Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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raTu)ri 1, I, 06 POLITIQUE CULTURELLE MARSEILLE CENTRE 1\intltuta LaCulture au cœur des enjeux Deux réunions débats ont eu lieu la même semaine sur le développement culturel et économique Le premier, organisé le 4 février par la Mairie du premier secteur à la Bourse, réunissait un plateau d’intervenants choisis : Michel Pezet 1, Daniel Hermann2, Dominique Bluzet, Macha Makeïeff, Nicolas Karmitz 3 et Jacques Pfister 4, autour de Patrick Mennucci, viceprésident délégué à la Culture de la région Paca, et maire du Premier secteur de Marseille. Celui-ci ne cache pas son ambition de transformer le centre-ville de Marseille, de le redynamiser grâce à un soutien actif à la vie culturelle et associative. Tout à fait conscient des dangers de la gentrification, il confie qu’il veut transformer le quartier Noailles en précisant qu’il faut en « changer le visage sans changer les visages ». Sans exclure, donc. Que révéla cette première réunion, destinée à lancer la saison culturelle 2011 ? Tout d’abord une immense mobilisation : le grand hall de la Bourse débordait littéralement de monde, on dut ouvrir la coursive supérieure (voir notre couverture), puis refuser l’entrée à des arrivants de plus en plus nombreux qui tentaient même l’assaut par derrière… C’était évident : les mondes culturels, économiques et politiques avaient répondu présent à l’appel mobilisateur autour du développement culturel ! Le débat, en revanche, ne fut pas d’une très grande qualité, les questions de l’animateur (« Comment pensez-vous à la culture en vous rasant le matin », qu’il rectifia d’un « maquillant » pour Macha Makeïeff…) ne permettaient pas d’aller au fond des choses. Quelques remarques de Marseille ! Agnes Mellon bienvenues cependant : c’est Jacques Pfister qui, paradoxalement, nota que l’important n’est pas que la culture soit un ressort économique ! Mais qu’elle entre au cœur de la vie, pour la transformer, en particulier celle des salariés et des entreprises. Macha Makeïeff, visiblement peu concernée par la teneur des propos, essaya d’amener le débat sur « les territoires rêvés de l’art », mais il fut essentiellement question des investissements des collectivités -ce qui est le rôle essentiel des élus en termes de politique culturelle- et d’actions de démocratisation et de mécénat, en particulier de l’ASSAMI, réseau des Mécènes Intelligents mis en place par Dominique Bluzet. Quant à l’art, comme souvent dans ces contextes, il fut maltraité ! Cinq percussionnistes issus de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée interprétèrent des arrangements devant un public parsemé -les autres étaient au buffet- qui dut se resserrer pour les entendre… Revers de l’enthousiasme suscité ? Sans doute ! Mais il faudrait prendre garde au risque que l’objet de la culture lui-même (c’est-à-dire une émancipation des êtres par l’accès à la pensée et aux arts ?) ne disparaisse pas au cours de l’élan censé le susciter. À l’opposé Quelques jours plus tard un autre débat, confidentiel, au petit théâtre de la Friche : devant une poignée de spectateurs et journalistes frigorifiés (les conditions d’accueil du public à la Friche restent scandaleusement misérables), des intellectuels, sociologues, militants associatifs, artistes, opérateurs culturels exposaient les résultats de la réflexion qu’ils mènent ensemble depuis 2009, régulièrement, lors de réunions mensuelles. Chacun ayant observé les formes de ségrégation urbaine, et les effets des capitales culturelles sur les villes, en particulier ce qu’il en advient après, ce collectif se présente comme un espace de réflexion qui vise à mettre en garde, à pointer les effets pervers, voire à prescrire des choix préventifs. Et à militer s’il le faut contre de mauvaises décisions, contre l’abandon que vivent certaines associations culturelles aujourd’hui. Un comité de veille, dont vous pouvez consulter le travail sur leur tout nouveau site, www.pensonslematin.org, et auquel vous pouvez vous inscrire ! On y pense l’articulation entre artistique, politique et citoyen, on y démonte les dérives immobilières, on y parle