Zibeline n°37 janvier 2011
Zibeline n°37 janvier 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de janvier 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : le partage des arts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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48 LIVRES Recto verso Après le Jacquot de Monsieur Hulot, David Merveille - quel joli nom - met à nouveau en scène le héros burlesque de Jacques Tati dans un album au titre-apostrophe Hello Monsieur Hulot. Vingt-deux historiettes de deux pages racontées en deux temps, deux mouvements ! Un recto fractionné en plusieurs vignettes initie le récit qui trouve sa chute dans le verso proposé pleine page. On tourne, retourne la feuille, sans mise à plat possible, heureux de repérer dans le plan d’ensemble les détails cadrés précédemment en plans plus serrés. Lecture sautillante et ludique ! On suit le personnage funambulesque, courtois et décalé, Piotr aime le loup Riche idée qu’a eue le CNDP que de rééditer le DVD de Pierre et le Loup de Suzie Templeton. Tout le monde connaît le conte symphonique, écrit et composé par Prokofiev en 1936, destiné à familiariser les enfants avec les instruments de l’orchestre : bravant l’interdiction de son grand-père, Pierre s’aventure dans la forêt et, avec l’aide d’un oiseau farceur et d’un canard rêveur, il trouve le courage de capturer le loup. Utilisant la technique d’animation « image par image » - plus de 45000 ! - popularisée par le studio Aardman pour la série des Wallace et Gromit, la réalisatrice, Suzie Templeton a pris le parti d’un film sans paroles, ce qui donne un relief particulier aux images souvent audacieuses comme les contre-plongées du duel entre Pierre et le loup. Elle situe le conte dans un univers russe contemporain peuplé de mafieux et de brutalité, où le Une histoire vraie Difficile d’y croire et pourtant c’est vrai : Antony Penrose, dit Tony, a mordu Picasso ! Preuves à l’appui, enfin presque… Tony, quand il était petit, vivait dans une ferme du Sussex en Angleterre avec sa mère photographe (Lee Miller) et son père peintre et poète (Roland Penrose). Entouré d’animaux et d’œuvres d’art, il fit la connaissance « de l’un des plus grands artistes de tous les temps ». Dans ce minuscule récit autobiographique raconté dans un style alerte, Tony nous dit sa fascination pour « ses mains ahurissantes », raconte la séduction de Picasso sur ses hôtes et sur luimême, l’appétence de l’artiste à transformer tout ce qu’il voyait en art, même son ours en peluche et son taureau William ! Fourmillant de photos (la plupart de sa Lis puppy., frui nicidu Pleassp aux prises avec une réalité climatique, urbaine ou sociale qu’il subvertit. Pas de bulles dans cette BD sauf celles qui sortent de l’éternelle pipe du protagoniste. Pas de mots sauf ceux des titres malicieux de l’auteur. Un graphisme simple et précis qui fait la part belle aux objets. Si sur la couverture, Hulot en équilibre sur une gouttière, corps légèrement incliné et chapeau bas, semble rendre hommage, comme Merveille, au génie de son créateur, inutile d’être tatiphile pour adorer à tout âge l’intelligence de ce livre et ressentir la mélancolie de la dernière saynette où le héros se met aux abonnés absents. Ses effets abandonnés sur le loup, sauvage, symbolise aussi une séduisante liberté. La musique a été enregistrée à Londres par le Philharmonia Orchestra dirigé par Mark Stephenson. On peut regretter que le DVD n’ait aucun bonus sur la réalisation du film, ni sur la musique et l’orchestre, même si le livret pédagogique propose des éléments de connaissance de l’œuvre et des suggestions d’activités. Destiné aux classes de maternelle et de primaire, le film ravira aussi le cycle d’adaptation du collège ainsi que les amateurs de cinéma et de musique… et les enfants qui peuvent le voir avec l’Orchestre de Toulon, dans un ciné-concert qui tourne depuis trois ans dans la région (voir p 43). ANNIE GAVA mère bien sûr), de dessins d’enfants, de reproductions de tableaux, sculptures et céramiques de l’artiste, le livre « s’amuse » à la mesure de la démesure du personnage en un bric-à-brac joyeux de polices de caractères différentes, de jeux de noir et blanc et de couleurs. Le garçon qui a mordu Picasso est un livre joyeux où l’on découvre un « géant » facétieux qui adorait se déguiser et faire le clown, en état de création quasi permanent, à la cuisine ou jardin. Du très grand art à la portée des plus jeunes DVD vidéo de 33 min + livret pédagogique SCÉRÉN-CNDP, 14 € grâce à ces anecdotes d’enfance vives et simples. M.G.