Zibeline n°37 janvier 2011
Zibeline n°37 janvier 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de janvier 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : le partage des arts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 POLITIQUE CULTURELLE SCÈNES ET CINÉS OUEST PROVENCE Une compétence culturelle Où en est la culture sur le territoire de Ouest Provence ? La question se pose alors que le Festival intercommunal Les Élancées est suspendu cette année, que l’adhésion de la régie Scènes et Cinés à Marseille Provence 2013 n’est plus à l’ordre du jour et que le désengagement de l’Etat, la réforme de la taxe professionnelle et la réforme des collectivités noircissent décidément l’avenir. Depuis sa création en 2006, Scènes et Cinés, établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) a permis au vaste territoire intercommunal, qui regroupe les villes d’Istres, Miramas, Fos, Port- Saint-Louis, Grans et Cornillon-Confoux, d’optimiser la diffusion culturelle, fidélisant les publics, en créant de nouveaux, par le biais d’une programmation riche qui étale ses propositions dans les théâtres et salles des six villes concernées. C’est une des particularités qui caractérise Ouest Provence par rapport aux autres intercommunalités et qui fait des émules, avec Aggloscènes notamment, qui regroupe la Ville de Saint-Raphaël et le Forum, Théâtre de la communauté d’agglomération. Ouest Provence est la seule intercommunalité de France à assurer toute la compétence culturelle des villes qui la composent. « Avec un principe fondamental, le consensus » comme le souligne Mokhtar Benaouda directeur de cette régie, et depuis peu directeur des Affaires culturelles. Un consensus qui régit notamment toutes les réunions du Conseil d’Administration, « composé d’élus communautaires à la culture, plus quelques autres élus positionnés par leurs maires respectifs ». Toutes les décisions y sont prises en commun, sachant que l’intercommunalité est « nettement moins riche actuellement du fait que les dotations globales de l’État ont diminué progressivement. On en a bien sûr subi les répercussions, notamment en ce qui concerne les Élancées. » Les Élancées Sur ce sujet la division entre élus du territoire est notoire et visible : la Ville d’Istres plaide pour un maintien du festival, en soulignant la qualité du festival et sa notoriété auprès du grand public. Mais la décision de la suspension pour causes financières a été prise le 8 septembre lors d’un CA de Scènes et Cinés. « Le maintien est impossible » selon Mokhtar Benaouda, qui rappelle d’ailleurs qu’« en 2008, suite au désengagement de l’État, la collectivité a pris en charge la totalité des Élancées. Certaines manifestations qui commençaient à prendre pied sur le territoire, et je parle notamment des rencontres de danse urbaine (Zone Danse Hip Hopndlr) qui ont connu trois éditions, faisaient le plein systématiquement, avec des ateliers, des productions, des rencontres entre professionnels et amateurs très convaincantes. Elles ont été supprimées pour préserver les Élancées. » A-t-on alors pris la mesure de la menace ? Une des propositions fut d’instaurer une biennale, solution qui ne recueillit pas le consensus. « Mais attention rajoute Mokhtar Benaouda, les Élancées sont suspendues, pas annulées. Des contacts ont été repris avec la Drac notamment, pour parvenir à rétablir ce festival. » Autre raison de discorde, l’adhésion à Marseille Provence 2013. La Ville d’Istres a adhéré, au contraire du SAN Ouest Provence. « MP2013 s’inscrit dans un contexte politique très lourd, avec beaucoup de contentieux explique Mokhtar Benaouda. On était à deux doigts d’adhérer, mais politiquement il n’ya pas eu le fameux consensus suffisant pour y parvenir. » Il n’en demeure pas moins que la question des Élancées divise là aussi, Istres avançant que le Festival était « dans leur corbeille d’idées pour 2013 », Yves Vidal, président de Scènes et Cinés, rétorquant qu’« il n’a jamais été question que les Élancées, événement intercommunal, fasse partie d’une programmation dans le cadre de MP2013. » Perspectives Comme partout la politique culturelle se trouve menacée, quand bien même elle est concertée, volontaire et territorialisée. La position de Mokhtar Benaouda est claire, il continuera à faire en sorte de « faire cohabiter service public et industrie culturelle, en faisant le nécessaire pour que l’industrie culturelle ne vampirise pas le service public. » En tant que gestionnaire et acteur culturel, sa préoccupation