d’urbanisme, des choix culturels des autres villes européennes. Mais là encore il est peu question de l’objet artistique lui-même, et plutôt des lieux et moyens de production que des objets produits, ou des artistes, ou des pratiques culturelles. Car au-delà du danger d’instrumentaliser la Culture pour en faire simplement un levier économique, ou politique, au service ou non d’une ségrégation urbaine, le risque demeure d’oublier l’enjeu culturel lui-même. Qui est de produire et diffuser de l’art et de la pensée. Pour cela il faut avoir les moyens de l’élaborer. Économiques mais pas seulement : on demande de plus en plus aux artistes et aux opérateurs culturels des comptes sur leur impact dans la cité, en termes de pédagogie, de notoriété, de gestion. Rarement en termes de pertinence artistique, d’inventivité, d’esthétique, de force émotionnelle, de plongée subjective. Les artistes et écrivains en souffrent, ont du mal à se faire entendre, se font représenter pas des relais, administratifs, producteurs, consultants ou communicants, qui transforment leur parole, les convainquent d’entrer dans des schémas, des thématiques, des saisons, des impératifs de productions. Cette tendance actuelle appauvrit la création, et l’édition : l’exclusion des artistes du cœur des maisons d’arts a commencé, gentrification d’un autre genre... AGNÈS FRESCHEL 1 Vice-président du CG13 en charge de la Culture 2 Adjoint à la culture de Marseille 3 Fils de Marin Karmitz, fondateur du réseau MK2 4 Président de la CCIMP et de MP13 r Opérateur culturel 51 Pour transformer le centre-ville, Patrick Mennucci met en place une politique, inédite à cette échelle, et se transforme en opérateur culturel : non content de soutenir la vie associative et culturelle des 1er et 7 e arrondissements, la mairie du Premier Secteur devient programmateur ! Dès cet été le Théâtre Silvain accueillera des séances de cinéma, mais aussi des concerts symphoniques, la retransmission en direct de La Traviata du Festival d’Aix… D’ici là le Kiosque à musique de la Canebière accueillera Latcho Divano, Kabbalah, Marion Rampal, Ysae, un tremplin rock. La mairie du 1/7 soutient également AFLAM et son festival de cinéma arabe, les Belsunciades, la Rue du Flamenco, le FID, et bien sûr le Festival du livre de la Canebière. A la rentrée la Mairie accueillera Préavis de désordre Urbain, soutiendra Mouv’art, les Portes Ouvertes Consolat… Bref, tout ce que le centre-ville compte d’initiatives associatives citoyennes semble trouver une oreille attentive. D’autres preuves : l’Espace Dugommier et ses ateliers d’écriture et d’alphabétisation en phase avec des conférences et expositions, pour que les plus éloignés de la culture croisent des œuvres. La Galerie Mourlot et son fameux prix, qui s’attache à découvrir et promouvoir des talents contemporains. La Salle des Lices, dans le 7 e arrondissement, qui servira de lieu de répétitions et de pré-création aux compagnies qui en sont privées. Le but avoué de cette politique volontariste ? Amener les classes populaires à s’emparer de la culture en leur offrant des voies d’accès, et des propositions abordables tant financièrement que par leur côté grand public : pas question ici d’élaborer une culture fine et complexe, nécessitant pour y aborder de s’échiner sur des chemins ardus. Mais ouvrir au plus grand nombre les chemins de l’art est sans aucun doute une étape nécessaire aujourd’hui. A.F. www.mairiedupremiersecteur.fr
POLITIQUE CULTURELLE 07 Faut-il désirer la gentrification ? Gentry : petite noblesse anglaise… Le terme de gentrification fleurit sous les plumes des sociologues, des journalistes, des politiques, pour désigner les changements qui interviennent dans certains quartiers lors de mutations économiques et urbanistiques. Celles qui favorisent l’arrivée de classes moyennes/aisées qui consomment, exigent des équipements et des services, mais poussent dehors, vers les banlieues, les classes populaires qui ne peuvent suivre la hausse des loyers. Le phénomène, à l’œuvre dans tous les centres-villes européens et états-uniens, entraîne une spéculation immobilière, et s’appuie sur une volonté publique de modernisation des transports, de construction