Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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36 MUSIQUE Chiara Bertoglio, jeune pianiste (27 ans) donna son premier récital à huit ans et joue, depuis, dans les salles les plus prestigieuses. Musicologue, elle a écrit cinq livres dont l’un, remarquable, sur le thème du voyage à l’époque romantique. Deux Sonates de Scarlatti ouvraient le bal : toucher délicat, articulation limpide, trilles et ornements comme de vifs éclairs. Elle enchaînait ensuite 12 Etudes de Chopin op. 10, cycle redoutable techniquement. Le premier en Ut majeur, avec des basses sonores et une main droite si agile. Le Presto diabolique en ut# mineur du n°4 fut une bourrasque virtuose. L’Étude n°12, la fameuse Révolutionnaire avec ses terribles arpèges à la main gauche, vagues inondant l’Europe d’un souffle de liberté. Élan, panache, un romantisme sans mièvrerie. Que dire des Tableaux d’une exposition de Moussorgski, qu’on écoute trop souvent seulement dans leur version CHAMBRE RÉCITAL Respirer la musique 0 o orchestrale, certes magnifique, de Ravel ! La Promenade, leitmotiv si riche et varié, un Gnomus intrigant, d’une étonnante théâtralité. Il Jeunes chambristes L’équipe experte qui concocte le programme annuel de la Société de Musique de Chambre de Marseille, autour de Bernard Camau, a le don de faire découvrir des ensembles promis à un bel avenir. C’est ainsi qu’en leur temps, le Quatuor Ebène et plus récemment le Quatuor Modigliani ont bouleversé l’auditorium de la Faculté de médecine de la Timone avant que leur talent n’explose partout ! Souhaitons à l’Ensemble Raro la même réussite que celle de ces jeunes formations françaises. L’horloge de ce quatuor avec piano est assurément Diana Ketler, pianiste souveraine qui a réglé au millimètre le chant vibrant du violoncelliste Bernard Naoki Hendenborg dans les mouvements lents des Quatuors en ut mineur op.60 de Brahms et celui en mi bémol majeur op.47 de Schumann. Le 1er février, avec Eric Schumann(ça ne s’invente pas !) au violon et Razvan Popovici à l’alto, les artistes ont déployé un brillant lyrisme, tissé dans des phrasés finement dosés, des nuances colorées et tout un monde poétique enflammé, plaintif, résigné, libre et foisonnant… Rare ! JACQUES FRESCHEL Ensemble Raro X-D.R qu’on aimerait ne pas voir se refermer, tellement la pianiste habite ces tableaux d’une rare émotion : sous ses doigts un musée aux mille couleurs, intime et grandiose. Le public debout réclama un bis. Il y en eut quatre ! dont un très bel Impromptu de Schubert n°3 opus 142, et Rêverie des Scènes d’Enfant de Schumann, ciselée comme un dernier soupir, qu’on avait envie de partager avec Chiara et sa grande sensibilité musicale. YVES BERGÉ Chiara Bertoglio s’est produite le 3 février dans le cadre du cycle Étoiles montantes du piano italien, à l’Institut Culturel Italien, Marseille Chiara Bertoglio Yves Bergé Vecchio Castello, tout en suspension, sublime, Bydlo à l’impressionnant crescendo, Limoges-Le Marché si véloce. Et cette Grande Porte de Kiev Baroques-Graffiti se la joue Parisienne ! C’est au sein de la délicate rotonde néoclassique du Petit Temple réformé d’Arles que l’Ensemble Baroques-Graffiti présentait le 20 janvier un extrait des Quatuors Parisiens de Georg PhilippTelemann. Composés en 1730, ces derniers doivent leur surnom à la tournée parisienne de Telemannen 1737. Depuis 2008, l’ensemble marseillais, sous la direction de Jean-Paul Serra (claviers), défriche ou revisite le répertoire du XVII e et XVIIIe, nous promettant un X-D.R avenir plein de richesses devant la prolixité du répertoire (parfois inconnu) à l’image du catalogue impressionnant de Telemann. Impossible de ne pas le comparer à un autre géant, Bach. À défaut de présenter une universalité qui n’appartient qu’au Cantor de Leipzig, Telemannpréfigure par un discours évolutif le classicisme et l’écriture en quatuor matérialisé notamment par l’émancipation de la viole de gambe qui fait jeu égal avec la voix d’alto (flûte à bec) et le violon. Dans ce contexte, les musiciens relayaient des motifs vivaldiens, des phrases en écho alternant avec des soli libérateurs sur une basse continue réduite au clavecin. Au sein de ces pièces baptisées concerto, sonata, suite, Graffiti rafraîchissait avec dynamisme des manuscrits qui, interprétés ainsi, n’ont pas pris une ride. P-A HOYET Ce concert a également été donné à la Magalone, Marseille, le 21 janvier o
