Zibeline n°38 février 2011
Zibeline n°38 février 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°38 de février 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : la culture au coeur des enjeux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 POLITIQUE CULTURELLE SCIENCES ET ÉCONOMIE En vert et contre tous, l’économie libérale jette son dévolu sur les libéralités écologiques au plus grand bénéfice de son environnement… financier ! Taxe-C Que le grand fric m’escroque ! Le vert dans l’usufruit Économie verte, éco-participation aux écotaxes… désormais toute cause teintée d’éco-quelque-chose est bonne pour justifier de nouvelles taxes sur le travail au bénéfice du spéculatif. D’ailleurs, en marge du forum économique de Davos, Dominique Strauss-Kahn n’a-t-il pas annoncé son intention de mettre en place un « fonds vert » pour « aider les états à faire face au changement climatique » ? Rien moins que 100 milliards de dollars prélevés sur le travail pour faire payer une politique de croissance industrielle mondiale délirante et, à terme, létale. C’est que, depuis le rapport Stern de 2005, les gourous de l’économie s’accordent à dire que l’avenir se fera par la croissance verte. Ils fondent beaucoup de notre désespérance sur la litanie des « créations de nouvelles technologies », « relance de croissance des pays industrialisés » et autres « création de millions d’emplois » pour justifier leur politique de récession et de vaches maigres. « Le développement durable », « les exigences de la lutte contre le changement climatique », le « développement de nouvelles technologies propres » en appellent à l’éco-culpabilité citoyenne pour obtenir l’adhésion des populations à une forme de développement qui dessert objectivement leurs conditions d’existence et l’avenir même de l’humanité. C’est sans doute le protocole de Kyoto signé en 1997, entré en vigueur en 2005 et ratifié par 183 pays (sans les USA bien sûr) en 2010, qui a ouvert l’ère du mythe « tout écologique ». S’il visait au départ et peut-être à juste titre à normaliser au niveau international l’émission des gaz à effet de serre, l’économie spéculative a tout de suite enfourché ce cheval vapeur, voyant en lui une nouvelle et gigantesque possibilité de détournements colossaux de fonds publics. Carbone et Spirito Et c’est ainsi qu’émergea des brumes japonaises un des traités les plus fumeux de l’histoire de la mondialisation capitaliste. Tout ce que la finance internationale comptait d’escrocs se jeta sur ce haut vol d’or, avec l’aide complaisante des états. C’est de ce lisier vert qu’émergea l’esprit (« spirito ») de la fameuse loi sur la « taxe carbone ». Cette taxe environnementale prétend limiter l’émission de dioxyde de carbone, gaz à effet de serre, par incitation économique, et ceci dans le but « librement consenti » de contrôler le réchauffement climatique. Cette ASEC Pesenti I Basso. Feldman, Houspie, Lsmant, Pa lazzi, Palmi, Bloch !. La Friche f 17 au 24 f$vrIer 2011 20h30 f 04 95 04 95 04. LEIIIERLbN taxe « Pigouvienne » doit son nom à un « brillant économiste » britannique, Arthur Pigou (1877-1959), qui fut le premier à proposer une taxation correctrice des externalités en 1920. L’externalité désigne « une situation dans laquelle l’action d’un agent économique influe, sans que cela soit son but, sur la situation d’autres agents, alors même qu’ils n’en sont pas partie prenante. » Le Pigou des bois eu fort tôt l’intuition de ce que pouvait rapporter la spéculation sur le prélèvement d’une taxe prétendant décourager les émissions polluantes en faisant payer les pollueurs [en bout de chaîne nous, les consommateurs] à proportion de leurs émissions. En effet cette bien pensante taxe sur les produits finaux « augmente leur prix proportionnellement aux émissions qu’a engendrées leur production favorisant les produits ayant induit moins d’émissions de dioxyde de carbone. Une augmentation progressive et programmée de la taxe peut permettre de guider les investissements sur le long terme, en laissant le temps nécessaire aux consommateurs et aux entreprises pour s’adapter » ou… de crever de faim ! La bourse ou la vie ? La taxe carbone est basée sur un principe très