Zibeline n°36 décembre 2010
Zibeline n°36 décembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de décembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : L'amicale Zibeline

  • Format : (205 x 270) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... entreprises et culture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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70 LIVRES RENCONTRES La poésie est une fête Les Écritures croisées et la Fondation Saint-John Perse ont choisi de « fêter la poésie » avec Yves Bonnefoy. Animée par Pascal Riou, de l’excellente revue Conférence, et Jean-Yves Masson, professeur à la Sorbonne, la rencontre s’ouvre sur la projection d’un documentaire consacré au poète daté de 1974, que semble renier Bonnefoy… il suggère avec humour ses doutes sur les conditions de tournage et sa méfiance pour l’effervescence médiatique. C’est l’occasion de revenir sur un parcours biographique et bibliographique qui, jusqu’à aujourd’hui, gravite autour d’un point invariant et sans cesse renouvelé : la façon dont l’état du monde fait vibrer en nous une vérité propre ; l’intuition, ou le dessin intérieur d’un monde familier qui nous serait - presque - accessible ; la singularité de l’expérience de notre finitude et l’intuition du monde qui donnent à la poésie le pouvoir à la fois de s’excepter du commerce des mots, Un Saint Joseph en plâtre trempé dans le bleu Klein : Jean Rouaud, invité courtois de la Librairie St Paul évoque malicieusement ce geste récent qui pourrait, de fait, contenir toute sa poétique. Accueilli par Jacques Bonnadier en homme de l’Ouest et en poète de la Loire-Inférieure, sous les auspices de Chateaubriand et de René Guy Cadoux, Jean Rouaud s’est méthodiquement et d’une voix posée reconstruit une identité plus modeste et non moins singulière à partir de son dernier ouvrage, Evangile (selon moi), ancré dans un territoire moins pluvieux. Ce recueil de petites pièces (voir p 63) en prose et en vers écrites face à la chose religieuse (épisodes narratifs, vitraux, tapisserie..) témoigne du travail d’un romancier porté par son prénom « Jean » : récit pétillant nous est fait de la juste revendication d’enfance à être fêté le 27 décembre avec l’Evangéliste et non le 24 juin avec le Baptiste en voie d’être décapité ! Retour sur les années soixante dans une région de bondieuseries et de petit commerce dont se font l’écho Les Champs d’Honneur ou Les Inauguration du Centre Dugommier X-D.R Inauguration du Centre Dugommier X-D.R Selon lui … de l’échange d’idées, des concepts et des discours, et de rassembler dans une mission collective, par le partage de cette expérience. Qu’il évoque la partition de Centre livres ! Zarafa, reconstruite, solidement arrimée, se dresse et offre aux passants la borne d’échange de livres de son girafon ; le Festival du Livre de la Canebière de juin 2011 se prépare, la librairie Maupetit propose de fréquentes rencontres et, nouveauté de décembre, Gibert se met au diapason : elle organisait le 11 son 1er rendez-vous littéraire au féminin. On le voit, le Centre de Marseille affirme sa volonté de promouvoir les livres et de rendre au quartier son rayonnement culturel. Dans cet esprit l’Espace Dugommier offre un nouveau lieu d’échanges autour de la lecture et de Yves Bonnefoy Mathilde Bonnefoy son œuvre entre poésie, essai et traduction, la figure tutélaire et amie de Celan, la sacralisation laïque de la poésie comme espérance, les rapports de sa poétique l’écriture. La mairie du premier secteur, en partenariat avec l’association L’Ecrit du Sud, y propose en effet jusqu’à l’été prochain, des rendez-vous réguliers. Des ateliers d’écriture d’abord, animés par l’écrivain journaliste et éditeur Michel Martin-Roland, selon des cycles qui, de jeux d’écriture en correspondances, évolueront jusqu’à l’élaboration de fictions plus longues. Le nouvel espace accueillera également des conférences-débats et un cycle de lectures, dont la 1 ère a