Zibeline n°37 janvier 2011
Zibeline n°37 janvier 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de janvier 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : le partage des arts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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06 POLITIQUE CULTURELLE FORUM DRAC À la demande du ministère de la Culture et de la Communication, la Drac Paca organisait le 15 décembre aux ABD Gaston Defferre le Forum régional : Démocratisation et pratiques culturelles à l’heure du numérique Dans le cadre du programme « Culture pour chacun » lancé cet été par Frédéric Mitterrand, les Directions Régionales des Affaires Culturelles proposaient dans chaque région des assises sur l’accès à la culture en vue d’une Rencontre nationale les 4 et 5 février à Paris. La Drac Paca a choisi quant à elle de s’interroger sur démocratisation et numérique, d’examiner les médiations qui accompagnent cette mutation technologique, la part de l’action artistique et culturelle en milieu scolaire et universitaire… Pour cela elle a voulu croiser les expériences de terrain dans les domaines de la lecture, du patrimoine, de l’enseignement artistique et du spectacle vivant : ovum visional Dètnocrakisation pratolm cultutelles Meure numeque Médiation et étaient donc invités des représentants des différents champs de la culture « engagés dans les questions de démocratisation culturelle à l’ère du numérique » comme l’a rappelé François Brouat, directeur régional des affaires culturelles, désireux de rassurer les acteurs culturels et leurs syndicats. En effet ceux-ci s’inquiètent de cette « culture pour chacun », dont les promoteurs taxent injustement les artistes d’élitisme, nient le travail de démocratisation accompli depuis des années, en dépit des baisses constantes de moyens, et des changements sociaux et médiatiques… En préambule donc, François Brouat a souhaité trouver un terrain d’entente « car la raison d’être du ministère est l’accès aux œuvres et à la culture la plus large ». En faisant d’abord un constat : l’effort de démocratisation culturelle a été porté par différents ministères, et le programme Culture pour chacun ne remet aucunement en cause ce qui a été fait depuis 50 ans : « pour Frédéric Mitterrand la culture pour chacun n’est pas un succédané de la culture pour tous » … Puis par des questionnements : le ministère doit-il favoriser avant tout la X-D.R création et l’excellence ? est-il engoncé dans un art institutionnel ? les cultures populaires peuventelles être soutenues ? quelles sont les frontières entre art, communication, divertissement, distraction ? quelle est la position des créateurs face aux médias numériques ? Pratiques démocratiques et démocratisation des pratiques Face à la marchandisation qui a contaminé la culture et la fracture culturelle qui double la fracture sociale, opter pour une position de résistance fait l’unanimité. Seuls les moyens diffèrent : le Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence a mis en place un service éducatif afin de sensibiliser les plus jeunes à l’opéra et éviter de se trouver face à des « consommateurs » ; l’Université d’Avignon et des pays de Vaucluse accompagne le développement d’une bibliothèque numérique avec une formation des étudiants intégrée à leur enseignement pour « les faire revenir vers le livre, la documentation et leur ouvrir l’esprit vers d’autres champs que ceux enseignés » ; l’École Régionale d’Acteurs de Cannes s’allie à l’Institut Supérieur des Techniques du Spectacle pour opérer un rapprochement entre acteur et technicien, indispensable depuis l’utilisation de nouveaux interfaces technologiques. Des chemins divers donc pour répondre aux évolutions posées par les nouveaux médias en termes de transmission, d’appropriation, de création, d’investissement… et d’éthique ! Car entre Culture et cultures populaires, public et consommateur, art et industrie culturelle, pratiques démocratiques et démocratisation des pratiques, les concepts méritent d’être affinés. À l’avenir, s’interroge Gilles Éboli, conservateur général des bibliothèques, « peut-on penser l’idée d’une bibliothèque numérique universelle comme une utopie désirable ? », tandis que Hervé Passamar, directeur de l’agence pour le développement et la valorisation du patrimoine, préconise de mieux connaître la typologie des publics, sans négliger les touristes : « quand on s’adresse à tout le monde, on ne s’adresse à personne ». Quitte à penser la « Culture pour chacun » comme une réponse à leur demande ? Les désirs formatés des publics peuvent-ils être prescriptifs sans tomber dans le populisme ? La question, soulevée, ne trouva pas de réponse… À moins que le sursaut ne vienne, justement, d’un secteur où les nouvelles technologies sont à la pointe des pratiques artistiques : l’art contemporain ! L’École supérieure d’art d’Aix, qui s’est équipée très tôt, s’interroge en permanence sur les questions de temps réel, de réseau, d’interactivité, mêlant réflexions épistémologiques, pratiques et expérimentations : une approche libertaire de la démocratisation
