Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 DANSE AUBAGNE PAVILLON NOIR MERLAN AVIGNON Lignes de vie Elle court, elle court La Vouivre avec son diptyque Oups + Opus, déjà sa 100 e représentation au Théâtre Comoedia à Aubagne ! Deux parties comme les deux faces d’une histoire amoureuse : la naissance d’un couple, ses émois sensuels, entre désirs et maladresses, dans un duo sur canapé qui convoque le comique né de l’incongruité (Oups) ; les vicissitudes d’une fin annoncée à travers des tableautins drôles, poétiques, souvent saugrenus (Opus). Oups est une petite forme théâtralisée qui met en jeu les corps, dans des déplacements millimétrés, l’expression des regards, des visages, des mains, et s’attache au plus infime détail. Dans l’intuition du geste juste. Opus est une pièce visuelle et sonore qui joue sur l’écho - décalé ou synchronisé- avec les virgules musicales ou les onomatopées acoustiques : mouvements accélérés qui entrent en résistance, s’interrompent brutalement, se figent et recommencent entre deux longs silences des corps. Et toujours ce même amusement distancié de Bérangère Fournier et Samuel Faccioli qui incarnent, le temps d’une respiration commune, la vie comme elle va. On a hâte de découvrir Pardi, leur future création 2011. Coïncidence de la programmation de ce Temps 1 de Danse à Aubagne, Oups était dévoilée à l’Été des Hivernales d’Avignon en 2009, Fleurs de cimetières (et autres sornettes) l’était la même année dans le cadre du Off. Orchestrée par Myriam Hervé-Gil, cette œuvre écrite par Dominique Wittorisky (mots chahutés, images incisives, parole crue) est interprétée par six danseuses âgées de 50 à 60 ans et une comédienne. Pièce chorale sur les traces du temps qui passe et l’étincelle du désir qui brille encore, qui tire sa force des singularités corporelles et de l’osmose réussie dans ses aspérités. L’une parle, les autres dansent. Des esquisses, harmonieuses ou dissonantes, sur des chansons de Reggiani ou des ritournelles légères. Seul bémol, Fleurs de cimetières (et autres sornettes) est exclusivement féminine, comme si les coups bas de la vieillesse n’étaient portés qu’aux femmes… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Oups + opus et Fleurs de cimetières (et autres sornettes) ont été joués respectivement les 19 et 22 janvier dans le cadre de Danse temps 1 au Théâtre Comoedia, Aubagne Vague à l’âme et lame de fond Lia Rodrigues, chorégraphe brésilienne, fait foi de profession. Elle crie et décrit la favela « de Maré » au cœur battant de Rio de Janeiro, son no man’s danse de 140 000 âmes. Maelström des turbulences économiques, sociales et humaines. Bouillonnement et remous des corps rompus et corrompus. Une composition entre stochastique et chaos qui recompose un nouvel ordre économique émergeant où les pailles du fétu humain, sur fond et flot de mondialisation, se bouleversent, parfois bouleversantes. L’ordre désordonne les corps aux gestes d’amour violent et de violences Pororoca Sammi Landweer amoureuses. La puissance de l’Amazone océane pour une chorégraphe amazone : le mot Pororoca désigne « un phénomène naturel produit par la confrontation des eaux du fleuve avec celles de l’océan et qui au Brésil se manifeste à l’embouchure du fleuve Amazone. La force de ce choc bruyant peut renverser des arbres et modifier le lit des rivières et pourtant c’est un processus fragile, résultant d’un équilibre délicat. » Un spectacle violent, vrai et bouillant, servi par des danseurs athlètes, poètes de cœur et du corps à corps. Une recherche scripturale qui télescope vraiment les ordres établis, où le support musical est lui-même dansé voire soufflé. La Pororoca est une métaphore du travail de la compagnie dans la favela. Comment ne pas contempler le flux et le reflux d’une vague océane… un peu lassante sur la fin ? YVES BERCHADSKY Pororoca a été dansé au Merlan, les 12 et 13 février. Il sera repris à Avignon dans le cadre des Hivernales 04 90 25 61 84 www.hivernales-avignon.com Oups-Opus Marine Drouard Épigones Chaque année quelques danseurs du Ballet Preljocaj travaillent à des compositions personnelles, qu’ils offrent au public avec les moyens techniques du Pavillon Noir. Une aubaine, dont ils savent se saisir : on y constate toujours le talent exceptionnel des interprètes, et la griffe Preljocaj (gestes brusques obliques, membres qu’on ramène à soi de la main, saccades et raideurs opposés à de lents étirements extrêmes). Trois des quatre Affluents, avec plus ou moins de bonheur, empruntent à ce vocabulaire pour décrire une expérimentation aliénante (Émilie Lalande), les étapes d’un deuil (Lorena O’Neill), un duo d’avatars technologiques fort sensuels (Sébastien Durand). Trois