Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Entreprises et cu 08 POLITIQUE CULTURELLE MÉCÉNAT ET ENTREPRISES Le mécénat en France reste très marginal, malgré un régime fiscal avantageux qui permet aux entreprises de récupérer 60% de leurs dons en les dégrevant de leurs impôts sur les bénéfices : les entreprises françaises concentrent généralement leur générosité sur l’acquisition d’art contemporain ou de patrimoine, qui conservent leur valeur marchande, ou sur des actions mixtes qui associent éducation, social et culture. Rares sont les entreprises ou sociétés civiles qui financent la création, qui reste en France très largement dépendante des collectivités publiques. Ceci garantit, du moins en principe, que la culture se concentre Faire Crédit a du sens… Marseille Provence 2013 a trouvé son deuxième partenaire officiel : la Société Marseillaise de Crédit donne à la Capitale Culturelle Européenne 1,5 millions d’euros. Somme considérable, représentant 1,5% du budget global… La SMC rejoint donc ainsi La Poste, et devient la première entreprise régionale qui s’engage si fortement dans l’aventure. Marseille Provence 2013 attend ainsi 20 millions d’investissements privés, à travers des entreprises qui s’engageront à cette hauteur de partenaire officiel (1,5 millions) mais aussi avec d’autres entreprises, PME ou TPE qui deviendront partenaires d’une des manifestations, d’un projet, d’un thème. Voire, simplement, deviendront « supporters », entreront dans le « club des entreprises » pour quelques milliers d’euros. Quant à la SMC, son engagement financier n’a rien d’un hasard : membre fondateur de Mécènes du Sud la banque a longtemps soutenu le Festival de Marseille, ou Musicatreize. Son PDG Emmanuel Barthélémy tient un discours d’une clarté exemplaire : « La Capitale Culturelle est une très bonne opération pour le territoire, pour les commerçants locaux. C’est donc excellent pour nous, en termes d’image, d’y être associé. Je suis convaincu que la régionalité est une valeur extrêmement moderne : nous sommes une entreprise locale qui correspond au territoire de Marseille Provence, et sans doute la seule entreprise ayant Marseille en son nom et susceptible de devenir Partenaire officiel. Mais ce ne sont pas les seules motivations de notre engagement : il est bon pour nos collaborateurs, nos salariés, que de rencontrer des artistes. Non seulement parce que c’est un bol d’air, Francois Moura sur ses objectifs réels (création et diffusions des œuvres, émancipation des publics…) et non sur leur rentabilité économique (activité touristique, vente et fréquentation). Mais ceci la prive aussi d’un apport financier rendu de plus en plus nécessaire par le désengagement de l’État : toutes les études montrent que les entreprises ont intérêt à s’inscrire dans un territoire culturellement dynamique, parce que cela leur rapporte en termes de chiffre d’affaire. Elles le savent, mais étant donné que rien ne les oblige à investir, chacune compte un peu sur son voisin… C’est pourquoi il est important de souligner la vertu de celles qui franchissent le pas… mais aussi simplement parce vivre avec eux leurs doutes et leurs questionnements est une chance. » Un discours pourtant contredit par l’attitude de certains entrepreneurs ! Un petit concert du duo de percussions Symblema ouvrait puis fermait les allocutions, prouvant l’attention de la SMC à la création contemporaine. Mais peu d’entrepreneurs réunis pour Le 3 déc, la Délégation de Marseille des Femmes Chefs d’Entreprises a célébré son 60 e anniversaire et a choisi de mettre au menu la production audiovisuelle, autour du thème : en quoi le dynamisme audiovisuel favorise et aide le développement économique des entreprises. C’est tambour battant que plus de deux cents femmes chefs d’entreprises, venues de tous les horizons professionnels et de la France entière, ont découvert le Pôle Média de la Belle de Mai où Chantal Fisher leur a présenté la Commission Régionale du Film PACA. Elles ont aussi visité l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) où Mireille Maurice leur a montré le site, en particulier