Zibeline n°37 janvier 2011
Zibeline n°37 janvier 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de janvier 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : le partage des arts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 MUSIQUE LYRIQUE Le luxe de la maturation Pour ceux qui n’avaient pas pu se rendre à la création française de Street scene en mars dernier à l’opéra de Toulon, la maison a eu la bonne idée de le reprogrammer, pour seulement deux dates festives. Exceptés quelques menus changements dans la mise en scène et quelques ornements supplémentaires dans la chorégraphie confiée pour l’occasion à de nouveaux danseurs, la proposition était identique, et la distribution vocale était à peu de choses près la même. Ce qui n’a pu que ravir les amateurs ! Ce que ce chef-d’œuvre de Kurt Weill semblait avoir perdu en fraîcheur par rapport à la première exécution, il le gagnait en maturité : en effet, les chanteurs semblaient habiter davantage leurs personnages, à l’image de Laurent Alvaro (Franck Maurrant) Drôl’Attique tout en noirceur et en violence conte-nue ou de son épouse sur scène Elena Ferrari tourmentée et sensible à souhait. Dans cette distribution impeccable, on retiendra également la belle prestation de o On sort de La Belle Hélène, opéra-bouffe représenté autour de Noël et du Nouvel an 2010 à l’Opéra de Marseille, comme après une agape festive, copieuse et arrosée : en zigzagant, la tête tournante et l’estomac un peu chargé. Assurément, la mise en scène quasi-trentenaire de Jérôme Savary conserve une force olympienne, fourmille d’idées scéniques et de décalages comiques tranchants, mais elle possède les défauts de ses qualités : elle se leste à l’occasion, par souci d’actualisation du livret, de jeux de mots pesants, et le foisonnement d’effets théâtraux en rafales, délires enchevêtrant danseurs, acrobates, chœurs et topless, parasite parfois ce qui devrait capter l’attention au centre de l’action. Au demeurant, on se réjouit de l’intérêt public croissant pour ce type d’ouvrage, fleuron d‘une culture populaire ayant traversé les décennies depuis le Second Empire, et dont les sarcasmes étaient supposés railler les travers. C’est fort justement que l’auditoire a ovationné ce fastueux divertissement. Il ne faut certes pas se fier à l’ambiance fantaisiste qu’une telle œuvre génère et qui pourrait laisser penser que la musique d’Offenbach est « facile ». Elle distille, entre autres, des moments de grâce que Nader Abassi a particulièrement soigné à la tête de l’Orchestre de l’Opéra. Si Mireille Delunsch a campé une Hélène altière, son berger troyen Alexander Swan (Pâris) a manqué un peu de coffre. La palme revient finalement au trio Eric Huchet (Ménélas), Marc Barrard (Agamemnon) et Francis Dudziak (Calchas) dont le métier a servi à souhait la comédie et le chant. JACQUES FRESCHEL La belle Hélène a été représenté du 21 au 31 décembre 2010 à l’Opéra de Marseille Christian Dresse 6 Olivier Pastor Paris dernière ? C’est en 1866 qu’eut lieu la première de l’opérette La Vie parisienne. Une dizaine d’années plus tôt, Jacques Offenbach, violoncelliste à l’orchestre de l’Opéra Comique, avait proposé au ministre d’alors de créer un lieu de spectacle pouvant accueillir un nouveau genre de divertissement « de nature à plaire aux intelligences cultivées et à la masse des spectateurs… » Ainsi naquirent les Bouffes-parisiens où fut créé Orphée aux Enfers, son premier triomphe. La Vie parisienne, composée sur un livret du célèbre duo Meilhac-Halévy, fit également la gloire de ses auteurs puisque l’œuvre fut jouée 265 fois consécutives. Satire d’une société qui s’amuse et où l’argent mène le monde, on y rencontre le Tout Paris qui, à cette époque, prépare l’exposition universelle de 1867 et dont Offenbach va faire, en maître du Réalisme social musical, la caricature. Du coup, la mise en scène de Nadine Duffaut, tout en conservant son incontournable aspect festif, met justement l’accent sur les rapports de classe. « Je ne sais vraiment pas ce que j’ai pu faire au Bon Dieu pour qu’il m’ait comblé de tant de joie et de tant de musique ! », écrit Offenbach. Que Cassandra Warner nouvellement recrutée et très convaincante dans le rôle de Rose Maurrant aux côtés d’Adran Dwyer, toujours impeccable dans le rôle de Sam Kaplan. En définitive, malgré l’apparente naïveté du titre, l’ouvrage prenait au passage une profondeur dramatique très intense. Transcendé par le dynamisme de la mise en scène, l’orchestre était encore plus incisif, confirmant au passage sa remarquable malléabilité sous la baguette toujours aussi vive de Scott Stroman. Les rares passages de chœurs, gonflés pour l’occasion, gagnaient encore en émotion. Une reprise qui montre donc, une fois de plus, qu’il faut du temps aux productions pour parvenir à l’excellence… EMILIEN MOREAU Street Scene a été repris à l’Opéra de Toulon les 29 et 31 décembre o Cédric Delestrade-ACM Studio d’inoubliables airs et ensembles furent chantés ce soir avec allégresse, notamment par Lionel Peintre, merveilleux en baron de Gondremarck, Lydia Mayo -son épouse- ou encore Florian Laconi en Brésilien… Le final apporta une touche parisienne supplémentaire avec un cancan déchaîné et dansé avec passion par la troupe des Ballets de l’Opéra d’Avignon. Si ce brillant spectacle a fait salle comble, on regrette que, faute de budget, ce patrimoine risque de disparaître de la cité papale. En effet, se plaint Nadine Duffaut, « c’est peut-être la dernière fois que l’on verra ce genre d’ouvrage à Avignon. » CHRISTINE REY La Vie Parisienne a représentée les 30, 31 décembre 1er et 2 janvier
