devait se fêter aux Beaux-arts à Luminy, en compagnie de Leïla Shahid, amie des dernières années de l’auteur, et de deux de ses meilleurs lecteurs, René de Ceccaty et Albert Dichy. Rebondissement : la mairie interdit la manifestation à l’École des Beauxarts, invoquant que la sécurité de Leïla Shahid ne peut être assurée. Le motif déconcerte, la présence de la déléguée de la Palestine auprès de l’Europe étant pour cette fois apolitique, et fait polémique, dans un contexte particulièrement tendu, quelques jours après l’annulation de la conférence de Stéphane Hessel à l’École Normale, en compagnie de Leïla Shahid. …. Qu’importe ! la manifestation se sera finalement tenue à la Maison de la Région ouverte par Michel Vauzelle, où on aura refusé du monde toute la journée : un succès polémique, loin du ton compassé des commémorations institutionnelles, qui aurait plu à Genet ! « On aura évité le pire, que tout se passe bien ! » souligne avec humour Albert Dichy le lendemain, pour la suite de la manifestation au CIPM, qui fait de nouveau salle comble, dans une ambiance électrique. En ouverture, la projection du film Un chant d’amour (1950) est une entrée saisissante dans l’œuvre de Genet par l’un de ses motifs nucléaires, le lien entre la sexualité et la dénonciation de l’enfermement. Exemple d’un académisme formel qui contient en lui-même les germes de sa propre subversion, le film est à la fois pornographique et presque sentimental, l’exhibition des corps ripe sur les murs d’une prison, et l’exaspération carcérale du fantasme oscille entre brutalité, suggestion et stylisation lissée. La discussion qui suit entrecroise l’analyse précise de deux spécialistes et la force émouvante d’un témoignage d’amitié. Elle permet de balayer l’ensemble de l’œuvre, tout en se concentrant sur la dernière période, lorsque Genet sort de 25 ans de silence pour témoigner singulièrement de sa rencontre avec les Palestiniens dans ses deux dernières œuvres : Quatre heures à Chatila et le Captif amoureux. Un parcours possible se dessine : si l’écriture, comme le désir, est d’abord un moyen d’échapper à la réalité claustrale et coercitive d’une société occidentale abhorrée, elle en est venue, par un curieux renversement, à donner corps et mots à la réalité déniée des camps. Et c’est finalement la formule du « Contre vous ! », invoquée par André de Ceccaty, qui résume au mieux à la fois l’ambiguïté de l’œuvre et la cohérence de la soirée : elle suggère, sur le plan de la sexualité, l’exacerbation et la mise à distance simultanées du désir ; et elle est le cri de défi que l’œuvre de Genet, sur les plans politique et moral, jette au visage des lecteurs, par refus de s’enfermer dans toute forme de consensus, fût-il louable. AUDE FANLO Sans Jean Genet a eu lieu les 20 et 21 janvier à Marseille Bulles d’histoires Les libraires de La réserve à bulles ont eu du flair en invitant Ulli Lust. L’artiste, née à Vienne, installée depuis 1995 à Berlin, n’a pas fini de faire parler : son volumineux Trop n’est pas assez (460 pages !) vient de recevoir le prix Artémisia et celui de la Révélation 2011 du festival d’Angoulême. Interrogée par Boris Henry, elle est revenue sur ce succès, son travail et ses projets. Pour cette quadragénaire qui se définit avant tout comme une professionnelle de l’art, la BD permet d’abord de « raconter des histoires ». Ainsi, dans ce roman graphique fortement teinté d’autobiographie, Ulli Lust relate une période assez dure de son adolescence punk et entraîne le lecteur dans un road novel dont elle a très vite fixé la trame mais dont le dessin a demandé quatre ans de travail. Ce récit documentaire refuse les facilités du porno ou du sensationnel mais fait des clins d’œil au conte, à la mythologie, au tarot même, donnant à cette expérience individuelle une dimension d’apprentissage qu’Ulli Lust tenait à transmettre. Dessiner lui a d’ailleurs permis, a-t-elle confié, de saisir a posteriori la portée de certains épisodes de sa vie. Mais si on lui parle de thérapie à propos de cet ouvrage, elle voit rouge ! Non, Trop n’est pas assez n’est pas un ersatz thérapeutique, c’est un récit qu’elle voudrait que le Ulli Lust Agnes Mellon lecteur prenne comme un train d’où on ne peut plus descendre une fois qu’il est lancé. Elle-même s’est d’ailleurs lancée, à la demande d’une grosse maison d’édition allemande, dans une nouvelle expérience, qu’elle juge passionnante mais risquée, l’adaptation d’un roman mettant en scène les enfants de Goebbels. Toute une Histoire… FRED ROBERT Ulli Lust était invitée en février à la librairie Goulard à Aix, puis à La réserve à bulles à Marseille, dans le cadre des Escales en librairies proposées par l’association Libraires à Marseille. Ulli Lust est également l’éditrice d’un site de BD et romans graphiques à télécharger et à lire en ligne : www.electrocomics.com À lire Trop n’est pas assez, aux éditions Çà et là, 26 € Chronique à venir dans Zib’39



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