Repères méditerranéens (www.ina.fr/fresques/reperes-mediterraneens). Hubert Besson, producteur de Plus Belle la Vie leur a fait visiter les studios. La journée s’est poursuivie à l’Alhambra Cinémarseille où William Benedetto les a accueillies et où Andréa Ferréol, marraine de la manifestation, les a la signature l’écoutèrent vraiment, certains continuant à discuter, Bernard Latarjet s’asseyant pourtant ostensiblement à même les marches du podium comme pour donner l’exemple d’une écoute attentive… Une petite scène qui prouvait que c’est aussi de l’intérieur qu’il faut changer la relation des entrepreneurs à la culture ! AGNÈS FRESCHEL Les cheffEs d’entreprises ferontelles leur cinéma ? rejointes. C’est là que la Présidente, Anne Rosier, a ouvert le colloque, animé par Isabelle Staes, Présidente du Club de la Presse. Trois tables rondes se sont succédé, permettant aux invités d’aborder les atouts et les limites de la réussite de la filière audiovisuelle, ses retombées économiques ainsi que les attentes et les projets des professionnels. Entre ces trois tables rondes, trois courts métrages dont Les enfants dans les arbres de Bania Medjbar qui intervenait dans le troisième débat avec Fabienne Dubois, directrice de casting, Valérie Trebor, représentant la Réplique, collectif de comédiens professionnels, Paul Saadoun, producteur… Une journée de rencontres entre deux mondes différents, conçue pour donner envie à ces chefs d’entreprise de mécéner concrètement la production audiovisuelle : espérons qu’elles choisissent les structures qui permettent aux œuvres les plus fragiles d’être produites et diffusées. ANNIE GAVA
POLITIQUE CULTURELLE 09 ture Le choc des cultures Selon Martine Robin, initiatrice de 20 ans : 20 artistes - 20 entreprises, Saison 2, l’expérience est prometteuse qui permet de déplacer le champ d’action de l’artiste du centre d’art (« sa sphère habituelle ») vers l’espace entrepreunarial (« milieu exogène ») et contribue à modifier la perception de l’art contemporain et de l’entreprise. Avis partagé par Christian Rey, Président de Marseille Innovation, engagé dans l’opération pour « faire le lien entre la technologie et la culture » et plus amplement concerné par cette problématique dans le cadre de Marseille 2013. Un engagement qui se traduit par l’accueil à l’Hôtel technologique de Château Gombert de 4 artistes dans 4 entreprises partenaires, la promesse d’acquisitions d’œuvres (non déterminées à ce jour), une contribution à l’édition d’un catalogue (à venir). Quant aux entreprises il s’agit d’un mécénat de compétences plutôt que financier : accueil de groupes en visites guidées, mise à disposition de matières selon les besoins des artistes, prise en charge du vernissage et des frais de leur communication. Seule l’imprimerie CCI, implantée dans la zone d’activités Arnavant (15 e), a mis la main au porte-monnaie en prenant en charge l’impression du carton d’invitation de la manifestation et de l’exposition intra-muros de Pascal Martinez, son vernissage, l’édition d’un journal de 16 pages couleur et le tirage de 45 photos de l’artiste. Les relations plasticiens-entreprises seraient au beau fixe, voire même « vécues comme des espaces de liberté » par les artistes. Info ou fantasme ? - Vue d'ensemble des oeuvres de Gilles Oleksiuk dans la Galerie du Chateau de Servieres Image Chateau de Servieres Création - innovation Mais le dialogue est fructueux : Katia Bourdarel parle de « terrain d’entente naturel » avec la société de tourisme médical Ypsee et ses créations qui ont trait au corps et à ses métamorphoses, au travestissement, au masque, à l’éternelle jeunesse. Des dessins ultra sensuels féminisent un bureau ultra masculin… Gilles Oleksiuk ne s’est senti à aucun moment conditionné par le cahier des charges -donner à voir des productions issues d’une relation établie avec l’entrepriseau point d’entrer en résonance avec Pulpe de vie : « C’est incroyable de voir des œuvres qui renvoient à mon activité sans jamais la promouvoir, comme un écho, un dialogue » qui s’installe entre les matières végétales naturelles de l’une et les œuvres de