est de sanctuariser le budget artistique, « le préserver avec les investissements nécessaires, et convaincre la collectivité et les élus -et dans leur grande majorité ils font le nécessaire-, qu’ils sont absolument indispensables pour pérenniser l’activité de l’établissement, et pour répondre à ces exigences de service public ». Epicycle P.Cibille Trois spectacles faisant partie de la programmation des Élancées sont donc maintenus à Istres : Sarkha de l’École Nationale des Arts du Cirque de Tunis, le 13 fév à 15h ; Lalala Mr Gershwin de la Cie Montalvo-Hervieu, le 15 fév à 18h30 ; Epicycle du CirkVOST, le 17 fév à 18h30, le 18 à 20h30, le 19 à 20h30 et le 20 à 16h, sous chapiteau. Voir p 40. 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr Les budgets Un budget artistique de Scènes et cinés, pour la saison 2010-2011, est de 1.3 M d’ €, musique actuelle comprise (la programmation de la salle de l’Usine à Istres), auquel vient se rajouter habituellement celui des Elancées (180 à 200 000 €). Il est réparti territorialement comme suit : Istres 44%, Fos 16%, Miramas 25%, Grans 4.5%, Cornillon-Confoux 1.5%, Port-Saint-Louis 9%. Quant au budget total de fonctionnement de la régie, il s’élève à 6.4 M d’ €, dont 76% de financement public et 24% de billetterie (soit 1.54 M d’ €). Ouest Provence verse 88% des subventions, soit 4.3 M d’ €, le Conseil Général des Bouches du Rhône 5% (soit 243 000 €), le Conseil Régional 4% (soit 195 000 €), le reste provenant de divers dispositifs (CUCS, Politique de la Ville, Onda, CNV) Le budget d’investissement engagé par Scènes et Cinés en 2011 pour moderniser les équipements et réhabiliter les bâtiments s’élèvera à plus de 660 000 €. DOMINIQUE MARÇON
PORTRAIT DE JULIEN DUVAL THÉÂTRE 11 Le roman d’un acteur On vient de le voir dans Eric von Stroheim au Merlan (voir zib 36) et Villa Olga à Briançon et Cavaillon (voir p 15), le Banquet fabulateur un peu partout, on le retrouvera dans Lignes de faille à Gap, Draguignan et Martigues… Décidément Julien Duval fait rêver nos metteurs en scène : Renaud Marie Leblanc, Alexandra Tobelaim et Catherine Marnas lui confient de beaux rôles dans lesquels sa fraîcheur butée, sa précision sans faille et sa générosité éclatent. Sa profondeur et sa douleur aussi, plus inattendues… C’est que cet acteur de 30 ans conserve un profil de gamin ! Zibeline : Quand avez-vous commencé à faire du théâtre ? Julien Duval : À sept ans, à Dole. Je ne sais pas ce qui m’y a poussé mais je harcelais ma mère qui harcelait l’école de théâtre… Assez tôt j’ai fait des films, des spectacles professionnels, puis au Lycée j’ai suivi les options théâtre, et après ça je suis entré à l’ERAC à 17 ans. L’ERAC m’a véritablement formé. Comme j’étais le plus jeune j’avais tout à y apprendre… Quand vous êtes vous senti vraiment un comédien ? Je crois que j’ai été sûr de pouvoir être un acteur quand j’ai joué Marat/Sade en 1996, lors de ma seconde année d’ERAC. Pour diverses raisons je n’étais pas très heureux dans ce spectacle, du coup je me suis construis un personnage muet tout seul, avec un parcours et une logique. Et j’ai su que je pouvais faire ça. Mais j’ai surtout appris en suivant l’enseignement de Catherine Marnas l’année suivante, pour le spectacle de sortie d’école en 2000. On nous disait souvent à l’ERAC qu’il fallait trouver la famille de théâtre dans laquelle on était bien… c’est arrivé au bout, avec évidence. C’est à dire ? J’avais l’impression de pouvoir finir ses phrases. Ça m’arrive encore aujourd’hui. Je comprends tout ce qu’elle me dit. Esthétiquement, mais surtout dans sa manière d’aborder le plateau. Elle travaille sur l’énergie, sur le corps, et met l’acteur en possession de ce qu’il fait sans le violenter. Elle ne peut travailler que dans la confiance, avec une équipe qu’elle connaît et qui se connaît, avec un collectif, une collégialité. Rien ne repose sur la souffrance ou la compétition, il n’y a pas de manipulation. Certains metteurs en scène manipulent ? Oui, certains en tous les cas travaillent davantage dans la douleur, et d’autres pensent qu’il faut violenter l’acteur pour qu’il se dépasse… Jamais Catherine. Vous avez continué de travailler avec elle juste après l’ERAC ? Pas tout de suite. Je suis revenu en 2003 pour Faust et entré dans la compagnie en 2005. Avant j’étais reparti à Dôle, où j’ai fait quelques mises en scène, le temps de constater que je n’étais pas fait pour les responsabilités que cela entraîne. Et puis à Paris où j’ai fait du cinéma, de la