Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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22 THÉÂTRE MARTIGUES AUBAGNE CANNES VALBONNE Koen Broos Mescal maniériste Le roman de Malcolm Lowry est puissant, épique, macho, excessif comme son héros le consul anglais qui aime pénétrer les cercles de l’enfer. Le film de Huston est moite et littéraire, populaire et mythique comme la fête des morts, désespéré et résigné comme ceux qui sentent que la fin approche, et qu’ils n’ont jamais été aussi vivants. La mise en scène de Sous le Volcan par Guy Cassiers réussit l’exploit de proposer une lecture personnelle qui ne trahit jamais le roman, et rappelle judicieusement le meilleur du film. La manière du metteur en scène repose sur des procédés d’amplification qui plongent le spectateur dans une intimité proche de salles de cinéma. Murmures, démultiplications des images, montages, plans serrés, voix off qui s’incarnent, cohabitent pourtant avec des corps émouvants -les acteurs sont époustouflants- et un jeu sur la profondeur impossible au cinéma. Les cercles de l’enfer sont ainsi évoqués comme autant de plans séparés de cloisons transparentes qui font écran ou révèlent. Les relations amoureuses triangulaires déploient leurs figures géométriques et le texte, réduit à ses dialogues et ses monologues intérieurs, retrace simplement la descente vers l’enfer halluciné et désiré auquel s’abandonne obstinément le consul, offrant son ventre au couteau. Les grands thèmes du roman, la guerre, les fournaises, les floraisons délétères, le corps qui trahit, sont à peine suggérés. Qu’importe : on les voit, et les odeurs parfois semblent se propager dans l’espace… A.F. Sous le Volcan a été joué le 28 janvier à Martigues et les 1er et 2 février à Sète Fi la mort ! Antigone n’échappera pas à son destin tragique. Emmurée vivante par son oncle Créon, nouveau roi de Thèbes, la fille d’Œdipe et de Jocaste refusera de laisser le cadavre de son frère sans sépulture. La voilà qui se terre à côté de son cercueil. Difficile d’imaginer pire scénario ! Difficile d’imaginer pitreries, facéties et danse macabre ! Sauf qu’avec Adèll Nodé-Langlois, tout peut arriver : le meilleur comme le meilleur. Nez rouge écarlate, cheveux en bataille, le teint blanc de l’Auguste, toute de noir vêtue -c’est de circonstance, non ? -, socquettes blanches et escarpins en cuir à bout carré -vite délaissés pour des sabots noirs-, elle se lance dans un inénarrable monologue clownesque. On rit de tant de bravade, de perfidie, de roulements d’yeux, de ruades (ses déplacements équins autour de la piste sont prétextes à des questions C’est long la nuit Ombre. Le faisceau d’une lampe anime l’espace de ses mouvements. « Dans la vie, il y a deux choses qui éclairent les gens, la philosophie et les lampes. » Monologue drôle, léger, de la lampe, marionnette d’un nouveau genre… on s’installe avec plaisir dans ce début de spectacle, résultat du travail collectif de sept auteurs, cinq compagnies de Paca et d’Île de France et autant de metteurs en scène. Le projet s’est déroulé en trois phases, commandes puis résidences d’écriture, lectures publiques et maquette, résidence (à la distillerie d’Aubagne) et création du spectacle. Nous y sommes… Projet ambitieux et difficile, avec trop peu de temps pour la mise en commun peut-être… Un patchwork de b monologues se succède avec plus ou moins de bonheur, des longueurs immenses, des éléments qui pourraient être intéressants mais qui s’avortent d’eux-mêmes. Cela manque d’une patte qui resserre les liens, apporte une tension dramatique réelle, donne un rythme à ce travail décousu, filandreux. Certains textes ne sont visiblement pas écrits pour le théâtre, d’autres demanderaient une puissance absente. On retiendra les joyeux passages de la serveuse de nuit d’un Mac Drive, « la mouette du drive in » (!), et son monde nourri de références macdonalesques, de l’infirmière qui organise l’escapade des « vieilles » du centre médicalisé, quelques bons mots du philosophe frustré, le superbe Antigone Alain Julien ingénues « quelqu’un a perdu quelque chose ? ») et de lucidité brûlante. Car la mort est décomplexée, le destin dérisoire et la poisse qui l’englue vaut bien un ultime pied de nez… Antigone- Adèll Nodé-Langlois délire, minaude, s’invente une vie de princesse, se déhanche sur des riffs de guitare rock et chevauche à califourchon le cercueil comme s’il s’agissait de jouer aux autotamponneuses. Le pire (enfin le meilleur vous a-t-on dit), c’est qu’on y croit. On vit là nos dernières heures avant que la mort ne nous emporte avec elle. Et lorsqu’elle craque le dernier morceau de chocolat du condamné on est tenté de lui en demander un carré ! MARIE GODFRIN-GUIDICELLI Antigone a été joué du 1er au 3 février au Théâtre des Salins, Martigues ciel étoilé de lettres de la fin. On souhaite à ce travail de trouver son rythme, et de savoir manier les ciseaux avec discernement. MARYVONNE COLOMBANI Métiers de nuit, présenté par la Cie Le Bruit des Hommes et sequor a été donné au Comœdia d’Aubagne le 12 février. Il sera donné de nouveau le 19 février au Théâtre Alexandre 3 à Cannes, et du 1er au 5 mars à Gare Au Théâtre à Vitry-Sur-Seyne (94), le 7 juillet à Valbonne au Festival Arts de la rue
