Zibeline n°37 janvier 2011
Zibeline n°37 janvier 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de janvier 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : le partage des arts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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64 LIVRES/ARTS L’alpha et l’oméga de Penone Toute l’œuvre de Giuseppe Penone, associé au mouvement de l’Arte Povera, est « une appropriation du sens profond de la nature à travers une poétique subtile du mouvement ». L’Arbre des voyelles couché au détour d’une allée du jardin des Tuileries depuis 2000 1 en est une magnifique illustration, étrange gisant vivant aux racines mises à nu ; aujourd’hui sujet d’un ouvrage édité à la demande de l’artiste par le musée du Louvre, richement illustré de vues d’ensemble, de détails, de photographies explicites sur le processus de fabrication et son installation in situ, d’études et de dessins préparatoires pour le choix des essences ou des positions des racines et des lettres. L’Arbre des voyelles est une sculpture-morte dont les branches en bronze - matière noble et éternelle - donnent naissance, au contact avec le sol, à de nouvelles pousses comme « autant de vies renouvelées », et dont les racines dessinent les lettres AEIOU en référence au sonnet de Rimbaud… Quelques textes de Penone éclairent sa démarche, notamment sur le parallèle entre la mutation et le processus de croissance de l’arbre avec l’expérience de l’œuvre d’art. D’autres encore multiplient les approches : Olivier Kaeppelin rappelle les conditions de sa réalisation ; Daniel Soutif souligne l’enracinement de son œuvre dans la relation entre l’arbre et l’humain mais également le caractère exceptionnel du projet (Penone perturbe l’ordonnancement de ce jardin à la française) ; Marie-Laure Bernadac évoque avec l’artiste les notions d’horizontalité et de verticalité, les relations mimétiques entre l’arbre et le bronze dans son œuvre sculpté. L’ouvrage, épuré, sobre, fait entendre le bruit de l’arbre qui tombe. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI 1 Commande publique engagée en 1999 par le CNAP/ministère de la Culture et de la Communication, inscrite aux inventaires du fonds national d’art contemporain dont le CNAP assure la garde et la gestion. Arbre des voyelles Giuseppe Penone Musée du Louvre Éditions & Beaux-arts de Paris les éditions, 24 € Un guide pour les collectionneurs Art tribal d’Afrique Noire n’est pas un beau livre de plus sur l’Afrique avec photos quadri sur papier glacé et commentaires indigestes sur les splendeurs exotiques. Jean-Baptiste Bacquart signe un ouvrage de travail, socle de recherches postérieures, chez Thames & Hudson déjà éditeur de L’Art africain de Franck Willette et l’indispensable L’Art contemporain africain de Sidney Littlefield Kasfir. Agrémenté de 865 illustrations, le livre traverse en 240 pages le continent d’Ouest en Est au fil de 49 chapitres correspondant à des aires culturelles spécifiques, divisés chacun en deux parties : la première cerne rapidement la production des tribus concernées et éclaire - aussi rapidement - leurs structures religieuses, sociales et politiques ; la seconde s’attache à décrire quelques objets représentatifs (masques, bijoux, statues reliquaires, serrures et portes, tambours, cimiers), illustrés et accompagnés de notices bibliographiques. Rendre compte de la production artistique du continent africain en un seul volume étant impossible, l’auteur donne les clefs d’accès à un savoir et à une érudition dont l’ouvrage constitue les prémices. Il distille aux amateurs ses connaissances acquises à la Sorbonne, à l’École du Louvre et au département d’art tribal de Sotheby’s Londres qu’il a dirigé, rappelant dès l’introduction que les « beaux objets » africains, une fois retirés de leur contexte originel, « ont perdu leur justification et leur rôle, et ne peuvent être considérés que comme des coquilles vides ». Un distinguo nécessaire à la compréhension de ces objets - et non pas œuvres - produits par « le commanditaire, le devin du village et le sculpteur ». M.G-G. Art tribal d’Afrique Noire Jean-Baptiste Bacquart Thames & Hudson, 29,95 € t Art trilhal c]'Afrique VoïiiE Sacrément pratique Sur un modèle qui a fait ses preuves (Versailles palais des rois), les éditions du Chêne poursuivent la publication d’ouvrages de petit format richement illustrés, faisant office de guide culturel très pratique à utiliser. Grâce aux photos de Gilles Targat et aux commentaires bilingues (anglais) de Corinne Targat, vous connaitrez le Paris Sacré comme votre poche, des vestiges des édifices paléochrétiens aux églises en tous genres du XX e siècle. Quartier par quartier, ce voyage initiatique vous donnera rapidement et facilement des renseignements ludiques et passionnants avec une fiche par monument, de Saint-Eustache au Sacré- Cœur, en passant par Notre Dame de Paris, la Sainte-Chapelle, la Madeleine, le Cloître des Billettes ou la chapelle expiatoire. En parcourant ces joyaux de l’art sacré, croyants et mécréants prêcheront à coup sûr pour la même paroisse. FRÉDÉRIC ISOLETTA Paris sacré Corinne et Gilles Targat Éd. du Chêne, 14,90 €
