Zibeline n°37 janvier 2011
Zibeline n°37 janvier 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de janvier 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : le partage des arts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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62 LIVRES RENCONTRE LITTÉRATURE Littérature non conforme « Pour dire ce qu’il faut, il faut en dire trop » HF Blanc Il est des lieux où souffle l’esprit et à Marseille, on le cherche parfois, cet invisible, ce subtil dans la mistralade... Question d’intensité sans doute, de créativité lexicale peut-être. L’overlittérature (au dessus ? au-delà ? déjà morte ?) est née de cette frénésie caractéristique de certains écrivains du lieu, à s’arracher l’étiquette platement parisienne de « polar marseillais » pour s’estampiller autrement en toute liberté dérisoire et assumée. Philippe Carrèse, Serge Scotto sont à l’origine de ce lancer de mots attrapé au vol par L’Écailler qui en a fait une collection spécifique jusqu’à la reprise de flambeau par les éditions du Fioupélan (gros crabe poilu et verruqueux bien de chez nous). Les trois auteurs qui bénéficient de l’imprimatur 2010 sont déjà et depuis longtemps fichés au Grand Déjantage du verbe : le texte d’Anne Marie Ponsot Josy Coiffure a été depuis les années 80 joué avec un certain bonheur sur toutes les - petites et hardies - scènes de la douce France. La reprise « écrite » fixe, sinon fige, cette prose de l’instant modeste dans un parler marseillais « gentil » et rassurant dans ses transgressions syntaxiques et vocaliques de petites gens un peu trop tendrement colorés. Plus corsées et urticantes, la réédition des imprécations luxuriantes de Samson Derrabe-Farigoule, homme lige de Gilles Ascaride, contre sa ville natale («...toi avec toujours ta ricane tu nous fait défiler nous autres tes médaillés, médaillés de la crasse de la méchanceté de la bêtise de la morgue de la douleur tu nous fais faire la manécanterie des soldats de bois... ») et la révélation au monde du Livre de Jobi d’Henri-Frédéric Blanc, jobédification d’un marlou bling bling tombé dans la grandeur de l’humilité « …il prophétisait la ruine de la ville, la merde tombant des cieux, les trottoirs se mettant à fondre ; l’Egypte a eu ses 7 plaies : Marseille possède les siennes : les voitures, la saleté, les faux artistes, les crottes de chien, les faiseurs de projets, les zélus, les tables de café bancales... ») ! Truculence, fantaisie, recyclage du connu : la lecture rouvre les yeux et les oreilles... Dieu vomit les tièdes, de toute évidence nos deux overlittérateurs aussi : se présentant à l’heure dite en un lieu convenu de la rue Paradis, Sa Sainteté le Papennntiiarir Jnsy Coiffure Nrnri'lY ü, e/01)i I Un Grec à New-York Le 17 e épisode des aventures de Constantin le Grec ne déroge pas à la règle : pas question pour le héros de lézarder sur le pont du Némésis, son nouveau bateau, ni de refaire le monde avec ses copains pescadous de L’Estaque ou l’amour avec Anaïs sa girelle bien-aimée. L’aventure est toujours au bout du quai et elle démarre sur les chapeaux de roues ! Lancé à la poursuite de son amoureuse disparue, laquelle était elle-même sur une affaire de trafic de canards du Sud-ouest bizarrement gavés, Constantin file à New-York et l’histoire file avec lui dans une course foutraque, où se croisent un gang latino des plus teigneux, un ingénieur français génial et pleutre, un fan de John Lennon complètement azimuté, un chauffeur de taxi new-yorkais natif de Marseille… Entrer dans un roman de Del Pappas, c’est accepter de se laisser gansailler, au mépris de la logique (et parfois de la syntaxe) par une faconde et {illex =r4 de Sur 9es ru3tt-3 ; rirai claris9iiC une énergie qui rappellent sans cesse au lecteur que Constantin a beaucoup à voir avec son créateur, que ses aventures « proviennent des territoires sombres de [la] mémoire » de Gilles Del Pappas, de son expérience et de sa culture riches, particulières, et que toutes ces histoires écrites, on a l’impression en les lisant de les entendre tant la voix est là. De là sans aucun doute vient son succès à la ouaneguène, dans le choix assumé d’un parler marseillais qui clame haut sa tendresse pour sa ville et ses habitants. Pour les curieux, un glossaire des mots et expressions marseillais, dont certains apparaissent ci-dessus, ainsi que quelques recettes de cuisine du Grec, dans la tradition du regretté Montalban, complètent l’ouvrage. FRED ROBERT Henri-Frédéric 1er et le Roi Gilles 1er L’Excessif (sic sic sic) ne sont pas en peine pour éclairer les lanternes un peu faiblardes et répondre à toutes - oui toutes - les questions : loin des éternels déçus doux-amers que peuvent laisser craindre leurs notices biographiques (détesté des élites locales...interdit de dédicaces...mis au ban...attendant de recevoir les honneurs qui lui sont dus...) malgré la dose évidente d’autodérision bien pensée, les deux auteurs articulent un discours qui va bien au-delà de la déploration sur la malédiction culturelle d’être marseillais : il doit y avoir une place pour une littérature hors norme, non conforme, trois tons au-dessus ou à côté des petites voix fluettes du temps. Les lieux communs, la vulgarité ? un passage obligé et un signe de reconnaissance