lieu le 16 déc. Livres stars pour Noël permettra de découvrir les romans lauréats des 4 grands prix de Jean RouaudC. Helie Gallimard Hommes Illustres (« une réserve poétique formidable » nous dit l’auteur) et sur la difficulté à combiner dans les années soixante-dix une subjectivité, lyrique de surcroît, avec l’exigence de dire le réel sans tricher, de au théâtre, à l’autoanalyse, à la musique, l’échange frappe par la concentration, la précision et la simplicité presque didactique du propos. Et puisque « on écrit avec une voix vivante », c’est cette voix que fait entendre Bonnefoy dans une lecture d’extraits de son dernier livre paru, devant une salle comble et fervente, et dans une atmosphère quasiment ecclésiale où résonne « la gravité enflammée du poème ». AUDE FANLO Fêter la poésie s’est déroulé les 26 et 27 nov à la Cité du Livre, Aix. À lire, parus en 2010 : Raturer Outre, Éditions Galilée ; L’Inachevable, entretiens sur la poésie, Albin Michel, et les Cahiers de l’Herne n°93 consacrés au poète l’automne (voir Zib’35) grâce notamment à la lecture d’extraits par 2 comédiens, Bénédicte Sire et Jérôme Rigaut. Les lectures et conférences sont gratuites, la participation aux ateliers modique : un tel lieu devrait rapidement inciter un large public à entrer dans les livres. FRED ROBERT Espace Dugommier, Marseille 1er 04 91 95 89 53 www.mairiedupremiersecteur.fr « conserver le socle » donc. Problématique à la Flaubert, évoqué comme un « écrivain préféré » au même titre que Claudel et que Kerouac. Quelques lectrices ferventes, petites sœurs de Violaine et Marie-Marthe, tournent autour de la question de la croyance, qui est toujours fermement ramenée par l’auteur à l’histoire à raconter, à la part divine recherchée par l’artiste et à la conscience individuelle. La justesse avec laquelle Jean Rouaud évoque sa rencontre avec le judaïsme (« le réenchantement du christianisme ») ou avec la terre d’Israël (« marcher sur la carte, avancer dans le livre ») témoigne bien du désir de rapprocher au mieux le mot et la chose et d’ancrer la parole dans le réel. Très haute responsabilité du dire vrai ! MARIE-JO DHÔ Jean Rouaud était à la Librairie Saint Paul, Marseille le 1er déc et aux Vents du Sud, Aix, le 2 déc dans le cadre des Escales en Librairie
MARX Avis à tous les individualo-libero aux slogans du genre « pour changer le monde il faut se changer soi même » : une pause Marx pour bien se prémunir des masques et des écrans qui nous éloignent d’une pensée politique critique n’est pas de trop « Si l’homme tire toute connaissance, sensation, etc., du monde sensible et de l’expérience au sein de ce monde sensible, ce qui importe est donc d’organiser le monde empirique de telle façon que l’homme y fasse l’expérience et y prenne l’habitude de ce qui est véritablement humain, qu’il fasse l’expérience de sa qualité d’homme […] Si l’homme est formé par les circonstances, il faut former les circonstances humainement » Marx La sainte famille PHILOSOPHIE 71 Marx, la pause plaisir… pour repartir en pensant ! Quoi dire de neuf sur Marx ? Certainement pas grand chose ; simplement chuchoter, de peur d’être accusé de stalinisme, qu’il n’y pas d’autre théorie qui ait analysé d’aussi près le capitalisme. On ne le rappellera jamais trop… Mais là où Marx nous touche de plus près encore c’est sur le matérialisme, son analyse si minutieuse des idées : il a montré avec force qu’elles n’existent pas séparées de la matière sociale qui leur donne vie ; et que leur autonomisation n’est pas une opération du saint esprit, mais s’explique logiquement. Politiquement. Par qui Dieu ? Soit l’idée de Dieu. Marx, en quatre pages, reprend les thèses matérialistes de Feuerbach pour les approfondir. Feuerbach démontrait déjà que Dieu est une production de l’esprit des hommes. Ce qui était un sacré coup porté à l’idéalisme mais n’allait pas assez loin. Marx creuse davantage. De quel homme Dieu est-il la production ? De quelle réalité sensible ? Feuerbach ne le dit pas et c’est ce que lui reproche Marx. C’est bien d’avoir ramené le céleste sur le temporel mais après on fait quoi ? « Une fois qu’on a découvert que la famille terrestre est le secret de la famille céleste, c’est la première désormais dont il faudra faire la critique théorique et qu’il faudra révolutionner dans la pratique… Feuerbach n’entreprend pas la critique de cet être réel » Thèse sur Feuerbach (IV et VI). Avec Marx on en finit jamais de déconstruire la réalité, montrant sans cesse que les choses sont plus compliquées que ce qu’on croyait les avoir analysées : et n’est ce pas d’ailleurs la tache de la philosophie ? Continuons. Marx ne critique pas la religion. Il trouve même petit-bourgeois cette critique du fait religieux et de sa pratique, et admet qu’il peut y avoir le citoyen public d’un côté, et l’homme privé croyant de l’autre, en un même homme. Pour Marx, il s’agit de s’attaquer aux conditions sociales d’où nait un besoin de croyance et de paradis artificiels : « L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple, c’est l’exigence de son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur son état, c’est exiger qu’il renonce à un état qui a besoin d’illusions. La critique de la religion est donc en germe la critique de la vallée de larmes dont l’auréole est la religion » (Critique de la philosophie du droit de Hegel, c’est juste après « l’opium du peuple » !). Insuffisante laïcité La critique de la religion qui en reste là, à la dénonciation et non à l’analyse des causes, est vaine : on aura beau jeu de vitupérer contre ceux qui brandissent un coran et un voile, et de leur opposer Darwin, Cuvier, l’Histoire, la vérité… Défendons-nous un idéalisme républicain de bon aloi qui se bande les yeux sur la production des ghettos d’où sortent ces cris religieux ? Une relecture de Marx permet d’opérer une conversion du regard, un recentrage de l’activité philosophique qui se tourne vers le problème de la cause : on critique aujourd’hui la religion en brandissant le fanion de la laïcité, et en retour on ne dit rien sur la misère sociale réelle qui produit ce retour archaïque et désespérant du religieux. En bref, « l’athéisme (philosophique et/ou petit-bourgeois) est l’humanisme médiatisé par la suppression de la religion, et le communisme est l’humanisme médiatisé grâce à la suppression de la propriété privée » Manuscrit de 1844. Alors le biais religieux permet une approche de ce mot de communisme : « appropriation réelle de l’essence humaine par l’homme et pour l’homme, le communisme c’est le retour total de l’homme à soi en tant qu’homme social, c’est-à-dire humain. » (idem). Rien n’est plus réel que le communisme. Ses pourfendeurs superficiels, souvent simples perroquets de clichés, l’accusent d’être une utopie, ou de ne produire que des dictatures. On peut leur répondre deux petites choses. Qu’est-ce que qui est utopique ? Vouloir un monde plus juste ou accepter ce capitalisme du désastre comme seule réalité possible, jusqu’à l’abîme ? Sur les dictatures : si l’homme n’expérimentait que ce qui a déjà marché, où en serions nous ? Car le communisme, à défaut d’être un programme politique appliqué, ou une société possible, est d’abord une philosophie critique : une alternative à l’économie et à la philosophie, disciplines séparées de la réalité complexe des rapports sociaux. C’est en fait un nietzschéisme politique. RÉGIS VLACHOS MARX ea 0,i : it Marx, mode d’emploi Une superbe boite à outils. Des explications lumineuses de Daniel Bensaid et des dessins désopilants de Charb éditions Zone, 13 euros Ivf AUPETIT LIBRAIRE Depuis 8O ans au service des Marsciliais et de la Culture La Librairie de Tous les Savoirs 850 in'd'exposition Librairie IVLAUPETI 142 La Canebière - Marseille tdL0491365p51}- Fax : 0491365.}79 nitr ; niauprtitlilrraiticir - cuntdct maupetiti'artrs-sudfr o wert du lundi au samedi de 10h00 à 19h00



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