-G. Le garçon qui a mordu Picasso (une histoire vraie) Antony Penrose Thames & Hudson, 14,95 € E Re9 LE CHEVA1.IER AV GRAND COEUR'Ear Il était une fois un chevalier qui n’aimait pas faire la guerre, qui était triste quand il faisait du mal à quelqu’un et qui préférait ramasser des champignons dans les sous-bois plutôt que partir en croisade… Il avait beau être grand et fort, tout le monde le trouvait anormal, et surtout le roi, qui craignait pour la réputation de son royaume… Il obligea donc le chevalier au grand cœur à aller terrasser une créature maléfique au milieu de la forêt enchantée pour prouver sa bravoure. Son grand cœur de grand chevalier fut brisé une fois la chose faite, et il devint tellement inconsolable qu’il menaça de noyer le royaume sous ses larmes, transformant les chariots en bateaux et les poissons en fleurs… Ce joli premier texte écrit par Nathalie Meynet est superbement illustré par Hippolyte qui mélange l’aquarelle aux traits légers de la plume et du crayon. Sans être follement originale, l’histoire a le mérite de faire tomber un préjugé tenace… DO.M. Le Chevalier au grand cœur Nathalie Meynet, Hippolyte Océan Jeunesse, 15 € Enfance de l’art Il est des rééditions dont on ne se lasse pas, comme celle du superbe album de Shaun Tan, L’arbre Rouge, que Gallimard Jeunesse vient de reprendre dans une nouvelle traduction (première édition par la compagnie Créative en 2003). Texte minimaliste, avec des mots coup de poing, « inéluctable », « inaccessible » … Le désespoir est là, le mal de vivre poussé au paroxysme, à ne plus savoir ce que l’on est soi-même. Jusqu’à la découverte du bonheur, éclosion rouge qui n’était pas si loin que cela, juste au pied du lit. Une belle approche de cette interrogation sur le monde avec des images superbes, univers de bleu, de rouge, sublimes gris colorés, qui instaurent une atmosphère de mystère et de fantastique à la fois. L’arbre Rouge nous fait plonger dans l’univers trouble de nos interrogations secrètes à travers un ensemble de tableaux d’une variété de techniques et de motifs d’une richesse rare. Une profondeur exceptionnelle. MARYVONNE COLOMBANI L’arbre Rouge Schaun Tan Gallimard Jeunesse, 13,90 € sable derrière lui, dos aux lecteurs, il entre dans la mer et s’éloigne. Adieu ou au revoir ? ELISE PADOVANI Hello Monsieur Hulot David Merveille Éd. du Rouergue, 15 € Conte pacifiste
r r Le peintre et la BD Lorsqu’un auteur de BD et un peintre se rencontrent au cœur d’un livre, toutes les fantaisies semblent permises. Dans sa dernière BD, JoannSfar met en scène un Chagall (pas le vrai) jeune, peintre et amoureux. Rejeté par le père de la jeune fille jusqu’à ce qu’il ait un « vrai métier », il part demander au Rabbi de Loubavich ce qu’il doit choisir, sa peinture ou son amour. Il déambule dans la campagne biélorusse, rencontre des personnages loufoques, un homme qui se prend pour Jésus Christ, un Golem, un violoniste qui ne cesse de jouer, un capitaine de cosaques et sa troupe qui n’obéit qu’à celui qui porte le manteau de commandement… Le tout se dessine au travers d’une errance colorée, le peintre esquisse, griffonne, livre aux autres ce qu’il perçoit. Obnubilé par la poursuite de son rêve, construire un opéra pour son village, il suit la vision du plafond qu’il veut peindre. On s’amuse à chercher dans les différentes vignettes des échos de l’œuvre de Chagall, couleurs vives et aériennes, personnages flottants comme détachés du sol, vision onirique d’un monde où tout semble subjectivisé. Les yeux bleus distendus du héros de la BD observent avec une profonde humanité ce qui l’entoure. L’humour aussi établit une distanciation avec la folie du monde : Chagall dessine le violoniste en jaune, ce dernier s’interroge sur ce symbole, et le peintre déclare « tu es jaune parce que j’avais du jaune » … M.C. Chagall en Russie JoannSfar Gallimard, 13,90 € Le manga sauve les livres ! Un livre comme on en rêve lorsque l’on a envie de donner chair