sinon d’appartenance. Pourquoi se taire avec les loups lorsqu’on possède de facto une langue locale ample, cosmique, apte à dire le monde avec ou sans les mains ? Le sacré pointe son nez, l’air de rien et le dionysiaque n’est pas loin avec son cortège blasphématoire et boiteux ; le rythme, le rythme et la cadence pour Ascaride, homme de l’oralité et de la scène ; la satire dans son acception la plus impure de ragoût parodique et aussi le pot-pourri métaphysique pour le très cultivé Blanc qui déteste que l’on aime ses préfaces... Une refondation de la littérature en vue ? Sourires lointains mais yeux gourmands ; l’entretien se termine sur la formulation d’un désir hugolien : faire cénacle et accueillir à la table du banquet overlittéraire les malpropres de la langue en tous genres… MARIE-JO DHO Josy Coiffure Anne-Marie Ponsot (préface de Serge Scotto/Postface de Jacques Bonnadier) Fioupelan,12 € Sur tes ruines j’irai dansant Gilles Ascaride Fioupelan, 14 € Le Livre de Jobi Henri-Frédéric Blanc Fioupelan, 14 € LE5Fy4TFry$ ! L'}ri..11,i'I11{ ! iFLf ".r lixz71 i Constantin et les 40 canards Gilles Del Pappas Après la lune, 15 €
Ode au père Un père secret, qui n’a connu que le travail dans sa vie, un travail avec ses mains, au service de la France. Un père qui a fait la guerre pour défendre ce même pays et dont le père avait servi lui aussi, partageant le front de 14-18 avec les tirailleurs sénégalais. Un père auquel personne n’a appris à lire et à écrire et qui a construit des ponts et des barrages toute sa vie. Un père pour lequel le retour à la terre des origines est resté un mirage et qui n’y est retourné que mort, car tel était son désir. Un père dont la tombe ne sera jamais honorée par le fils qui écrit cette histoire. Lui, c’est AhmedKalouaz, écrivain aujourd’hui, qui essaie de reconstruire quelques instants de vie, de reconstituer les lieux à partir de vieilles cartes postales, d’imaginer les chantiers dans le froid, le partage des chambrées et des gamelles. Il évoque l’enfance de ce père orphelin, ses premiers boulots sur l’aride sol algérien, le mariage arrangé, le départ pour la France. Puis les désillusions des conditions de vie, l’installation de la femme et les enfants qui se succèdent. De la mère on ne saura rien, pas plus que des 11 enfants. Monstre ordinaire Liliana Lazar, originaire de Roumanie, a vécu sous le régime de Ceau escu, avant de venir vivre en France il ya 15 ans, dans la région de Gap. Elle a décidé d’écrire son premier roman en français, une façon de prendre des distances par rapport à son pays : « Je n’aurais pas eu le même résultat dans la langue de mon enfance ». C’est d’ailleurs un traducteur qui assurera la version roumaine prévue pour avril 2011... Son roman dépeint la vie inquiétante d’un village perdu dans les montagnes de la Moldavie, proches des Carpates. Une vie réglée par le Pope, les jeteurs de sorts et les « moroï », les revenants, autour d’un lac protecteur au cœur de la forêt, baptisé la Fosse aux Lions. L’histoire commence en 1965 avec l’accession au pouvoir d’un inconnu du peuple, le camarade Ceau escu. Et un parricide : le jeune Victor, souffredouleur de son père, l’assomme et le fait disparaître dans le lac. Cinq ans plus tard, le meurtre d’une jeune fille contraint le jeune homme à vivre caché sous la protection de sa mère et de sa sœur. D’autres meurtres, jamais prémédités non plus, suivront et feront de Victor un paria. Il devra se racheter en copiant jour et nuit des textes saints, interdits par le régime. Pendant ce temps un nouveau pope, complice des AhmedKalouaz semble s’être enfermé dans son aventure intérieure. Seule l’image du père le hante et il s’adresse à lui tout le long du récit à la 2 e personne. Des sentiments d’adulte, que ne partageront pas forcément les lycéens et apprentis du prix littéraire… CHRIS BOURGUE Avec tes mains AhmedKalouaz Rouergue, coll. La brune, 12 € Sélectionné pour le Prix régional des Lycéens et Apprentis autorités, instille la malhonnêteté, la suspicion et la haine de l’étranger tandis que les superstitions pèsent sur les esprits… Le lecteur est littéralement happé par ce récit nerveux au dénouement inattendu, qui l’amène à la révolution de 1989 et au changement du régime… qui fera de Victor une sorte de héros.C.B. Terre des affranchis Liliana Lazar Gaïa, 18 € Sélectionné pour le Prix régional des Lycéens et Apprentis Jean-Luc Brisson Samedi 29 janvier a 11 h ihrairie Cverner crAtxxicrice rue MLJUiirl — ia2ag SiAli3O-LIO-PrOyeriC.0 Samedi 29 janvier 17 h Ubrjrjpj IrribErrion — LE Corbusier UI-1.1'2Bia, baule.aaLl Miche lut — 130D9 U111 LL1SL En presence de Emmanuelle Eleutet. Viterprete Mercredi 9 février A 18 h 30 Librairie Goulard 37r mum rie1irabmu — 13100 Aix-Fin-Prmprice Jeudi 10 février 18 h PS 76 rue des freres Bart11616rny - 13001ilk Rencontres d'auteurs I nensLEJlt-2...5 dans Isnciuches-du-Rhane CONSEIL.1.021 GENERAL MAUPETIT LIBRAIRE t)epuis 8.0 as au service des Ntuseillais (..L de la Culruce La Librairie de Tous les Savoirs 850 m2 d'expo,sition Librairie MAUPETI - I.42 LaCarschire - ta. 04 91 36 51 50- : 049] 36 50 79 sitc usattpl:ddibraititdr ountacc ; Lua.upetkeAar.,tes-sud.fi ouvutL. du lundi at). hkunudi tie 101A* a l'..11).00



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