Zibeline n°37 janvier 2011
Zibeline n°37 janvier 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de janvier 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : le partage des arts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 MUSIQUE CHAMBRE SYMPHONIQUE Un Chopin de lumière Dix années de partenariat entre les nuits pianistiques et le théâtre Toursky, et encore un superbe concert dans le cadre des manifestations du bicentenaire Chopin. Le 14 décembre dernier on avait ainsi le privilège d’écouter Dang Thaï Son sur un programme d’une belle densité, le Concerto pour piano et orchestre n°2, Crise mystique ! Bicentenaire oblige, Liszt était à l’honneur à l’opéra d’Avignon avec une œuvre très peu jouée : La légende de Sainte Elisabeth. Cet oratorio, de grande envergure, pour orchestre, chœur, maîtrise d’enfants, solistes, relate la légende de la patronne des hongrois : chassée de ses terres par sa belle mère après avoir refusé son héritage princier, elle consacra sa vie à Dieu, soulageant les miséreux. Cette grande fresque sonore, balayée par la foi du futur abbé, étendit ses phalanges dans une éclatante matité, sous fond d’harmonies diatoniques diaprées de modalité. Le souvenir de Palestrina, ombré de la présence de Beethoven sous le regard bienveillant du gendre, Wagner, envahit les deux tableaux de ce quasi opéra. Servie par une b Le crépuscule des idoles Rencontre du troisième type entre le pape du new musette et le cantor de Leipzig : Galliano, auréolé d’un sextette schubertien, rencontrait et jouait Bach ! Décor : sextette, dans l’ombre, hyper sonorisé, douche sur la star, debout, dans une réverb à faire Richard Galliano Vincent Catala-Universal Dang Thai Son X-D.R. l’andante Spianato et la Grande Polonaise Brillante puis le Concerto pour piano et orchestre n°1. Le pianiste était accompagné par l’orchestre de chambre de Toulouse dirigé avec enthousiasme par Claudio Cruz. L’orchestre, de par sa formation réduite, était écrasé au départ par la puissance du piano qui progressivement a su donner un bel élan à l’ensemble. Faut-il rappeler la fluidité, la clarté du jeu, les notes comme liquides, les beaux emportements et les apaisements lyriques ? Les arpèges s’enlacent avec une rapidité et une délicatesse qui font oublier la matérialité même de l’instrument. C’est une âme qui s’exprime, un être qui s’épanche avec fougue et retenue tout à la fois. La musique est un don, « je vous offre une Mazurka de Chopin » sourit le virtuose. Rêverie, méditation, entre le Köln concert d’un Keith Jarret ou les effusions d’un Michel Legrand, avec, par-dessus cela, une indicible poésie. Ne pensez pas que le sublime ne fasse pas de concessions à l’humour : le ter, (le public est grisé !) sera Pagode de Debussy. Lumineux ! MARYVONNE COLOMBANI Spectacle donné au Toursky le 14 déc belle distribution, dirigée avec enthousiasme et précision par Alain Altinoglu, la geste lisztienne put être pleinement appréciée du public. Soulignons le superbe travail de tous ces artistes présents sur scène qui ont rendu une copie très homogène, pleine de souffle. CHRISTOPHE FLOQUET Ce concert a été donné le 15 janvier à l’opéra d’Avignon avec son orchestre, sa maîtrise et son chœur, le chœur régional de PACA et les solistes : Christina Dietzsh, Nora Gubish, Pauline Nachman, Marc Barrard, Olivier Heyte, Chul-Jun Kim, Jean-Marie Delpas et Augustin Mathieu D pâlir la cathédrale d’Aix. Et les scènes défilent : prélude pour violoncelle interprété à la main gauche de l’accordéon, contrapunctus extrait de l’art de la fugue (enfin, on pense ?) concerto en lam, fam, dom, aria, sicilienne… c’est noël ! Les pièces s’enchaînent, litanie de notes égrenées mécaniquement, rythmées par les bravi de la salle du GTP. L’accordéon, successivement avatar de la flûte, du violon, est réduit à un rôle élémentaire, voire rudimentaire. Décidément, Bach lui va mal. Il fallut attendre le bis pour apprécier la Badinerie à l’accordina, et Richard à l’accordéon, le vrai, dans la valse à Margaux ! Après son incursion dans un répertoire qui ne restera pas dans les annales de l’accordéon, prions pour retrouver celui qui fut longtemps… notre idole.C.F L’Histoire à l’envers Entamer un programme de concert symphonique par du répertoire contemporain pour le poursuivre avec de la musique concertante fin XIX e et l’achever avec un chef-d’œuvre classique peut sembler étrange au mélomane, surtout lorsque la musique de John Adams ouvre le bal. Célébré pour ses ouvrages lyriques à travers le globe, il est trop peu joué en France, à cause de l’apparente trivialité de son langage répétitif qui n’a pourtant rien de minimaliste : c’est sans doute la richesse de son écriture orchestrale qui fait fuir les formations hexagonales. L’orchestre de l’opéra de Toulon s’est emparé de cet univers dans Shaker Loops avec une aisance confondante, aidé par la direction précise de Paul Watkins qui rendait grâce à une partition très riche en jeux de timbres et de nuances. La suite du programme, alléchante elle aussi, fut un brin décevante en raison de la prestation d’Antonio Meneses au violoncelle : malgré une évidente technique et un superbe vibrato, la justesse n’était pas toujours au rendez-vous sur les aigus dans deux partitions particulièrement périlleuses de Tchaïkovski qui furent néanmoins bissées par une superbe sarabande de Bach où la virtuosité du soliste put alors s’exprimer sans risque. La deuxième partie du concert mettait en lumière la 39 e symphonie que Mozart écrivit vers la fin de sa vie, à 32 ans, dans une période sombre de sa carrière. En passant d’un siècle à l’autre, l’orchestre ne s’est pas départi de sa superbe, signant là une fort belle exécution de l’ouvrage, tout en contrastes, où les vents légers donnaient la réplique à des cordes très incisives, dans un tissu harmonique très mouvant faisant écho aux tourments du compositeur. Ce concert révélait une fois de plus la bonne santé de l’orchestre de l’opéra et une direction artistique dont les choix demeurent pertinents. ÉMILIEN MOREAU Ce concert a eu lieu au Palais Neptune, Toulon, le 13 janv Antonio Meneses Leo Aversa
Renaissance du piano italien a Le consul général d’Italie, le directeur de l’Institut Culturel Italien, le président de la Chambre de commerce italienne, ont pris l’heureuse initiative d’inviter les étoiles montantes du piano italien. Le concert inaugural a permis de découvrir Orazio Sciortino dans un programme consacré à Liszt, inspiré par le charme de l’Italie romantique. Limpide b Premier concert de l’année et succès mérité au foyer de l’opéra le 15 janvier Le quatuor Garance -une formation toute féminine, chose rare chez les musiciens- a régalé l’auditoire du foyer, plein à craquer comme toujours, dans un programme de quatuors à cordes allant de la fin du XVIII e siècle au début du XXe. Le père du genre, Joseph Haydn, était représenté avec l’opus n°3 en sol mineur dit « le cavalier », idéal pour l’entrée en matière d’un Quatuor au son léger et délicat dû à la complicité palpable de Sophie Perrot et Cécile Bousquet aux violons, Blandine Leydier à l’alto et Elisabeth Groulx au violoncelle. Le langage âpre du 7 e quatuor de Dmitri Chostakovitch posait alors un décor bien différent, entre couleurs populaires et écriture tendue. Puis les accords sculptés dans les dissonances russes laissèrent place à une palette de couleurs échappées de la musique de Maurice Ravel : l’unique quatuor à cordes du maître français, si redoutable d’exécution, a trouvé là un terrain de jeu idoine avec une interprétation limpide et raffinée, mettant en valeur la perspective sonore de cette architecture musicale au relief pigmenté. FRÉDÉRIC ISOLETTA Une première partie est extraite des Années de pèlerinage (Italie). Sciortino fait preuve d’une grande délicatesse de toucher, un raffinement impressionniste superbe dans Sposalizo, et d’une technique sûre sans inutile spectaculaire, dans Sonetto del Petrarca n°140. Grandes plages d’accords soutenus, tierces staccato en arpèges, trémolos et trilles à deux