à notre imaginaire, bestiaire fantastique et en même temps forgé à l’enclume de l’observation scientifique, voici Le Monde des Dragons, recueil des secrets de la vie de ces animaux qui peuplent la littérature fantasy. Construit comme un ouvrage de vulgarisation sur la vie de telle ou telle espèce animale réelle, l’ouvrage de Caldwell livre « tous les secrets sur ces animaux fantastiques ». Rien n’échappe à cette investigation, taille, poids, durée de vie, reproduction, La culture manga oscille-t-elle entre bêtise manichéenne et violence, histoires gnangnan et yatta infantiles ? Pas uniquement ! La littérature manga recouvre un nombre impressionnant de genres et de registres et à l’instar des autres formes de littérature, elle connaît aussi bien la niaiserie que l’excellence. Son écriture est particulière, avec des rejets, des italiques, un style économe à l’extrême, que l’on rencontre aussi bien dans les BD mangas que dans les romans qui les inspirent. Hiro Arikawa est un maître en la matière. Library Wars, saga de politique fiction, offre une appréhension pertinente des problèmes de notre temps. De quoi éveiller les consciences et rendre vigilants lorsque l’on grignote sous couvert d’arguments sécuritaires des libertés fondamentales. L’intrigue ? Dans un futur assez proche, les bibliothèques, derniers bastions d’indépendance intellectuelle, subissent les assauts des forces du comité d’amélioration des médias. Le corps de bibliothécaires s’est doté d’unités spéciales de défense afin de protéger les livres mis à l’index. Le thème par luimême manque de caractère fictionnel, tant les autodafés nourrissent dramatiquement notre histoire… Certes, les caractères des personnages correspondent aux stéréotypes LIVRES 49 Géant ! Il s’appelle Crannet sa force est surhumaine, aussi les émissaires du roi de Prusse qui souhaite détenir la garde la plus haute du monde (taille minimum : 1m88 !) vont le convaincre de s’enrôler dans le prestigieux corps des Lange Kerls. Comment le berger irlandais va devenir l’un de ces soldats d’élite, c’est ce que raconte la BD romanesque de Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec. Une belle construction de roman, avec un zeste de fantastique (un énorme chien rouge apparaît, comme suscité par les colères du héros), de l’aventure, une histoire d’amour… Dans une mise en page sobre les vignettes sont autant de tableautins, superbement orchestrés, dans des tons pastel où les gris colorés jouent de fines harmonies. Les personnages sont croqués dans la vivacité du mouvement, attitudes, expressions stylisées qui ne manquent pas d’humour, rouges vifs, épaules étroites des sbires, ou larges à en occuper le cadre entier lorsqu’il s’agit de celles de Crann. Une foule de personnages, remarquablement caractérisée, émaille les aventures de ce héros hors du commun. Les formes ébauchées des décors créent des ambiances où la subjectivité domine. Il y a des bleus, des ocres et des grisailles magnifiques …. Un très beau roman qui unit l’originalité de l’histoire au plaisir des yeux. MARYVONNE COLOMBANI Les grands soldats (une aventure de Cathal Crann) Laurent Rivelaygue et Olivier Tallec Gallimard, coll. Bayou, 17 € Dragons sur planche d’anatomie alimentation, empreintes fossilisées, dentitions (souvent terrifiantes !) jusqu’aux légendes qui entourent ces géants. On apprend aussi les ressources de leurs organes : leur langue vous rendra intelligent et beau parleur, leurs os sont dotés de propriétés curatives… Le graphisme est somptueux, les représentations d’un réalisme saisissant, les couleurs superbes. Un ouvrage à mettre entre les mains de tous les futurs dragonologues ! M.C. Le Monde des Dragons S. A. Caldwell Gallimard Jeunesse, 18 € convenus, de la jeune fille étourdie aux louables intentions, au chef injuste parce qu’il se reproche des erreurs passées, en passant par l’amie efficace et séduisante… Mais on se laisse emporter avec plaisir dans ce récit qui sait équilibrer rocambolesque et argumentation. D’ailleurs, comment résister à quelqu’un qui n’hésite pas à citer Heine « Là où on brûle les livres, on finit par brûler les hommes » !!! M.C. Library wars (volume 1 Conflit) Hiro Arikawa Glénat Roman, 14,99 €



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