Zibeline n°37 janvier 2011
Zibeline n°37 janvier 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de janvier 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : le partage des arts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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08 POLITIQUE CULTURELLE LA COLLECTION LAMBERT Lambert désœuvrée ? À Avignon, le prêt d’une partie du fond du collectionneur Yvon Lambert ne cesse de créer la polémique. Les répercussions d’une telle collection d’art contemporain, pour la Ville comme pour le marchand d’Art, sont indiscutables, surtout après le succès de la triple exposition Barcelo : la côte de l’artiste s’est encore envolée, ce qui est tout bénéfice pour le collectionneur, et la Ville a bénéficié du rayonnement sans précédent de l’exposition. Mais aujourd’hui le centre d’art fête amèrement ses 10 ans avec une exposition Je crois aux miracles prophétique. Une fête gâchée par « un désintérêt de la municipalité » selon le collectionneur qui menaçait fin 2010 de retirer ses 350 œuvres estimées à 63 millions d’euros, alors qu’il souhaitait auparavant léguer les œuvres à l’État via Avignon au terme du contrat qu’il a signé jusqu’en 2019. La cité des Papes, pour accueillir ce « cadeau », doit trouver les moyens de ses ambitions. Des attaques lassantes Le 11 décembre, à la veille de l’inauguration de l’exposition anniversaire de cet ensemble d’art minimal, conceptuel et Land Art digne d’un petit « centre Pompidou », le galeriste avoue sa lassitude. « Je me pose sérieusement la question d’un départ. C’est à se demander si la ville est vraiment intéressée par notre présence. Je ne partirai pas comme un voleur, mais fin 2011, je m’en vais si les choses ne bougent pas. » Depuis l’installation du musée, les critiques fusent tandis que les ennuis à l’Hôtel de Caumont s’accumulent. Problèmes techniques et réaménagements fréquents dans un lieu du XVIII e non adapté, la fameuse affaire du « baiser rouge », récents travaux « catastrophiques » selon le galeriste qui n’étanchent pas les problèmes d’humidité, et le déficit structurel chronique. Et le dernier coup qui met le feu aux poudres, l’accusation par la société d’économie mixte RMG (gestionnaire du Palais des Papes, de l’office de tourisme et producteur technique de l’expo Barcelo) d’un dépassement (entre 250 et 400 000 €, chiffres officiels non publiés à ce jour) des dépenses (sur 850 000 € de budget prévisionnel). Si à l’hôtel particulier le succès Barcelo est réel (43 000 visiteurs dont 2,50 € par ticket reversés à RMG), au Palais des Papes (24 000 visiteurs pour la seule expo mais 260 000 entrées en totalité) et au Petit Palais (chiffres non communiqués) les compteurs affichent des résultats en deçà des 200 000 visiteurs espérés. Pour Eric Mézil, directeur de la Collection, « ce dépassement est faux, c’est de la calomnie. Le budget artistique est réglo, nous affichons 855 000 € de dépenses. La Ville avait décidé que RMG prendrait en charge les dépenses du Petit Palais qui a raccroché au wagon en janvier 2010. On ne peut pas nous imputer ces frais supplémentaires ni les 45 000 € d’étude de satisfaction ou les frais de gardiennage ! C’était du pur bonheur de voir cette foule cet été. Le succès a dépassé le succès d’orgueil, c’est aussi une réussite économique qui a permis de découvrir un Avignon culturel lié à l’art contemporain. La Ville a peut-être trop de trésors et boude son plaisir. » Un « petit Beaubourg » en faillite ? Jacques Montaignac, directeur des affaires culturelles de la Ville, temporise. « C’est un problème de double gouvernance. Les défauts de gestion proviennent des deux structures (ndlr : le directeur de RMG, société déficitaire avant l’exposition, a démissionné fin 2010 et la collection, qui a vu défiler depuis sa création 7 administrateurs est surendettée depuis 2 ans à hauteur de 185 000 €). Ces problèmes antérieurs à l’exposition ont amplifié les phénomènes de déficit. Ils auraient dû équilibrer. Le juste milieu… est au milieu, il y a une part de responsabilité des deux côtés. » Il assure que « laisser partir la collection serait une erreur de politique culturelle fondamentale », mais souhaite un débat sur le fonctionnement financier. Yvon Lambert et Éric Mezil