Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 THÉÂTRE LA CRIÉE LE LENCHE LE GYPTIS Insurrection ! Bioscénographie d’un génie L’entreprise de Fabrice Melquiot est singulière : mettre en scène Jackson Pollock pour approcher peut-être de l’essence du génie… Son échec même signe sa paradoxale réussite : car c’est en montrant combien le génie d’un artiste est irréductible à sa vie, et surtout à la représentation de celle-ci, que la pièce révèle tout à trac que ce truc là, cette force inventive qui permet de faire des œuvres puissantes et incontournables, est au fond incompréhensible. Il montre Pollock comme un sale gosse. Violent, de mauvaise foi, comprenant mal ce qu’il fabrique mais fort bien ce qu’il rejette, obsédé par la stupeur stupide du sexe et de l’alcool, y cherchant la folie nécessaire à ses éruptions créatives. À côté de lui Lee Krasner, admirative de l’œuvre plus que de l’homme, vouée au sacrifice de son propre talent, pour un couple voué aux déchirures. Jusqu’à ce qu’un autre peintre, Mondrian, reconnaisse en elle le talent qu’elle avait mis de côté. Pas le génie ? Quant à l’autre génie, le vrai, de débordements en virée il finira par se tuer d’un excès de vitesse volontaire dont il ne fut pas la seule victime… Lamentable ? L’œuvre est là. Pas sur scène, même si Paul Desveaux parvient à évoquer sans les reproduire les gestes, les empâtements et les couleurs des peintres. Le portrait le plus attachant est nettement celui de Krasner, magnifiquement interprétée par Claude Perron. Serge Biavan, roc brut qui divague, baise dans les arrière cours et frappe sa femme, donne peu envie de connaître l’œuvre. On aurait tort. A.F. Pollock a été joué à la Criée du 25 au 29 janvier Pollock E. Carecchio Solo rigolo V. Arbelet We are la France avait un petit côté cynique : le constat du pourrissement du monde contemporain était net, mais chacun semblait s’entendre sur l’impossibilité d’action, et donc la nécessité de faire avec… Avec Que faire ? Benoit Lambert et Jean-Charles Massera abandonnent les trentenaires et s’attachent à un couple plus âgé, retraité et populaire. Rentre dans sa cuisine et ses souvenirs… ceux de 68, du militantisme, de l’insurrection. Et c’est toute une littérature révolutionnaire qu’ils passent en revue, commentant ce qu’ils en conservent, de Marx à Lénine en commençant par Descartes pour finir par Deleuze… Le tout agrémenté de belles analogies avec les insurrections artistiques (Joseph Beuys), quelques mises au panier réjouissantes (le droit inaliénable à la propriété, le surhomme de Nietzsche, la démocratie américaine et toute la Révolution Française !), de chansons et de pantomimes (un peu systématiques et pas toujours drôles, aspect le moins réussi du spectacle). Vers la fin cela prend un tour plus violent, et le couple qui est passé de l’interrogation à l’engagement, s’achemine vers la révolte. Grâce à Nina Hagen ! que Martine Schambacher incarne avec une splendide furie… et que François Chattot-Mouloudji apaise en chantant Faut vivre… Renoncement tendre ? Sûrement pas ! Le couple, après être sorti de « l’amortissement que nous vivons depuis 68 », fabrique ensemble, et en chansons, de beaux cocktails Molotov prêts à l’emploi ! AGNES FRESCHEL Que faire ? le retour a été joué à La Criée du 1er au 12 février On avait fort apprécié, en 2008, la prestation de Roland Peyron dans Monsieur Armand dit Garrincha. Le revoici sur le plateau du théâtre de Lenche, jusqu’à la fin du mois, dans un nouveau monologue écrit sur mesure pour lui par Serge Valletti. À plein gaz, c’est le titre, dont on Kevin Louviot ne comprend le sens qu’en cours de route, et qu’il serait dommage de dévoiler. Une heure, c’est la durée du spectacle, qu’on pourrait définir comme un récit de vie ; une de ces histoires à tiroirs et à digressions dont Valletti raffole. Sauf que ce n’est pas tout à fait ça. Car qui est-il, ce drôle de bonhomme en costume-cravate-manteau qui semble sorti de nulle part et qui y retournera à la fin, en traînant derrière lui son sac de voyage à roulettes ? Est-il celui qu’il raconte, un personnage d’assassin