Paris l’ado On ne compte plus les photographes qui investissent le quotidien et le banal. Mais des Halles à la place des Vosges via les méandres du métro, les ados sont-ils tous pareils ? Les clichés photographiques renvoient-ils aux clichés mentaux projetés sur la jeunesse actuelle ? Durant trois années, Hugues Lawson-Body est allé à leur rencontre pour les rassembler dans cet important ouvrage de près de deux cents images en couleur. Des images d’apparence assez convenue où des adolescents s’offrent en confiance et sans artifice ostentatoire, alternant groupes et individualités, parfois posés en toute simplicité assurée, de face le plus souvent. Des plans rapprochés s’attardent sur certains détails (coiffures, tatouages, bijoux, accessoires vestimentaires et incontournables smartphones). On croise différentes communautés d’origines africaine, asiatique, européenne ou du Maghreb. Mais les mélanges ici sont rares : skaters, métalleux, rastas, « maghreb united », chic, rappeurs… s’affichent par des affinités identitaires, de classe (sociale), de lieu de résidence probablement aussi. Dans la préface William Klein s’interroge : « ils se préoccupent de leur look et passent leur temps à le peaufiner mais qu’ont-ils de différent des jeunes des autres villes occidentales ? ». On ne fait pas d’ahurissante surprise à la mode kawaii comme au Japon dans ce Paris prodigieusement quotidien. Manifestement Hugues Lawson-Body a opté pour une neutralité bienveillante proche du reportage rappelant plutôt Raymond Depardon pour ses paysages de France (affranchis de la présence humaine), sans rechercher le spectaculaire dans le genre Larry Clark, deux figures emblématiques de l’actualité photographique parisienne. Les textes sont en anglais, si jamais à Londres, New York ou bien même Marseille… CLAUDE LORIN LIVRES/ARTS 65 MINES PAIUSIENS...4 11]CIfS LAWSDN-80Ln Jeunes Parisiens Hugues Lawson-Body 1980 Éditions, 34 € L’Harcourt studio Le sous-titre peut être trompeur car cet ouvrage ne révèle pas seulement les secrets de fabrication des mythiques photographies griffées Harcourt. Il raconte aussi la genèse de ce studio commercial et artistique depuis sa création en 1934, restitue son esprit et cette esthétique remarquable, tout comme les valeurs qui se doivent d’être perpétuées ; « l’excellence, l’esthétique, l’élégance à la française, la sobriété et la magnificence ». Entre la chronique historique, une autocélébration valorisant l’entreprise (une seule signature en conclusion des textes par son propriétaire actuel) et le manuel pratique de genre do-it-yourself façon Harcourt, l’ouvrage se parcourt avec beaucoup d’intérêts et une iconographie nécessairement riche : 150 photos - presque un siècle d’existence parfois chaotique de cet établissement dont une succursale, disparue aujourd’hui, fut créée à Marseille en 1945. La partie la plus technique et pédagogique renseigne le déroulement pré et post la prise d’image (le maquillage, le fameux halo lumineux, l’astuce du bas de soie troué, la retouche au labo) et, en s’appuyant sur bon nombre d’analyses détaillées de clichés, nous éclaire aussi sur l’évolution des choix artistiques et les codes Harcourt (les canons ?) qui persistent aujourd’hui, même convertis au numérique. Une édition en coffret est disponible avec un tirage tamponné du portrait de Laetitia Casta (35 €).C.L. Coups de gueule Olivier Bernex a délaissé son pinceau pour la plume avec la même énergie désespérée. L’exécution de la peinture, titre ô combien violent, résume le propos de l’ouvrage dans lequel l’artiste règle ses comptes avec l’art contemporain, superpose premiers souvenirs de peinture, évocations intimes, soubresauts des années 60/70. Le tout piqué de sentences souvent intransigeantes sur le cénacle parisien dont il se dit « exclu » et de citations à la pelle… Des propos épars, dissolus comme s’il divaguait à haute voix au gré d’une vie vécue comme un sacerdoce. Tours et détours d’un homme meurtri et inconsolable dont la vie a toujours été un combat, « un long chemin solitaire ». Le peintre n’est-il pas selon lui comme le poète, « cette autre espèce en survie », dans un état de repli, d’exil, d’incompréhension ? Aussi attendrissant qu’agaçant, Olivier Bernex se pose en victime de conjonctures défavorables, obligé de lutter contre la solitude et l’oubli, d’œuvrer en résistance contre… Contre qui au juste ? Sa famille en premier lieu avec laquelle il rompt tous les liens, et une longue cohorte d’adversaires, galeristes, critiques, politiques et autres décideurs de la chose publique. Comme le Frac qu’il rebaptise Fonds régional d’aide aux copains ! Sa prose laisse perplexe, entre émoi et crispation : trop d’aigreur l’habite encore. Mais dans ce jaillissement (tourmenté et transcendant comme sa peinture) perlent de vrais questionnements sur l’acte de peindre, l’état actuel de la peinture, le statut de l’artiste, les fracas et les tourments de l’esprit créateur. Une fois le livre refermé, les mots écrits par ce peintre solaire totalement perméable aux variations de lumière résonnent étrangement : « Inquiétude, doute, impuissance… et s’il n’y avait pas d’Ariane dans cet enchevêtrement sinueux » … M.G.-G. L’exécution de la peinture Olivier Bernex Autres Temps, Coll. Le Temps de la pensée, 20 € 7Lr ; r,rt. L’Art LArtdu portrait nortraitselon Harcourt Secrets et techniques Éditions Pearson, 25 € 1)I0ier Herne ; L'exécut,rrn ale la peinture 61311111 1i



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