libéral de « quotas d’émissions ». Elle impose soit un prix déterminé à des quantités libres de gaz rejetés, soit des prix variables à des quantités fixes. Et, comme on n’est pas regardant, les deux systèmes peuvent coexister !, la taxe permettant ainsi de racketter les très nombreux petits émetteurs « diffus », difficile à mettre sous quotas, par exemple dans les pays dits « émergeants ». En 2009, les pays nordiques se sont mis à appliquer une taxe carbone partielle. La Nouvelle-Zélande, elle, a mis en place un marché d’échange de quotas d’émissions et évidemment le gouvernement français étudie les possibilités d’emboîter le pas à ce très fructueux jeu de bonto. Cette bourse du carbone est un marché de négociation et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre (CO 2, méthane, protoxyde d’azote…). Un « créditcarbone » est une unité, généralement 1 tonne de gaz à effet de serre (GES) et il existe plusieurs types de GES, n’ayant pas tous la même valeur en équivalent CO 2. Un tel marché, accepté par le protocole de Kyoto, peut exister à un niveau national, ou international si les droits attribués sont rigoureusement de même nature. Le prétexte « moral » de l’établissement d’un tel marché serait d’inciter les industries à « gérer financièrement » leurs effluents gazeux. « Sans bourse, une firme A en dessous de son quota ne fera plus aucun effort de réduction (même s’ils sont faciles et peu coûteux pour elle), alors que dans le cadre d’un marché un effort de réduction pourrait se monnayer ; en sens inverse, une industrie B qui dépasse son quota et pourrait difficilement (à grands frais) réduire ses émissions pourra acheter des quotas en plus. Globalement, l’ensemble A + B peut réduire ses émissions à moindre frais que si la même réduction est exigée séparément à chacun. ». Ainsi les droits édictés par les états ou structures internationales deviennent monnayables. Cette bourse des vents nauséabonds revendique donc la spéculation comme méthode d’incitation ! Il y a constitution de marchés dérivés (achat et vente à terme…). Acquis à titre onéreux ou gratuit, les droits d’émissions sont échangeables. Les verts pomment Du coup une foison de louches officines de courtiers s’est constituée dans des paradis fiscaux comme Chypre, spéculant sur les cours des différentes TVA nationales, sur la misère du monde et la qualité de l’air que respirent les pauvres et les riches. C’est la bourse aux vents pestilentiels, le Wall Street de la chlingue, le lasdaq de l’œuf pourri, le CAC des 40 voleurs. Au bout du compte c’est nous qui payons la facture sur notre travail et notre santé. YVES BERCHADSKY
MUCEM POLITIQUE CULTURELLE 11 Peut-on se moquer de l’islam ? Ce qu’il y a d’embêtant avec l’islam, c’est qu’on ne peut pas être franchement anticlérical à son égard comme au (bon vieux ?) temps du combat contre la calotte. Imaginez-vous qu’on recevrait sérieusement, sans sarcasme, une femme qui aurait écrit Catholiques et modernes aux mardis du MuCEM ? Mais bon, l’islam n’est pas en Europe une religion de dominants, l’histoire de la colonisation est lourde, le passif grand, les racistes actifs et nombreux… et le sarcasme ne peut y être pratiqué de la même manière qu’envers Christine Boutin. Peut être est-ce pour cela que les comiques beurs, qui le peuvent davantage, ont tant de succès ! Visibilité et modernité Ce n’est pas ce que cherche Nilüfer Göle, conférencière fascinante, défenseure d’un islam moderne : la directrice d’études à l’EHESS explique avec beaucoup de talent l’histoire de la perception du musulman en Europe, affirmant que l’on vit un stade post-immigration. Car l’immigré des années 60 (célibataire, travailleur) est devenu un beur dans les années 80 (jeune garçon désœuvré et français) puis, dans les représentations, une musulmane (fille au foulard, écolière intégrée et revendicative). Les musulmans ne se cachent plus, portent des foulards (Voiles ? Hijab ? Niqab ? Nilüfer Göle Muammer Kaymaz les mots sont passés dans les lexiques européens), ne sont plus désignés par leur origine (Turcs, Maghrébins) ou leur langue (Arabe) mais par leur différence religieuse, qui fait identité. Ils revendiquent aussi d’avoir des lieux de