Zibeline n°37 janvier 2011
Zibeline n°37 janvier 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de janvier 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : le partage des arts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
04 POLITIQUE CULTURELLE MP13 ET MONS 2015 L’enjeu Capitale Un petit tour vers la future capitale belge de la culture permet de relativiser les enjeux de la nôtre, et de prendre la mesure de ses difficultés et de ses ambitions Mons, Capitale Européenne de la Culture en 2015 Mons est une petite commune de 92 000 habitants. Soit à peu près le double de la population d’Aubagne, et la moitié de celle d’Aix. Mais son agglomération compte plus de 250 000 habitants et quelque 800 000 dans un rayon de 30 kms. Qui inclue Maubeuge, ville française située à moins de 10 kms : la notion de coopération culturelle transfrontalière est une réalité dans ces cités jumelles, qui mutualisent leurs équipements, en particulier les salles du Manège : une programmation commune est mise en place, des bus relient la Scène nationale française et le Manège-Mons, pôle Wallon qui regroupe le Théâtre Royal (1000 places), le Théâtre le Manège (600 places), un auditorium de 300 places, et trois salles à l’architecture modulable. L’équipement culturel de Mons est donc impressionnant pour une ville de cette taille, qui possède un patrimoine très bien mis en valeur, un musée des Beaux-Arts qui compte (le BAM), quelques festivals, la belle légende du dragon de Saint Georges, et une bible de Gutenberg. Elle est capitale culturelle wallonne depuis 2002, et son bourgmestre (son maire) n’est autre qu’Elio di Rupo, ministre d’État, qui fut deux fois chef du gouvernement wallon, et reste président du parti socialiste belge. Depuis plus de dix ans il a parié que le développement de sa ville passerait par la Culture, et accomplit un travail impressionnant de construction et de restauration. Pourquoi donc Mons a-t-elle été choisie par la Commission, qui favorise généralement des villes qui ont besoin du label, pour accomplir un bond culturel ? D’une part parce qu’elle est la seule ville belge qui a postulé dans les temps !, mais aussi parce que l’agglomération a besoin d’un coup de pouce : territoire sinistré économiquement depuis la fin des charbonnages, le revenu moyen des habitants y est de Le theatre du Manege M F Plissart 10% inférieur à la moyenne belge et le taux de chômage, en nette baisse depuis 5 ans (il est passé de 25% à 20%), y reste très élevé. La Capitale s’ancre fermement dans une réalité économique émergeante. Le projet, intitulé Où la technologie rencontre la culture, s’appuie sur les installations récentes d’entreprises sur le territoire : Microsoft et IBM sont par là, Google y installe son antenne européenne, on y parle e-healthing, ralentissement extrême… Bref, l’activité économique semble s’orienter vers les nouvelles technologies et avoir fait le deuil de la mine, et la capitale culturelle parie sans complexe sur cet avenir et sur le monde économique, qui le lui rend bien. Question de territoires… D’ailleurs le financement de la Capitale est sensiblement différent de celui de Marseille Provence 2013 ! Avec un budget de fonctionnement de 75 M d’ €, l’échelle semble pourtant à peu près la même (98 M d’ € pour MP2013). Mais Mons n’a presque plus rien à construire : Arsonic, un bel équipement musical pour l’ensemble Musique Nouvelle, va voir le jour, ainsi que le bâtiment pour la Fondation 2015. Il faut aussi achever de transformer l’architecture culturelle de la Ville qui mêle d’ores et déjà habilement les lignes et transparences contemporaines et un superbe patrimoine gothique. Marseille Provence 2013 a plus à faire. Si le patrimoine ne manque pas Nliékére Région W s CH111e Nions 2015 IfotaliMIIMMEE Fu idï memenil blm m mums. ag 1 15 11 41i S 5UN1 18.1%1 24'N. Province de l'Hainaut ! 4N 5% Ville Mons 4M Partenaires k mée en a 21 N1 28 « Budgets prévisionnels Marseille Provence 2013 Fo ï donneme m m¥emen i & ! ï ser e 14,7& ! 15% 150 N 2 Région PACA 12.75 N1 12.5% 110 M D6partme m1] 12.25 *1 13y s ! lJy4& a.N1PH/.50 RII(2]a) RRaCPA {J.a, t ! l {a> &1 ! § « } t_w¥±b/on d TEy t{i 24§¥] « Partenaires et mkènm Æ7H] 5y I n) 1 I 5% Tata 98 M