l’autre, la touche glamour et rock’n roll en plus. Une bulle d’oxygène dans un monde sérieux, souvent austère et où le temps, c’est de l’argent ! Ce fameux billet vert fer de lance de Provence Business Angel, réseau d’investisseurs et de jeunes entrepreneurs, qui a préféré miser « sur la relation humaine plutôt que placer l’argent au cœur du projet », exposant au siège régional les jeux de mots, les phrases énigmatiques et les miroirs à double tranchant de Sylvain Ciavaldini. « Le meilleur est à venir » et « Je crois en mes rêves », phrases récurrentes dans son travail sont ici délicieusement équivoques. En attendant la mutation des entreprises en collectionneurs, Peter Sinclair est sur la brèche : Marseille Innovation lui a confié la captation son et image du chantier de l’Hôtel Technoptique qui, à son ouverture, devrait accueillir une œuvre in situ. Généreux « Le projet d’inviter les entreprises à s’impliquer dans la vie locale d’une autre manière que par l’achat d’œuvres ou le mécénat financier, en proposant le suivi de projets artistiques en lien étroit avec leurs activités et l’accueil de public m’a beaucoup séduit » se réjouissait Alex Malka, responsable de l’imprimerie CCI, lors du vernissage de Pascal Martinez. L’entreprise travaille depuis longtemps pour nombre de structures culturelles de la région. Les échanges avec plusieurs collaborateurs, plus soucieux « d’apporter leurs contribution à la réalisation d’une œuvre dans leur espace de travail que de bénéficier d’une opération de communication » confirmait cet enthousiasme. L’affaire n’était pas gagnée : le premier projet fut ajourné (imprimer officiellement une série de faux euros), jugé trop « lyrique » par l’artiste, au profit d’une œuvre collaborative. À partir des images confiées par les employés, Confusion des genres Présenter la réhabilitation de la Place Moisson (Marseille 2 e) comme une action de mécénat culturel est emblématique des confusions qui règnent autour de ces concepts : le rôle de la Fondation de France dans la rénovation de la Place Moisson reste marginal, et n’aboutit pas vraiment à la création d’une œuvre d’art, mais d’un aménagement public. L’opération des Nouveaux Commanditaires est pourtant très intéressante : il s’agissait en l’occurrence de répondre à un besoin énoncé par les habitants, et les écoles Moisson en particulier. Un architecte, Olivier Bedu, a conçu une place fonctionnelle et ludique, avec une classe de CE2, et la Fondation de France a chargé le Bureau des compétences et désirs de trouver le financement et de suivre la réalisation. Pascal Martinez a reconstruit une histoire, une filiation réinventée dans une forme populaire (un diaporama) soumis à des cadences variables mêlant les différentes vies individuelles. Aux Ateliers d’Artistes, c’est « une sorte de petite madeleine de Proust » qu’il a conçue à partir de gros plans du cœur de l’entreprise, l’imposante offset Heidelberg. Pris au jeu, les employés ont proposé d’éditer gracieusement un catalogue rendant compte de cette collaboration. La CCI s’est promis de chiffrer son implication, mais saura-telle évaluer le salaire de l’artiste ? MARIE GODFRIN-GUIDICELLI ET CLAUDE LORIN 20 ans : 20 artistes – 20 entreprises jusqu’au 15 janvier Marseille innovation, Hôtel Technologique, Marseille 13 e Imprimerie CCI, Marseille 15 e Ateliers d’artistes de la Ville de Marseille 4 e 04 91 85 42 78 www.chateaudeservieres.org C’est chose faite. Mais Jean-Noël Guérini, et Jean- Paul Tassy aussi d’ailleurs, représentant régional de la Fondation de France, avaient raison de souligner que le CG avait apporté 80% des fonds, et que le reste provenait des autres collectivités : s’il est estimable d’organiser une opération architecturale et éducative, et de travailler à son financement et à sa réalisation, le mécénat culturel devrait se traduire par un véritable apport financier, et se concentrer sur d’autres terrains que l’aménagement de l’espace public, dévolu par nature au financement public… AGNES FRESCHEL L’inauguration de la Place Moisson a eu lieu le 10 déc



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