radio, de la télé… Ici vous avez eu un rôle important dans Plus Belle la Vie… Julien Duval Pierre Yves Gaulard Un peu comme Catherine. Elle est joyeuse aussi, très enthousiaste, ce qui est forcément agréable. Renaud Marie Leblanc arrive au plateau avec une dramaturgie plus définitive, qui répond au texte, et qu’il construit dans sa tête au préalable. Même s’il écoute beaucoup aussi ce que proposent les acteurs. Vous apprenez donc encore ? Un acteur apprend tout le temps. Et puis cette saison j’aurai abordé des registres complètement différents, du vaudeville à la crudité d’Eric Von Stroheim. Sans compter toutes les facettes du Banquet Fabulateur… C’est très agréable pour un acteur ! ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL h Ct{4QULi'IRL'MFR MERCREDI DU MJLS A MIDI NET. QUAND SONNENT LES 5[R IT6, MERCREDI 2 FÉVRIER Oui, je jouais un pianiste aveugle, ça a duré quelques mois en 2005. Avant ça à Paris j’ai joué dans Avocats et associés, et dans une série plus intéressante, tournée caméra à l’épaule, Âge sensible. Je jouais un paraplégique ! C’est étrange la télévision, parce que les gens dans la rue vous reconnaissent, vous êtes hyper identifié pour un truc que vous n’aimez pas vraiment… Pourquoi n’aimez-vous pas ? Parce que les conditions de production, dans Plus Belle la vie en particulier, ne permettent pas d’être bon. Pour jouer un aveugle on vous demande de lever les yeux au ciel. Vous avez beau dire non, un aveugle ça ne regarde pas en l’air on ne vous écoute pas. Et puis c’est impossible de refaire une prise pour des raisons budgétaires, et les dialogues sont souvent difficiles à justifier… Cette année vous vous trouvez dans trois créations importantes… Oui, c’est la première fois depuis que je suis entré dans la compagnie Parnas que je travaille avec d’autres metteurs en scène. Je crois que j’en avais besoin. Travaillent-ils différemment ? Dans le détail oui. Alexandra est en interrogation permanente, elle change les choses jusqu’au bout. sYNkPii °WE DEs 51R04 s pfiSE%V A4k*"14üV S 9E11ES TMIDI NET Pxa4r15 Ok a'OPEQA IMxRSEI LlE 1P.-0 : ruN.i -'v.ww_lieuxpLhli c a.coln



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 1Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 2-3Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 4-5Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 6-7Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 8-9Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 10-11Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 12-13Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 14-15Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 16-17Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 18-19Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 20-21Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 22-23Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 24-25Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 26-27Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 28-29Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 30-31Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 32-33Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 34-35Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 36-37Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 38-39Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 40-41Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 42-43Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 44-45Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 46-47Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 48-49Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 50-51Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 52-53Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 54-55Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 56-57Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 58-59Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 60-61Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 62-63Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 64-65Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 66-67Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 68-69Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 70-71Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 72-73Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 74-75Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 76-77Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 78-79Zibeline numéro 37 janvier 2011 Page 80