mains : sa virtuosité n’est jamais gratuite dans Après une lecture de Dante, dont la coda brillante est une belle envolée lyrique. La seconde partie s’attache à des Paraphrases d’opéras. Verdi et Donizetti sont revisités par Liszt : Aïda tout en délicatesse et chromatismes, attaques pianissimi presque impalpables, Rigoletto, où l’on retrouve le merveilleux quatuor bella figlia dell’amore. Et d’immenses variations où l’on se plut à rêver d’un Liszt bondissant. Et en bis la mort d’Isolde, toujours transcrite par Liszt sur un piano devenu orchestre et un pianiste qui détaille sans perdre la mélodie continue. Après les déferlantes Pollini et Michelangelli, le piano italien semble renaître avec de nouveaux talents qu’on aura le plaisir de retrouver à l’Institut Culturel Italien : Michelangelo Carbonara, Chiara Bertoglio, Scipione Sangiovanni. Le déclin politique de l’Italie Orazio Sciortino X-D.R. est heureusement compensé par une richesse culturelle vivante qu’il faut soutenir, pour éviter qu’elle ne s’effondre comme les murs délaissés de Pompéi… YVES BERGÉ Le concert inaugural de la série, Etoiles montantes du piano italien, a eu lieu le 16 décembre à l’Institut Culturel Italien Après le beau concert de son compatriote Orazio Sciortino, le jeune pianiste Michelangelo Carbonara assurait la Barok toute ! Soirée d’ouverture pleine d’émotion le 16 décembre pour la 8 e édition du Festival Nuit d’Hiver MUSIQUE 31 deuxième série du cycle Les étoiles montantes du piano italien à l’Institut Culturel Italien. Deux heures d’un riche voyage, du baroque à la musique de film. Trois sonates difficiles de Scarlatti ouvraient le programme, gammes et ornements éblouissants sous les doigts sûrs du pianiste. La transcription de la Toccata et Fugue en ré mineur de Bach par Busoni fut magistralement interprétée : souci de liberté et de rigueur, maturité rare, plénitude du son sur le stretto où toutes les entrées se rejoignent avec force. Une parenthèse bel canto avec les Variations en mi mineur de Donizetti, une œuvre qui manquait d’audaces harmoniques. La très belle Fantaisie en sol mineur de Nino Rota nous rappela que le merveilleux mélodiste de Fellini était un grand compositeur : musique impressionniste, réveil ravélien, précédant des envolées lyriques très symphoniques. La Rhapsody in blue de Gershwin scellait cette superbe soirée, swing énergique, technique et sensibilité étonnantes. Un Nocturne de Respighi, à peine effleuré et une Tarentelle de Rossini, survoltée, résumaient en bis le talent de ce jeune pianiste. Y.BG Ce récital a eu lieu le 13 janvier à l’Institut Culturel Italien Malgré une délocalisation pour cause de travaux, le Grim n’a pas été abandonné par ses adeptes pour l’ouverture attendue de ce festival Barok au théâtre de la Minoterie. En programmant La trahison orale de Mauricio Kagel, chantre du théâtre musical, le pari de familiariser le public avec ces œuvres, mithéâtrales mi-musicales, qui fleurissent dans le second vingtième siècle, était lancé. Et tenu ! Écrit d’après les Evangiles du Diable, le texte déclamé par Bernard Bloch devient le support d’une fine mosaïque musicale aux contours surprenants concoctée avec malice par le compositeur argentin. Gaston Sylvestre aux baguettes percussives, Jean-Marc Montera à la guitare, Fortunato d’Orio au piano, Fanny Pacoud au violon et alto, David Rueff aux saxophones et Brigitte Sylvestre à la harpe surent soumettre leurs talents habituellement tournés vers l’improvisation à l’écriture plus rigoureuse de Kagel, et firent dialoguer leurs instruments (où il faut ajouter un piano jouet, des cloches, castagnettes, Pierre Gondard plaques de cuivres…) avec ce texte délirant, distribué entre autres aux musiciens euxmêmes dans la mise en scène minimale d’Hubert Colas. Poétique ou lumineuse, mais hélas si peu jouée, La trahison orale est une pièce surprenante qui tombe à pic pour le lancement d’un festival tourné vers l’avenir. FRÉDÉRIC ISOLETTA



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