MUSIQUE 37 Le baroque dans tous ses états ! En ce premier mois de l’année, hommage, au GTP, à deux maîtres du baroque tardif : Campra et Bach Aux antipodes des représentations dramatiques de la mort, Campra, dans son Requiem et son De Profundis, préféra une vision douce et apaisée, très intérieure. Pas d’emphase et ni o de pathos exacerbé, mais une musique tout en retenue, rendue dans une lumière tamisée, parfaitement équilibrée entre solistes, chœur et orchestre. La dernière pièce du De F.-X. Roth Jean Radel Profundis est un modèle du genre d’écriture pour chœur : superbes harmonies, contrepoint subtil, finesse rythmique… du grand art. La maîtrise de Caen et les musiciens du Paradis, en osmose avec les belles voix de Vincent Lièvre-Picard, hautecontre, Christophe Gautier, taille, et Alain Buet, basse taille, délivrèrent une interprétation juste, ciselée, parfois presque trop intimiste pour le Grand Théâtre ! Difficile pourtant de reprocher au chef, Olivier Opdebeeck, ce parti pris musical tant sa lecture correspond à l’esprit du compositeur aixois. La mort en cette soirée hivernale, avait de douces saveurs ! Après le repos éternel, les quatre concertos Brandebourgeois délivrés la semaine d’après par l’ensemble Les Siècles dirigé par François-Xavier Roth, réveillèrent les morts ! Entamés sur un tempo endiablé, ces petits bijoux instrumentaux, à la géométrie variable -bois et cors dans le 1 er, que des cordes dans le 3 e …- émoustillèrent la salle bondée du théâtre d’Aix. Après quelques problèmes de justesse et d’acclimatation au lieu, l’ensemble délivra un concert de très bonne facture, quelquefois entaché de scories passagères, rapidement gommées par une interprétation enthousiaste, pleine d’alacrité, à l’image de l’écriture contrapuntique débridée du cantor de Leipzig. La mise en espace, originale et efficace, des instrumentistes permit d’apprécier la virtuosité et l’élégance de la claveciniste quand celle-ci fut au centre de l’effectif ; les saillies mélodiques, gerbes de notes gemmées, expurgées des entrailles de son instrument, se métamorphosèrent en une texture organique, marque du modernisme du père Bach. La direction chaloupée du chef invitait naturellement les musiciens à rentrer dans la danse. Enivré par les mouvements ondulatoires des archets, le public se leva, encore sous le choc de ces Brandebourgeois… telluriques ! CHRISTOPHE FLOQUET Décadence italienne, pulsation russe Mikhail Rudy X-D.R. o L’opéra conviait à un voyage des sons et des couleurs, sur le chemin d’un post-romantisme et d’un néo-classicisme décadents. Cyrano de Bergerac d’Aldo Finzi est un poème symphonique de belle facture : un thème triomphal aux cors annonce un passage plus lyrique aux cordes, alternance de motifs romanesques, exaltation du personnage, cuivres, percussions et de grandes phrases legato : un orchestre inspiré sous la baguette du bondissant Fabrizio Maria Carminati. On retrouve ensuite le formidable pianiste russe Mikhaïl Rudy dans le Concerto n°2 de Chostakovitch : un Allegro vertical, aux pulsations et unissons très stravinskiens. Articulation extrême de Rudy ! L’Andante est une superbe respiration, émotion retenue précédant un Finale énergique, deux mains exaltées parfois crispées sur les traits véloces en gammes ascendantes. En bis, un Nocturne de Chopin et des extraits de Petrouchka ravissent le public, entre technique sûre et sensibilité effleurant un piano complice. Avec la Suite Le Guépard de Nino Rota, le musicien de Fellini, on plonge à nouveau dans l’aristocratie italienne du XIX e siècle. Carminatidirige ces danses avec âme (Valse, Mazurka, Polka…), évocation mélodique d’un Prince insouciant : le champagne sent déjà le soufre ! On termine par Les Pins de Rome de Respighi, dont le quatrième volet Les Pins de la Via Appia entraînent l’orchestre dans un crescendo monumental où l’on entend l’arrivée glorieuse de l’armée romaine : un ensemble puissant et Carminatitenant baguette et légion symphonique à bout de bras ! YVES BERGÉ Ce concert a eu lieu le 12 février à l’Opéra de Marseille Chapeau ! o Il est des concerts mémorables, ceux auxquels chaque mélomane rêve un jour d’assister. À l’évidence, les prestations scéniques de Grigory Sokolov, à l’image de son récital du 4 fév dernier pour le Festival de musique de Toulon en font partie. Rarement on a vu un pianiste aussi habité par la musique qu’il interprétait, faisant corps avec Grigory Sokolov Klaus Rudolph son instrument sans jamais donner l’impression de se préoccuper d’autre chose que de musique. Autour d’œuvres de Bach et Schumanninterprétées avec maestria et sans esbroufe, ce qui frappe avant tout c’est la luminosité du jeu extrêmement articulé où chaque note a sa juste valeur tant dans l’attaque que dans la durée, où chaque phrase suit une direction qui embarque l’auditeur vers des sommets témoignant d’une maîtrise phénoménale du clavier. Tout y est tellement parfait qu’on manque de superlatifs pour qualifier une telle interprétation. Si d’aventure certains puristes pouvaient encore s’offusquer d’entendre jouer Bach au piano, force est de constater que son génie de la phrase et du rythme n’y perdent aucune grandeur avec cet interprète qui sait en capter toute la vigueur et la restituer avec une dextérité époustouflante. Dans un répertoire plus convenu pour les pianistes, la schizophrénie latente de Schumannétait transcrite, avec une limpidité qui forçait l’admiration, par un jeu en clair-obscur on ne peut plus nuancé, qui passait comme aisément d’une mélancolie quasi extatique à la folie dévastatrice. La prestation fut unanimement saluée par deux bis, honorés dans un répertoire français (Rameau et Couperin) qui laissa le public sans voix, médusé par tant de talent : superbe ! ÉMILIEN MOREAU



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