d’écoles… mais aussi sur la construction d’équipements touristiques et culturels. Projet que les hommes politiques, de Jean-Claude Gaudin à Patrick Mennucci en passant par Jean-Noël Guérini et Renaud Muselier, mais aussi les acteurs économiques comme Jacques Pfister, affichent aujourd’hui clairement pour leur ville. Qu’en est-il du processus de gentrification dans le centre-ville de l’agglomération la plus pauvre de France ? Nous avons demandé à Boris Grésillon 1, spécialiste des questions de géographie urbaine, de nous parler de ce qui se passe à Marseille… Zibeline : Peut-on parler de processus de gentrification à Marseille ? Boris Grésillon : Marseille résiste ! Non par volonté des habitants ou des politiques, mais parce qu’il manque ici un élément essentiel à la mise en place d’un centreville gentrifié : la richesse. Il faut qu’il y ait une masse critique de foyers disposant de 3000 € par mois pour qu’un plan de rénovation urbaine de ce type puisse se réaliser, pour que les promoteurs, les banques, les commerçants, les investisseurs transforment un quartier. À Marseille il y a trop de pauvres, et pas assez de gentrificateurs, c’est-à-dire de bobos ou de créatifs comme on les appelle parfois. Ceux-ci, trop peu nombreux, ne peuvent profiter des phénomènes de rénovation en cours, et constatant leur échec ne s’installent pas, ou se réinstallent ailleurs, dans d’autres quartiers ou à Aix. Quel est l’impact de la vie culturelle sur ce processus ? En principe il devrait être un levier, un incitateur. L’exemple de la Belle de Mai est frappant : la Friche, en particulier les studios du Pôle média, devraient attirer les touristes et l’emploi. Or cela reste un des quartiers les plus pauvres de Marseille : la gentrification planifiée par la Ville lors de l’installation du pôle n’a pas pris. Faut-il le regretter, ou s’en réjouir ? À Penser le Matin on considère que c’est une chance, qu’il ne faut pas exclure les pauvres dans des banlieues ghettos, et qu’on doit garder le cœur populaire de Marseille, qui en fait la richesse paradoxale. Mais le pire serait de laisser ces quartiers végéter dans la pauvreté : il leur faut des équipements et des transports pour que la ville soit moins clivée… C’est une ville pauvre, non clivée ! Détrompez-vous, il y a des riches à Marseille ! Les écarts de revenus sont les plus importants de France : de 1 à 34 ! Les riches ne sont pas visibles, ils vivent derrière des murs dans des quartiers dont ils ont privatisé les accès… Et il n’y a pas de mixité sociale, les gens de Noailles et de la Préfecture se croisent mais ne se mélangent pas. Marseille fonctionne par quartiers, riches et cloisonnés ou pauvres et délaissés… ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNES FRESCHEL 1 Docteur en géographie, maître de conférences à l’université de Provence et membre du laboratoire Telemme. Membre du collectif Pensons le matin rJJ Le printemps de Pense m I c Téague l 44 s Pierrot lunatique T1ON B ma E ; ,., 78-. - 64 -. Schiln berg, 6criturE Suzanne JIM bert : Lcom man deJ.ïp Renaud Marie Lehlançdf irection Raoul Lay//chef + L11fi11Ll U/A ; , '- "'-F':'-J`Y.-=r-' !.. ? AEyw -f>.._._*.'iai Ty-ilif ré,rer> Ur7 Pierret ! unaire, M8i5pler5vr117e1A5t dkrar0' ? fataret INsrâr7na+neaux yeux di" rYletlfit Prt $Cr7P, ? r2iKlratOfi P rYlCdfir1P de rilLlS4L'P CiP C h2rrlbra. fJCWrfES'i}ri lQa du chef et qpLEhra rxnant4cia dLl carps reile. da.rls ? er>rxrt de,b svprar,v... -.:. alfil.'I71I`aanPr "'Rr.itic'ns put'r.Iyues Et 3Le ! rE.r1 I i Ulf.1 161 f', : Édats de peaux, ABGGas ; on ae" Marseille vendredi 25 mars 19h I 0491 C8610Q [Pr'- - : La Revue de CEJ ÎSiFie, : a°rnnr'ïrt. ipnnp I ; t[e d.q..a.4:rri uendred i B avril 21:1130104 97 051-h 90 }Cannes..- Le chant des basses I ABE ! Gas to- Cuff) : ; vendre[lï 15avrï119h I CO 91 OE351 C [Prt}jeL ECO". Marseille La jeune-fille aux mains d'argent I scirse natronale'd'Jeud121 avr1120h301 02 33 291 5 gG...+ OP'01 Folk Son dimanche 15 Tn f Out l Arnhem Frshs samedi4juin I [Projet ECO'] Bordeaux pans-Bas E F m 3 L r - Les inclassables I Cuurs du LI IdLe Tnai5 vL3 ; ? menserrl bfe-tele riaque, corn rapetr esb z a 6



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