MUSIQUE 29 Puccini à l’école Scène finale de La Bohème : Mimi, couchée au sol, agonise. Rodolfo la soutient. Quelque partition posée à même la scène évite les trous de mémoire. Autour on s’active tristement : Musetta, Marcello, Colline, Schaunard… Leontina Vaduva fait travailler une seconde distribution de stagiaires, dans l’auditorium de l’Hôpital St-Joseph, dimanche 9 janvier, pour clore sa master-class conçue autour de l’œuvre de Puccini par l’association que dirige le baryton Cyril Rovery. Vaduva reprend les chanteurs : « Ne poitrine pas ! » lance-t-elle à la jeune Mimi, « colle ta langue au palais… place le son plus haut. » Ci et là, la diva corrige la prosodie italienne, l’attaque d’une voyelle ou la position d’épaules encore trop raides… À la fin, sur les derniers accords du piano (Ludovic Selmi) et les déchirants « Mimi ! » lâchés par le jeune poète au désespoir… dans le public venu nombreux, on verse une larme : comme d’hab ! J.F La prochaine Master-class à l’Hôpital St-Joseph sera animée par Mireille Delunsch autour des Noces de Figaro les 12 et 13 fév (entrée libre). L’art de transmettre La soprano Leontina Vaduva livre pour Zibeline son avis sur nos jeunes chanteurs… et quelques souvenirs Master-class avec Leontina Vaduva Muriel Despiau Opéra-Théâtre Pour Tous : Pôle de spectacles et de promotion lyrique Euro-Méditerranéen www.operatheatrepourtous.com o Zibeline : Quelles sont vos impressions sur le niveau des jeunes chanteurs en France ? Leontina Vaduva : Les jeunes ont des problèmes. Ceux qui sortent des conservatoires ne sont pas assez préparés pour la scène. Ils n’ont pas eu assez d’heure de technique et de chant. Du coup, quand la technique n’est pas sûre, je ne peux aller très loin dans mes conseils sur l’expression ou l’abord des personnages. En Roumanie, mon professeur de chant m’apprenait même à m’asseoir ou me lever d’une chaise, comment tomber à genoux, communiquer avec le public… Vous avez l’habitude des master-class ? Oui depuis trois ou quatre ans ! Je suis appelée un peu partout, en Tunisie, en Corée du Nord, à Paris ou Toulouse… D’ordinaire je travaille sur des airs d’opéras. Ce qui est intéressant ici c’est que le stage est axé sur un ouvrage entier. Mais ce n’est qu’une « mise en bouche » ! Les jeunes chanteurs ont des voix intéressantes, mais il faut savoir les guider. Personnellement, j’ai acquis de l’expérience au contact de grands noms de l’art lyrique. Aujourd’hui la préparation est moins « finie », ils mélangent les techniques. Mais ce qui est intéressant à Marseille, c’est aussi l’aspect scientifique du stage qui permet de bien comprendre comment fonctionne l’appareil vocal. Quelles qualités doit on avoir pour chanter La Bohème ? Il faut, pour Mimi en particulier, de l’expérience et de la maturité. Aborder d’autres rôles avant pour ne pas se laisser prendre par le torrent de sons qui vient de l’Orchestre. Ne pas tout donner, gérer la puissance, ne pas pousser : comme dans le bel canto mais avec des accents véristes. Quels sont vos meilleurs souvenirs dans Mimi ? J’en ai beaucoup : l’enregistrement avec Pappano à la baguette, ou avec Domingo au Met, à Toulouse, Buenos Aires… Il faut conserver un esprit jeune dans cet opéra pour que la recette miracle fonctionne, à la fin en particulier, pour nous faire pleurer à tous les coups. Et vos projets actuels ? Je donne des récitals et me consacre à l’enseignement. Je travaille sur un projet Verdi avec Marie-Christine Barrault… et je m’occupe de mon petit garçon ! ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JACQUES FRESCHEL Master-class avec Leontina Vaduva Muriel Despiau Talent sûr ! À Marseille on aime les voix, par tradition… particulièrement les ténors ! On apprécie surtout le chant généreux et la présence d’un artiste propre à transmettre de l’émotion. Force est de constater que Stanislas de Barbeyrac a réussi son examen de passage au Foyer de l’Opéra le 8 janvier. Ce jeune ténor français a choisi un programme qui sort de l’audition convenue de pot-pourri d’arias. En puriste, il entame son récital par un des plus beaux cycles de Lieder qui soit. Il montre dans les Dichterliebe une belle expression, sobre et bouleversante quand le piano de Françoise Larrat, si important chez Schumann, distille de magnifiques postludes. Les dix mélodies des Illuminations, composées par Britten sur des poèmes de Rimbaud, mettent en lumière un lyrisme prodigue servi par un timbre égal, bien cuivré, capable de puissance comme de demi-teintes adroitement mixées. En bis, l’Air de la Fleur de Don José comme celui de Lenski de Tchaïkovski fournissent une coda luxueuse après un concert certes éprouvant, mais fort bien maîtrisé de bout en bout. Le public venu nombreux ne s’y est pas trompé, acclamant à sa juste mesure un ténor talentueux qu’on entendra fin janvier dans Cavalleria Rusticana (Beppe). JACQUES FRESCHEL o



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