culte visibles. Or une partie des Européens s’y refuse, comme on l’a vu lors du référendum contre les minarets en Suisse, ou par la volonté de légiférer contre le port du voile en France. Pourtant, d’après Nilüfer Göle, cette revendication de visibilité est la marque même d’une modernité, d’une volonté d’intégration dans les sociétés européennes, de participation au débat, à la démocratie. De même la construction de mosquées donne-t-elle l’occasion de poser les questions essentielles à l’intégration de la donnée musulmane en Europe : quelle langue va-t-on y employer ? le Turc en Allemagne, le Pakistanais en Angleterre, l’Arabe en France ? (Ce qui pose d’ailleurs des questions particulières à Marseille, puisque la plus grande « communauté » musulmane est Comorienne, même si ce n’est pas la plus « visible » ! ). Va-ton y donner une place aux femmes, à qui on recommande de prier à la maison, ou au mieux séparées des hommes, derrière ? Quels choix architecturaux pour ces bâtiments contemporains, qui devront réfléchir leur lien aux mosquées orientales, et à l’urbanisme dans lequel ils s’inscrivent ? Vers une solution ? Autant de débats qui surgiront, et feront certainement entrer l’islam d’Europe dans une modernité qu’on lui réfute : Nilüfer Göle, dans Musulmanes et modernes, explique avec conviction que partout on assimile l’être civilisé à l’être occidental, rejetant le musulman, (mais aussi le japonais ou le chinois) hors de la modernité si elle diffère du modèle occidental assimilé. Selon elle, une partie du monde musulman européen est en voie de « créolisation » comme l’aurait dit Édouard Glissant, c’est-à-dire qu’il ne cherche plus à se rattacher aux racines (comme Césaire, avec sa négritude, l’avait fait avec l’Afrique) mais à inventer une manière d’être européen, musulman et moderne. Comme les femmes turques, éduquées, revendicatives, qui portent le voile pour mieux sortir de la sphère privée. Apprendre à se connaître ? Un jeune musulman, qui se présentait comme tel, semblait y voir une solution au rejet grandissant d’une certaine Europe d’extrême-droite. Connaître les cinq piliers de l’islam… Sans doute. Admettre que la France est multiculturelle et multiconfessionnelle. Certes ! Ne pas considérer les valeurs occidentales comme les seules porteuses de modernité ? D’accord. Mais personne n’osa dire à ce jeune homme, pas même la dame qui pestait derrière moi, que toutes les religions pratiquent des interdits absurdes, la ségrégation des sexes, le rejet de l’homosexualité (surtout féminine), l’exclusion plus ou moins violente des « infidèles ». Contrairement à ce que veulent nous faire croire les extrêmes-droites européennes, l’islam n’est pas plus intolérant que les religions judéo-chrétiennes. Mais il en est à un stade de recherche de visibilité en Europe où les autres ne sont pas (plus ?), qui exacerbe ces obscurités liées intrinsèquement au phénomène religieux (croire n’est pas raisonner). Notre problème d’Européens est de savoir si nous devons, pour construire ensemble une société libre, comprendre et admettre et prendre patience face à ce que nous vivons forcément comme des régressions (au risque de nous installer dans une condescendance méprisable), ou reprendre le combat matérialiste (au risque de donner du grain à moudre à l’ignoble bête qui remonte). Cornélien ? AGNES FRESCHEL La conférence de Nilüfer Göle, animée par Thierry Fabre, a eu lieu le 8 février à l’Alcazar dans le cadre des mardis du MuCEM À venir Genre et sexualité à l’heure de la mondialisation : un « choc des cultures » ? par Irène Théry Le 8 mars MuCEM 04 96 13 80 90 www.musee-europemediterranee.org hitik LA MARELLE reww.vills.-lainarelle_fr C4 CO aq EN FÉVRIER ET MARS François Beaune :.:, ! : k.:1. ! :.. ii 1e c1ui. 1Viassa Bey MENred: ; 2 mars,'s I 41i. I ; I-F.'r,ArIIX.1 Joadi Yoats, 18.110 : kl hE:1: ; 16..141W MF.E.5,1 Vendredi 4 mars, ins°, VatEtiblz.ud -JAIL.:.racm.o., 12 so 27 Ge : Barnet mars, 1134 130C ?,.54 1. ertraias t a agog-Ile Philippe orest Jean-Claude Pinson Jeudi 24 man, ISM !), t !, : -P.2.0.‘. » L1n. par EDF La Varn.:76, & FroioD Cimre. GA'4%.,IM114 0 El MiLlihrrpl



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