Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38 MUSIQUE SYMPHONIQUE CONTEMPORAINE À rebrousse temps Nord-Est L’Orchestre National de Montpellier proposait une double confrontation géographique et chronologique. Dédiée au sentiment de clarté, Lumen de Régis Campo réconciliait les plus récalcitrants avec la création contemporaine : datant de 2001, cette œuvre d’une dizaine de minutes aux accents impressionnistes joue avec les fondus de timbres, de nuances et de couleurs orchestrales ; les notes et motifs répétés, sur un jeu de tempos et de rythmes allègres, fusant d’un pupitre à l’autre. Dès le départ, la répétition d’un mi aigu obsédant génère des consonances et harmoniques qui s’étendent à tout l’orchestre sans nous faire oublier un sentiment de tonalité sous-jacente. Le chef Enrique Mazzola transmettait cet éclatement jubilatoire de nuances spectrales à son orchestre qui suggérait brillances et scintillements, inspirés au compositeur marseillais par ses origines méditerranéennes. Les chanterelles, les bois et les métaux des percussions sans oublier la harpe produisaient un festival de luminescences posées ou alternant avec un fond plus crépusculaire, pour finir sur un unisson en blanc majeur. Ce sont les thèmes populaires ukrainiens de la Symphonie n°2 dite Petite Russienne de Tchaïkovski qui nous ramenaient sur des terres plus septentrionales. Le cor et les cuivres évoquaient la Volga sans emphase, les thèmes rythmiques étaient bien Prélude sans fugue C’est en guise de prélude à la représentation de La disgrâce de J.S. Bach (reprise par Serge Barbuscia les 10 et 12 février en son théâtre) que le Balcon a proposé cette vidéo de Gonzague Zeno. Consacrée à l’illustre organiste qui affirma « mon œuvre est faite pour le bonheur de tous les hommes », cette approche biographique contenant de nombreuses références picturales et musicales du XVIII e siècle et tournée en partie avec des acteurs locaux (organistes avignonnais et montpelliérain) a permis de Conçu comme une palette de saveurs diverses, le concert de l’OLRAP a débuté avec une œuvre de Luciano Berio, Requies, dont la lente et simple mélodie, longuement développée et subtilement colorée, transporte vers une sérénité sans terreur, et sans mystique. À l’opposé, la Suite de Pulcinella Orchestre National de Montpellier Marc Ginot Gary Hoffman Gerard Proust d’Igor Stravinsky, composée à partir d’un matériau musical du XVII e siècle emprunté à Pergolèse. Musique à danser, colorée, figurative, créée en 1922 pour Diaghilev, elle a permis de mettre en valeur les qualités musicales des solistes de l’Orchestre d’Avignon, souvent à découvert. Est-ce cette virtuosité qui a emporté l’enthousiasme du public, qui est resté plus froid pour les belles couleurs de Berio ? C’est avec le légendaire Triple concerto de Beethoven composé en 1804 que s’est clôt le concert : au piano, l’admirable Vahan Mardirossian -qui offrit une inoubliable prestation lors du concert de soutien à l’Olrap en octobre 2009- a eu comme partenaire le non moins célèbre violoncelliste Gary Hoffman (jouant un Amati de 1662) dont le jeu, ce soir-là, fut divin : une scandés et les percussions assuraient des fondations solides. En milieu de concert, la Bulgare Liya Petrova (21 ans !) exécutait un 2 e Concerto pour violon de Mendelssohn sans épanchement outrancier, avec une maîtrise parfaite des passages les plus délicats. À la lumière méridionale contemporaine répondait donc la luminosité romantique de l’est, non moins empreinte de séduction. Montpellier à Nîmes ? Si seulement la géopolitique pouvait nous offrir un tel équilibre dans la richesse et la diversité ! P-A H. L’Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon s’est produit le 4 février au théâtre de Nîmes redécouvrir cette époque où les princes avaient toute puissance sur les