Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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56 ARTS VISUELS ARLES AIX-EN-PROVENCE L’homme de fer Avec Sur Mesures, le musée Réattu confirme une approche originale de ses collections. Les sculptures de Vladimir Skoda assurent le premier temps de l’ouverture 2011… Par cette forme muséographique inaugurée en 2008 avec Christian Lacroix, puis Chambres d’écho et ensuite À pied d’œuvre, le visiteur est convié à découvrir, libre d’inventer aussi les correspondances en germe dans la co-présence d’œuvres anciennes et contemporaines. Celles-ci peuvent apparaître dans des similitudes formelles, thématiques, les démarches mises en œuvre ou bien encore à travers le paradoxe de leurs différences. Cette attente de l’apparition du sens présuppose la confiance des organisateurs en la capacité du public, qui doit investir de manière cultivée et patiente le parcours, dans un effort intellectuel et physique ! Pour la partie corporelle, on regrettera comme dans bien des musées le manque d’opportunités de se poser… Pourtant dès la cour d’entrée, les trois pointes de métal poli et rouillé en leur extrémité (Une seule direction) qui outrepassent la taille du visiteur et jalonnent le passage ne peuvent que retenir l’attention. Jeux d’intégration par reflets inversés (visiteur, architecture, ii..7..miMME70..1 A I.15 = 11.1 L L 71EA kit Willi ts4 Vladimir Skoda, Une seule direction, 2004-2009, dans la cour du musee. ADAGP 2011 Franta Barton arbre, ciel, cosmos), similitude formelle et gigantisme avec les épines du gleditsia triacanthos proche (l’énergie, le piquant), l’émergence (la vie), la condensation (sculpture/socle/objet/magie). À l’intérieur Vladimir Skoda a déployé un coruscant parterre de billes d’acier (Entropia grande) en concordance avec le Rhône et La mort d’Alcibiade peint par Réattu, correspondance inachevée à la fluidité, comme à l’antiquité retrouvée. La suite de l’exposition se nourrit des œuvres du maître et sa collection (Vouet, Raspal, Rosa…) en écho à d’autres artistes contemporains du musée (Bailly-Maître-Grand, Sterbak, Dejonghe…) et des acquisitions récentes (Barroco, stupéfiante vidéo de Mélina Jaouen) ou empruntées (Skoda, V. Barré, Ixion de Toni Grand…). Au visiteur de cultiver ses intuitions. Sur mesures. CLAUDE LORIN Sur mesures jusqu’au 31 décembre Musée Réattu, Arles 04 90 49 35 23 www.museereattu.arles.fr o Double Saltiel Réputée pour son patrimoine et ses grands évènements culturels Aix serait-elle tentée par l’art contemporain ? Dédoublant la maison-mère sise au Castellet, la galerie Saltiel y ouvre un second lieu… Le développement culturel de la ville d’eaux constitue un pôle d’attractivité incontestable à l’échelle régionale jusqu’à l’international. Pour l’art contemporain, si localement le marché est encore restreint et les collectionneurs réputés plutôt rares et frileux, des initiatives montrent pourtant que la tentation est grande de continuer à relever le défi. Quelques cranes de Bastien Cuenot, techniques mixtesC.Lorin/Zibeline Ce n’est pas un nouveau lieu qui s’est installé récemment dans le cercle encore restreint (mais qui s’agrandit) des galeries d’art dans la bonne ville du roi René : à deux pas de l’hôtel de ville la galerie Saltiel reprend le vaste espace laissé par l’ex galerie Petitjean (on retrouve des artistes communs) celle-ci tentée par l’eldorado azuréen. Pour Maxime Fitoussi, son jeune directeur, ce projet est une affaire de famille et une aventure personnelle « j’ai été sensibilisé à l’art dans la galerie que tient mon père depuis de nombreuses années au Castellet. Il y présente toujours des artistes contemporains mais plus classiques aussi. Je voulais développer la partie contemporaine et ce lieu se libérait ». Comme souvent le commerce de l’art propose, par nécessité, des œuvres de personnalités reconnues. Erro, Velickovic, Combas en particulier sont au portefeuille mais il s’agit aussi d’aider des artistes émergents comme Philippe Pasqua ou de jeunes créateurs régionaux. À voir actuellement, une série de crânes de Bastien Cuenot entre design d’objet et tradition des vanités (une nouvelle série thématique est en projet pour avril). Orientée vers la figuration, peinture et sculpture principalement, la galerie souhaite proposer des œuvres à prix de départ raisonnables (900 euros pour une pièce unique de Bastien Cuenot) tout en « …faisant un travail sérieux et crédible en prenant le temps si on veut durer ». Quitte à resserrer un choix qui, à trop vouloir assurer, se disperse un peu par éclectisme ? C.L. Galerie Saltiel, Aix 04 94 32 72 01 www.galerie-saltiel.fr