doublé d’un escroc, un minable affabulateur ? Est-il l’acteur qui l’incarne et ne cesse de prendre le public à témoin ? La pièce joue constamment de cette double posture du comédien, comme si Valletti voulait ici rendre hommage à l’illusion théâtrale et au travail d’acteur. Une mise en scène sobrissime, des accessoires simples, quelques jeux de lumière, et on entre dans « ce fragment de cerveau ouvert » qui se livre. On joue le jeu, tout au plaisir de retrouver le sens de la formule de Valletti, ses ruptures de ton et de rythme, auxquels les accents de Peyron donnent tout leur relief. Un bon moment de théâtre donc, de franche rigolade parfois, même si la fin manque un peu de tonus. FRED ROBERT Le texte de la pièce vient d’être publié avec celui de Roméa et Joliette aux éditions de L’Atalante. À noter À plein gaz, mes Eric Louviot, se joue jusqu’au 26 février au Théâtre de Lenche 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info
L’abondance nuit ep THEATRE DE LENCHE GrE LEGREGORE abel & bela de Robert Pinget E Agnès Mellon Comme on aimerait que les intentions louables fassent les bons spectacles ! Germaine Tillion a écrit une opérette à Ravensbrück pour survivre. Si l’œuvre a valeur de témoignage, c’est aussi une mosaïque mal écrite dans un contexte plus que particulier par une ethnologue qui s’improvise auteur dramatique, et lyrique. Le texte n’est pas bon, trop long, démonstratif, décousu, répétitif, à l’ironie lourde –on le serait à moins. Le monter sans distance, intégralement, n’a pas de sens. Heureusement l’écriture musicale subtile d’Alain Aubin vient donner un peu d’épaisseur à ce qui s’apparente à des songs, mais ils sont trop semblables, redondants… Quant aux comédiennes on ne sait pas très bien ce qu’elles jouent : les prisonnières du camp ou les personnages d’une fiction interne ? Les rôles sont mal distribués, la meneuse de jeu ralentit le rythme en campant une sorte de clown triste décharné, rien n’est vraiment drôle ou vraiment tragique et la bourgeoise soignée, personnage essentiel, est tenue par une comédienne qui n’a rien du rôle. Les chanteuses et musiciennes parlent un peu faux, ce qui est pardonnable, celles qui ne chantent pas aussi, hélas… et la mise en scène manque d’idées simples, de décisions, de parti pris. Vraiment dommage pour cette production régionale, féminine, ambitieuse… qu’il faudrait resserrer de toute urgence ! AGNES FRESCHEL 8 au 26 mars 2011 40r : iiF... 4e 1.. 41E-t:CREATION." Théâtre de Lerih. 04 91 91 52 22 4, PLACE DE LENCHE 13002 MARSEILLE www.the$tredelenche.irFfo + lenche@wanadoo.fr - Le Verfügbar aux Enfers a été créé au Gyptis, Marseille, du 8 au 12 février, puis joué le 12 mars au Comoedia, à Aubagne, et le 16 au Vitez, à Aix Antichambre 18 ème Le Jeu de l’amour et du hasard est une des pièces les plus innocemment perverses de Marivaux : sous prétexte d’une intrigue pré-conjugale classique -deux jeunes gens veulent se connaître avant le mariage sans se dévoiler mutuellement leur identité véritable-, ne voilà t’il pas qu’une noble se retrouve courtisée, et amoureuse, d’un (faux) valet qui n’en revient pas d’aimer une (fausse) servante ? Et que le frère et le père de la belle assistent, voyeurs amusés, au spectacle de ces vrais émois ancillaires ? Marivaux balaye ici de très belle manière les interdits sociaux, prouvant qu’on peut s’aventurer à aimer hors de classe même si, finalement, l’éducation des nobles les distingue encore de leurs proches serviteurs. Faire de ceux-ci des nigauds ridicules, obsédés de sexe et d’argent, peuple aux désirs torves comme le fait Calvario est donc très drôle, mais sujet à contresens douteux. Le public lycéen se tordait de rire à leurs caricatures. Pas sûr qu’ils aient compris la force révolutionnaire de cette comédie où, pour la première fois, un noble à bout d’amour propose le mariage à une prétendue roturière ! A.F. Le jeu de l’amour et du hasard a été joué au Gyptis du 19 au 21 janvier l é s hivernales festival de danse 2+4 fëv > 5 mars 33e édition hTverna les-avi gnanAom 04 9cf ¢1 84



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