artistes. J.S Bach eut le malheur d’être en désaccord avec l’un d’eux… et s’en trouva disgracié… Evénement sur lequel le spectacle de Serge Barbuscia, qui met en scène l’effroyable condition de dépendance de l’artiste, repose.C.R. Vidéo-Bach a été projeté le 9 février au Théâtre du Balcon, Avignon sonorité exceptionnelle, une musicalité hors du commun. Il ne fut guère évident pour la violoniste Cordelia Palm, super soliste de l’orchestre, de se faire une place prés de ses deux géants malgré son talent ! D’autant qu’une direction peu mature n’a pas permis aux solistes de compter sur un orchestre qui manquait de la clarté harmonique attendue. L’ensemble fut néanmoins très apprécié : même imparfaitement rendue, la puissance symphonique de Beethoven est inimitable… CHRISTINE REY Ce concert a eu lieu le 4 février à l’opéra-théâtre d’Avignon Vu L’Arlésienne (à Arles…) Effectivement, cette Arlésienne seulement évoquée dans le mélodrame était incarnée à la Chapelle du Méjan d’Arles par les accents de Marie-Christine Barrault déclamant la nouvelle inspirée par le conte original. Destinée à l’origine à la pièce de théâtre, une grande partie de la musique de scène (sans les chœurs) commentait les accents de la récitante. Le timbre voilé et parfois puissant de celle-ci traduisait le drame terrible de Frederi qui ne se remettra jamais de l’annulation de son mariage avec une Arlésienne pour des raisons de bienséance sociale de la bourgeoisie provençale. L’ensemble angoumoisin Music@16, sous la baguette de Jacques Pési ajoutait aux sentiments suggérés par le texte des émotions lourdes de sens, à l’exemple du thème de l’innocent. Marie-Christine Barrault variait le timbre de sa voix sur les paroles fluettes de Vivette impuissante à contrarier un sombre destin. Malgré le ton populaire de la Marche des rois à l’instrumentation multiple, malgré les accents provençaux et virevoltants de la célèbre Farandole et du Carillon, en dépit des exhortations du berger Balthazar et de la mère Rose, l’issue fatale survint, ponctuée par ces mots terribles de Fréderi : « …Là dans la terre... ». On y croit. Une réussite donc, même si confronter un tel texte et une telle musique donne un alliage lourd de sens. Trop parfois peut-être : additionner la force émotionnelle de Daudet et Bizet peut amener à quelques excès, d’autant que la destination première de la musique pour la scène n’est pas d’accompagner mais de provoquer l’émotion. P-A HOYET Ce concert a été donné le 8 février au Méjan, à Arles
Que reste-t-il… *4 Un studio hybride, mixages en direct devant un auditoire vraiment confidentiel : tuilages entre Jacques Diennet et Annabelle Playe. Des clins d’œil à la mémoire de Frank Royon Le Mée, trop tôt disparu, à 41 ans, en 1993, avec qui Diennet avait conçu un spectacle électro-acoustique iconoclaste et décapant (Soop Opéra). Ici, deux claviers, deux expandeurs, processeurs midi stockant des sons échantillonnés, comme au bon vieux temps des pionniers électro du Conservatoire de Marseille (Frémiot, Bœuf...) : 1968, première classe de musique électroacoustique dans un Conservatoire de France. Ça sentait bon les années 70 ! Deux ordinateurs pilotant l’ensemble, certains sons provenant de synthés analogiques. Trois périodes découpées par des silences. La première faite de longues tenues, brouillages radio, très électronique, voix d’Annabelle Playe disant des textes se perdant dans l’espace, aphorismes radiophoniques rappelant Song Book de Cage (Et tout cela m’est advenu par la faute de la musique). Une seconde plus grave, large, nappes de sons métalliques, improvisations subtiles de Diennet au clavier. Une dernière, plus expressive, sons concrets et cuivrés (cornet), voix d’Annabelle Playe libérant des « ah ! » chaloupés et intenses, belle complicité, battements de cœur comme les Heartbeats de SteveReich (City Life). Diennet a toujours privilégié dans son travail la musique mixte et la synthèse numérique « live ». Musiciens chaleureux qui auraient pu aller encore plus loin dans la démesure des timbres. Une belle aventure, qui manquait un peu de folie. Mais Processus mémoriel Le MIM (Laboratoire Musique et Informatique de Marseille) proposait un trajet sur le temps et la mémoire, l’imaginaire qui relie passé, présent, avenir, fiction, réalité, songes, désirs et craintes. Immémorial de Pascale Weber est une évocation poétique, images qui défilent sur des trajectoires sonores aléatoires, très belle esthétique sur les vibrations de l’enfance et du temps. Tristan-Patrice Challulau rend hommage à Marcel Frémiot, créateur du MIM, avec Comptines pour voix et piano ; il distille ces petites histoires, subtiles et pleines d’humour, modales, tonales, atonales, avec une tendre ironie : l’alouette qui tirelire entre les bleuets et l’azur. Prenante composition audio-visuelle, Soft Thresholds de Frank Dufour, qui imprime aux corps des ombres acoustiques sur le thème d’Orphée. Savoirs et mémoires, création pour piano de Challulau, est un dialogue savant entre le pianiste et le public, une joute ludique où les auditeurs doivent Claire Lamure puisque John Cage prône le nonvouloir, on se laisse aisément aller à cette rêverie aléatoire. YVES BERGÉ Symphonie alpestre Il a muté le langage utilisé par les compositeurs, depuis que Richard Strauss a traduit, à l’orchestre symphonique, l’ascension montagnarde d’un promeneur en quête de lumière ! Certains sont passés des instruments traditionnels aux machines enregistreuses, usant de sons concrets de la vie quotidienne pour les transformer en objets sonores propices à l’émergence de nouvelles œuvres. À l’aide de technologies de pointe, outils informatiques de synthèse du son, procédés de spatialisation de la matière musicale, le travail expérimental d’un Pierre Schaeffer dans les années 50 a bien évolué : les factures sont à présent soignées, la qualité sonore idéale. L’atrium du studio du Gmem était plein le 21 janvier, pour le concert de clôture des Trans’electroacoustique. Dans un confort d’écoute optimal, reconnaître des motifs et clins d’œil à Bach, Beethoven, Chopin. La création pour flûte basse de Jean-Pierre Moreau, La liberté commence là où X-D.R. MUSIQUE 39 Ubris Studio Yves Bergé Ubris Studio a eu lieu le 4 février à l’Auditorium de la Cité de la Musique allongé sur des transats, placé au cœur d’un dispositif de diffusion (une vingtaine d’enceintes), on a pu suivre la promenade vers les hauteurs alpestres préparée par le compositeur Lionel Marchetti. Des opus imaginés dans les années 90, mixant des sons naturels (oiseaux, feuillage…), inspirés des éléments (eau, air…), quelque voix lointaine en bribe de dialogue, au rythme pulsé de pas sur la neige dans des ambiances nocturnes aux trames sonores profondes, orgue cristallin, orage fantasmé, un glacier grinçant dardé d’éclairs en travelling sonore : tout un cinéma pour l’oreille dans la pure tradition électroacoustique ! JACQUES FRESCHEL s’arrête... démarre sur le souffle de la vie, son vidé de ses harmoniques, détimbrage étonnant, tramemémoire qui se dilue, legato subtil puis course-poursuite, retour au silence ; belle interprétation de Nicolas Bauffe. Marcel Formosa propose une œuvre pour piccolo et électroacoustique, Sur l’air de, reprise de son œuvre avec accompagnement de percussions : créer, recréer, repartir de l’avant avec une œuvre du passé : doubles-sons, harmoniques, motifs pulsés qui s’imposent à la mémoire et traits survoltés, très beau mariage. Passé intérieur, composé et composite pour le plus grand bonheur d’un auditoire… présent. Y.B. Ce concert a eu lieu à la cité de la Musique, Marseille, le 10 février



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