LA CRIÉE POLITIQUE CULTURELLE 07 numérique par une pratique de hacker défendue par son directeur, Jean-Paul Ponthot, qui souligne que « dans la logique de démocratisation culturelle pour chacun ou pour tous, il s’agit d’abord de qualifier l’œuvre que l’on propose ». Une œuvre d’excellence, bien sûr, car « la démocratisation culturelle part du principe d’antériorité de l’œuvre et du patrimoine en direction du public ». Propos confirmés par Emmanuel Vergès, directeur du Zinc, qui rappela les théories de Mac Luhan, et souligna qu’il n’y a pas de révolution réelle des médias sans révolution de la création et des pratiques : si les usages s’appauvrissent, l’accès illimité est illusoire… MARIE GODFRIN-GUIDICELLI r Numérique, un progrès en art ? Les rapports d’Elise Longuet et Francis Lacloche, les discours de Frédéric Mitterrand, les déclarations cadres de la Culture Pour Chacun notent toutes « une convergence des pratiques culturelles vers les écrans » et prescrivent « une politique volontariste » du MCC pour accompagner cette mutation, présentée comme inéluctable. Qu’en est-il ? Bien présomptueux qui prévoit l’avenir de l’art ! Quoi qu’il advienne on ne peut envisager de le prévoir, et de mettre en place une politique prescriptive, sans faire un tour par l’esthétique, et par une réflexion historique sur le progrès en art. L’art progresse-t-il ? Peut-on dire que Beethoven c’est mieux que Mozart ? La réponse consensuelle à cette question est négative : la Tour Eiffel n’est pas plus belle que l’Obélisque. Ni plus laide, comme le prétendaient les nostalgiques (appelés aussi selon les contextes réactionnaires, passéistes, ringards ou vieux, vocable qui gagne aujourd’hui). Pourtant certains facteurs font évoluer les arts et les lettres : un artiste peut approfondir son langage, des techniques artistiques nouvelles (la perspective, l’harmonie…) peuvent être maîtrisées, et l’invention de matériaux peut permettre l’éclosion d’univers inespérés (les plastiques, la photographie…). Mais si ces évolutions changent parfois la donne en profondeur, elles ne signent pas toujours des progrès au sens strict : l’art y gagne, l’art y perd, ou gagne même à s’édifier contre. Ainsi l’harmonie (l’écriture en accords) a indéniablement fait progresser la musique occidentale, mais au passage elle a fait disparaître la sublime polyphonie Renaissante, que nos oreilles retrouvent avec délices dans les polyphonies populaires du monde. Quant à ceux qui se proclament modernes, ils ne produisent pas toujours les œuvres les plus marquantes : Perrault allait dans le sens de l’évolution esthétique en puisant dans les contes populaires et en refusant l’influence antique et les Grands Genres, mais ses Modernes ont laissé moins de traces littéraires que Molière, La Fontaine et Racine qui aimaient les Anciens. Quant aux diktats des avant-gardes, on sait à quelles impasses ils ont pu mener : Boulez, en déclarant en 1952 que « tout compositeur est inutile en dehors des recherches sérielles », expédia pour longtemps la musique contemporaine vers des champs dont lui-même eut du mal à sortir… Qu’en est-il du numérique ? A-t-on aujourd’hui le recul pour en juger ? Le ministère de la Culture (et de la Communication) doit-il dépenser nos subsides pour équiper les foyers français en TNT (sigle explosif !), numériser les fonds des bibliothèques, équiper en numérique les salles de cinéma ? Est-on certain, à l’heure où les études montrent que les jeunes ont changé leur mode de lecture et d’écoute (ils lisent des extraits et écoutent des plages de trois minutes), et où Internet sert essentiellement à l’industrie pornographique, aux jeux d’argent et aux tchats phatiques (au mieux dénotatifs…), que promouvoir ces médias aille dans le sens des missions du ministère de la Culture ? La résistance à l’appauvrissement culturel que chacun constate ne passerait-il pas plutôt par le rétablissement des subventions au spectacle vivant, moins de copinage dans les nominations, un soutien affirmé à la librairie et au cinéma indépendants, et un effort massif d’investissement dans les actions de médiation ? D’ailleurs les intervenants du débat étaient formels : il faut apprendre à maîtriser le numérique, qui sans médiation humaine appauvrit les pratiques culturelles, malgré la multiplication des ressources mises à disposition. AGNÈS FRESCHEL Macha Makeïeff à la Criée Contrairement à ce qui avait été prévu, semble-t-il par le ministère de la Culture lui-même qui dans l’absolu devrait être décisionnaire, Catherine Marnas ne sera pas la prochaine directrice de notre Centre dramatique national. Pourtant tous paraissaient soutenir sa candidature, de la DRAC à la Mairie de Marseille et au conseil général 13, en passant par la Région PACA qui envisageait de s’engager financièrement pour faire de la Criée un Pôle régional si le projet de Catherine Marnas était retenu : celui-ci semblait correspondre en effet aux nouvelles attentes du ministère, produire et diffuser la création régionale, qui en a bien besoin, se préoccuper des publics et de la formation. Mais aussi, en particulier par l’association avec Di Fonzo Bo, s’attacher à faire venir à Marseille les metteurs en scène nationaux et internationaux les plus pertinents. Il n’en sera pas ainsi. Reste à espérer deux choses : que Macha Makeïeff vienne rapidement s’implanter dans la région pour redonner tout le panache qu’il mérite à ce magnifique théâtre, avec un projet artistique qui corresponde aux besoins du territoire ; que Catherine Marnas puisse poursuivre son travail de création dans des conditions décentes, en disposant enfin d’un outil à la mesure de son talent. Pas trop loin de Marseille, si possible, afin que les créateurs et le public d’ici puissent en profiter ? AGNÈS FRESCHEL Simon Wallon



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