restent sidérés que des doutes subsistent sur leur travail, qui en 10 ans a ramené plus de 300 000 visiteurs. « Si on n’a toujours pas convaincu, c’est qu’il faut partir. On a inventé quelque chose d’exceptionnel, les gens viennent du monde entier été comme hiver » s’exclame le directeur qui reconnaît que « la Ville ne leur coupe pas les vivres » mais reste « furax, amer et vexé », proposant même sa démission. Ce « coup de colère » du collectionneur n’étonne pas la Ville, habituée à son « caractère bien trempé ». Fabien Strack, directeur du cabinet du Maire, affirme « qu’il n’a jamais été question de laisser partir la Collection » et rassurait mi-décembre Éric Mezil par mail : « le déficit annoncé est inhérent à RMG et indépendant de la collection Lambert. » De son côté, Marie Josée Roig, maire d’Avignon, rappelait son soutien « sans faille » lors du vernissage des Miracles. Un soutien confirmé au Conseil Municipal lors du vote, pour la deuxième année, d’une rallonge de 45 000 € pour éponger « le déficit structurel » du musée. Le financement La participation municipale annuelle s’élève à 440 000 €, identique à partir de 2011 à celle de l’État. Le financement de la Région PACA s’élève à 220 000 €. Avec la participation de mécènes et des fonds propres, le budget annuel est de 1,6 million d’ €, auxquels s’ajoutent 50 000 € par an de fluides (eau, gaz, électricité, entretien…) aux frais de la municipalité. Quant au conseil général de Vaucluse, il met à disposition de la commune en bail emphytéotique depuis 1999, sous réserve qu’il accueille les œuvres du collectionneur, l’Hôtel de Caumont. Cette cession à titre gratuit, a été estimée en 1999 à 1 173 857 €, dont les travaux de réhabilitation Eric Mezil, directeur de la collection Lambert Delphine Michelangeli qui ont été financés à hauteur de 457 347 € par le conseil général 84. Pourtant Jacques Montaignac estime que « l’apport des partenaires est restreint pour ce musée qui a toujours manqué d’un bras, celui du conseil général. » Il souligne de plus que le lieu est trop exigu aujourd’hui pour contenir les 1200 œuvres répertoriées. Vence et Arles En attendant un doublement de surface, la Collection fait son nid ailleurs. Une antenne de la Collection pourrait atterrir prochainement aux Ateliers d’Arles. « Même si les moyens sont limités, le maire a compris que la ville peut vivre grâce à la culture. Notre idée n’est pas de quitter Avignon, mais il faut trouver une solution pour que le projet avance. » Contacts sont également pris avec la ville de Vence qui cèderait à Yvon Lambert un magnifique terrain à destination muséale. Les 350 œuvres resteront jusqu’en 2019 dans leur écrin avignonnais, sauf achoppements sur les termes de la convention qui lient le prêteur à la ville d’Avignon. Des alternatives qui n’ont pas l’air de tracasser la Mairie, qui ne pourra profiter des 37 Picasso récemment prêtés à la Collection en ne leur offrant pas les conditions hygrométriques adéquates. « Il faut des travaux sérieux pour accueillir des œuvres de cette ampleur » regrette Éric Mézil. Au vu de l’exposition des Ponts organisée actuellement par RMG, Avignon préfère peut-être s’en tenir à son patrimoine ? DELPHINE MICHELANGELI
RÉGION EN SCÈNE POLITIQUE CULTURELLE 09 Hommage au maître Renforcer le maillon faible Conçue pour l’anniversaire des dix ans de la collection avignonnaise d’Yvon Lambert, cette exposition se parcourt comme un cabinet de curiosité contemporain. C’est toute une histoire de l’art moderne et contemporain (à partir des années soixante du siècle précédent moins quelques tendances) qui est condensée entre les murs et la cour de l’Hôtel de Caumont. On ne sera donc pas surpris de retrouver les artistes favoris, souvent amis de la première heure : Sol LeWitt, Judd, Twombly, Serrano, Douglas Gordontrès représenté avec Nan Goldin, comme nombre de ceux et celles présents dès le premier Rendez-vous (il y en eu quatre), exposition inaugurale en l’année 2000. Le commissaire, Eric Mézil, a habilement joué le jeu des citations, des références, des correspondances et des surprises autour de la figure tutélaire (et pourtant absente) du galeriste et collectionneur. Citation des expositions précédentes (Barcelo, Figures de l’acteur, À Fripon, fripon