Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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50 SPECTACLES PAVILLON NOIR MASSALIA OUEST PCE SIMIANE BERRE Lorsque la peinture danse La danse ne cesse de forger des Pygmalion, des statues qui s’animent, des formes immobiles qui prennent vie, se redessinent, puisant dans leurs lignes le sens des mouvements qui les prolongent. Les danseurs de la Cie La Locomotive, issus de l’École supérieure Rosella Hightower, offraient un moment de poésie spirituel aux enfants. Leur histoire anachronique de la peinture propose un voyage à travers les tableaux, l’imaginaire libéré, dans une mise en lumière d’une efficace subtilité. Yan Giraldou, en meneur de jeu, invite les spectateurs à fermer les yeux, à reconstituer l’image mentale d’un tableau qu’ils aiment, et à s‘y promener, comme Mary Poppins. Et, en revisitant ses souvenirs visuels, à se laisser aller à ses émotions, en acceptant sa construction personnelle. Puis on ouvre les yeux et l’on entre dans le rêve des danseurs. Ils jouent avec les cadres, d’où le portrait s’évade, déjouent avec humour les contraintes des limites matérielles, de Plic ploc ! lap Où va l’eau ? Judicieuse question à vrai dire, et tout dépend du point de vue… S’agit-il de celle sur laquelle s’ébattent les canards, celle qui coule du verre que l’on boit en faisant de sonores gargouillis, celle qui remplit la baignoire, celle qui permet de patauger en se salissant gaiement, celle qui traverse le ventre et donne envie de faire pipi… Tout est question de cheminements naturels ! À partir d’albums de Jeanne Ashbé, bien connue des tout-petits qui ne savent pas encore lire, Alain Coulaud met en scène des couleurs, des images pleines de couleurs chaudes, douces, sans sens véritables mais poétiques, des situations qui parlent bien aux enfants. Élément de jeu, l’eau est bien présente sur la scène pour la joie ébahie de celles et ceux qui n’en croient pas leurs yeux… et n’attendent qu’une chose, aller observer de plus près où s’enfuit vraiment celle qui procure autant de plaisirs, visuels, sonores, tactiles ! DO.M. Où va l’eau ? a été joué, en janvier, le 19 à Istres, le 21 à Grans, le 26 à Miramas, le 29 à Fos et le 2 février à Berre X-D.R o Marionnettes d’Orients Il est des spectacles estampillés « enfant » en Europe qui dans le reste du monde touchent tous les âges, prennent une allure sacrée et fondent des cultures nationales. Ainsi les marionnettes des pays asiatiques… Éric Meslay, voyageur impénitent, parcourt l’Asie et s’attache aux théâtres d’ombres et de marionnettes. Rencontres avec les derniers grands maîtres, étude des différents procédés, recherche d’une production vivante et authentique, sa belle démarche lui a permis de constituer une impressionnante collection. Marionnettes de Birmanie, immenses et articulées jusqu’au bout des doigts, grands cuirs de Thaïlande ou du Laos dont les marionnettistes effectuent une danse aux gestes codifiés, lourdes marionnettes du Sri Lanka, rares et gracieuses marionnettes de Chine, aux vêtements de soie savamment ornés, marionnettes aux vives couleurs de Bali, de Java… incroyable variété de celles de l’Inde… sans compter celles qui « marchent sur l’eau » … Rendez-vous plutôt sur son site, extraordinaire de précision et d’érudition. Ces marionnettes reprennent vie en représentations. Ainsi, l’on pouvait applaudir à Simiane La légende du Prince Rama, d’après le poème du Ramayana, par la Cie L’Ombre Chinoise. Entre oiseaux, insectes, bruits de la forêt, parfums d’encens, silhouettes filiformes d’arbres nus et de lianes, Carole Errante installe l’histoire, relayée par les marionnettes dont les Galerie, Yan Giraldou Tomek Jarolim l’immobilité évoquée. Travail en miroir, arrêts sur image, mises en abîme, échos suggérés entre la Vénus d’Urbino du Titien, La grande Odalisque d’Ingres et L’Olympia de Manet, entre les Trois Grâces de Rubens qui côtoient celles de Raphaël. Puis on en vient au questionnement des moyens plastiques, les mouvements s‘accélèrent en une géométrie débridée, le cubisme éclot, avant de revenir à la silhouette de La Femme à l’ombrelle de Monet, « calme et langoureux vertige » … L’interprétation enjouée des danseuses, leur expressivité, la bande son composée par Antoine Guenet, tout concourrait au bonheur de ce spectacle d’une belle intelligence sensitive. MARYVONNE COLOMBANI Galerie, Pour une histoire anachronique dans la peinture a été dansé du 27 au 29 janvier au Pavillon Noir, Aix La legende du Prince Rama (montage) X-D.R ombres colorées (vertu de la peau de buffle travaillée jusqu’à devenir translucide !) dansent, se meuvent en une pantomime délicate. Quelle finesse ! Carole Errante joue avec une magnifique expressivité, caractérise chaque personnage par un geste, une attitude souvent très drôle, amenant juste ce qu’il est nécessaire de distanciation pour le spectateur. Les raga de l’Inde soutiennent le récit, les tambours Kodo du Japon rythment les combats. Un enchantement ! M.C. La légende du Prince Rama a été donnée à Simiane le 29 janvier L’exposition des Marionnettes d’Asie d’Eric Meslay est visible jusqu’au 4 mars à Marseille au Parvis des Arts À suivre… Le spectacle de la Cie l’Est et l’Ouest est onirique, porté par d’imaginatives marionnettistes : quelques notes de ukulélé, une voix de femme racontant en chinois une histoire d’œuf de baleine (qui n’existe pas, comme chacun sait), l’emploi très habile d’un rétroprojecteur pour simuler les vagues, deux mains incarnant comme par magie des poissonsclowns qui frétillent, et on y est, dans cet univers aquatique qui préside à toutes les naissances... G.C. La Naissance, 1er volet d’un projet intitulé Entre Repos et Éveils a été créé au Massalia, du 31 janvier au 5 février