POLITIQUE CULTURELLE 05 il a besoin d’aménagements et de restaurations urgentes, et l’équipement culturel du territoire est pauvre. Il a fallu investir massivement pour pouvoir accueillir la programmation : même s’il est difficile d’isoler ce qui aurait été construit sur le territoire sans MP2013, on peut estimer que les infrastructures créées, aménagées et restaurées représentent au moins 650 M d’ € (voir tableau). De plus à Mons le territoire n’est plus à faire, et la métropole n’est en aucun cas tiraillée. En Provence tout est différent : Toulon et son agglomération TPM semblent définitivement retirés d’un projet qu’ils avaient approuvé (ils ne veulent verser qu’1 des 7.5 M d’ € prévus initialement), Ouest Provence se débat entre Istres qui entre dans la danse et le reste de l’agglomération qui n’y vient pas, Aix et sa CPA jouent à la princesse au petit pois, délicate et capricieuse, et toutes les autres communes veulent tirer concrètement profit de l’argent qu’ils mettent au pot commun… Plus de deux millions d’habitants étaient concernés par le projet Marseille Provence 2013. Si Aix et Toulon se retirent, qu’en restera-t-il ? …et de financements Quant à Mons, la ville est suffisamment aidée par les tutelles pour prévoir des événements dans les agglomérations alentours sans leur demander de participation. C’est essentiellement le Ministère de la culture de la communauté française qui finance, tandis que le sponsoring, le partenariat et le mécénat fonctionnement au-delà des prévisions : toutes les sociétés veulent en être, et à 4 ans du début des manifestations, Mons a déjà recueilli plus de 8 millions de mécénat… alors que Marseille Provence 2013, à moins de deux ans du début, peine encore à convaincre les entreprises. Les projets artistiques Ils sont sensiblement différents. Mons s’appuie sur un savoir-faire et une gouvernance stable, qui permet d’avoir une vision claire des projets axés sur la création autour de figures emblématiques de la ville : Van Gogh, qui peignit à Mons ses premières toiles, Orlando de Lassus, « Prince de la musique » renaissante, qui y naquit, Verlaine qui écrivit Sagesse dans sa prison, et Saint Georges qui y terrassa son Dragon. Yves Vasseur, commissaire de la programmation et directeur du Manège-Mons, veut essentiellement « établir des passerelles entre l’héritage patrimonial et la création contemporaine, en s’attachant en particulier aux technologies. » Pour cela il passera commande à des artistes, collaborera avec la Capitale Tchèque (Pilsen sera également capitale en 2015), et avec les Capitales précédentes. D’ailleurs il est question de poursuivre et labelliser des projets intéressant également Marseille Provence 2013 ! Avec le FID (Festival international du documentaire), avec le Ballet National de Marseille (Frédéric Flamand vient de Charleroi, tout proche), et avec l’ECO (Orchestre contemporain européen) regroupant Télémaque, ensemble marseillais, Musiques Nouvelles, de Mons, et De Ereprijs, formation hollandaise. Projets dont nous devrions contempler les premiers feux à Marseille… Car MP2013 a fini de trier les 2200 projets reçus pour labellisation. Les acteurs culturels qui les ont déposés sauront bientôt s’ils sont ou non financés, mais l’association, qui ne dispose que de 69 M d’ € pour l’artistique (si le budget prévisionnel devient réalité et qu’il n’y a pas de défection), fera certainement des déçus… C’est le risque bien évidemment d’un appel à projet large, ambitieux, non dirigiste, tel que l’a voulu Bernard Latarjet. L’autre faiblesse de notre capitale est la lenteur de la procédure qu’elle implique, mais qui est très largement accentuée par les tergiversations politiques des Villes. Risque et faiblesse qui sont les revers d’un projet ambitieux intellectuellement, sociologiquement, territorialement. Reste à connaître enfin ce qu’il en sera de l’artistique. Encore un peu de patience : s’il n’y a plus de reculs, que chacun continue d’y croire malgré le délitement évident du contexte social et politique national, Marseille Provence 2013 peut encore devenir une très belle aventure. AGNÈS FRESCHEL r Marseille s’équipe La ville n’en est pas à un paradoxe près, et il n’est jamais très aisé de savoir qui dirige ; ainsi les musées et les bibliothèques n’ont plus de directeur : Marie- Paule Vial et Gilles Eboli, lassés semble-t-il du fonctionnement municipal et du manque de crédit, sont partis occuper d’autres fonctions. Plusieurs élus se partagent la charge de la culture sans que la hiérarchie des décisions soit tout à fait claire, la DGAC