et demi…). Référence à l’histoire de l’art : artistes inconnus ou anonymes découverts par hasard, Carjat (sombre portrait de Baudelaire), Cézanne, Léger, Man Ray s’imbriquent avec les œuvres plus récentes provenant presque toutes de la collection. Correspondance entre les créations : le mouvement aérien suspendu d’une bande magnétique dans l’installation de Zilvinas Kempinas renvoie au lasso aveugle à l’amour dans la vidéo de Salla Tykka. Surprise avec la présence sculpturale dans la grande galerie d’un élément d’architecture de Jean Prouvé en dialogue avec les structures des artistes minimalistes. Surprise aussi dans la salle consacrée à un cabinet de curiosités où se mêle un bric-à-brac d’objets hétéroclites étiquetés dans des vitrines avec un papier peint et des sons d’oiseaux de Louise Lawler. Surprise encore avec la découverte de plusieurs films rares, expérimentaux et de vidéos plus récentes (Mekas, Broodthaers, Gréaud, Wallinger…) ou la délirante pièce sonore en 45t vinyl L’apothéose du dollar racontée par Salvador Dali. Le tour du propriétaire fait, on peut avoir l’envie furieuse de se poser un bon moment devant l’œuvre élue. Alors, même loin du saint Père, on prie de pouvoir bénéficier de quelque siège pour entrer en contemplation. À ce miracle-là au moins, on peut croire. CLAUDE LORIN Je crois aux miracles jusqu’au 8 mai Collection Lambert, Avignon 04 90 16 56 20 www.collectionlambert.com Vincent Ganivet, installation pour Je crois aux miracles, Collection Lambert en Avignon, 2011 Delphine Michelangeli Tu m'écoutes ? de la cie Debrid'art X-D.R. Depuis 2001 le festival Région en scène présente une sélection de compagnies régionales qui vont ensuite se produire au festival national de Figeac, Le chaînon manquant, qui réunit l’ensemble des sélections régionales. Une occasion pour de petites compagnies de se produire devant de nombreux programmateurs. En PACA les représentations sont ouvertes au public et se déroulent à nouveau cette année à Aubagne et au Pays de l’Étoile. L’événement est organisé par Le cercle de midi, qui opère la sélection en PACA. Le but est clairement de constituer un maillon entre la vie associative et les plateaux du réseau national, qui souvent choisissent leur programmation parmi les productions des centres chorégraphiques et dramatiques, ou des scènes nationales, ne permettant pas aux compagnies émergeantes de sortir d’un réseau alternatif aux moyens souvent restreints. Cette année treize compagnies plus ou moins repérées sont programmées du 14 au 16 février. Les manifestations sont gratuites ou à 5 €, et permettent de voir de nombreuses formes jeune public, du théâtre, de la danse, des musiques du monde. On y retrouvera Miguel Nosibor et son très beau Temps d’arrêt, Jeanne Béziers qui met en scène une forme jeune public, un beau texte de Valletti, un décapant Malade Imaginaire, un étrange Être le loup, les vivifiants Onstap, un travail sur Ubu de la cie Loreleï, et le sextet de Bijab et Maryam Chemirani. Et beaucoup de chansons. On prendra aussi le temps de la découverte et de la réflexion lors d’une rencontre inaugurale. Et on regrettera, comme souvent, l’absence de formations musicales classiques, baroques, contemporaines ou jazz. Le concert, hors la chanson, ne ferait-il plus partie du spectacle vivant ? AGNÈS FRESCHEL Au programme Le 14 fév 15h30 La Distillerie Rencontre professionnelle 18h00 La Distillerie Théâtre : Et puis quand le jour s’est levé Cie La p’tite marchande 21h00 MJC l’Escale Chanson : BatPointG et Mochélan Le 15 fév 10h00 Le Comoedia Théâtre musical : Tu m’écoutes ? Cie Debrid’arts 14h00 La Distillerie Théâtre : Le malade imaginaire Cie Vol Plané 16h30 Roquevaire Théâtre : Être le loup Cie Orphéon théâtre intérieur 21h00 MJC l’Escale Chanson : Maison Rouge et Petite Musique Musique du monde : Oneira Le 16 fév 10h00 Saint-Zacharie Cirque : Tout l’univers en plus petit Attention Fragile 14h00 La Penne-sur-Huv Théâtre : Père U à la plage Cie Loreleï 16h00 La Penne-sur-Huv Danse : Temps d’arrêt Miguel Nosibor Danse : Parce qu’on va pas lâcher Les Onstap 21h00 Le Comœdia Théâtre chanté : Deuxième mouvement Le cri du chœur Région en scène 04 42 18 19 88 www.cercledemidi.org



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