MASSALIA PÔLEJEUNEPUBLIC LE CARRÉ SPECTACLES 51 X-D.R Au cœur des petits riens La scène est nue, des éclairages au ras du sol déterminent un espace de jeu qui sera peu à peu quadrillé de lumière grâce au travail précis de Bertrand Blayo. Dans cet espace vide Stéfanie James propose un voyage dans le souvenir et les sensations. Tout au long de la petite heure que dure sa proposition elle parcourt le plateau avec des mouvements lents, quasiment dansés, accompagnés de gestes enveloppés des bras et des mains, le buste penché comme si elle berçait un enfant. Parfois, pour séparer ses évocations elle accompagne ses gestes de sons psalmodiés, très doux. Qu’elle s’étonne de la façon dont un flamant rose tient longuement sur une seule patte ou des irisations diaphanes des ailes de libellule, qu’elle imagine les réflexions d’un nouveau-né sur le monde dans lequel il surgit ou les rêves d’une enfant sur une balançoire, elle joue avec les petits riens de la vie. Autant dire qu’elle remplit les vides du temps car, de son propre aveu, le Vide est son sujet. Les textes sont sensibles, parfois imprégnés d’humour, notamment lorsqu’elle s’amuse du temps libre ou s’imagine morte, dans un tombeau. En relation étroite avec son public elle le scrute au plus profond, cherchant le contact, inversant les rôles. Cependant si certains moments sont lumineux, l’ensemble baigne dans une lenteur lassante. Le spectacle gagnerait à adopter des variations de rythme plus franches. CHRIS BOURGUE Vide, mis en scène par Didier Kowarsky, s’est joué au Massalia les 1 et 2 février Danse avec le bois Des bouts de bois en guise d’agrès de cirque et instruments de musique, des exercices acrobatiques à la limite des lois de l’équilibre, des objets qui tombent du ciel et s’entrechoquent, Debout de bois est une succession de tableaux vivants où l’homme (Sébastien Dault) ressemble à s’y méprendre à une marionnette. Parfois c’est lui le maître du jeu qui jongle avec le bois et lui résiste, parfois le bois prend le dessus qui le contraint à rouler au sol, à l’esquiver. Un jeu de quilles dans lequel l’artiste, le bois et la création sonore combattent à armes inégales, car les baguettes sont magiques et le bois contagieux… au point que l’homme se couvre de fins branchages et se métamorphose en arbre vivant, pantin articulé et effarouché. Il gesticule, saute, perd l’équilibre, tente l’impossible : prisonnier des fils invisibles tirés en coulisses, contraint dans ses déplacements par les imprévisibles bouts de bois, l’hommemarionnette s’interroge sur la façon de se tenir debout. « Comment va-t-il faire pour s’en sortir ? » s’exclame un gamin à voix haute, inquiet. Pas de panique ! le duo d’artistes de la compagnie La main d’œuvres (sa complice, tapie dans l’ombre, manipule les ficelles) dose savamment ses effets entre les prouesses du cirque, l’art du théâtre d’objets, les bruitages sonores et les arts plastiques. Certains enfants décrochent, déconcertés par cet éloge de la lenteur et sans doute plus familiers du zapping que de la contemplation. M.G.-G. Debout de bois a été joué les 1 et 2 février au PôleJeunePublic au Revest Debout de bois Mickael Troivaux Ce qui n’est pas là La Cartonnerie fait le plein pour ce spectacle de Patrice Douchet, sur un texte de Karin Serres. Le public de jeunes marseillais s’interroge à haute voix entre les scènes : cette histoire d’ours que l’on ne voit pas, ces sons venus du froid, ces clairs-obscurs, ce grand chasseur botté et agressif, c’est du lard, ou du cochon ? Les deux ! Ici l’on parle Louise les ours D-Mournet-Ramel d’ambivalence, justement. L’héroïne a onze ans, l’âge où sortir de sa carapace tente et rebute à la fois. C’est alors rassurant d’avoir « dans le dos comme la cuirasse de douceur d’un énorme manteau, rayonnant de chaleur comme un capot de tracteur ». Un ours. Transparent. Fidèle, jusqu’au jour où l’on ne trouve plus si dégoûtante la perspective d’aller rouler des pelles aux garçons contre les murs du lycée, comme sa sœur aînée. La petite demoiselle est jouée par une jeune femme, d’où un effet renforcé d’entre-deux âges. La grande sœur et le père encadrent Louise au propre et au figuré, mais bizarrement on sent surtout la force d’une grande absence. Les ours sont là ou ne sont point là, certes mais... où est la mère ? Qui traite les poux de ses enfants, qui montre le chemin de la féminité à ses filles en âge de songer à l’amour ? Louise en tout cas le cherche, et ce qu’elle trouve ressemble étrangement aux ivresses adolescentes. « Il me regarde de ses yeux brûlants. Je lui souris, la tête renversée vers lui, si grand. Si éblouissant. » Bientôt, ce seront les yeux noirs d’un vrai jeune homme qui la raviront. GAËLLE CLOAREC rwer. Louise les ours a été joué du 9 au 11 février au Théâtre Massalia et le 3 février au Carré Sainte Maxime o



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