TOULON AUBAGNE ARTS VISUELS 57 Suites en paysages L’Hôtel des arts à Toulon a une prédilection pour l’art abstrait. Mais Jérémy Liron, peintre en bâtiments, aime à se confronter au réel. C’est un bâtisseur d’utopies, un architecte du paysage. Il fait partie de cette nouvelle génération de peintres qui se réapproprient le paysage, particulièrement les ensembles urbains, avec une grande liberté. Selon un point de vue distancié : cadrage photographique, format carré 123 x 123 de préférence, pellicule de Plexiglas, références cinématographiques (Wenders, Godard…) et philosophiques (Deleuze, Schopenhauer). Des « images peintes » qui jouent un double jeu simultané, celui de l’illusion de la perspective et de l’espace menteur et celui de la surface plane délimitée par la combinaison de matières (liquides, ici pas d’empâtement), de formes (architecturées) et de couleurs (palette de tons sourds). De fait la frontière entre figuration et abstraction paraît subjective : « C’est une distinction que je ne fais pas de manière radicale, convient-il, car toute image prélevée du monde en est abstraite ». Héritier d’une tradition de peintres qu’il nomme volontiers (de la technique de Rembrandt à la froideur de Hockney), Jérémy Liron s’attache à représenter une réalité architecturale contemporaine exempte de présence humaine - des barres d’immeubles aux icônes avant-gardistes - dont il gomme les anecdotes pour Dans l’abécédaire de Laurent Dessupoiu on peut lire en vrac A comme Afrique où il a passé son enfance, Z comme Zanzibar où il rêve de voyager, I comme identité, D comme Di Rosa son ami et Y comme yuan, « monnaie sous évaluée qui fait trembler le monde ». Un inventaire éclectique et exotique à l’image de ses toiles expressives et colorées, qui cache des thématiques souvent douloureuses : l’excision des femmes (polyptique La journée de la femme à Bamako), l’exil et la perte d’identité (Les sans papiers de la République), la soif de vivre (Sur les traces de la liberté, collection Éric Cantona). Avec sa palette de couleurs primaires, son sens de l’image explosive et son goût de la récup’, son œuvre s’inscrit dans le sillage de la Figuration libre : les figures totémiques mangent les fonds monochromes et bayadères sans en retenir non un témoignage social mais une oeuvre plastique. Qui inviterait à la contemplation par le seul agencement de couleurs et « de formes suffisamment habitées ». Dès 15 ans, il a composé « des images gentilles, des aquarelles et des paysages provençaux » avant d’entrer à l’École nationale des beaux-arts de Paris ; il s’autorise alors une immersion sauvage dans l’art, la vidéo, le cinéma, sans oublier la leçon des maîtres, allant jusqu’à broyer ses pigments, travailler le lavis et les glacis. C’est sans doute dans cette parfaite LIRON paysage Zone de turbulences complexe, les corps se parent de rouge ou de vert acidulés et les titres battent les esprits ! En veilleur du monde, Laurent Dessupoiu brode sur le réel et les faits-divers des histoires universelles à travers la représentation de personnages absorption du passé qu’il a gagné sa liberté. Celle de repenser le monde à sa manière, dans un détachement feint, l’esprit et le regard modelés par la photographie qui modifie son appréhension de l’espace. Le paysage devient-il un objet ? serait-il totalement Laurent Dessupoiu Patrick Massaia LIRON paysage désincarné ? Ses séries numérotées et sans titre pourraient le laisser croire… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Jérémy Liron, peintre en bâtiments jusqu’au 13 mars Hôtel des arts, Toulon 04 94 91 69 18 www.hdatoulon.fr fétiches immédiatement identifiables - bouche démesurée, chevelure-fleur, cou sans fin. Un vocabulaire personnel qui est à la fois une marque de fabrique et un style poétique, entre art brut et nouvelle figuration. Plus libre encore, sa galerie de gueules cassées de la vie Gladiateurs des temps modernes est une suite de tableaux en 2D, de tableaux-masques, voire de trophées de chasse. Iconoclaste dans sa forme et tendre dans le regard qu’il porte aux autres… son œuvre est aussi directe qu’un coup de poing dans un gant de velours. M.G.-G. jusqu’au 20 février Chapelle des Pénitents noirs, Aubagne 04 42 18 17 26 www.aubagne.fr



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