Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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62 CINÉMA ICI SEMAINE DU SON INSTITUT DE L’IMAGE Les séquestrés de Meina Le 27 janvier 1945, Auschwitz est « libéré ». Longtemps murés dans l’indicible, confrontés au fil des ans à l’ignorance des nouvelles générations ou à l’ignoble négationnisme de quelques-uns, les derniers survivants inlassablement témoignent. Devenu depuis 2002 Jour de mémoire et de prévention des crimes contre l’humanité en Europe, le 27 janvier multiplie les événements culturels. L’Institut Culturel Italien a projeté cette année le film de Carlo Lizzani, Hôtel Meina (2009), adapté d’un roman homonyme de Nozza. 8 sept. 1943 : grecs et italiens, naufragés de la guerre, partagent la douceur d’une fin d’été près du lac Majeur. À frôler la mort, la vie s’exacerbe. L’espoir fêté au champagne, à l’annonce de C’est son son l’armistice de Badoglio, s’éteint avec l’irruption d’une division SS. Réquisition de l’hôtel, tri des hôtes : les juifs seront confinés puis b Le 29 janvier, c’était la clôture de la troisième Semaine du Son qui veut « amener à prendre conscience de l’importance de la qualité de l’environnement sonore », comme l’a rappelé son fondateur Christian Hugonnet, ingénieur en acoustique et techniques de prise du son. Alors que le son est un élément fondamental de l’équilibre, seuls 2% des Français jouent d’un instrument… contre 65% des Américains ! Cinquante villes en France ont donc monté des Semaines du son, et à Marseille c’est le SATIS, Films-Flamme et le FIFA qui l’ont organisée, nous proposant d’apprendre à ÉCOUTER un film. Cela a donné une rencontre de six heures, au CRDP, autour des films de Robert Guédigian. Après avoir revu Lady Jane, les différents intervenants de la « chaîne » du son, Laurent Lafran sur le tournage, Bernard Sasia et Valérie Meffre pour le montage, Gérard Lamps pour le mixage ont expliqué avec clarté et précision leur travail respectif. Ils ont fait écouter à un auditoire attentif, les différentes pistes sonores, explicitant leurs choix sur certaines séquences. Puis un parcours chronologique des films de Guedigian a éclairci l’évolution du traitement du son, aussi bien du point de vue technique qu’esthétique, du premier film Dernier été, qui date de 1980, jusqu’à son 17 e film, en cours de montage, Les pauvres gens. Même si Robert Guédigian, qui présidait le Jury des longs métrages du Festival Premiers Plans d’Angers, n’était pas présent à la rencontre, il était bien là, avec ses films et ses fidèles collaborateurs. ANNIE GAVA A.G Hotel Meina de Carlo Lizzani exécutés quelques semaines plus tard malgré l’héroïsme du directeur, de sa fille Noa et d’une résistante allemande. Huis clos dans l’écrin L’Idéaliste des montagnes devenu étau, Hôtel Meina est un film oppressant. Condamnés et bourreaux partageant le même espace, l’horreur se distille à chaque plan, sur le visage lisse du beau commandant Krassler, dans les jeux bonhommes de ses soldats. Si Lizzani, qui a travaillé avec les plus grands -De Santis, Rossellini, Vergano- réussit quelques scènes fortes comme le ballet macabre des cadavres enchaînés au fond du lac, il n’évite pas l’écueil illustratif. Un film de plus, dira-t-on et pas un chefd’œuvre, mais raconter encore et encore sauve les victimes de la seconde mort dont parle Wiesel, celle de l’oubli. ELISE PADOVANI Ordet de CarlDreyer L’Institut de l’Image met à l’honneur jusqu’au 22 février le réalisateur Danois CarlTheodor Dreyer. Journaliste et cinéaste, homme de foi et de rigueur, Dreyer laisse une filmographie des plus personnelles et envoûtantes, et ce malgré un parcours atypique : il tournait peu, peaufinait ses projets à l’extrême, inquiétait les producteurs. Passé à la postérité grâce à la Passion de Jeanne d’Arc, film muet de 1928, puis à Vampyr (1931) et Ordet (1954) qui lui valut un Lion d’or à Venise, il n’a eu de cesse de chercher l’Idéal, celui avec majuscule, au travers de personnages en quête. Jeanne d’Arc bien sûr, le personnage principal d’Ordet aussi, et leurs chemins de croix vers le Divin. Jour de colère (1943) et Gertrud, son dernier film tourné en 1964 et sous-estimé à sa sortie, où ses protagonistes sont prêts à tout perdre pour entrevoir, ne serait-ce qu’un court instant, l’Amour. Ces êtres, dans la folie et la beauté de leurs parcours spirituels, sont le cœur du travail esthétique de Dreyer. Incroyable faiseur d’images, de gros plans aux émotions palpables, il sublimait l’interprétation de ses actrices, à l’affut du moindre tressaillement, de la moindre hésitation. Dans l’absolue précision de ses cadrages, de ses noirs, de ses blancs, des tons et demi-tons qui les séparent, le réalisateur danois impressionne d’Expressionnisme. Encore et toujours avec majuscule, à l’image d’une œuvre qu’il faut décidément redécouvrir. RÉMY GALVAIN Institut de l’Image 04 42 26 81 73 www.institut-image.org