Peterson le glas ? Librement adaptée du documentaire éponyme de Jean-Xavier de Lestrade par Dorian Rossel, Soupçons retrace une affaire judiciaire comme les États-Unis en vivent souvent, spectaculaire, longue, chère, où les notions de culpabilité et d’innocence sont parfois reléguées au second plan, au profit notamment de l’emballement médiatique. Ce procès est celui de Michael Peterson, écrivain, éditorialiste critique contre la police et le procureur du comté de Durham, bourgade conservatrice de Caroline du Nord, reconnu coupable d’avoir tué sa femme retrouvée morte o ARLES THÉÂTRE 23 au pied de l’escalier de la maison familiale. Partant d’une réécriture des dialogues du documentaire, Dorian Rossel et Carine Corajoud n’ont pas cherché à rendre compte du réel avec exactitude, mais plus à déconstruire l’identité sociale et médiatique créée lors du procès. Très réussie, la première partie, par une scénographie ingénieuse qui joue avec un décor modulable et introduit la vidéo dans laquelle s’incrustent les personnages, multiplie les points de vue, faisant que tous les comédiens jouent tous les rôles, en introduisant en sus un humour perturbant. Un versant ludique qui brouille hélas le propos, et ne permet pas de s’attacher à cette si controversée personnalité, ni de saisir la charge émotionnelle de fait absente. La deuxième partie, centrée sur le procès, perd de sa pertinence, au profit d’une prise de parole un brin mécanique qui fait se succéder toutes les parties sans réelle distanciation. Et Peterson ? Condamné à la prison à vie. Soupçons a été joué le 25 janvier au théâtre d’Arles Carole Parodi Détournements imaginaires Entièrement dévolue à l’exploration de la magie nouvelle, thème central du temps fort proposé par le théâtre d’Arles dans le cadre de la programmation Territoire de cirque commune aussi à Port-de-Bouc et Martigues, 14:20 présentait Notte, voyage en clairobscur en compagnie de jongleurs et danseurs. Étrange ballet en vérité que celui qui se crée sur scène, composé de « visions » plus ou moins courtes, impressions de rétines qui racontent une histoire… Des balles lumineuses, seules visibles, ont une Moins perruqué que Simon Baker, le mentalist de la série télévisée à audience exponentielle, Thierry Collet est non seulement un acteur qui maîtrise parfaitement sa partition -le déroulé de sa conférence-démonstration est réglée au cordeau- mais un aussi un habile prestidigitateur de nos consciences. « Ceci n’est pas un spectacle » prévient-il en intro. Et pourtant. Durant plus d’une heure, il utilise la magie mentale pour démontrer à son auditoire que la manipulation est une chose courante. « Il est dans la nature des choses et des êtres d’être soumis à influence ». À travers un dispositif d’expériences collectives, auxquelles se soumettent volontiers les spectateurs, le maître s’amuse, très sérieusement, à les manipuler. Par son discours et ses adresses tutoyées, il agit sur la pensée et soumet le jugement de ses cobayes. o trajectoire aléatoire sur fond de bande son estivale à base de criquets, puis animées par des bras à l’ampleur démesurée voilà qu’elles se font traces persistantes ; moment de grâce avec un numéro d’habillage-déshabillage qui invite la vidéo à brouiller la vision de deux personnages superposés (c’est donc possible !) ; mélange d’images agrandies de détail du corps d’un danseur virtuose qui exécute au premier plan une folle chorégraphie qui nous perd… Tout est relatif, le temps s’étire, les lumières Le Mentalist inquisiteur Une manipulation collective, amusante, épatante même, mais qui fait froid dans le dos. La preuve qu’une société peut être modélisée par la psychologie sociale, que le prétendu libre arbitre est orchestrable et prévisible… Lorsqu’une spectatrice accepte de se laisser planter une longue aiguille dans la gorge, en confiance aveugle avec l’orateur qu’elle ne connaît que depuis 30 minutes, cela devient proprement hallucinant. Les derniers mots du spectacle, car il s’agit bien de cela, sont ceux du Grand Inquisiteur de Dostoïevski, en conclusion d’une hypothèse de la soirée écrite en amont, dans laquelle descriptions physiques, choix guidés et déroulé exact étaient consignés. Spectaculaire ! DELPHINE MICHELANGELI dessinent sur les corps des mouvements bien réels et pourtant complètement imaginaires. La magie alors se loge dans d’infimes digressions visuelles qui font insensiblement dévier le réel, le transforme suffisamment pour réinventer nos perceptions. Troublante réalité. DO.M. Notte a été proposé le 4 février par le théâtre d’Arles X-D.R Influences s’est joué au théâtre d’Arles le 11 février o



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