et le cabinet du maire ne semblent pas toujours d’accord… Vous avez dit délitement ? Et bien non. Dans le même temps une transformation sans précédent s’opère. Jean-Claude Gaudin l’a promis : non seulement la Ville de Marseille tiendra ses engagements financiers vis-à-vis de l’association MP2013, mais elle met tout en œuvre pour que les équipements soient prêts à temps. Effectivement ses investissements sont massifs : 150 M d’ € sont consacrés à remodeler le visage de la Ville. Aujourd’hui, aucun n’étant arrivé à terme, on tarde à en voir les effets ! Mais le MuCEM, la Cité des Arts de la rue, le Musée des Beaux-Arts, la nouvelle Friche, les 14 salles de MK2 sur la Canebière, le Silo, le Frac, le Musée Borely, le musée d’Histoire vont incontestablement changer la donne. Sans compter les projets plus modestes, de la nouvelle Minoterie au Pôle instrumental de Télémaque, en passant par le centre de Danse Kelemenis, le château de la Buzine, la Fondation Regards de Provence et la Villa Mistral. Les rénovations sont également nombreuses, et devraient permettre de profiter pleinement de la Criée, du Toursky, de L’Odéon, de l’Opéra, du Musée Cantini et de la Vieille Charité, du cinéma l’Alhambra, et des musiques actuelles au Moulin et à l’Affranchi… Bien entendu la mairie n’est pas seule à financer ces projets, estimés à près de 500 M d’ €. Mais elle est maître d’œuvre de nombre d’entre eux, et participe financièrement à la plupart des investissements initiés par l’État, le conseil régional, ou les acteurs culturels eux-mêmes. Il reste donc à espérer que tout sera en ordre de marche en 2013, et que Marseille aura su ainsi profiter de cette année pour devenir la capitale culturelle qu’elle n’aurait jamais dû renoncer à être ! Sans oublier, d’ici là, de continuer à soutenir un tissu culturel fragile : il en a besoin au quotidien, et sa paupérisation actuelle est affolante… A.F. www.marseille.fr Gilles Martin-Raget www.mons2015.eu www.marseille-provence2013.fr



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 1Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 2-3Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 4-5Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 6-7Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 8-9Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 10-11Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 12-13Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 14-15Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 16-17Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 18-19Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 20-21Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 22-23Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 24-25Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 26-27Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 28-29Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 30-31Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 32-33Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 34-35Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 36-37Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 38-39Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 40-41Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 42-43Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 44-45Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 46-47Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 48-49Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 50-51Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 52-53Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 54-55Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 56-57Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 58-59Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 60-61Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 62-63Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 64-65Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 66-67Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 68-69Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 70-71Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 72-73Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 74-75Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 76-77Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 78-79Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 80