De la vie juste avant la mort Isabelle Brocart et Emmanuelle Beart A.G LES VARIÉTÉS CLERMONT-FERRAND C’est à l’occasion de la 3 e journée Patients-Greffes de moelle organisée par l’Institut Paoli-Calmettes qu’a été projeté au cinéma Variétés Ma compagne de nuit, le premier long métrage d’Isabelle Brocard, qui était présente, accompagnée de l’une de ses actrices, Emmanuelle Béart. Écrit à quatre mains, le film est né d’un désir de parler de la maladie, de la mort, sans romantisme, et sans référence à une histoire vécue. Julia, superbement interprétée par Emmanuelle Béart, est une femme atteinte d’un cancer incurable qui a éloigné ses proches, sans doute pour les protéger, et partage ses derniers jours avec une assistante de vie, jouée admirablement par Hafsia Herzi. « Avec Hélène Laurent, on a voulu raconter l’histoire d’une rencontre, explique la réalisatrice. Le lien entre ces deux femmes est créé par la maladie et il devient un lien essentiel. Il n’y a pas de suspense dans le film : au bout c’est la mort, mais c’est la vie que je voulais filmer, les petits détails. Les deux héroïnes sont bien vivantes. » Pendant l’écriture, scénaristes, réalisatrice et actrices ont rencontré soignants et malades qui ont parlé CINÉMA 63 t D de leurs expériences, de leurs rencontres. Car c’est avant tout une histoire de rencontres. « Avant d’aller rencontrer des gens en soins palliatifs à Villejuif, précise Emmanuelle Béart, j’étais terrorisée ! J’ai beaucoup écouté et plus j’étais là, moins j’avais peur ; ce qui est important c’est la vie, les petits détails de la vie, un rayon de soleil, un message, et j’ai compris qu’il fallait aller à la source énergétique de ces détails. J’ai essayé de comprendre, à travers le regard et l’écoute, aller au plus proche. Plus je parlais avec les gens, plus je sentais une espèce de lumière. Faire ce film a changé mon regard sur la maladie. » Il est certain qu’il faut dépasser la peur en soi pour aller voir ce film âpre, inconfortable mais superbement interprété et plein d’humanité et d’énergie. ANNIE GAVA LA capitale du court métrage Après DEUX séances d’ouverture dans la salle Jean Cocteau (1400 places !) de la Maison de la Culture, comble comme toutes les années, c’est sur les chapeaux de roue qu’a démarré le 33 e Festival International du Court Métrage de Clermont-Ferrand. C’est à un véritable marathon que se livrent les festivaliers, courant d’une salle à l’autre, slalomant entre les compétitions internationale, nationale ou labo, la rétrospective Nouvelle- Zélande, la Carte Blanche à Sacrebleu productions, Court d’histoire, Courts de contes ou Regards d’Afrique. Le choix est difficile ! 400 films programmés dont 182 sélectionnés parmi les 6 753 films reçus, représentant plus d’une centaine de pays ! Cette année, aucun film de la région PACA n’est sélectionné… Donc nos quelques coups de cœur vont à d’autres ! D’abord deux films d’animation très réussis : Les journaux de Lipsett, du Canadien Theodore Ushev, présenté comme un journal intime, nous fait découvrir la frénésie créatrice d’Arthur Lipsett, un réalisateur canadien de films expérimentaux mort à 49 ans et Kamene de la Slovaque Katarina Kerekesova : la visite dans une carrière de la femme du contremaître qui rêve d’avoir un enfant, et qui constate que son mari a changé à force de travailler dur. Des films qui traitent avec légèreté de sujets graves comme Casus Belli du Grec Georges Zois dont le personnage principal est un caddie : une métaphore originale de la Crise. Anna et les tremblements de Solveig Anspach raconte le calvaire d’Anne (Anne Morin) qui tente d’attirer l’attention de la RATP sur son cas : les vibrations, dans son appartement, font tout bouger. Et puis aussi, La fille de l’homme de Manuel Shapira, Promise of a spring day du Coréen Yoon- Jae Ha, Siggil de Rémi Mazet, Le meilleur ami de l’homme de Vincent Mariette et puis, et puis… les regrets de tous ces films qu’on ne voit pas ! ANNIE GAVA Le palmarès ! Parmi la trentaine de films récompensés, le Grand Prix International est attribué au documentaire Kawalek Lata (Un bout d’été) de la Polonaise Marta Minorowicz. Prix Spécial du Jury : Los minutos, las horas (Les minutes, les heures) de Janaina Marques. Prix du Meilleur Film d’Animation : Les journaux de Lipsett de Theodore Ushev. Prix du public : Suiker (Sucre) de Jeroen Annokkeé. Palmarès national Grand Prix : Tremblay-en-France de Vincent Vivioz ; Prix Spécial du Jury : La dame au chien de Damien Manivel. Prix du public : L’accordeur d’Olivier Treiner. Grand Prix Labo : Night Mayor du Canadien Guy Maddin. Prix Spécial du Jury labo : On the way to the sea de Tao Gu ; Prix du public : Big Bang Big Boom de Blu. Kawalek Lata de Marta Minorowicz



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