pièces intéressantes, construites en séquences progressives, « utilisant » bien la lumière et l’espace et mal, trop fort, bout à bout et sans rapport sensuel avec elle, la musique ; mais avec parfois de très belles idées chorégraphiques, en particulier le lent passage au sol du duo Eve et Adam. La surprise réelle venait cependant de la dernière pièce, théâtrale, déjantée : Baptiste Coissieu, le benjamin de la troupe (23 ans), parodie le jeu des chanteuses de Bel canto, radio crochette le public, joue d’un univers trans rouge et noir tapageur, et hilarant. Un gros grain de folie bienvenue ! A.F. Les pièces des Affluents ont été créées les 4 et 5 février au Pavillon Noir, Aix Les Affluents Agnès Mellon
: ; NÎMES ISTRES DRAGUIGNAN GTP GRASSE DANSE 31 Enchantée Les gens d’ici connaissent la simplicité et la pertinence de Michel Kélémenis lorsqu’il parle de danse au public, sa capacité à accueillir des démarches chorégraphiques singulières, et son travail avec sa compagnie. Mais peu savent qu’il travaille ailleurs, souvent, avec de grands ballets internationaux. Le Grand Théâtre de Provence accueillait Cendrillon, qu’il a créée en 2009 pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève. La pièce confirme son talent de chorégraphe au sens classique du terme : ils ne sont pas si nombreux ceux qui savent aujourd’hui écrire des ballets ! Cendrillon en est un, narratif, avec des mouvements d’ensemble, des pas de deux (pas trop), un vrai décor suggestif qui joue de semitransparences, quelques morceaux de bravoure (pas trop) pour danseurs exceptionnels, et un à-propos musical tout à fait rare. Avec surtout quelques très belles idées chorégraphiques, comme le long porté de la belle endormie par un groupe d’anges mutins, les minauderies ironiques des filles, un joli duo amoureux fait de pudeurs et de gestes inachevés… Les grands moments attendus, suggérés par les élans de Prokofiev, restent dans l’esquisse. Un peu trop peut-être, mais délicieusement : quand il dispose de 8 semaines de répétitions, de grands danseurs et de moyens, Kélémenis peut emmener tout le public au pays des merveilles ! AGNÈS FRESCHEL Cendrillon a été dansé les 12 et 13 février au GTP Agnès Mellon Let’s dance ! Énergie pure C’est une boule d’énergie qui installe doucement sa danse. Devant Saúl Quirós et David de Jacoba qui impriment à son corps leurs accents plaintifs, Belén López pose ses bases, dicte son rythme aux guitares de Carlos de Jacoba et Carlos Jimenez, suit le violon gitan de Fernando Garcia… Moment de grâce, lors du second baile, lorsque que Belén López dansa avec Belen Lopez X-D.R. les percussions de Rafael Jiménez dans un corps à corps hypnotique. La jeune danseuse montra là toute sa puissance, sa précision et tout son savoir-faire au niveau du zapateado, gracieuse et tonique, rayonnante. Une « performance » qu’elle réitéra d’ailleurs souvent, lassant quelque peu le public au final. D’autant qu’entretemps, loin des rythmes flamencos, le public eut droit à un bolero des plus mielleux, étrange parenthèse sucrée qui cassa le rythme plutôt soutenu de ce spectacle finalement inégal. DO.M. Belén López s’est produite le 18 janvier lors du Festival flamenco au Théâtre de Nîmes D Jazz, charleston, classique… De l’univers foisonnant de Gershwin, José Montalvo et Dominique Hervieu retiennent l’essentiel dans leur dernière création, adressée au jeune public à partir de 6 ans, Lalala Gershwin. L’essentiel en forme d’hommage au compositeur américain, par le biais notamment de quelques unes de ses œuvres emblématiques, Porgy and Bess notamment, dont les deux chorégraphes reprennent le thème principal de la ségrégation raciale, belle façon d’imager et danser les moments forts de l’émancipation des noirs. De fait, sur scène la danse côtoie des images d’archives, le tout s’articulant de façon très fluide, sans didactisme, avec une énergie époustouflante de la part des magnifiques danseurs. Dans un bel élan, le hip hop se mâtine de claquettes, la danse classique et africaine se complètent avec grâce, tous les rythmes dialoguent et façonnent les rencontres les plus improbables. Dans ce spectacle « melting pot » le métissage a la part belle, tout et tous s’entremêlent dans un beau final collectif où chaque registre trouve sa place. DO.M. Lalala Gershwin a été dansé au théâtre de Nîmes le 9 février, les 14 et 15 février au théâtre de l’Olivier, Istres, et sera dansé à Draguignan les 31 mars et 1er avril, et au théâtre de Grasse du 4 au 6 avril Théâtres en Dracénie, Draguignan 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com Théâtre de Grasse 04 93 40 53 00 www.theatredegrasse.com



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